Le L-39 Albatros est un avion d'entraînement militaire construit par la firme tchécoslovaque Aero Vodochody, qui a succédé à l'Aero L-29 Delfin comme avion standard d'entraînement des forces du pacte de Varsovie mais il est surtout utilisé comme avion de combat dans les pays acquéreurs.
Si la dislocation de l'Union soviétique fit chuter de plus de 80 % les ventes de cet appareil, avec ses dérivés L-59 et L-139, il restait début 2006 l'avion d’entraînement à réaction le plus répandu dans le monde. C'est aussi un « coucou » très apprécié.
Il existe une nouvelle version de l'avion en production appelée L-39NG.
Origine C’est en que le ministère de la Défense de la République socialiste tchécoslovaque émit un cahier des charges préliminaire visant à la réalisation d’un biplace d’entraînement à réaction destiné à succéder à l’Aero L-29 Delfin. S’ensuivirent un certain nombre de tractations avec le principal client potentiel, l’Union soviétique. De ce processus naquit la décision d’équiper le futur appareil d’un turboréacteur dérivé de l’Ivtchenko-Progress AI-25 équipant le triréacteur de transport Yak-40.
Tandis qu’une équipe dirigée par Jan Vlček, responsable du bureau d'études chez Aero, assisté de Karel Dlouhý, responsable des études préliminaires, travaillait à mettre en forme un avion aussi simple de structure et de configuration que le L-29, Motorlet (Walter) était chargée du développement du réacteur AI-25W tandis que le VZLÚ de Letňany s’occupait de la réalisation d’un siège éjectable approprié, le VS-1. Piloté par Rudolf Duchoň, le prototype L-39 X-02 effectua son premier vol le 4 novembre 1968 sur le terrain de Vodochody.
Si les essais en vol révélèrent immédiatement les excellentes qualités aérodynamiques du L-39, des problèmes apparurent au niveau de la motorisation et du dessin des prises d’air, qui durent être modifiées, entraînant un élargissement du maître-couple. Les trois prototypes suivants furent donc utilisés pour régler ces problèmes, deux autres servant à des essais au sol. Le septième prototype reçut les prises d’air définitives et servit à la mise au point du système de contrôle d’environnement et d’un groupe auxiliaire de puissance (sigle APU en anglais) utilisant une turbine française Saphir 5, ce qui rendait le L-39 totalement autonome au sol.
C’est finalement le turboréacteur AI-25TL, produit par Progress, en Ukraine, qui fut retenu, moteur testé en 1971 sur les prototypes X-02 et X-07, tandis que la production de série était lancée et l’appareil officiellement baptisé Albatros. Alors que le premier des 10 appareils de présérie était livré le à la Force aérienne tchécoslovaque, les essais se poursuivaient à un rythme élevé : au cours de l’été 1972 le X-07 effectuait ses essais officiels en Tchécoslovaquie, avant d’effectuer l’année suivante les épreuves de validation officielle permettant son emploi en Union soviétique. En 1977 apparurent de nouvelles versions du L-39 Albatros, et le modèle de base fut désigné rétroactivement L-39C.
Domaine d'utilisation Le L-39 est aussi capable d'utiliser des aérodromes improvisés avec un équipement minimal. L'avion a été construit pour des vols de reconnaissance, pour l'entraînement et également utilisé pour le combat..
Production Au total Aero Vodochody a livré L-39 Albatros jusqu’en 1997.
Versions L-39C Albatros : version de base, avionique essentiellement d’origine soviétique et deux points d’emport de charges externes sous voilure. Appareil à réaction d’entraînement de base et avancé standard des forces du pacte de Varsovie. Il n'est généralement pas armé.. L-39CM : version modernisée slovaque du L-39C.. L-39M1 : version modernisée ukrainienne du L-39C. L'appareil est équipé d'un nouveau moteur AI-25TLSh plus puissant (1850 kg de poussée). Il a également un nouvel enregistreur de vol BUR-4-1-07 pour remplacer le SARPP-12GM. Cette version entre en service en 2009. En 2015, une version plus évoluée entre en service, le L-39M. Cette version comprend un afficheur tête haute ILS-39, deux écrans multifonctions, un boîtier de commande PUBR (pour changer de mode de combat), un système de navigation par satellite, ainsi qu'un système d'enregistrement audio et vidéo. 13 L-39M1 et L-39M ont été livrés à la force aérienne ukrainienne..
