L’université Bretagne-Sud., abrégée en UBS, est une université publique située dans le département du Morbihan en France. Créée en 1995, l’UBS est la quatrième et la plus jeune université bretonne après celles de Rennes, Rennes-II (Haute-Bretagne) et de Bretagne-Occidentale. Les six composantes de l’université sont réparties sur les campus de Lorient et de Vannes. Une antenne de l’IUT de Lorient est implantée depuis 2001 à Pontivy.

L’université est pluridisciplinaire (action sociale, arts, biologie, chimie, droit, économie, gestion, géographie, histoire, informatique, langues étrangères, lettres, mathématiques). Depuis 2020, elle accueille plus de chaque année.

Elle est membre de plusieurs pôles de recherche et dispose d’une fondation depuis 2009.

Historique Premières délocalisations universitaires vignette|Le château de l'Hermine, ancienne école de droit du Morbihan. Les premières implantations universitaires à Lorient et à Vannes se sont faites de manière dissociée, et sans souci de cohérence entre ellesComité national d'évaluation des EPSCP, L'université de Bretagne-Sud, Rapport d'évaluation, 1999, 72.. En 1966, une école de droit et de sciences économiques est créée à Vannes et ne délivre dans un premier temps que la capacité en droit. La mise en place d’une formation de DEUG se fait sous la tutelle de l’université Rennes-I avec l’ouverture de la première année en 1969, puis de la seconde année en 1971ibid.10.. Les enseignements demeurent identiques à ceux de Rennes 1, tout enseignant de cette dernière ayant pour obligation d’effectuer une partie de son service dans l’antenne vannetaiseibid.32.. Une expérience identique est menée à Lorient en 1973 mais ne se poursuit pas. Dans le même temps, la chambre de commerce et d'industrie du Morbihan qui siège à Lorient soutient depuis 1963 l'idée d'un troisième pôle universitaire breton situé à Lorient..

La ville de Vannes bénéficie, dans les années suivantes, d'une seconde délocalisation avec la mise en place d’un institut universitaire de technologie : un département de l’IUT de Rennes en Gestion des entreprises et des administrations (GEA) ouvre en 1970. Puis un département de Statistique et Traitement informatique des données (STID) est ouvert l’année suivante avec le concours de l’université Rennes-II. En 1974 est alors créé sur ces bases un IUT autonome, l’IUT de Vannes, alors composante de l’université Rennes-IIibid.39..

À Lorient, une première délocalisation universitaire a lieu en 1973 avec l’ouverture d’un département Hygiène et Sécurité de l’IUT de Quimper, une composante de l’université de Bretagne-Occidentale. En 1975, l’ouverture d’un département de Génie thermique et Énergie aboutit à la création d’un IUT de plein droit, l’IUT de Lorient, alors composante de l’université de Bretagne-Occidentale. Pendant près de vingt ans, cet institut reste le seul établissement universitaire de la villeibid.45..

Programmation de la nouvelle université En 1986, trois députés socialistes, Louis Le Pensec, Jean-Yves Le Drian, et Jean Giovannelli, commencent à étudier le projet d'une nouvelle université structurés autour des trois villes du sud de la Bretagne. Dans celui-ci, Vannes se spécialiserait dans le droit et l'économie, Lorient dans les sciences, et Quimper dans les arts et les lettres. , alors maire de Vannes et non consulté, s'oppose à ce projet, de même que les directions des universités de la région.. Le projet continue d'être étudié sous la conduite de Jean Giovannelli qui est depuis 1981 rapporteur du budget de l'enseignement supérieur, et fréquente régulièrement les cabinets ministériels de Savary ainsi que Claude Allègre, futur conseiller du ministre de l'enseignement à partir de 1988.

