Saint-Vaast est une section de la ville belge de La Louvière. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Géographie
Quartiers Coron Paulette, Tierne Mayette, Wazoir, La Brogne, Pont Saint-Vaast, Fond de Morvau et Le Quemont.
Cités Cité de Saint-Vaast, cité Reine Elisabeth et cité-Jardin.
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre. 1880: Scission de La Louvière en 1869
Histoire
Des découvertes archéologiques effectuées sur le territoire de la localité, notamment des fragments de poterie, des éclats de silex et des résidus de charbon de bois, témoignent d'une occupation humaine potentiellement ancienne, remontant à la période néolithique. Pendant une grande partie de son histoire, Saint-Vaast conserve un caractère essentiellement rural et agricole.
L'origine de Saint-Vaast remonterait au début du . Entre 508 et 540, Vaast, également connu sous le nom de Védaste, évêque de Cambrai, participe à l'évangélisation de la vallée de la Haine. À cette occasion, plusieurs oratoires sont édifiés et deviennent des lieux de rassemblement pour les populations converties au christianisme. Certains de ces noyaux d'habitat évoluent progressivement en villages. L'un d'eux adopte comme saint patron l'évêque missionnaire, donnant naissance à une paroisse dont le nom connaît diverses formes au fil des siècles, parmi lesquelles Sanctus Vastus en 1189, Senvast en 1208, Sanctus Vedastus en 1289 et Saint-Vaul en 1410.
Sous l'Ancien Régime, La Louvière ne constitue encore qu'un hameau dépendant de la paroisse de Saint-Vaast, dont le noyau d'habitat principal se développe le long de la Haine. Cette situation perdure jusqu'au développement industriel qui conduit progressivement La Louvière à s'affirmer comme une entité distincte. L'église de Saint-Vaast occupe une place importante dans le patrimoine architectural local. Son édification et ses transformations successives s'échelonnent du , donnant naissance à un ensemble marqué par différentes phases de construction. L'édifice présente notamment des caractéristiques témoignant de l'introduction et de la diffusion de l'architecture gothique dans la région, tout en conservant les traces des remaniements réalisés au cours des siècles suivants.
À partir de l'époque contemporaine, plusieurs activités industrielles s'y développent parallèlement à l'agriculture. Le territoire accueille notamment des charbonnages, des briqueteries, des fours à chaux ainsi qu'une sucrerie spécialisée dans la transformation de la betterave sucrière. Cette dernière entre en activité en 1836 et cesse son exploitation vers la fin du , aux alentours de 1895. Ainsi, malgré son ancrage agricole, Saint-Vaast participe également à l'essor industriel qui marque la région du Centre.
Au milieu du , le hameau de La Louvière connaît une forte croissance démographique sous l'effet de l'industrialisation et de l'essor des établissements manufacturiers implantés dans la région. Sa population passe d'environ en 1850 à plus de 7 000 en 1866. Face à cette expansion rapide, le conseil communal de Saint-Vaast, dirigé par le bourgmestre Amand Mairaux, envisage dès 1865 un projet d'extension urbaine afin d'accompagner le développement du hameau. Malgré les réticences exprimées par une partie des habitants du centre historique de Saint-Vaast, le projet est approuvé par arrêté royal en 1866. Cette décision entraîne l'aménagement de nouvelles voies de circulation et favorise la poursuite de l'urbanisation du secteur. À la suite de cet échec politique, les opposants au projet réclament la séparation administrative entre Saint-Vaast et La Louvière. Cette revendication aboutit quelques années plus tard lorsque La Louvière est érigée en commune autonome en 1869, mettant fin à son rattachement administratif à Saint-Vaast jusqu'en 1977 date à laquelle Saint-Vaast a été rattachée dans la nouvelle entité.
