Étiennette (Stéphanie/Stephania), dite de Bourgogne, morte après , est une comtesse de Bourgogne par son mariage avec le comte .
Une filiation incertaine Aucun document contemporain ne mentionne ses parents ou ne lui attribue une origine familiale. Depuis le , des historiens et des généalogistes ont tenté de combler cette lacune.
Les certitudes Avec son mariage, les prénoms de Clémence, Raymond et Guisla (ou Gisèle) apparaissent dans la famille comtale de Bourgogne. Sa fille Clémence est, avec sa contemporaine Clémence d'Aquitaine, femme de Conrad de Luxembourg, la première noble à porter ce prénom en dehors du cercle pyrénéen.
Rodrigue de Tolède mentionne dans ses Chroniques que le comte de Portugal Henri, issu de la maison ducale de Bourgogne est un congermanus (cousin germain ou à la rigueur cousin issu de germain) de Raymond, fils de Guillaume et d'Étiennette, de la maison comtale de Bourgogne. Un des frères d'Henri, le duc porte le même second prénom que plusieurs comtes de Barcelone : Raymond Borrell, . L'origine de Sibylle, la mère d'Eudes et Henri, est également non mentionnées par les documents contemporains.
Son épitaphe mentionne le titre de comtesse des Allobroges qui a été le sujet de plusieurs débats. Les Allobroges étant un peuple celte vivant autour de Vienne, certains historiens ont tenté de la rattacher à la maison comtale de Vienne. En fait il semble que ce terme soit un archaïsme équivalent au titre de comtesse de Bourgogne, qu’elle a obtenu par son mariage.
L'hypothèse barcelonaise (Père Anselme - 1723) Argument : le premier à lui proposer une filiation est le Père Anselme (historien et généalogiste français) qui la dit issue du comte , et de Sancie de Navarre, mais sans justifier cette affirmation..
Critique : malheureusement, le Père Anselme ne donne pas les raisons qui lui ont permis de proposer cette hypothèse. On suppose que c'est la présence du prénom Raymond parmi les enfants de Guillaume et d'Étiennette qui lui a fait formuler cette hypothèse. Mais le Père Anselme, pourtant généralement fiable, n'est pas très bien renseigné : le comte de Barcelone n'est pas , mais Bérenger , il donne Guillaume comme comte de Bourgogne et de Vienne, alors qu'il n'est que comte de Bourgogne et pas de Vienne..
Une autre hypothèse barcelonaise (Maurice Chaume - 1937) Argument : Maurice Chaume s'attaque au problème des relations entre la Bourgogne et l'Espagne, ainsi que de la relation de parenté (congermanus) entre Henri de Bourgogne (ducale), comte du Portugal et Raymond de Bourgogne (comtale), prince consort de Castille, qui épousèrent deux sœurs, filles du roi .
Il considère que la femme anonymeElle est nommée Sibylle ou Sibille, sans que rien justifie ce prénom (Foundation for Medieval Genealogy : ). d'Henri de Bourgogne, mère d', duc de Bourgogne, et d'Henri, comte de Portugal, est une petite-fille de Raymond Borrell (972-1017), comte de Barcelone, et d'Ermesinde de Carcassonne.
Il poursuit sa démonstration en montrant que ces derniers ont une fille du nom d'ÉtiennetteIl y a une inexactitude cette Étiennette n'est pas fille de Raymond Borrell et d'Ermesinde de Carcassonne, mais de Bernard Roger (mort en 1037), comte de Foix, et de Garsende, comtesse de Bigorre. Bernard Roger de Fois est le frère d'Ermesinde de Carcassonne, ce qui fait que la parenté reste proche., (qui devient reine de Navarre par son mariage avec ) ; une nièce de cette Étiennette, Clémence, épouse, avant 1057, (mort en 1065), comte d'Urgell. Il rapproche alors ces prénoms d'Etiennette de Clémence présent dans la famille de Barcelone à Clémence, fille de Guillaume de Bourgogne et d'Etiennette.
