John Peckham (ou Jean Peccham) (v. 1230 – ), franciscain, était un maître en théologie d’Oxford et de Paris, disciple de Bonaventure et archevêque de Cantorbéry de 1279 à 1292.
Biographie thumb|Codex en latin avec les travaux de Thomas Bradwardine, Geometria speculativa, et Johannes Peckham, Perspectiva communis, illustré par l'atelier de Cola Rapino (1495). Natif du Sussex, éduqué au prieuré de Lewes, devenu frère franciscain vers 1250, il a étudié à Paris sous Bonaventure de Bagnorea. En 1270, il succéda à Eustache d'Arras comme maître franciscain à la faculté de théologie de Paris. Son enseignement fut en conflit avec celui de saint Thomas d'Aquin, avec qui il débattit en deux occasions sur "l'Éternité du monde". Reconnu comme un théologien conservateur, il s'opposa au point de vue de Thomas d'Aquin sur la nature de l'âme et s'attacha à des travaux théologiques sur les miracles et la nature, comme les stigmates de saint François ou l'épilepsie. Peckham étudia aussi l'optique et l'astronomie, et ses études sur ces sujets furent influencées par Roger Bacon.
Autour de 1270, il retourna en Angleterre, où il enseigna à l'université d'Oxford, et fut élu provincial franciscain d'Angleterre en 1275. Après un bref séjour à Rome, il fut nommé archevêque de Cantorbéry en 1279. Son ministère comme archevêque fut marquée par ses efforts pour améliorer la discipline du clergé. Le cumul des charges ecclésiastiques était un des abus qu'il combattit.
Il entra en conflit avec les Dominicains, à qui il reprocha de trop fonder leur enseignement sur la philosophie, dont le rôle devait rester selon lui subalterne à la théologie.
Il servit le roi Édouard d'Angleterre au Pays de Galles, où il se forma une basse opinion des Gallois et de la loi. Avant et pendant son mandat d'archevêque, il écrivit des ouvrages d'optique, de philosophie, et théologie, ainsi que des hymnes. De nombreux manuscrits issus de ses travaux sont aujourd'hui conservés.
À sa mort, son corps fut enterré dans la cathédrale de Cantorbéry, mais son cœur fut donné aux Franciscains.
Bibliographie Œuvres
Plusieurs des manuscrits philosophiques et théologiques de Peckham existent toujours. La reine Éléonore de Castille (1241-1290) le convainquit de lui rendre un écrit érudit en français que l'on dirait plus tard "une espèce de traité malheureusement terne et sans imagination."Prestwich Edward I 123 Son poème Philomena est considéré comme l'un des plus beaux de son époque.
Perspectiva communis Collectarium Bibliae Registrum epistolarumMullins Texts and Calendars I section 6.77 Tractatus de pauperitateMullins Texts and Calendars I section 13.2 Divinarum Sententiarum Liborum BiblieDouie "Archbishops Pecham's Sermons and Collations" Studies in Medieval History 270 Summa de esse et essentia Quaestiones disputatae Quodlibeta Tractatus contra Kilwardby Expositio super Regulam Fratrum Minorum Tractatus de anima Canticum pauperis De aeternitate mundi Defensio fratrum mendicantium
Études Articles de dictionnaires et encyclopédies : R. Aubert, ‘Jean Pecham ou Peckham’, DHGE XXVII, 432f. Putallaz, Figures franciscaines, . Glorieux, Les Maîtres de la faculté des Arts au , (Paris, 1971), 231-2. Y.M.-J. Congar, Aspects ecclésiologiques de la querelle entre mendiants et séculiers, dans Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge (1961), 35-151. Alain Boureau, Théologie, science et censure au . Le cas de Jean Peckham, L’âne d’or (Paris, 1999); Alain Boureau, Les cinq sens dans l’anthropologie cognitive franciscaine. De Bonaventure à Jean Peckham et Pierre de Jean Olivi, Micrologus (2002), 277-294 Cyrille Michon, Thomas d'Aquin et la controverse sur "L'Éternité du monde", GF Flammarion, Paris, 2004. Notes et références
Liens externes
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