Héraldique
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977
Bourgmestres Mandat PartiAmand Mairaux1865-1869LibéralClovis Hulin1869-1884?Omer Thiriar (EDFOEC*)1884-1885?Albert Jacques Dartevelle1885-1891?Clovis Hulin1891-1895?Omer Thiriar ff1895-1896?Omer Thiriar1896-1904?Victor Adan (EDFOEC*)1904-1905?Eugène Hulin1905-1911?Victor Adan ff1912?Victor Gondat ff1912?Victor Gondat1912-1921?Nestor Prévot1922-1926?Adrien Jacquard ff1926-1927?Adrien Jacquard1927-1932?Albert Dufrane ff1933-1940?Léon Wesel (EDFOEC*)1940-1945? Alfred Dufrane 1940-1948 ? Laurent George (EDFOEC*) 1948-1953 ? Laurent George 1953-1959 ? Georges Laloux 1959-1967 ? François Colin 1967-1968 ? Marcel Galle 1968-1976 ?
EDFOEC = échevin délégué aux fonctions d'officier d'état civil
Patrimoine et culture local
Patrimoine architectural
Religieux
L’édifice consacré à saint Vaast présente une stratification architecturale couvrant plusieurs siècles. Ses éléments les plus anciens remontent vraisemblablement à la fin du ou au début du , période à laquelle furent érigées les premières maçonneries en grès de Bray, matériau typique de la région. Au , l’église acquiert une silhouette plus imposante : la tour, conçue dans un esprit gothique tardif, est renforcée et contribue à l’aspect massif de l’ensemble. Les transformations se poursuivent après un incendie survenu en 1643, événement qui entraîne une campagne de reconstruction. Le voûtement du chœur, daté de 1679, témoigne de ces travaux de réhabilitation. La nef, composée de trois travées et conçue comme un espace unique, est entièrement reconstruite entre 1786 et 1789. Cette opération est financée par l’abbaye d’Aulne, alors détentrice du droit de collation du sanctuaire. À la même époque, une sacristie en briques est édifiée dans le prolongement du chœur, tandis que la majorité du mobilier liturgique est renouvelée. Du , plusieurs campagnes de restauration successives permettent de consolider la structure, de moderniser certains aménagements et de préserver les éléments anciens encore en place. Une petite chapelle situé au coin du boulevard du Coq et de la Grand'Rue de Saint-Vaast possédant une petite statue de la Vierge à l'Enfant. L'ancien presbytère, datant du mais il y a eu plusieurs modifications notamment dès le et en 1981. La chapelle Notre-Dame de Grâce. Construite en 1967 à plan rectangulaire, il se distingue par les peintures qui ornent les sur deux de ses murs. L'une d'entre elles représente une Vierge de grâce se tournant vers ses fidèles symbolisés par une kyrielle de mains tendues. Cette chapelle se situe avenue de l'Europe.
Civil Le château Faignart Louis-André Faignart, époux de Claire Clotilde Boucquéau, né à Saint-Vaast (La Louvière) le , décédé le au château de Rollé à Longchamps (Bastogne), député catholique dont la fille Emma Faignart (1845-1871), épousa Victor Allard, fut conseiller communal de Saint-Vaast (1869-1875), conseiller provincial du Hainaut (1844-1848), élu à la Chambre des représentants le ., œuvre de l'architecte Joseph Poelaert. Le château, aujourd’hui disparu, a été remplacé par un centre commercial. L’ancienne maison communale, construite en 1870, remplaça les lieux précédents où se tenaient les réunions du conseil : d’abord un estaminet à l’angle de l’Allée Verte et de la Grand’Rue de Saint-Vaast, puis le Salon Warocqué. À partir de 1878, le bâtiment accueillait une école composée de trois classes : une maternelle, une pour les filles et une pour les garçons. Ferme du Coq, construite en 1680 sur les fondations de l'ancienne demeure des seigneurs de Saint-Vaast, a été restaurée en 1704.
Industriel Terril Albert .
Culture Folklore Le carnaval de Saint-Vaast se déroule à Pâques.
Sociétés carnavalesques :
Les Flaminds sans conduite ; Les Gais Rinlis ; Les Galopins ; Les Ouvriers Dévoués ; Les Récalcitrants ; Les Tchauds lapins. Chaque année, se déroule la ducasse de Saint-Vaast Village en septembre.
