Le Val de Loire est une région naturelle française correspondant à la partie de la vallée de la Loire située, d'amont en aval, dans les départements du Loiret, de Loir-et-Cher, d'Indre-et-Loire et de Maine-et-Loire. Elle se compose du Val de Loire orléanais, du Blésois, du Val de Loire tourangeau, du Saumurois et du Val d'Anjou.
vignette|Château d'Ussé en Indre-et-Loire, un des nombreux châteaux de la Loire. Situé sur le territoire des anciennes provinces de l'Orléanais, de la Touraine et de l'Anjou, ses villes historiques comprennent, d'amont en aval, Orléans, Blois, Amboise, Tours, Chinon, Montsoreau, Saumur et Angers. Le Val de Loire héberge la plupart des châteaux reconnus sous l'appellation de Châteaux de la Loire ainsi que plusieurs vignobles.
Le territoire du Val de Loire situé entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire est inscrit depuis l'an 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco comme paysage culturel vivant.. Façonné par des siècles d'interactions entre le fleuve, les terres qu’il irrigue et les populations qui s’y sont établies tout au long de l’histoire, le val de Loire est exceptionnel pour sa faune, sa flore ainsi que son patrimoine architectural. Il constitue également un site du réseau Natura 2000.
Géographie
Le Val de Loire traverse deux régions, le Centre-Val de Loire et les Pays de la Loire, et quatre départements, le Loiret, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire et le Maine-et-Loire. Cette région naturelle, aux contours flous, chevauche ou précède en amont la région naturelle de la Basse-Loire.
D'un point de vue hydrographique, le Val de Loire est à cheval sur les bassins de la Loire moyenne et de la Loire inférieure (à partir du bec de Vienne).
Le fleuve, orienté après Sully-sur-Loire dans la direction ouest - nord-ouest, s’incurve à Orléans pour prendre la direction ouest - sud-ouest. Il y reçoit de nombreux affluents, principalement en rive gauche, les trois plus importants étant respectivement la Vienne, la Maine (en rive droite) et le Cher. gauche|vignette|Banc de sable sur la Loire à Tours, durant l'été 2013. Entre Blois et Angers, la vallée est souvent bordée de petites falaises de tuffeau et de calcaire. De nombreux îlots et bancs de sable ou de gravier parsèment le cours du fleuve, dont la profondeur et la largeur varient considérablement d’une saison à l’autre et d’une année à l’autre.
Les crues de la Loire ont généralement lieu en hiver et, grâce à la présence de digues (levées) sur la plus grande partie de son cours, sont le plus souvent sans conséquences graves. La vallée a cependant connu dans son histoire des inondations importantes, parfois catastrophiques, en toutes saisons. Les crues les plus importantes mesurées ont eu lieu en septembre 1866, juin 1856 et octobre 1846.. Leur trace est conservée de place en place grâce à des indications de hauteur et d’année sur les digues ou les bâtiments (ce sont les échelles de crue).
En descendant le cours du fleuve, on rencontre les villes d’Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur, Montsoreau et Angers (un peu à l’écart du fleuve, sur la Maine), mais également de nombreux bourgs et villages, ainsi que certains des châteaux de la Loire, notamment ceux de Sully-sur-Loire, Blois, Chaumont-sur-Loire, Amboise, Montsoreau, Saumur, d’autres étant situés à l’écart du fleuve, souvent près d’un de ses affluents, comme Chambord près du Cosson, Chenonceau sur le Cher, Azay-le-Rideau sur l'Indre ou Chinon dans la vallée de la Vienne.
Histoire thumb|Le dolmen de Bagneux (v. 3000 ), près de Saumur.|left Dès le paléolithique, les hommes se sont installés sur les berges de la Loire et des nombreuses rivières de la région. À partir de 10000 jusque vers 4000 av. J.-C., les populations originelles de chasseurs-cueilleurs se transforment progressivement en populations totalement sédentaires d’agriculteurs-éleveurs. Cette transformation est la conséquence, à la fois de l'abandon du nomadisme par les populations localesLe déplacement des troupeaux de rennes vers le nord en raison du réchauffement climatique en est une des raisons probables., puis de l'arrivée de populations d'agriculteurs venues du Proche-Orient.
Les communautés se regroupent ensuite en sociétés structurées, pour aboutir à l'organisation territoriale des peuples gaulois autour de leurs cités. Au , le pays des Carnutes, à l’emplacement de l’ancienne province de l'Orléanais et du Chartrain, est considéré par Jules César comme le centre de la Gaule. C'est également là que se serait tenu l’assemblée annuelle des druidesSelon les versions, cette assemblée se tient, soit dans la mythique « forêt carnute », soit dans l'une des deux cités de Cenabum (Orléans) ou Autricum (Chartres).. Bien avant la conquête romaine, les sites de toutes les villes importantes actuelles existent déjà.
À l’exception des tentatives de soulèvement des Carnutes et des Andécaves, Jules César ne rencontre que peu de résistance dans la région lors de sa conquête. Les Gaulois adoptent rapidement le mode de vie romain, surtout dans les villes déjà existantes (Orléans, Tours, Angers), autour du forum, du théâtre et des thermes. La période gallo-romaine voit un développement important de la production et du commerce.thumb|upright|Château de Saumur, miniature, Les Très Riches Heures du duc de Berry, vers 1440, musée Condé, Ms.65, f.9v.Le christianisme se développe à partir du sous l’impulsion des évêques de Tours, Orléans et Angers. Martin de Tours, un des pères de l’Église, évêque de 371 jusqu’à sa mort en 397, est l’un des artisans les plus actifs de l’évangélisation. Des monastères sont fondés, comme ceux de Fleury (le futur Saint-Benoît) et de Marmoutier. Sous la dynastie carolingienne, deux proches de Charlemagne, Alcuin et Théodulphe, créent des écoles monastiques qui ont une grande influence culturelle. Les invasions « barbares » n’épargnent pas le Val de Loire. Les Sarrasins, n’ayant pu franchir la Loire, sont repoussés au par Charles Martel. Les Vikings, en revanche, dès le milieu du , remontent le fleuve avec leurs drakkars et pillent les villes et les abbayes de la vallée.
