Antequera (Antéquerre en ancien français.) est une ville de la province de Malaga, dans la communauté autonome d'Andalousie, en Espagne. Elle est située dans la région homonyme. Grâce à sa situation stratégique, à proximité de quatre aéroports (à environ une heure de route) et desservie par la ligne ferroviaire reliant le port d'Algésiras, Antequera s'affirme comme un important pôle logistique, abritant plusieurs zones d'activités et le nouveau Centre logistique d'Andalousie. De plus, la plaine d'Antequera, irriguée par le Guadalhorce, est une région agricole fertile qui produit en abondance des céréales, de l'huile d'olive et des légumes.

Son nom provient d'Anticaria, son ancien nom romain, devenu Antaquira en arabe, bien que plusieurs sites archéologiques disséminés sur le territoire de la commune témoignent d'une occupation humaine remontant à plus de . De ce passé, elle conserve un riche patrimoine archéologique et architectural, notamment le complexe dolmen de Menga, Viera et El Romeral, ainsi que de nombreuses églises, couvents et palais de différentes époques et styles. L'élément le plus remarquable de son environnement est le site naturel d'El Torcal, célèbre pour les formes insolites de ses roches calcaires, qui forment l'un des paysages karstiques les plus importants d'Europe.

Ce site naturel, ainsi que les dolmens de Menga, Viera, El Romeral et Peña de los Enamorados, constituent le site des dolmens d'Antequera, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en .

Géographie Sa superficie de en fait la plus grande commune de la province de Málaga et la onzième d'Espagne. La plaine ou dépression d'Antequera est traversée par une chaîne de montagnes la Sierra de Antequera qui appartient à la Cordillère Bétique, zone Intrabétique Sud. Au sud, la Sierra del Torcal est un escarpement calcaire abrupt spectaculaire ( de haut) de formations karstiques. Bien visibles dans la grande plaine depuis Antaquera des îlots calcaires aux pentes abruptes (Peña de los Enamorados)https://digital.csic.es/bitstream/10261/25457/1/Martinez_Enamorado_Antequera.pdf. La ville elle même est à d'altitude.

Localisation La commune d'Antequera est dans le nord de la province de Malaga et le nord de la comarque Antequera (dont elle est le chef-lieu) ; elle jouxte une commune de la province de Cordoue au nord ; et elle est proche des provinces de Grenade à l'est et de Séville à l'ouest.. Malaga est à sud, Séville à ouest-nord-ouest, Madrid à nord, et Gibraltar à sud-ouest (distances par route). Les distances se calculent avec l'outil "Directions"..

Communes voisines

Hydrographie La pointe sud-ouest de la commune est marquée par une large partie du réservoir du Guadalhorce, l'un des trois grands . Le réservoir du Guadalhorce est partagé avec la commune de Campillos. Campillos a aussi la majeure partie du réservoir du Guadalteba, alimenté par le , important affluent du Guadalhorce qu'il rejoint au débouché des réservoirs. Le troisième réservoir est sur Ardales au sud : réservoir del Conde del Guadalhorce.

Avant d'alimenter son réservoir éponyme, le Guadfalhorce traverse Antequera d'est en ouest.

Climat Le climat est très diversifié à Antequera. La température moyenne annuelle est de , l'ensoleillement est de par an et la pluviométrie . L'hiver est plutôt froid, avec des températures moyennes de . L'été est chaud.

Démographie Antequera est la neuvième circonscription de la province de Malaga par la population. La population était de habitants en 2008 (recensement de l'Institut national de la statistique d'Espagne). La densité de population est de . La zone la plus peuplée de la ville est la vieille ville, dans le centre-ville.

Noyaux urbains Le centre principal de la commune correspond à la cité d'Antequera, qui possède un centre historique bien conservé et de nombreux monuments. Elle date de l'époque romaine et musulmane, avec son emplacement choisi probablement car c'est un endroit élevé d'où on domine la plaine.. Les autres noyaux urbains sont de petite taille et présentent des caractéristiques communes, comme leur caractère rural et la typologie des maisons qui correspondent à des regroupements de demeures unifamiliales de faible hauteur, et de plus de création récente, surgi pour l'exploitation agricole de la zone ou autour des infrastructures ferroviaires. La majorité d'entre eux se situent dans la plaine pour profiter de sa fertilité agricole : Cartaojal, , Bobadilla, (Bobadilla-Estación), et . Les autres se trouvent sur la pente sud de la cordillère : Villanueva de Cauche (une entité locale autonome), , et . Il y a aussi Puerto del Barco et Las Lagunillas (paroisses, mais villages désaffectés).

Elle est la ville espagnole comportant la plus grande densité d'églises par habitants et possède la première église de style Renaissance à avoir été construite en Andalousie : Santa María la Mayor.

Histoire Préhistoire vignette|redresse|Dolmen de Menga.

Il existe des vestiges de peuplement qui remontent entre les . Les principaux témoins de cette époque sont les dolmens de Menga, Viera, El Romeral et El Alcaide (les trois premiers sont dans la banlieue d'Antequera alors que le dernier est proche de la commune de Villanueva de Algaidas). Ils sont considérés comme le meilleur ensemble de dolmens d'Espagne et le plus représentatif de la période mégalithique de la péninsule. Ils sont classés au patrimoine mondial par l'UNESCO..

Période antique vignette|gauche|redresse|L'éphèbe d'Antequera.

