Jean René Marie Souètre, né le à Ayguemorte-les-Graves (Gironde), mort le à Annemasse (Haute-Savoie), est un militaire français, capitaine dans les commandos de l'air lors de la Guerre d'Algérie puis membre de l'OAS.

Biographie

De l'artillerie de l'air aux commandos de l'air

Jean Souètre, né le à Ayguemorte-les-Graves (Gironde), est le fils de René Jean Souètre, né en 1893 à Brest, sous-officier de la Marine nationale, et de Jocelyne Helytte Saugnac, née à Hostens.

Il embrasse très tôt la carrière militaire. À onze ans, il est enfant de troupe à Billom puis à Autun. Après un stage EOR, il rejoint l'Armée de l'air en 1950. Il obtient son brevet de commandant de batterie anti-aérienne à sa sortie de l'école d'artillerie interalliée d'Idar-Oberstein et est affecté à Mourmelon. Sous-lieutenant en 1952, sa demande de servir en Indochine est refusée (sa spécialité n'y étant pas jugée utile) ; il se retrouve à Lahr/Schwarzwald (R.F.A.). Au début de la guerre d'Algérie, le groupement d'artillerie est dissout pour être remplacé par une demi-brigade de fusilliers de l'air (DBFA) qui est aussitôt envoyée en Afrique du nord (1954). Lieutenant, Jean Souètre est dans la région de Geryville en tant qu'adjoint d'un commandant de compagnie de fusilliers de l'air. En 1956, il se distingue car, sans ordre, il va dégager avec sa section des pétroliers tombés dans une embuscade : il reçoit une sanction de quinze jours d'arrêt de rigueur. C'est alors que sont créés les commandos de l'air, sur une idée du commandant de l'air en Algérie, le général de Maricourt. Souètre demande sa mutation dans une de ces unités.

De la CPA 40/541 à l'OAS

Breveté parachutiste, Jean Souètre, qui vient de passer quelques jours au CPA 20/541, devient l'adjoint du capitaine Fuhrer, commandant du commando parachutiste de l'air (CPA) 40/541 qui opère dans le sud oranais (Oranie), l'Ouarsenis et la Kabylie. Le , son capitaine blessé, il se voit attribuer le commandement du commando. Nommé capitaine à 29 ans, il quitte le CPA « Maxime » le pour prendre la direction du bataillon d'instruction des commandos de l'air. Il reçoit plusieurs décorations et citations et est fait chevalier de la Légion d'honneur. Avec audace, en , lors de la « Semaine des Barricades d'Alger » (du au ), il affirme ses propres idées concernant la politique à suivre en Algérie. En , il quitte le « 40 ». En octobre et novembre, il organise la section expérimentale « Matou ». En décembre, il est muté hors des commandos et envoyé en métropole après le voyage du général De Gaulle, lors duquel il a par trop manifesté ses fortes convictions « Algérie française »". Surnommé par ses proches le « Robin des Bois de l'Ouarsenis », il revient en Algérie en , à Bouguirat, dans l'arrière-pays de Mostaganem, afin de créer un maquis de résistance pour l'Algérie françaiseCe maquis inter-ethnique est commandé par le marquis André de Brousse de Montpeyroux de Limoges-Bretagne et par le Cheikh Tekouk ben Tekouk. Les préparatifs de ce maquis et son organisation civile ont été mis en œuvre par René Villard, fonctionnaire d'État, ancien officier de l'Armée de l'Air. C'est le domicile de ce dernier (au 138, boulevard du Télemly, à Alger) qui servit de PC à l'organisation;. Arrêté peu après, il est libéré lors du putsch des généraux. De nouveau arrêté, jugé, condamné, il est interné au camp de Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard)Didier Lavrut, « La fin de la Guerre d'Algérie et les Législatives de 1962 dans la Gard ( Partie) », in « Le Midi Rouge, Bulletin de l’association Maitron Languedoc-Roussillon » , décembre 2007, Montpellier, . (page 23) (Voir : Le Midi Rouge ). Le , son mariage dans ce camp avec Josette Marcailhou d'Aymeric (cousine de René Villard) cause un petit scandale : en effet, la cérémonie a lieu en présence du commandant-adjoint de la Région militaire, le général Clément. Cela fait d’autant plus scandale que Paris MatchParis Match, , 10 février 1962. en publie le reportage ! Dans la nuit du 18 au , Jean Souètre, avec dix-sept complicesParmi les dix-huit évadés, huit ne seront pas repris, dont Jean Souètre., s'évade de l'« Ardoise » grâce à un tunnel de 35 mètres de long ; il passe en Espagne. De nouveau en Algérie, il est un des responsables de l'OAS pour l'Oranie (comme membre du directoire révolutionnaire) . Condamné à mort par contumace, il est contraint à la clandestinité.

