Christian de Boissieu, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est un universitaire et économiste français, membre de l'Académie des technologies.
Spécialiste de questions monétaires et bancaires, il a exercé de nombreuses fonctions de conseiller économique auprès de banques et fonds d’investissements jusqu'à sa nomination au sein du Collège de l'Autorité des marchés financiers (AMF), en 2011. Les médias francophones le font régulièrement intervenir comme expert à partir des années 2000.
Il est partisan d'une politique de l'offre, étant plus précisément wicksellien.
Biographie Jeunesse et études Christian de Boissieu naît dans les Hauts-de-Seine.
Il est le fils de Michel de Boissieu, membre de la Cour des comptes (et descendant par lui d’une ancienne famille du Forez), et le frère du diplomate Pierre de Boissieu.
Il fréquente les lycées parisiens Montaigne et Louis-le-Grand.
Reçu à l'Institut d'études politiques de Paris, il en obtient le diplôme (1969, section Service Public).
Il est titulaire d'un diplôme d'études supérieures en droit public.
Il est ensuite reçu à l'agrégation de sciences économiques, et obtient ensuite un doctorat d’État en économie (1974).
Carrière Universitaire Il enseigne d'abord comme assistant à la faculté de droit et des sciences économiques de Paris (1971-1974), comme chargé de cours à l'université de Rennes (1974-1975), puis comme maître de conférences à l'université de Rouen (1976-80). Il entre comme professeur à l'Institut d’études politiques de Paris (IEP) en 1978, poste qu'il conserve jusqu’en 1992, puis en 1980 à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, dont il est professeur émérite.
Commençant à publier, il est recruté comme Visiting Scholar aux universités de Harvard et de Northwestern en 1974, puis à l'université du Minnesota en 1978, et, enfin, au Bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis en 1982. Il est ensuite professeur au Collège d'Europe à Bruges (1999-2003), fonction qu'il occupe encore à ce jour, et à la European School of Political and Social Sciences (ESPOL) à Lille.
Christian de Boissieu se spécialise dans l’étude de la finance, la banque et la monnaie. Il a soutenu l'introduction de la monnaie unique européenne, y voyant un élément de stabilisation des marchés de devises. Il continue de défendre la construction européenne libérale (directive Bolkestein, processus de Bologne, suppression des impôts sur les opérations de bourse). Bon connaisseur de la question des nouvelles stratégies boursières des entreprises et leur impact macroéconomique, il a étendu sa réflexion à la réforme des institutions financières mondiales, avant la crise des subprimes.
Son activité d’enseignant se double ensuite d'une présence dans les sociétés savantes : il est ainsi membre de l'Association française de finance (AFFI) de 1989 à 1992, membre en 1992 puis vice-président de la Société d'économie politique de 1996 à 1998 (il est ensuite président d'honneur de ces deux sociétés), et enfin membre de la Société universitaire européenne de recherches financières à partir de 1991.
Depuis 2011, il préside le conseil scientifique du Laboratoire d'excellence en régulation financière, formé par le CNAM, l'ENA, ESCP-Europe et l'université Paris-1 Panthéon-SorbonneSite du CNAM..
Il est co-président du Conseil franco-britannique, avec la Baroness Tessa Blackstone, et préside la section française du Conseil. À l'occasion des 40 ans du Conseil, il reçoit, à Paris, Nick Clegg, et, à Londres, Thierry Repentin et David Lidington.
Politique et financière Il se rend régulièrement à Moscou entre 1992 et 1998 en tant que membre du programme européen d’assistance technique aux pays de la Communauté des États indépendants visant à libéraliser l'économie russe.
Il est membre de plusieurs clubs de réflexion (il est coprésident du comité scientifique de l'Institut Amadeus, invité au Forum franco-italien depuis 2004, du conseil de coopération franco-néerlandais depuis 2004) et d'instances compétentes en matière de finances. Il a également occupé des postes importants au sein d’importantes banques internationales.
En juin 2011, il est nommé au sein du Collège de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Il est vice-président du Cercle des économistes..
Au fil de sa carrière, il a exercé différentes fonctions de conseil scientifique, notamment auprès d'institutions financières : de 1984 à 2011, il est directeur scientifique du centre d’observation économique de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) ; président du conseil scientifique de Coe-Rexecode(jusqu'en mars 2011) ; président de la commission de surveillance des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) (Monaco) (jusqu'en juin 2011) ; président de la commission de contrôle des activités financières de Monaco (jusqu'en juin 2011) ; consultant de la Banque mondiale ; membre du conseil scientifique de l'Autorité des marchés financiers (AMF) (jusqu'en juin 2011) ; membre du Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CECEI) de 1996 à janvier 2010 ; conseiller au sein de la Banque de France, et de l'Institut européen des fusions-acquisitions.
et pour les instances politiques décisionnaires en matière économique : membre du Conseil d'analyse économique (CAE), de 1997 à 2002, puis président délégué auprès du premier ministre depuis 2003 ; expert auprès de la Commission économique et monétaire du Parlement européen (2002-2004) ; expert auprès de la Commission européenne ; membre du Conseil économique de défense au ministère de la Défense (depuis 2003) ; membre du conseil de prospective du ministère français de l'Agriculture (depuis 2003), de l’Agence nationale de la recherche (depuis 2008) et de l’Association pour le droit à l’initiative économique (depuis 2010) ; membre de la Commission économique de la Nation ; membre du Conseil d’orientation pour l’emploi depuis 2005 ; membre de la commission du Grand Emprunt (2009).