L-39V Albatros : c’est à la demande des forces tchécoslovaques que fut développé ce monoplace de remorquage de cibles.. Le prototype fut le L-39 X-08 dont le cockpit arrière, non pressurisé, fut équipé d’un treuil entraîné par une turbine dont la prise d’air était située sous le fuselage. La cible remorquée fut développée par la firme Letov. Huit exemplaires seulement ont été construits, utilisés en Tchécoslovaquie (6) et République démocratique allemande (2).
L-39ZO Zbrojni: il apparut rapidement que le L-39 pouvait constituer une plate-forme de tir acceptable, ce qui devait rendre l’appareil plus attrayant auprès des pays du tiers monde, puisque capable de servir à la fois à l’entraînement et à l'appui tactique. La modification consistait principalement à porter de 2 à 4 le nombre de points externes d’emport de charges sous voilure, celle-ci étant renforcée et les points internes devenant ‘humides’ (donc avec possibilité d’emporter des bidons externes largables). Un premier prototype (L-39 X-09) prit l’air le . Il fallut un an d’essais en vol et la sortie d’un dixième prototype pour mettre au point cette nouvelle version, très largement exportée. Le L-39Z0 (Z pour Zbrojni, « armé ») fut développé comme une version armée du L-39, pouvant servir à l'entraînement aussi bien qu'à l'attaque au sol. Il s'agissait cependant d'une version intermédiaire, avant la conception d'une véritable machine dédiée à l'attaque. Outre un point d'emport ventral pouvant accueillir un canon de calibre en nacelle, une voilure renforcée était pourvue de quatre points d'emport, deux d'une capacité unitaire de et deux d'une capacité unitaire de ..
L-39ZA Albatros : le programme de développement du L-39ZO achevé, les prototypes X-09 et X-10 furent équipés d’un canon bitube GSh-23 ventral (150 obus) pour des essais qui débutèrent en . Ils furent rejoints le par un onzième prototype à l’avionique améliorée, ces appareils prenant la désignation L-39ZA et pouvant être utilisés pour des missions de reconnaissance, d'appui ou d'entraînement avancé. Le L-39 X-11 fut le premier Albatros à être présenté en Europe de l'Ouest : il fut en effet exposé au Salon du Bourget en 1977. Il s'agit d'un L-39ZO amélioré, mais partageant encore avec lui certains défauts, comme celui de ne pas pouvoir opérer à pleine charge avec deux membres d'équipage. Il dispose d'un armement plus varié, et de la capacité de tirer des missiles air-air. Deux sous-versions ont été développées à partir du ZA : le L-39ZAM, modernisé par la Slovaquie, et le L-39ZA/ART, développé par la firme israélienne Elbit pour le compte de la Thaïlande (40 appareils)..
L-39ZA/ART Albatros : version du précédent destinée à la Thaïlande., équipée d’une avionique israélienne Elbit.
L-39MS Super Albatros : le a pris l’air le prototype d’un L-39C dont la cellule était à nouveau renforcée, la pointe avant allongée, le poste de pilotage entièrement redessiné équipé d’une centrale de navigation à gyrolaser, d’un affichage tête haute, d’un calculateur numérique... Motorisé avec un nouveau réacteur, le Lotarev DV-2 de , ce modèle a été construit à seulement pour la Tchécoslovaquie, la version export étant désignée L-59 Super Albatros.
L-59 Super Albatros. : version export du L-39MS, dont seront produits jusqu’en 1999 pour la Tunisie et l'Égypte.