Il conclut alors à la parenté entre Raymond de Bourgogne-Comté, (tige des rois de Castille) avec Henri de Bourgogne-Duché (tige des rois de Portugal) de la façon suivante : Deux enfants, issus du mariage (c.a. 1000) de Raymond Borrell de Barcelone (972-1017) et de Ermesinde de Carcassonne : de l'un d'eux — fils ou fille — serait née Sibille, femme du comte Henri de Bourgogne (1035-1066) et mère du duc de Bourgogne et du comte Henri de Portugal ; de l'autre — une fille, mariée à un comte de Vienne — serait née Étiennette, femme de dit Guillaume le Grand ou Tête-Hardie (1020-1087) et mère du comte Raymond ou Raimond.
Mais Maurice Chaume termine en rappelant que ce ne sont là que des hypothèses et la moindre charte venue de Barcelone, de Carcassonne ou d'Urgel ferait bien mieux l'affaire..
Critique : L'ascendance maternelle d'Eudes Borrel ne pose pas de problème, mais toutes les ascendance barcelonaises posent les mêmes problèmes (voir plus bas la critique de la thèse d'A. Beau).
L'hypothèse lorraine (Szabolcs de Vajay - 1960) Argument : en 1960, a proposé l'hypothèse de l'origine lorraine d'Étiennette en se basant sur des papiers du généalogiste Pierre Chifflet, conservés à la Bibliothèque Nationale et qui, parlant de Guy de Bourgogne (futur pape et fils d’Étiennette), le disaient d’une origine tant bourguignonne que lorraine. Il avait également fait un rapprochement entre Étiennette, dont une des filles se prénomme Clémence et Ermesinde, épouse d’un duc d’Aquitaine et mère de Clémence d'Aquitaine, comtesse de Luxembourg par mariage. Ces deux Clémence sont les deux premières princesses de ce prénom en dehors du domaine pyrénéen d’où elles sont issues. Clémence, comtesse de Luxembourg, est également qualifiée de comtesse de Longwy. D’après Laurent de Liège, le possesseur de Longwy en 1047 était le duc Adalbert de Lorraine. Szabolcs de Vajay en avait déduit qu'Etiennette et Ermesinde étaient toutes deux filles d’Adalbert, duc de Lorraine. Pour expliquer l’apparition du prénom Clémence parmi leurs filles, il avait considéré qu’Adalbert avait épousé une Clémence, qu’il considérait issue de la maison de Foix..
Critique : Il a été établi en 1987 que le document de Pierre Chifflet ne concernait pas le futur pape, mais un de ses neveux, fils de (issu des comtes de Bar et d’une sœur de ). D’autre part, Longwy à cette époque n’appartient pas aux ducs de Lorraine, mais aux comtes de Luxembourg, et il est probable que Laurent de Liège ait été victime de confusions entre Ermesinde, mère de Clémence d'Aquitaine, et Ermesinde de Luxembourg, fille de cette même Clémence d'Aquitaine et mariée à Adalbert, comte de Dabo et de Longwy. Ces critiques réduisent donc à néant la thèse de l’origine lorraine, qui est maintenant abandonnée..
L'hypothèse barcelonaise modifiée (A. Beau - 1988) Argument : à la suite de l'abandon de l'hypothèse lorraine, A. Beau a repris le Père Anselme, en disant que ce dernier avait certainement de bonnes raisons de proposer la filiation barcelonaise. Il modifie toutefois la filiation, en faisant remarquer qu’une des filles se nommant Guisla (Gisèle), elle était plus probablement née du second mariage de Bérenger avec Guisla de Lluça..
Critique : le principal reproche fait à cette hypothèse est de trop faire confiance au Père Anselme, qui a manifestement une documentation insuffisante et qui ne justifie pas sa proposition (voir plus haut). De plus, si Etiennette avait transmis les prénoms de Barcelone à la famille comtale de Bourgogne, on devrait s'attendre à voir dans cette famille des Bérenger plutôt que des Raymond. Une troisième critique a été avancée en prenant compte de la parenté qui aurait dû empêcher le mariage entre Eudes Borrel, duc de Bourgogne, et son épouse Sibylle de Bourgogne Comté., mais d'une part, cette parenté est bien réelle, puisque Henri, frère d'Eudes Borrell est qualifié de congermanis de Raymond, frère de Sibylle et d'autre part, aux dires de Maurice Chaume, .