Il est également responsable au sein de grandes banques ou fonds d'investissement : administrateur de la banque Hervet de 1995 à 2000 ; membre du conseil stratégique du cabinet d'Ernst & Young (depuis 2004) (jusqu'en mai 2011) ; membre du conseil de surveillance de la banque Neuflize OBC depuis 2006(jusqu'en avril 2011) ; conseiller économique dans le hedge fund HDF Finance, au Crédit agricole(jusqu'en juin 2011) . administrateur du fonds d'investissement Pan Holding jusqu'en 2008 ;
Depuis quelques années, il est fréquemment invité à présider ou à participer à des commissions sur des sujets qui débordent largement de son domaine de compétence initial ; il est ainsi : président du groupe de réflexion Facteur 4, appelé à faire des propositions sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre (rapport De Boissieu, 2006) ; membre de la Commission pour la libération de la croissance française dite commission Attali.
Enfin, il exerce également son influence comme chroniqueur sur plusieurs médias à forte audience en France et dans le monde (Bloomberg TV, Les Échos, Le Monde, La Tribune, Financial Times, Investir, la Revue politique et parlementaire). Il publie également des articles destinés à un public un peu plus érudit (La Documentation française, Diploweb). Il est également président du conseil d’orientation du Forum d'Avignon - Culture, économie, média.
Controverse Dans le contexte de la crise des subprimes, un débat a été ouvert concernant l'indépendance des économistes financiers, débat notamment marqué par le documentaire Les nouveaux chiens de garde et l'ouvrage Les Imposteurs de l'économie de Laurent Mauduit. Christian de Boissieu, comme d'autres économistes dans le contexte de ce débat, a fait l'objet de deux types de critiques : une première concerne son statut de « juge et partie » : il a été employé à la fois par des entreprises du domaine financier et membre d'institutions de surveillance de ces mêmes entreprises (AMF, cabinet d'audit Ernst & Young), et des organismes publics qui rédigent la réglementation concernant ces mêmes entreprises. Il est ainsi soupçonné de favoriser ses employeurs privés par son soutien à la dérégulation financière. Toutefois, il a abandonné, conformément aux règles en vigueur, ses collaborations avec des établissements financiers lorsqu'il a rejoint le collège de l'AMF, en 2011. la seconde critique porte sur son manque d’objectivité dans ses interventions médiatiques. Étant donné ses multiples activités dans le domaine financier, il a des avis très tranchés en faveur d’une dérégulation du secteur ; mais il est toujours présenté comme une personne impartiale, un « professeur d'université ». Ses liens avec les banques, les institutions financières ou les gouvernements pouvant affecter son apparente neutralité ne sont jamais évoqués, voire censurés. Selon Arrêt sur images, ces liens le placent en situation constante de conflit d'intérêtsSébastien Rochat, « Economistes : vendus et incohérents ? (Le Point) », Arrêt sur images, 15 septembre 2011..
Cette situation pousse l'observatoire des médias Acrimed à attribuer les « profits sociaux et symboliques » (voir la liste de ses décorations ci-dessous) non à son experience scientifique (il ne publie plus dans des revues à comité de lecture), mais à ses relations.
Christian de Boissieu est présenté dans le documentaire Les nouveaux chiens de garde comme un interlocuteur privilégié des médias malgré ses nombreuses fonctions au sein d'institutions financières, et ne remettant jamais fondamentalement en question le fonctionnement d'un capitalisme financier et mondialisé puisqu'il en serait l'un des bénéficiaires. Christian de Boissieu – ainsi que d'autres économistes incriminés dans ce débat – en réponse à ce documentaire et à l'ouvrage Les Imposteurs de l'économie de Laurent Mauduit, objecte, notamment, que le Conseil d'analyse économique qu'il préside a publié plus de 100 rapports depuis sa création et est une instance pluraliste. Christian de Boissieu appelle également de ses vœux à l'élaboration d'un code de conduite par l'Association française de sciences économiques.
Distinctions Prix Récompenses pour ses travaux universitaires : lauréat de l'Académie des sciences morales et politiques : prix Rossi en 1979 ; prix Zerilli-Marimo en 2001 ; économiste de l’année du Nouvel Économiste (monnaie, finance, 1994).
Décorations françaises Décorations en France : Il est promu commandeur par décret du . Il était officier du par décret du . Il était chevalier du par décret du pour ses 23 ans de services civils. Il est promu commandeur par décret du . Il était officier du par décret du . Il était chevalier du . .
Il est promu au grade de commandeur par l’arrêté du Arrêté du 25 septembre 2017 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.
Décorations étrangères Décorations à l’étranger : sans_cadre|50x50px Officier d'honneur de l’ordre de l'Empire britannique (Royaume-Uni) pour services rendus aux relations franco-britanniquehttps://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/714478/2017_Honorary_awards.pdf; (RFA) ; (Pays-Bas) ; (Suède) ; (Maroc) 2006;
(principauté de Monaco) ;
(Portugal) ; sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre de la République tunisienne
Publications Seul avant-propos de Frits De Jong, préface de Bernard Ducros, Les Vitesses de circulation de la monnaie : une approche conflictuelle, Paris : Éditions Cujas, 1975, collection Connaissances économiques, 260 p. La Structure des taux d’intérêt, Paris : Economica, 1976, collection Recherches Panthéon-Sorbonne, Série Sciences économiques, préface d’Alain Barrère, 281 p. Principes de politique économique, Paris : Économica, 1978, 603 p, (réédité en 1980). La Désinflation, Reims : Banque de France, cycle de conférences 1984-1985, 16 feuilles International Monetary and Financial Integration (eds), Nijhoff, 1988.