Marcela Iacub est une juriste, chercheuse et essayiste franco-argentine, née le à Buenos Aires en Argentine. Elle est principalement connue pour sa défense d'idées à contre-courant du féminisme dans ses ouvrages, de ses théories sur l'émancipation des femmes et l'analyse de l'impact sur l'opinion publique.
Au-delà de ses publications et de ses apparitions télévisées jusqu'alors relativement confidentielles, elle s'est rendue célèbre auprès du grand public en France en 2013, à la suite de la publication de son livre Belle et Bête, inspiré de sa relation avec Dominique Strauss-Kahn — accusé d'agression sexuelle à New York en 2011, avant qu'une transaction financière ne mette fin l'année suivante à la procédure engagée au civil — et de la polémique qui s'ensuivit.
Elle rejoint en , Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier sur la station de radio RTL.
Biographie De famille juive (arrière-petite-fille de rabbin), de Biélorussie et d’Ukraine, émigrée en Argentine dans les années 1930« Marcela Iacub : "Plus on est athée, plus on est moraliste". », Le Monde des religions, juillet 2011, née d'un père avocat et d'une mère femme d'affaires, Marcela Iacub se consacre au droit et devient à 21 ans la benjamine du barreau de Buenos Aires, republié le 21 février 2013. Elle se spécialise dans le droit du travail.
En 1989, grâce à une bourse accordée par la France, elle vient vivre à Paris où elle devient juriste spécialisée dans la bioéthique. Après un DEA sous la direction de Yan Thomas et sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) sous la direction du professeur Antoine Lyon-Caen, elle devient chercheuse au CNRS. Elle est directrice de recherche« Marcela IACUB », sur ladehis.ehess.fr du Laboratoire de démographie et d'histoire sociale (LaDéHIS)Voir sur ehess.fr de l'EHESS.
Marcela Iacub s'est d'abord rendue célèbre par plusieurs livres, notamment Le crime était presque sexuel, et aussi par des interventions médiatiques — notamment dans l'émission Ce soir (ou jamais !) — où elle exprime des points de vue défendant radicalement la liberté de choix des individus. Sa démarche consiste toujours à partir d'exemples juridiques précis et souvent en apparence « mineurs » afin de montrer quels en sont les enjeux plus larges et élargir le sujet aux questions de société qui y sont liées. Elle propose ainsi de nouvelles façons d'envisager la manière dont la loi traite les questions de mœurs.
Parmi les causes qui lui sont chères figurent le droit à la prostitution, au mariage et à l'adoption pour les homosexuels (hommes ou femmes), les méthodes de procréation artificielle, le végétarisme. Elle s'en prend au féminisme français, qu'elle juge trop moralisateur car demandant une extension toujours plus grande de la répression pénale et elle défend l'idée que la révolution sexuelle des années 1970 a été un échec partiel dans la mesure où elle a renoncé à ses ambitions émancipatrices. Toutes ces prises de position lui ont valu de violentes critiques, notamment de la part de certaines féministes françaises plus traditionnelles mais aussi de féministes radicales. Elle a reçu le fervent soutien de certains militants et militantes des droits des minorités sexuelles tout autant que de vives critiques par d'autres.
En 2011, elle fait une apparition dans le film La Femme du Vème de Paweł Pawlikowski, aux côtés de l'acteur américain Ethan Hawke.
Pendant l'été 2018, Marcela Iacub publie chaque semaine dans le magazine Closer le portrait d'une personnalité faisant l'actualité de la presse people.
En 2025, elle publie Ruquier, vies secrètes, qui revient sur ses entretiens personnels avec son ami Laurent Ruquier qui assure la promotion de l'ouvrage dans les médias.
Vie privée Elle a été l'épouse du philosophe et universitaire Patrice Maniglier.
De fin au mois d'août de la même année, elle entretient une relation avec Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI.
Prises de position sur la question sexuelle Dans un livre intitulé Une société de violeurs ?, publié en , à la suite de l'impact médiatique qu'a eu l'affaire Dominique Strauss-Kahn en France, Marcela Iacub réagit aux revendications juridiques de certains groupes féministes faisant « le procès de l'impunité du viol », revendications qu'elle juge excessives, arguant notamment pour sa part que le viol est devenu, au contraire, un crime particulièrement réprimé, de façon sévère et efficace, par la justice française.
Dans un article publié dans le numéro des Cahiers français de septembre-Marcela Iacub, « La pénalisation de la prostitution : un mauvais combat pour les femmes », in Cahiers français 370, septembre-octobre 2012 (parution en août), 66-70, Marcela Iacub prend position face à la question « Faut-il interdire la prostitution ? ». Pour elle, la prostitution s'inscrit dans l'économie des relations sexuelles entre les hommes et les femmes fondée sur le principe de restriction sexuelle— « La pénalisation de la prostitution : un mauvais combat pour les femmes », , 66, principe que n'a pas remis en cause la révolution des mœurs des années 1970, les femmes restant cantonnées dans les fonctions maternelles et familiales. Selon Marcela Iacub, la pénalisation du client de la prostituée voulue par des groupes féministes vise en fait à accroître la pénurie sexuelle existante, cette volonté de pénaliser les clients des prostituées étant, à ses yeux, également lourde de menaces pour les libertés individuelles.