À partir du milieu des années 1980, la hausse du nombre de bacheliers oblige les universités à se développer pour accueillir le nombre grandissant d’étudiants. En Bretagne en particulier, les universités rennaises ouvrent ainsi à Saint-Brieuc un nouveau campus ; les sites morbihannais ne sont pas oubliés, et de nouvelles formations diplômantes y ouvrent égalementibid.9.. Cependant, le but reste toujours de renforcer les antennes de premier cycle universitaire existantes, et non de créer une nouvelle université.

À partir de 1989, la région commence à préparer son contrat de projet avec l'État, et travaille au renforcement des pôles universitaires déjà existants jusqu'à ce qu'en octobre de la même année Claude Allègre, alors conseiller pour l'enseignement supérieur du ministre de l'éducation Lionel Jospin, propose la création d'une nouvelle université dans la région dans le cadre du programme des universités nouvelles. Dans le même temps Louis Le Pensec qui est candidat au poste de président du conseil général du Finistère doit retirer son soutien au projet, car il pourrait entrer en concurrence avec l'université de Bretagne-Occidentale.. Le comité interministériel d’aménagement du territoire dote le le site Lorient-Vannes du statut de Pôle de développement universitaire (PDU)ibid.12.. Dans le même temps les deux sites, tout en continuant leurs développements, sont invités à réfléchir à un projet commun.

En 1991, un schéma régional d’aménagement et de développement des enseignements supérieurs est préparé pour comme travail préparatoire au plan université 2000. Celui-ci prévoit quatre scénarios de développement possibles : une implantation ex nihilo en centre Bretagne, un projet multisite reposant sur les nouvelles technologies de communication, un projet strictement lorientais, et un projet strictement vannetais. Cependant en le projet de nouvelle université doit être mis en sommeil à la suite des interventions politiques d'élus d'autres centres universitaires de la région.

Les villes du Morbihan continuent dans ce même temps à développer leurs formations de premier cycle. À Lorient, l’université Rennes-II ouvre ainsi des DEUG de langues étrangères appliquées en 1990 et d’histoire et de langues en 1991. En 1990, l’université Rennes-I ouvre un DEUST matériaux et l’Université de Bretagne occidentale ouvre des DEUG de sciences. L’IUT de Lorient s’enrichit d’un nouveau département d’Organisation et gestion de la production en 1992 puis d’un IUP Génie des systèmes industriels l’année suivante. À Vannes, l’Université Rennes 1 implante un DEUG de sciences en 1990 puis de sciences économiques en 1992. L’IUT de Vannes se voit enrichir de départements d’informatique en 1986, de techniques de commercialisation en 1991, puis d’un IUP Statistiques et informatique en 1993.

La décision finale de créer une nouvelle université dans la région est finalement annoncée par Édouard Balladur, alors Premier ministre, lors d’un déplacement dans le Morbihan en .

Création de l'université et développement L’université Bretagne-Sud prend le statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel par un décret du et devient une université à part entière. C’est alors la plus jeune des quatre universités publiques bretonnes. En attendant l’élection d’un président, Maurice Lièvremont est nommé administrateur provisoire.

En 1999, les statuts définitifs de l’UBS sont adoptés et les premiers conseils sont élus. Jusqu’alors, elle avait le statut d’ « université nouvelle ». Elle devient université de plein exercice en 2000 avec l’élection de Gilles Prado comme premier président.. L’année suivante, l’UBS signe son premier contrat quadriennal avec l’État, qui a pour objectif de fixer le partenariat entre l’université et son ministère de tutelle. La même année, une antenne de l’IUT de Lorient est ouverte à Pontivy : le département Génie Chimique-Génie des Procédés option Bioprocédés.

