Roderick David Stewart, dit Rod Stewart, né le à Londres (Angleterre), est un chanteur et auteur-compositeur-interprète britannique. Personnalité incontournable du rock britannique presque depuis ses origines, Rod Stewart est dans l'entourage des futurs Kinks, Fleetwood Mac et Rolling Stones, mais il ne connaît un véritable succès qu'en 1967 au sein du Jeff Beck Group, puis du groupe The Faces dont il est le chanteur. Stewart est l'un des artistes ayant vendu le plus de disques, avec des ventes estimées à 100 millions, et obtient de nombreux succès dans sa carrière solo, notamment avec les titres Sailing (1975) et Da Ya Think I'm Sexy? (1978). Il a eu dix albums n°1 et trente-et-un Top 10 singles au Royaume-Uni, dont six ont atteint la première place. Aux États-Unis, Stewart a eu seize Top 10 singles, dont quatre ont atteint la première place du Billboard Hot 100. En 2002, il reçoit le Diamond Award pour avoir vendu plus de d'albums. Le , il est anobli par la reine Élisabeth II, et reçoit du prince William, duc de Cambridge l'accolade le créant Sir Roderick David Stewart. Biographie Enfance Roderick David Stewart est né le à Londres durant la Seconde Guerre mondiale. Sa famille est d'origine écossaise. Tout d'abord tenté par une carrière au Brentford FC, il découvre la musique à 12 ans lorsque son père lui offre une guitare. 1960 à 1963 : débuts Issu de Highgate, un quartier populaire du nord-est de Londres, Roderick tente une carrière de footballeur professionnel au club local de Brentford, au tout début de l'année 1960, mais il est vite échaudé par son entraîneur qui le confine sur le banc des remplaçants. Pourtant, après quelques semaines à peine, Rod renonce à sa carrière de footballeur. À cette époque, fasciné par des ouvrages comme celui de l'auteur Jack Kerouac, et plus particulièrement du roman de ce dernier Sur la route qui a aussi inspiré Bob Dylan, Rod décide de mener une vie de beatnik. C'est le début d'une aventure européenne faite de galères en tous genres, que Stewart décrit précisément dans le titre de l'album Every Picture Tells a Story paru en 1971. Durant l'été 1962 il fait la manche sur la plage de Saint-Tropez pour quelques francs par jour. Vagabond sur les quais de la Seine à Paris, il est embarqué par la police parisienne. Après un court séjour à Rome, Rod se retrouve en Espagne où il est emprisonné pour vagabondage puis expulsé vers la Grande-Bretagne. Sa sœur, Mary Stewart, dira plus tard que son frère est revenu de ce séjour méconnaissable, maigre et dans un état de « clochardisation »Stafford Hildred et Tim Ewbank, Rod Stewart : The new biography, 2004. Sermonné par son père qu'il respecte énormément, Rod change littéralement d'attitude, revêt des tenues impeccables et se coiffe à la façon des Mods. Après avoir tenté quelques petits boulots à la semaine (fossoyeur, poseur de pylône, encadreur), Rod parcourt les festivals de jazz en tant que spectateur. Il tente sa chance en studio et arrive, en réunissant quelques économies, à enregistrer plusieurs titres rhythm and blues qui passeront totalement inaperçus (Good Morning Little Schoolgirl). Ces titres ne paraîtront que 12 ans plus tard en 1976, sur le disque A Shot Of A Rhythm And Blues alors que Stewart est devenu célèbre. 1964 à 1966 : Steampacket et Rod "The Mod" Stewart C'est durant cet hiver 1964-65 que Rod est découvert par l'artiste montant de l'époque Long John Baldry. En effet, un soir de 1963, Baldry découvre un jeune type assis sur le quai du métro londonien à la station Twickenham, qui joue un air de blues à l'harmonica. Long John Baldry reconnaissant un titre de Muddy Waters, est séduit. Rod Stewart devient ensuite, en compagnie de Julie Driscoll, le choriste de Steampacket où John Baldry est chanteur. On y retrouve également le futur organiste Brian Auger, qui devient très populaire, sur orgue Hammond. Ce nouveau combo ne dure à peine que quelques mois, le temps