Dans le cadre de sa chronique hebdomadaire du samedi du journal Libération, le , réfléchissant aux remèdes à apporter à la misère sexuelle contemporaine, et évoquant notamment certaines idées socialistes utopiques de Charles Fourier relatives à « une solidarité sexuelle socialement organisée », elle exprime des propositions dans un article intitulé « Pour un service public du sexe ».
Polémique autour de Belle et Bête thumb|redresse|Dominique Strauss-Kahn, auquel fait allusion le livre Belle et Bête.
En , Marcela Iacub publie Belle et Bête, livre dans lequel elle évoque sa liaison avec un personnage public. Ce dernier n'est jamais nommé dans l'ouvrage, mais l'écrivaine indique, dans un entretien accordé au Nouvel Observateur, qu'il s'agit de Dominique Strauss-Kahn, avec qui elle a entretenu une relation de janvier à ; . Il apparaît dès lors que pendant cette liaison (en juin) et après (en octobre et décembre), Marcela Iacub a usé de sa situation de chroniqueuse à Libération pour publier trois articles soutenant Dominique Strauss-Kahn, sans avoir auparavant fait état de la nature de ses liens avec lui. Marcela Iacub dépeint dans cet ouvrage Dominique Strauss-Kahn comme un , et commente :
Avant même sa parution en librairie, le livre suscite une vive polémique, largement médiatisée. Dominique Strauss-Kahn qualifie pour sa part l'ouvrage d' et exprime son devant ce qu'il estime être .
Conséquences judiciaires
Le , à l'avant-veille de la parution de l'ouvrage, Dominique Strauss-Kahn assigne en référé Marcela Iacub et son éditeur, Stock, pour « atteinte à l'intimité de la vie privée », l'ancien ministre demandant l'insertion d'un encart dans chacun des exemplaires de Belle et Bête, ainsi qu'« à titre subsidiaire » une interdiction de diffusion du livre. Un e-mail écrit en par Marcela Iacub à Dominique Strauss Kahn, laissant entendre que la première aurait manipulé le second, est versé au dossier et lu publiquement à l'audience du tribunal de grande instance de Paris le Pascale Robert-Diard, Le mail à DSK dont Marcela Iacub « ne se souvient plus », blog “Chroniques judiciaires“ de Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le Monde, 26 février 2013. Au soir du jour de cette audience, la juge des référés, sans interdire la diffusion de l'ouvrage, ordonne l'insertion, en en-tête de chacun des exemplaires, d'un encart faisant état de la position de Dominique Strauss-Kahn sur le livre. Marcela Iacub et son éditeur sont, en outre, condamnés à verser solidairement euros de dommages et intérêts à Dominique Strauss-Kahn, tandis que Le Nouvel Observateur, qui a publié des extraits du livre, est également condamné à verser à l'ancien ministre euros de dommages et intérêts ; la juge ordonne également qu'une publication judiciaire figure sur la moitié de la une du Nouvel Observateur« DSK-Iacub : Le livre pas interdit, mais un encart sera inséré dans chaque exemplaire », 20minutes.fr, 26 février 2013 ; « DSK : la justice autorise l'ouvrage de Marcela Iacub », Le Point.fr, 26 février 2013.
Réactions diverses
À la suite de cette affaire, et en raison de la liaison entretenue par Marcela Iacub avec Dominique Strauss-Kahn alors qu'elle le défendait dans Libération, la Société civile des personnels de Libération publie le un communiqué dans lequel elle dénonce le manquement à et pose la question de la poursuite de la chronique de l'écrivaine dans le quotidien. Libération continue cependant de publier les articles de Marcela Iacub, notamment celui dans lequel elle rend hommage à l'éditeur Jean-Marc Roberts — directeur de la maison d’édition Stock, qui a publié Belle et Bête — à l'occasion du décès de celui-ci, survenu peu après le Marcela Iacub, Il était capable de vous offrir votre propre courage, sur le site du journal Libération, 25 mars 2013.
Le , invitée par Frédéric Taddeï dans l'émission télévisée Ce soir (ou jamais !) (où elle était intervenue plusieurs fois au cours des années précédentes) pour répondre aux critiques virulentes dont elle et son livre ont fait l'objet pendant plusieurs semaines, Marcela Iacub se déclare , qualifiant l'agitation médiatique qui a entouré la publication de l'ouvrage d' de la part de et de d'un certain . À la question de savoir si elle a manipulé Dominique Strauss-Kahn dans le but prémédité d'écrire un livre à succès, Marcela Iacub dément cette thèse, en précisant que Belle et Bête, écrit à la suite d'une histoire d'amour pour elle, est un roman ; Thierry de Cabarrus, Livre sur DSK : une Marcela Iacub intelligente et combative face à Taddeï, Le Plus (espace participatif en ligne du Nouvel Observateur), 23 mars 2013. L'entretien télévisé est fortement critiqué notamment par le chroniqueur politique et télévisuel Bruno Roger-Petit, qui reproche à Marcela Iacub de s'être présentée en victime et à Frédéric Taddeï d'avoir eu une attitude complaisante à son égardBruno Roger-Petit, Livre sur DSK : Marcela Iacub face à Frédéric Taddeï, une interview dérangeante, Le Plus (espace participatif en ligne du Nouvel Observateur), 23 mars 2013.
Ouvrages
Marcela Iacub, En couple avec moi-même, Paris, Editions Léo Scheer, 2020
Notes et références
Liens externes
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