Entre la préhistoire et l'époque romaine, de nombreux peuples ont marqué l'histoire de l'Andalousie. Leur présence sur le territoire d'Antequera est communément admise bien que sans preuve tangible. parmi ces peuples : les Ibères, les Tartessos, les Phéniciens et les Carthaginois. La présence de ces derniers serait cependant attestée par des inscriptions sur des tombes en argile provenant du site d'Osqua : la colline de Antequera aurait été un lieu de bataille entre Hasdrubal le Beau, général carthaginois, et les légions romaines.. À l'époque romaine, le peuple assimile rapidement la culture romaine et la langue latine..

vignette|redresse|La vieille ville et les tours des églises San Agustín et San Sebastián

La fondation d'Antequera est liée à l'émergence de la ville romaine de Antikaria où ont lieu le seul collège pontifical que Jules César organise en Espagne. À l'époque romaine, les gens adoptent rapidement la culture et la langue latine. Sous la domination romaine, la ville devient un important carrefour commercial, particulièrement connu pour la qualité de son huile d'olive. Antequera dispose également de thermes situés dans la partie sud-ouest de la ville. Le vestige le plus représentatif de cette période est l'éphèbe d'Antequera.

Dès le milieu du , les Romains sont repoussés par des peuples traversant les Pyrénées : Vandales, Alains, et Suèves. En 554 l'Empire byzantin s'empare de la région pour être à leur tour vaincu par les Wisigoths en 624.

Période médiévale En l'an 726, Moussa Ibn Noçaïr et Tariq Ibn Ziyad achèvent la conquête arabo-musulmane de la péninsule ibérique. Antikaria est alors incorporée dans la province d'Al-Andalus. La ville reçoit alors un nouveau nom : Medina Antaquira, et reste sous domination arabo-musulmane jusqu'en 1410. Au cours de la période musulmane, la ville connait les dominations successives des Omeyyades de Damas, des Omeyyades de Cordoue, des Hammudites, des Almoravides, des Almohades puis des Nasrides de Grenade. Medina Antaquira, qui à l'époque avait une population d'environ , est devenue une importante ville-frontière du Nord du sultanat Nasride de Grenade. Pour se défendre contre les troupes espagnoles catholiques, des fortifications et un château (l'Alcazaba) ont été construits. , seules quelques parties des murs et des tours peuvent être observées, dont la tour appelée Torre del Homenaje.

Pendant près de deux cents ans, Medina Antaquira est maintes fois attaquée par les rois chrétiens au cours de la Reconquista. Le d'une armée dirigée par Ferdinand conquiert la ville.. Cela donne à Ferdinand, qui est couronné roi d'Aragon en 1412, le titre de « Ferdinand d'Antequera » (Don Fernando de Antequera), et la rue principale porte encore son nom : Calle Infante Don Fernando.

De grandes familles andalouses se sont réfugiées à Fès, la famille « al-Antiqāîri » (litt. « L'Antequerois / celui qui vient d'Antequera »), est issue de cette ville avant la Reconquista.

Période moderne vignette|redresse|Statue du savant (1578-1650) sur la Plaza de Escribanos.

Les musulmans sont chassés, Antequera devient une ville du royaume de Castille. Elle devient alors une forteresse catholique contre les Nasrides du royaume de Grenade, dernier bastion d'Al-Andalus, et une base pour poursuivre la Reconquista (Reconquête). Après la conquête de Grenade en 1492, la ville commence à se transformer et s'étendre à l'extérieur des murs. En vingt ans, sa population passe de à environ habitants grâce aux terres fertiles et à l'absence de conflits. Après la Reconquista, la ville demeure une importante ville commerciale, au carrefour entre Málaga, Grenade, Cordoue et Séville. Son emplacement, son agriculture florissante et le travail de ses artisans contribuent à l'essor culturel de la ville. Antequera est appelé le « cœur de l'Andalousie » dès le début du . C'est une période de restructuration de la ville. Les mosquées sont rasées, remplacées par des églises. La Iglesia San Francisco, plus ancienne église d’Antequera, est construite autour de l'an 1500 en style gothique tardif.

En 1503, la vieille église Sainte-Marie-de-l'Espérance est érigée en collégiale puis est reconstruite 11 ans plus tard pour devenir ; ce n'est pas une université, mais au cours du même siècle une chaire de grammaire et de latinité y est rattachée, ce qui attire les intellectuels humanistes qui en font un lieu de rencontres important pour les écrivains et érudits de la Renaissance espagnole. Au cours du , elle voit passer dans ses murs les poètes , et . Il s'y trouve également une école de sculpture dont les œuvres ornent un grand nombre des églises d'Andalousie, y compris l' (San Sebastián) dans le centre-ville et l' (Real Colegiata de Santa María) richement décorée avec ses façades maniéristes..

Jusqu'à la fin du , la ville connaît une grande frénésie de construction. Elle se couvre de palais de style baroque espagnol, d'églises et de couvents – la ville compte depuis encore .

Période contemporaine Dès le début du , la croissance de la ville ralentit. En 1804, plusieurs épidémies ravagent la population espagnole.. En 1810, les troupes napoléoniennes s'emparent d’Antequera mais elles en sont chassées deux ans plus tard.

L'invasion de l'Espagne par Napoléon déclenche une période de guerre et de troubles qui affaiblit fortement le royaume d'Espagne. Ce conflit est particulièrement sanglant, il entraîne des pertes importantes et la perte de toutes les colonies au cours du . Cette situation engendre une profonde crise économique. L'église, l'aristocratie et la classe supérieure (les grands propriétaires fonciers) ont perdu la majeure partie de leur fortune.

L'économie de la ville s'oriente alors vers l’industrie textile et la laine, et fait naître une nouvelle classe bourgeoise. Les produits sont commercialisés dans toute l’Espagne et Antequera est reconnue pour la qualité de ses couvertures. Cependant, cette période est de courte durée. L’expansion industrielle et l'ouverture d’une ligne ferroviaire entre Barcelone et Mataró dans le Nord de l’Espagne font péricliter l’industrie d'Antequera au profit du textile de Catalogne.