Ethe (en gaumais : Yéte ou Éte) est une section de la ville belge de Virton située en Région wallonne dans la province de Luxembourg. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Elle est, entre autres, tristement célèbre pour la bataille d'Ethe qui s'y est déroulée le et les atrocités qui s'ensuivirent lors de la bataille des Frontières, entre l'armée française et l'armée impériale allemande au début de la Première Guerre mondiale.

Toponymie

Géographie

Situé en Gaume, le village jouxte celui de Belmont. On pourrait croire qu'Ethe et Belmont ont toujours été réunis, mais il n'en est rien. Les deux entités ont constitué deux mairies distinctes sous l'Ancien Régime, ce qui explique le monopole des habitants de Belmont sur les aisances des « Aunous » assorti d'une clé de répartition pour permettre aux voisins de les utiliser aussi, ce qui peut expliquer les tensions qui ont longtemps persisté entre les uns et les autres, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale (deux clubs de football et des derbies acharnés).

Démographie Au début du , la localité, qui englobe aussi Belmont, Hamawez et Gévimont, compte un bon millier d'habitants.

Évolution démographique

Source : recensements population INS.

Histoire Moyen Âge Dans une charte de l’an 996, on remarque les concessions de l'empereur Otton III du Saint-Empire à deux localités, dont Eth, qui est vraisemblablement Ethe près de Virton, du droit de battre monnaieNotice historique sur l'ancien chapitre impérial de chanoinesses à Thorn dans la province actuelle de Limbourg, par Mathias Joseph Wolters, publié par F. E. Gyselynck, 1850, 62..

Quelques lettres parlent d’Ethe et de ses habitants au Moyen ÂgeCompte-rendu des séances de la Commission royale d'histoire, ou, Recueil de ses bulletins, par Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Commission royale d'histoire, publié par La Commission, 1867, 118. :

vignette|upright=0.5|Blason d’Arnoul V de Looz, comte de Chiny.

Période belge

Ethe a beaucoup souffert de l'invasion des révolutionnaires français en 1794 qui installent des collaborateurs à la tête de la commune, comme Peltier et Galand. Le village fut incendié, sans église (les offices ont lieu dans une grange jusqu'en 1830), sans école (une salle en tient lieu pour plus de soixante enfants à la bonne saison, le double en hiver), sans presbytère, sans mairie.. Avec la défaite de Napoléon Bonaparte à lors de la bataille de Waterloo le et l'arrêt du commerce avec la France, les foires nouvellement installées aux limites d'Ethe et de Belmont périclitent. En 1819, les professions exercées par les habitants de Belmont en litige avec Ethe sont celles de manouvrier, cultivateur (citées trois fois chacune), charbonnier (deux fois), forgeron et tisserand, ce qui confirme l'ancrage rural du village. Les relations avec les maîtres de forge de Laclaireau et de Pierrard ne sont pas bonnes. Si les premiers se liguent à l'occasion des ventes de bois pour éviter que les prix ne s'envolent au profit de la municipalité et abîment les chemins dont la restauration est coûteuse, les seconds portent préjudice au meunier de Belmont en modifiant à leur convenance le débit de la rivière... Les incendies constituent une menace permanente, ce qui explique les mesures prises, très tôt (1823), par les autorités politiques pour les combattre, mais cela n'empêchera pas ceux de 1832 et 1843 qui se propagent en raison des toitures en paille. La situation empire en 1841 et 1842 lors d'étés trop secs qui conduisent à la pénurie de fourrage. La vie est chère et la misère s'installe. À côté de l'agriculture, un peu d'élevage et quelques industries: l'extraction de la marne au « Cron », de pierre à bâtisse au « Vallon des bourriques » et de chaux au « Chenois ».

Première guerre mondiale Le a lieu la bataille d'Ethe, qui fait partie des événements militaires du 22 août 1914 et de la bataille des Frontières, entre l'armée française et l'armée impériale allemande. Le , les , , et régiments d'infanterie de l'armée allemande y passent par les armes et y détruisent 256 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.