Enseignement
Économie
Industries historiques
Charbonnages À la fin du , entre 1897 et 1898, les compagnies charbonnières de La Louvière, La Paix et Saint-Vaast ainsi que de Sars-Longchamps-Bouvy s'unissent pour former une nouvelle entité d'exploitation. Dans le prolongement de cette fusion, un nouveau siège d'extraction, dénommé Albert , est établi à Saint-Vaast, à proximité de l'actuelle rue des Fours à Chaux. Le complexe comprend deux puits, numérotés 9 et 10. Les travaux de fonçage débutent en 1911. À cette époque, plusieurs infrastructures indispensables au fonctionnement de l'exploitation, notamment la chaufferie et le système de réfrigération, sont déjà en place. Le puits entre en activité le . Doté d'un diamètre de quatre mètres, il atteint une profondeur de . Le puits , présentant des caractéristiques similaires, n'est toutefois mis en service que le . Son approfondissement se poursuit par la suite jusqu'à atteindre environ vers 1960. L'exploitation du siège Albert se poursuit durant plusieurs décennies avant de cesser définitivement en 1960. Après l'arrêt des activités minières, le site fait l'objet d'opérations d'assainissement qui s'achèvent en 1964.
Les usines Bastenier Les Ateliers Camille Bastenier, fondés en 1906, prennent en 1919 la dénomination de Société anonyme des Ateliers de La Louvière-Bouvy. L'entreprise se spécialise dans la construction métallique et la fabrication d'équipements industriels, notamment des ponts, des charpentes métalliques, des appareils destinés à la manutention du charbon ainsi que diverses pièces mécaniques. Durant l'entre-deux-guerres, elle constitue un employeur important de la région, occupant environ en 1930. Les activités industrielles des Ateliers de La Louvière-Bouvy se poursuivent jusqu'en 1974, année de la fermeture définitive de l'établissement’. À la suite de l'arrêt de la production, le site fait l'objet d'opérations d'assainissement et de réaménagement. De l'ancien complexe industriel, seul un des bâtiments d'origine a été conservé, tandis qu'une partie du terrain est aujourd'hui occupée par de nouvelles infrastructures, notamment des garages de la Régie communale de La Louvière.
Four à chaux Au début du , des marnières et un four à chaux exploités par M. Baudoux sont en activité à Saint-Vaast. La craie extraite est principalement destinée à l'amélioration des terres agricoles. Dans ce contexte, le terme « marne » désigne une craie tendre utilisée pour amender les sols, notamment afin d'en réduire l'acidité et d'accroître les rendements des cultures céréalières. L'exploitation de ce matériau s'effectue à ciel ouvert sur le versant d'une falaise crayeuse. Le site comprend également un four à chaux, ou chaufour, destiné à la transformation du calcaire en chaux par cuisson. Ce produit est employé dans divers domaines, notamment l'agriculture et la construction. L'activité du four à chaux de Saint-Vaast cesse définitivement en 1940, marquant la fin de cette industrie locale.
Briqueteries Plusieurs briqueteries ont contribué au développement industriel de Saint-Vaast au cours du . Parmi elles figuraient la briqueterie Elias, établie au Chemin du Wazoir, la briqueterie Claus, implantée à proximité de celle-ci, ainsi que la briqueterie Derouck, située le long du Chemin de Houdeng. Fondée dans les années 1930, la briqueterie Derouck s'impose progressivement comme l'un des principaux sites de production de matériaux de construction de la localité. Entre 1960 et 1974, l'usine fonctionne en continu, assurant une activité de vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sa production est distribuée dans l'ensemble de la région du Centre ainsi que dans plusieurs secteurs du Brabant et des Flandres. Après plusieurs décennies d'exploitation, l'entreprise cesse définitivement ses activités dans les années 1990, marquant la disparition de l'une des dernières briqueteries historiques de Saint-Vaast.
Tourisme vert
Le terril Albert