Après l'Algérie Après et sa condamnation, Jean Souètre vit en Espagne. On a cru voir sa trace aux États-Unis en (voir chapitre suivant : « Le soupçon de participation à l'assassinat de Kennedy »). En 1966, il est conseiller de Moïse Tshombe, président en exil en Espagne. Durant les combats de au Katanga, il est aux côtés de Bob Denard. Puis, toujours en Afrique, il est à la tête d'un groupe en Angola. Avec les autres derniers membres de l'OAS, Jean Souètre est amnistié en 1968. Il prend alors jusqu'en 1971 la direction d'une société basée à Majorque, aux îles Baléares puis revient en France, plus précisément aux Antilles, où il est fondé de pouvoir d'une sucrerie de Martinique.

De retour en métropole en 1975, Jean Souètre appartient au comité de direction du casino de Divonne-les-Bains jusqu'à son décès (1976-2001).

Retraité, encore proche de l'extrême-droite françaiseOn l'a vu aux côtés de Jean-Marie Le Pen dans les années 1990 et il a même figuré sur certaines listes du Front national pour des élections locales., le « capitaine » Souètre s'éteint en à Annemasse. Il est inhumé dans la commune de Divonne-les-Bains.

Le soupçon de participation à l'assassinat de Kennedy En 1977, la publicationMary Ferrell, in Penn Jones' newsletter, 1977 ; The Continuing Inquiry, 1979 et, plus tard, Henry Hurt, Reasonable Doubt, New York, Henry Holt, 1985 (). d'un document de la CIA lance une polémique sur l'éventuelle participation de Jean Souètre à l'assassinat de John F. KennedyThierry Lentz, Kennedy, enquête sur l'assassinat d'un président,...(référence à compléter). (Voir aussi : Site jfk-fr.com). Ce document évoque en effet sa présence à Dallas le vendredi . Dix-huit heures après la mort du président américain, un Français est arrêté à Fort Worth puis expulsé des États-Unis. La note précise : « le sujet est soupçonné d'être un capitaine déserteur de l'armée française et militant de l'OAS ». On pense alors à Jean SouètreOn a également évoqué un certain « Michel Roux ». que certaines sourcesJacques Depret, Coup d’État à Brazzaville, 1976. prétendent être en contact avec les milieux de l'extrême-droite américaine, milieux qui « auraient financé l'OAS ». Par le biais du Centro Mondiale Comerciale et de la PermindexArticle « Permindex » sur la wikipedia anglaise, Souètre aurait ainsi connu le major général Edwin WalkerArticle « Edwin Walker » sur la wikipedia anglaise, adversaire des Kennedy (et accessoirement hostile à de Gaulle).

Le journaliste Steve Rivele découvre plus tard, en 1988, que Jean Souètre a un « ennemi » ancien : Michel Mertz. Employé par les services secrets français pour infiltrer l'OAS avant de tremper dans des affaires de trafic de drogue, celui-ci aurait usurpé l'identité de Jean Souètre. Ce dernier reconnaît d'ailleurs que Mertz avait déjà eu l'habitude de se servir de son nom comme pseudonyme, pour éventuellement le compromettre. Il se pourrait donc que le véritable Jean Souètre ne se soit pas trouvé à Dallas ce . Le journaliste d'investigation français William ReymondJFK – autopsie d'un crime d'État William Reymond & Billie Sol Estes, Flammarion, Paris, 1998., pense que le SDECE a voulu fabriquer « de toutes pièces la présence de Souètre, détenant ainsi un moyen de pression sur l'OAS. » ().

Distinctions

(Algérie) (7 citations)

Notes et références

Bibliographie Jean-René Souètre, un soldat d'aventure, Le Monde, . Peter Kross, JFK: The French Connection, Adventures Unlimited Press, 2012.

Catégorie:Militaire français de la guerre d'Algérie Catégorie:Mercenaire français Catégorie:Élève de l'école militaire préparatoire de Billom Catégorie:Élève du lycée militaire d'Autun Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Membre de l'Organisation de l'armée secrète Catégorie:Assassinat de John F. Kennedy Catégorie:Naissance en octobre 1930 Catégorie:Naissance en Gironde Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Décès en juin 2001 Catégorie:Décès à Annemasse