Une asbl nommée Sur les pas de la Mémoire, Ethe-Virton a été créée afin de commémorer ces évènements.

Période moderne Lors de la fusion des communes de 1977, Ethe est rattachée à la ville de Virton et cesse d'être une commune.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Elie Deworme, de 1964 à 1972, (PSB).

Patrimoine et culture

Enseignement

Économie

Transports Le village est traversé par la route nationale 82 reliant Arlon et Virton. Le projet de provincialiser cet axe de circulation voit le jour en 1827 alors que la Belgique n'existe pas et qu'Ethe fait partie du royaume uni des Pays-Bas. Il fera long feu en raison des lenteurs d'autres communes pour le concrétiser. Au début du , il existe trois chemins de grande communication, en direction de Gomery, Latour et Croix-Rouge (ce dernier de nouveau encombré par la forêt en 1837); tous les autres sont répertoriés comme de simple communication (tel ceux de Laclaireau et du moulin de Belmont) et, plus nombreux, seize, sont qualifiés d'exploitation rurale. Les autorités locales se montrent conscientes de la situation du village en soutenant les projets de liaison routière Habay - Virton (1824), Habay - Corne du bois des pendus - Bastogne, 1824 - 1830), Croix-Rouge - Tintigny pour éviter le détour par Étalle (1836) et Virton - Montmédy (1842).

Vie associative

Personnalités liées à Ethe Camille de Briey y est mort. Albert Hustin y est né. Charles-Émile Bertin, capitaine y fut grièvement blessé. Julien Pouchois, coureur cycliste, y a été blessé en 1914.

Notes et références

Concernant la période 1800 - 1843 : trois registres de délibération du conseil municipal d'Ethe déposés aux Archives de l'État à Arlon (AÉA) à la base d'un article de Jean-Luc Lefèvre intitulé Ethe et la tourmente révolutionnaire, 1800-1843 dont le manuscrit a été communiqué aux AÉA et au Musée Gaumais et publié par Le Gletton de Virton.

Voir aussi

Bibliographie Cugnon (Aimé), Huit cents ans d'histoire pour la famille Cugnon. 1173–1973. Pour l'auteur, (1974), 166 pp., ill., Généalogie d'une famille originaire de la Semois, province de Luxembourg. Grasset, A. (Commandant), Vingt Jours de guerre au Temps Héroïques. Carnet de route d'un commandant de compagnie (), Berger-Levrault,1918, raconte les combats d'Ethe et les exécutions de civils durant la première guerre. de Briey,R., Un homme politique du . Le comte Camille de Briey (1799 - 1877), Editions de « La Dryade », Vieux-Virton, 1967 Mergeai, J., Le docteur Albert Hustin (1882 - 1967), Commémoration du centenaire de la naissance du Docteur Albert Hustin, Ethe, , dactylographié. Lieutenant-colonel A. Grasset (1927), Ethe - Le au Corps d'Armée - La guerre en action, imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris - Strasbourg. Lannoy, J., Un gamin comme les autres. Enfance en Gaume, La Dryade, Vieux Virton, 1978 (recueil de souvenirs autobiographiques du début ). Lefèvre J.L., Ethe et la tourmente révolutionnaire, 1800-1843, Le Gletton,

Articles connexes Cugnon Armorial de l'ancien duché de Luxembourg

Liens externes

Ethe Belmont Gaume Huit cents ans d’Histoire pour la Famille de Cugnon Ethe Belmont Descendance de Evrard de CUGNON et Barbe de GRUMELSCHEIDT Seigneur d'Ethe et Belmont. Lieutenant prévôt de Virton Monument aux fusillés civils de Ethe et Latour : 22–23–24 août 1914 Déroulement des combats en août 1914, sur www.sambre-marne-yser.be

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