En 2004, le deuxième contrat quadriennal est signé et voit l’adoption de la réforme Licence-Master-Doctorat (LMD) qui désigne l’application française du processus de Bologne. Déjà membre de l’association Université de Bretagne depuis 2001., l’UBS cofonde en 2007 l’université européenne de Bretagne, l’un des neuf pôles de recherche et d’enseignement supérieur créés par décret en .. L’UEB regroupe toutes les universités et écoles publiques bretonnes, soit et . Centrée sur le doctorat, la recherche et sa valorisation, elle vise une meilleure visibilité internationale. En septembre de la même année, l’école nationale supérieure d'ingénieurs de Bretagne Sud (ENSIBS) accueille sa première promotion d’étudiants à Lorient et à Vannes au sein de l’UBS..

En , l’UBS modifie ses statuts dans le cadre de la réforme des universités (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) du ). L’ensemble du personnel et des usagers désigne ensuite ses nouveaux représentants aux trois conseils statutaires resserrés de l’établissement en . La même année, l’université décerne à Maciej Ciesielski, informaticien de l’université du Massachusetts.Diaporama de la cérémonie de remise du titre de docteur honoris causa à Maciej Ciesielski., le titre de premier docteur honoris causa de l’UBS.

Le , à la suite d’un audit de l’IGAENR qui juge l’UBS « entreprenante et bien organisée », le Conseil d’Administration de l’université vote en faveur du passage aux « compétences élargies ». Dans cette optique, le , la fondation universitaire de Bretagne-Sud est lancée à Vannes lors d'une cérémonie officielle présidée par le chancelier de l’académie de Rennes... La même année, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche autorise l’UBS à ouvrir deux classes préparatoires économiques et commerciales à Vannes et Lorient..

Lors de la rentrée universitaire 2009-2010, la faculté des sciences fête ses dix années d’existence et pour l’occasion, un nouveau bâtiment nommé « Sciences 2 » est inauguré sur le campus de Saint-Maudé à Lorient... L'université accède aux « compétences élargies » le ...

En 2010, le bâtiment dit du paquebot sur le site de Lorient est abandonné au profit d'une nouvelle implantation sur le campus de Saint-Maudé, le bâtiment étant laissé à la faculté de lettresCatherine Jaouen, « Les effectifs progressent à la fac de lettres », Ouest-France, édition Lorient, vendredi 17 septembre 2010, consulté sur www.lorient.maville.com le 17 septembre. La rentrée 2010 voit l'ouverture de diplômes de masters liés à l'enseignement, en partenariat avec l'IUFM. Désormais, elle est la seule composante à occuper le bâtiment dit du Paquebot, précédemment également utilisé par la faculté des sciences

En 2012, la faculté de droit, des sciences économiques et de gestion abandonnera les locaux du campus centre de Vannes pour de nouveaux bâtiments situés sur le campus de Tohannic, rejoignant ainsi certaines installations de la faculté des sciences et de l’ENSIBS.« Vannes aura son grand campus en 2012 », Ouest-France, ..

Les présidents de l'université Bretagne-Sud Depuis la création de l’université, cinq présidents se sont succédé à la tête de l’établissement. De 1995 à 2000, un administrateur provisoire, Maurice Lièvremont, est à la tête de l’université. La présidente actuelle est Virginie Dupont, élue le ..

Il a été décidé, afin de ne privilégier aucune des deux cités morbihannaises, de ne pas affecter à l’une ou l’autre le titre de siège unique de l’UBS. Ainsi, il existe deux bâtiments de la présidence ; l’un est situé sur le campus de Lanveur à Lorient, et l’autre sur le campus de Tohannic à Vannes. Les services communs et généraux ainsi que les divers organes de l’université sont répartis entre Vannes et Lorient.

Structure Conformément au code de l'éducation qui fixe l’organisation légale des universités publiques en France, l’UBS rassemble six composantes : trois unités de formation et de recherche, appelées « facultés », une école d’ingénieurs et deux instituts universitaires de technologie. D’autres services n’offrent pas de formations mais concourent à l’activité de l’université et disposent de statuts variés. Il en existe une dizaine à l’UBS., ils peuvent avoir une visibilité extérieure assez importante en raison de leurs activités.