L'hypothèse fuxéenne (Christian Settipani - 2004) Argument : En fait, la plus ancienne femme connue à porter ce prénom de Clémence est la femme du comte , frère et cousin probable de deux ÉtiennetteÉtiennette de Barcelone, fille de Raimond Borrel, comte de Barcelone, et d’Ermesinde de Foix (sœur de Bernard Roger, comte de Foix et de Bigorre), mariée à ., frère et neveu de deux Ermesinde et petit-neveu de Guila de Melgueil et père d’un Raymond. Ces différentes rencontres onomastiques permettent de proposer le comte , et Clémence comme parents d’Étiennette, comtesse de Bourgogne, et d’Ermesinde, duchesse d’Aquitaine. Christian Settipani propose de voir en Clémence une fille de Raymond Borrell, comte de Barcelone, donc une petite fille de Liedgarde, épouse . Le nom de cette dernière montre une origine auvergnate, où les Étienne sont nombreux, expliquant ainsi l'origine onomastique du prénom Étiennette dans les familles barcelonaise et fuxéenne..
Famille Mariée à , elle donne naissance à neuf., voire treizeFoundation for Medieval Genealogy : . enfants : Le (?) précédant un nom indique que la filiation ne fait pas consensus.
Ermentrude ∞ (1065) , comte de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette. Eudes, pour lequel son père fait une donation à la cathédrale de Besançon en 1087 pour le repos de son âme ; (, lors de la première croisade), comte de Bourgogne, de Mâcon et de Vienne, ∞ Régine d'Oltingen. (), comte de Bourgogne, de Mâcon et de Vienne, ∞ . (), comte de Bourgogne et de Mâcon. (?) GuillaumeEuropäische Stammtafeln, , .. Gui ou Guy (), administrateur de l'archevêché de Besançon puis élu pape (1119) sous le nom de . ( à Ascalon), dit « le Hardi » ou « Tête Hardie », co-comte de Bourgogne, de Mâcon et de Vienne (1097), à la suite de son frère et en association avec son neveu , ∞ Béatrice de Lorraine, fille du duc . (), alias Guillaume III de Mâcon (vers 1088/1095 /1157), co-comte de Mâcon (1102) avec son frère, comte d'Auxonne (1127), de Vienne (1148), régent du comté de Bourgogne (1148), ∞ Ponce/Poncette/Pontia de Traves. Gérard/ (), comte de Mâcon et de Vienne, seigneur de Traves, sire de Salins, ∞ Maurette, fille et héritière de , d'où la suite des comtes d' Auxonne, puis de la maison de Chalon. (vers 1093/1100 ), dit le franc-comte, co-comte de Mâcon (1102), comte de Bourgogne (1127), après les règnes de ses cousin et petit-cousin, ∞ Agathe de Lorraine, fille du duc , d'où la suite des comtes palatins de Bourgogne. Sybille (Mahaut), ∞ (1080) , duc de Bourgogne, d'où la suite des ducs de Bourgogne. Raimon/Raymond ( en Espagne), comte de Galice, ∞ (1090) , héritière du roi de Castille et de Léon, reine en 1109. Alphonse VII (1105 ), roi de Galice (1112 à 1157) et de León et Castille (1126 à 1157), « empereur de toutes les Espagnes » (1135), ∞ Bérengère de Barcelone, d'où les rois de Castille. Hugues (/1103), archevêque de Besançon. Gisèle (), ∞ (1°, 1090) , comte de Savoie, puis ∞ (2°, /06) , marquis de Montferrat, d'où postérité des deux unions, dont (1) Alix qui épouse le roi de France . Clémence (, ∞ (1, 1092) , comte de Flandre, ∞ (2, ) , comte de Louvain et de Bruxelles, landgrave de Brabant. (?) Octavien (), moine, évêque de Savone, saint catholique ; (?) Étiennette, ∞ Lambert François, de Valence, seigneur de Royans ; (?) Berthe (, ∞ (1093, dont elle sera la épouse) (), roi de Castille et de Léon, sans postérité.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes Histoire de la Bourgogne - Histoire de la Franche-Comté Comté de Bourgogne - Liste des comtes de Bourgogne - Maison d'Ivrée
Liens externes
, dont la notice Guillaume de Bourgogne > Étiennette.
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