d'immortaliser en studio quelques titres (Up above my head, Baby take me) et un nom ! Car Long John Baldry a pris l'habitude de présenter au public son jeune poulain comme Rod "The Mod" Stewart, un surnom qui lui colle longtemps à la peau. Baldry répondant à une interview en 1995 précise que le surnom « the mod » lui est venu à force de voir combien Stewart passait de temps à se laquer les cheveux pas encore en pétard à cette époque. Brian Auger voit d'un mauvais œil le petit nouveau et demande tout bonnement à Baldry de s'en séparer. Baldry s'exécute mais le groupe finit par éclater quelques semaines plus tard. Si aucun album n'a jamais vu le jour à cette époque, c'est tout simplement que chaque artiste avait un contrat avec une maison de disque différente (Stewart avec DECCA). Après Steampacket, Rod tente de reconstituer sur ces cendres un autre groupe avec Beryl Marsden au chant, Peter Green à la guitare et Mick Fleetwood à la batterie (futurs Fleetwood Mac) ainsi que Peter Bardens à l'orgue (qui sera plus tard claviériste du groupe Camel), mais Shotgun Express, le nom du groupe à l'époque, ne dure pas 6 mois et n'a finalement enregistré en studio que quelques reprises toutes aussi obscures que les précédentes, I Could Feel The Whole World Turn Round (Columbia DB 8025) étant leur premier single, daté d'. Pendant ce temps, Rod continue à enregistrer en solo ses propres reprises (Bright Light big City, Shake, Little Missunderstood). Tous ces singles sont des échecs commerciaux. 1967 à 1969 : Jeff Beck Group Mais en ce début d'année 67, d'autres cieux, d'autres auspices s'annoncent avec une rencontre qui marque à jamais l'histoire du rock : celle de Rod avec Jeff Beck, le guitariste issu des Yardbirds, qui lui met le pied à l'étrier. Le Jeff Beck Group est créé avec, outre Rod au chant et Jeff Beck à la guitare, Ron Wood à la basse, Micky Waller à la batterie et Nicky Hopkins au piano. Deux excellents albums seront enregistrés et une tournée américaine triomphale est lancée durant les deux années suivantes. Le premier album Truth comporte la reprise des Yardbirds Shapes Of Thing, Ain't Supertisious de Howlin' Wolf et You Shook Me de Willie Dixon ainsi que Beck's Bolero. Dans la première composition de Stewart, il est aidé de Beck sous le pseudonyme Jeffrey Rod sur Let Me Love You, Ol Man River. En 1967, Rod enregistre un single avec P. P. Arnold, la nouvelle protégée du manager des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham, la chanson intitulée Come home baby avec Ron Wood à la guitare, Keith Richards à la basse, Nicky Hopkins au piano électrique, Keith Emerson à l'orgue Hammond, Micky Waller à la batterie et The Georgie Fame Brass Section, le tout produit par Mick Jagger sur disques Immediate. On retrouve cette pièce sur la compilation Immediate Pleasure disponible depuis 2002. Alors que le groupe est déjà séparé à la suite de violentes disputes verbales (Mickey Waller et Nicky Hopkins sont mêmes virés puis réintégrés avant d'être à nouveau congédiés), sort en 1969 Beck Ola. Cet album est la référence pour de nombreux artistes puisqu'il est le pionnier du son Heavy et Hard Rock. Rod est qualifié sur la pochette d'« extraordinaire » par Beck lui-même, pourtant très avare de compliments. On y trouve notamment deux reprises d'Elvis Presley complètement corrigées à la sauce Jeff Beck (All Shook Up et Jailhouse Rock). Même si le groupe obtient un bon succès vis-à-vis du public et des critiques rock, l'ambiance au sein du groupe ne fait qu'empirer. Las de cette ambiance délétère, Stewart quitte le groupe après que Ron Wood, son nouveau meilleur ami (et pour longtemps) se soit fait virer à son tour. Cette séparation intervient quelques jours avant leur participation annoncée au festival de Woodstock. 