L-139 Albatros 2000 : modernisation du L-39 dont le prototype a pris l’air le . Avec une avionique occidentale Bendix-king et Flight Visions et un réacteur Garrett TFE731-4-1 de , c’est un appareil d’entraînement avancé et d’attaque au sol qui a tenté en vain d’ouvrir une brèche dans le segment détenu par le BAe Hawk. Le L-59 ayant connu un succès très relatif, Aero Vodochody se lança dans la modernisation du L-39ZA. Un prototype fut construit, avec le cn 5501. Il fut présenté aux salons du Bourget de 1993 et 1999, ainsi qu'à Farnborough en 1994, mais ne suscita aucun intérêt. Il servit toutefois de base au L-159 ALCA qui vola en 1997. Le prototype fut conservé quelques années par Aero qui s'en servit comme avion à tout faire, avant de le revendre. En 2013, il fut acheté par Dianna Stanger, une pilote et femme d'affaires américaine : il avait alors de vol. Celle-ci a modernisé son avionique avec 2 écrans EFIS G3X Touch de Garmin, un système d'information de vol électronique EFIS-D6, et refait la décoration intérieure et extérieure. À tel point qu'un représentant d'Aero eut du mal à reconnaître le prototype… Il est désormais immatriculé N139OA. Un second exemplaire fut construit, mais ne vola jamais..
L-159B Albatros II : version biplace du L-159A, le premier des deux prototypes prenant l'air le . Une commande de a été annulée par le ministère tchèque de la Défense.
L-159T1 : en le ministère tchèque de la Défense a commandé à Aero Vodochody la conversion de quatre monoplaces L-159A en biplace d’entraînement avancé, selon un standard assez proche du L-159B. Le prototype a pris l’air en et les quatre appareils devaient être livrés avant la fin de l’année.
. : en , Aero propose une version originellement nommée Aero L-39NG équipée d'une turbine Williams FJ44-4M de 16,87 kN de poussée disposant d'un démarreur électrique. Il dispose d'un cockpit tout écran, un nouveau siège éjectable, et une nouvelle verrière en deux parties au lieu de trois. Les réservoirs des saumons sont remplacés par des saumons en matière composite.. Son constructeur espérait que le premier prototype pourrait voler en pour une entrée en service d'ici la fin des années 2010.. Son premier vol a finalement lieu le avec Miroslav Schützner et Vladimir Kvarda aux commandes. Le premier appareil de série décolle le pour une certification prévue en 2017. Le L-39NG intéresse certains utilisateurs des anciennes versions du L-39. Ainsi, LOM Praha, une firme basée à Pardubice, Draken International et la Breitling Jet Team ont signe des accords pour la mise au niveau de leurs appareils à ce standard. La République Tchèque commande plus 2 options, le Sénégal 4 et le Vietnam 12 en pour remplacer ces L-39C.. Le premier exemplaire de présérie, codé 7001, a lui effectué son vol inaugural le . Le , Aero Vodochody annonce la certification du L-39NG.. La Hongrie en commande 12 en . Le premier vol d'un appareil de série à lieu le . 34 sont commandés à cette date. Les trois premiers hongrois sont livrés le https://www.scramble.nl/military-news/delivery-of-first-aero-l-39ng-to-the-hungarian-air-force?. L-39X : Prototypes. et 2 cellules de tests statiques..
Utilisateurs militaires vignette| Abkhazie : 3 Afghanistan : l’école de pilotage de Sherpur a reçu en 1977, 6 en 1983 et 2 en 1984. Certaines sources parlent de livrés, mais 3 seulement semblaient encore en service fin 2006. Algérie : l’Algérie a reçu en 1987, en 1988, en 1991 et en 1991. Ces appareils ont équipé l’école d’entraînement avancé d’Oran. Ils ont depuis été regroupés au sein des d’entraînement avancé de Tafaraoui et d’instruction d’appuis de Méchria. Dix-sept L-39ZA supplémentaires commandés en 1991 et stockés au nord de Prague ont été annulés en 2001. Ils ont depuis été regroupés au sein des d’entraînement avancé de Tafaraoui et d’instruction d’appuis de Méchria. thumb|Un exemplaire de L-39ZO anciennement Est-Allemand est aujourd'hui exposé au Musée des techniques de Spire repeint aux couleurs tchécoslovaques. thumb|Aero L-39 au Musée automobile et technologique de Sinsheim République démocratique allemande : et , dont 19 seront revendus à la Hongrie après la réunification allemande. Arménie : Azerbaïdjan : Bangladesh : ont été livrés en 1996 pour remplacer les Shenyang FT-6 (MiG 17 ?) du No.25 Sqdn de Chittagong. Remplacé à partir de fin 2015 par des Yak-130. Biélorussie :