Au Moyen Âge, le Val de Loire est le théâtre de luttes quasiment continuelles du au . Elles concernent d’abord la succession à la couronne d'Angleterre, puis la lutte entre Capétiens et Plantagenêts pour la possession du royaume de France. Le dernier chapitre de ces luttes, la guerre de Cent Ans (1340-1453), est marqué par les faits d’armes de Jeanne d'Arc, qui délivre notamment Orléans le , libération que la ville célèbre chaque anniversaire depuis l’an 1430 lors de ses fêtes johanniques. La fin de la guerre dite de Cent Ans en 1453 marque le début d'une nouvelle ère pour le val de Loire, Charles VII et Louis XI ordonnant ou permettant la construction de ce qui sera appelé par la suite les Châteaux de la Loirehttps://archive.valdeloire.org/Connaitre/Au-fil-de-l-histoire/Le-Val-de-Loire-siege-du-pouvoir-royal/Charles-VII-et-Louis-XI Site de la Mission Val de Loire patrimoine mondial..
La Renaissance voit l’apogée du rôle du Val de Loire au sein du royaume de France. De Charles VII et Louis XI, qui font de Tours la capitale, jusqu’à Henri IV qui la ramène à Paris en 1594, le centre du pouvoir demeure dans la région. Les Valois, qui découvrent en Italie une nouvelle esthétique et un nouvel art de vivre, n’ont de cesse de les transposer dans le Val de Loire, en y faisant venir de nombreux artistes et artisans italiens, dont le plus célèbre d’entre eux, Léonard de Vinci. Ainsi naît ce qui sera appelé plus tard la première Renaissance française, au cours de laquelle sont rénovés les châteaux royaux d’Amboise et de Blois, ou construits, par le roi lui-même ou des grands seigneurs, des « châteaux de cour » destinés au plaisir, comme celui de Chambord par François Ier ou celui de Montsoreau par Jean II de Chambes.
Aux , la région voit s’accroître son rôle d’axe de communication grâce à la création de canaux (de Briare et d’Orléans), ce qui constitue une période faste pour la marine de Loire. La Révolution n’entraîne pas de graves troubles dans la région et est globalement bien acceptée, à l’exception notable de la rébellion des paysans des Mauges au sud de l’Anjou.
Au , l’apparition du chemin de fer introduit des changements radicaux dans le paysage ligérien, en faisant disparaître la navigation sur le fleuve, ainsi que l’activité des ports de Loire.
Politique vignette|Proposition de réforme des régions par le comité Balladur avec la région Val de Loire (en vert) en 2010. Cette région naturelle ne possède pas de statut administratif puisque partagée entre les régions françaises du Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire.
En 1990, les élus régionaux de ce qui n'était alors que la région « Centre » ambitionnent d'adopter le nom du Val de Loire afin de rendre plus évocateur, en France comme à l'étranger, le nom de leur territoire. Quatre propositions sont faites : « Val de France », « Val de Loire », « Cœur de France » et « Centre-Val-de-Loire ». À l'automne 1994, les élus votent pour le nom « Centre-Val-de-Loire »http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/Milieu/15968 Identité de la région Centre., mais ils se heurtent à la loi, qui indique que pour changer de nom, une région doit recevoir l'accord des autres régions. Le président des Pays de la Loire exige la protection du label « Loire » : l’opposition de cette région voisine interdit alors toute modification. En 2014, à la faveur de la réforme territoriale, la région Centre est autorisée à devenir la région Centre-Val de Loire, appellation effective dès le 17 janvier 2015.
Le nom Val de Loire est également souvent utilisé pour donner de la visibilité à cet espace géographique. Ainsi, les universités d'Orléans et de Tours se réunissent pour créer un pôle de recherche et d'enseignement supérieur ou PRES Centre - Val de Loire Université.
Culture Les paysages du Val de Loire, caractérisés par la combinaison harmonieuse des eaux du fleuve et de la végétation de la forêt, ont depuis longtemps inspiré les artistes. Parmi leurs premières représentations littéraires, les poésies de Charles d’Orléans et les œuvres de François Rabelais sont les plus célèbres.
À l’époque de la Renaissance, ces paysages font l’objet de représentations littéraires, picturales et jardinières qui les érigent en modèles esthétiques. Grâce à la rencontre dans le Val de Loire des cultures italienne, flamande et française, un modèle paysager jardiné voit le jour autour de la Loire. L’extension du jardin et de ses techniques de culture au territoire entre fleuve et forêt trouve l'une de ses expressions la plus forte en Touraine. Cette région, très tôt célébrée comme le « Jardin de la France », a souvent servi de modèle à l’ensemble du territoire national, dont l’aspect jardiné est considéré par beaucoup comme caractéristique de la France.
Les poètes de la Renaissance, comme Pierre de Ronsard ou Joachim du Bellay célèbrent les beautés des paysages, qu’ils jugeaient aussi remarquables, sinon plus, que ceux de la région de Rome, où séjourna Du Bellay. Après la Renaissance, les paysages ligériens continuent à être célébrés par de nombreux écrivains, comme Jean de La Fontaine ou la marquise de Sévigné au , et, au , par Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Gustave Flaubert, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire ou même Victor Hugo, dont la sensibilité romantique s’harmonise au romantisme des paysages de Loire.