1969 à 1974 : carrière solo et au sein des Faces Les deux comparses ne traînent pas longtemps seuls puisqu'ils rejoignent les orphelins du groupe de Steve Marriott, les Small Faces. En effet, totalement échaudé par les humeurs de Beck, Ron Wood viré du Jeff Beck Group, se retrouve à jouer avec Kenney Jones et Ian McLagan et introduit quelques semaines plus tard Rod Stewart à leurs sessions. Durant quelques semaines, ils forment les prémices de ce qui deviendra les Faces sous le nom des Quiet Melons dans lequel se retrouvent Ron Wood et son frère Art tous deux à la guitare, Ian McLagan à l'orgue, Kim Gardner à la basse et Ronnie Lane ainsi que Kenny Jones à la batterie qui publient un maxi-single Art Wood's Quiet Melon. Finalement, Art Wood décide de ne pas donner suite au projet et les autres comparses scellent leur destin dans un pub de Hampstead à Londres. Ils forment alors les Faces avec Ronnie Lane à la basse et au chœurs, Ian McLagan aux claviers, Kenney Jones à la batterie, Ron Wood à la guitare.thumb|redresse|Rod Stewart en 1971. C'est aussi cette année-là que Rod Stewart enregistre pour le compte d'un groupe australien du nom de Python Lee Jackson plusieurs titres afin de donner une référence de la voix au chanteur de ce groupe. Le résultat est si époustouflant que le groupe décide de garder les enregistrements tels quels. Seuls trois titres seront publiés dont In A Broken Dream. Ce titre prend toute sa dimension après la popularité de Stewart en 1971. À noter que Rod réenregistre ce titre en 1993 aux côtés de David Gilmour et John Paul Jones. Totalement décomplexés des années sixties, les Faces vont sortir quatre albums au son qui leur fut propre. En quelques mots : alcoolisé, généreux et furieusement rock'n'roll. Là encore, les Faces sont à l'origine de carrières de nombreux artistes, notamment de la future mouvance punk, comme pour Steve Jones et même Johnny Rotten selon ses propres aveux. Avec les Faces d'un côté et l'envie de faire une carrière solo de l'autre, Rod décide de mener une double carrière en sortant parallèlement des albums avec ou sans les Faces, alliant ainsi deux contrats : avec Mercury pour les albums solos et Warner Bros pour les albums des Faces. Les autres membres du groupe participent presque à chaque fois à la conception des albums solo de Rod ! Fin 1969 sort ainsi le premier album solo de Stewart An Old Raincoat Won't Ever Let You Down, sur lequel on retrouve Keith Emerson à l'orgue Hammond sur la chanson I wouldn't change a thing, suivi quelques mois plus tard en 1970 de First Step des Faces dont le classement dans les charts reste toutefois modeste. Suivent durant l'année l'album solo de Rod Gasoline Alley et Long Player des Faces. Mais c'est durant l'année 1971 que Rod Stewart devient le meilleur chanteur britannique avec l'album Every Picture Tells a Story et surtout le titre Maggie May qui se classe en Angleterre et aux États-Unis simultanément. Ce superbe album figure dans le top 100 des meilleurs albums de rock de tous les temps au Billboard. Il faut s'arrêter un instant sur cette période charnière pour la rock-star. Après Every Picture Tells a Story, les temps ont changé. Avant, Rod est un chanteur plutôt modeste dans l'attitude à l'instar de ses potes les Faces. Mais ce succès fulgurant, modifie considérablement le personnage. Adulé de la presse comme du public, c'est pour lui une autre vie qui commence. Rod Stewart, qui déclare à la presse britannique être né pour vivre dans le luxe, mène une vie à la hauteur de ses espérances. Il s'est déjà offert, grâce à l'avance de sa maison de disques, deux bolides italiens. Il acquiert à la fin de l'année 71 une demeure gigantesque dans une banlieue chic de Londres. Deux reprises des Temptations et d'Elvis Presley, respectivement I Know I'm Losing you et That's All Right Mama, une reprise du folklore celtico-anglo-saxon Amazing Grace ici proposée en version dépouillée guitare-voix, ainsi que les compositions telles que Mandolin Wind et le titre autobiographique Maggie May. vignette|gauche| Rod Stewart en 1972.