Paul Huvelin, né le à Chorey-lès-Beaune (Côte-d'Or) et mort le à , est un chef d'entreprise et syndicaliste patronal français. Il est président du Conseil national du patronat français (CNPF) entre 1966 et 1972.
Biographie
Famille et formation Fils d'un négociant en vins de Bourgogne, Paul Huvelin entre à l'École polytechnique dont il sort diplômé dans la promotion de 1921.
Carrière Après ses études, il entre dans l'industrie privée comme ingénieur. Il épouse en 1928 Madeleine GirosLe Journal, 19 juin 1928, fille d'Alexandre Giros (1870-1937), de la Société générale d'entreprises (SGE), un grand patron de l'électricité de l'entre-deux-guerres. Paul Huvelin rejoint les sociétés de son beau-père : il devient administrateur de la SATAMJournal des finances, 29 juin 1934, de Loire-et-Centre et de l'Énergie électrique du Nord de la France ; il est le PDG de cette firme de 1940 à 1946.
Après la guerre, Paul Huvelin devient vice-président de la SGEEt actionnaire avec un autre gendre de Giros, Jean Matheron, P-DG de la SGE, du holding la SODEC : Le Monde, 15 septembre 1966, vice-P-DG en 1946 puis P-DG de 1959 à 1970Le Monde, 17 février 1970 de Kléber-Colombes ( français de pneumatiques, absorbé par Michelin en 1981), dont la famille Giros est actionnaire. Il est également administrateur à la suite de son beau-père d'autres sociétés : Hotchkiss, Compagnie française Thomson-Houston, Tréfileries et Laminoirs du Havre.
Paul Huvelin est aussi à partir du début des années 1950 administrateur de la Banque de l'Union parisienne (BUP), et vice-président en 1963Le Monde, 19 mars 1963. Il siège au conseil de la Compagnie financière de Suez, qui absorbe la BUP en 1967. Il entre au conseil d'administration de la Compagnie générale d'électricité (CGE) en 1972Le Monde, 7 avril 1972, "La C.G.E. renforce sa direction générale et accueille M. Paul Huvelin à son conseil d'administration". La CGE est alors présidée par Ambroise Roux, vice-président du CNPF.
Paul Huvelin est membre du Comité européen pour le progrès économique et social depuis au moins 1955. Il devient président en 1957 de l'Institut patronal d'analyses économiques Rexecode, ainsi que le troisième président, en 1963, du Centre de recherches et d’études des chefs d’entreprise (CRC), laboratoire de réflexion patronale fondé par le président du CNPF Georges Villiers et par Jacques Warnier, premier président de ce cercleSur le CRC, fondé par 21 patrons, cf. Régis Boulat, « Du Centre de recherche des chefs d’entreprise à l’Institut de l’entreprise ou « comment gagner la guerre des idées » dans la seconde moitié du » dans Olivier Dard, Gilles Richard (dir.), Les droites et l’économie en France au , Riveneuve éditions, 2011.. Il animait auparavant les groupes de réflexion de ce CRC. Il siège au Conseil économique et social entre 1964 et 1974.
Président du CNPF (1966-1972) Membre du bureau du CNPFLe Monde, 17 janvier 1962 et vice-président du syndicat patronal, il bénéficie du retrait de Marcel Demonque, dauphin présumé de Georges Villiers, et peut ainsi accéder à la présidence du Conseil national du patronat français (CNPF) en 1966.
A l'issue du mouvement de mai 1968, Paul Huvelin dirige la délégation patronale lors de la négociation des Accords de Grenelle. , déclare-t-il; il ajoute: Le Monde, 28 mai 1968.
Il est réélu président en juillet, alors que les anciens (Villiers, Mayolle) quittent le comité directeur du syndicatLe Monde, 10 juillet 1968. Mais ont quitté le CNPF au lendemain de mai 68 François Michelin et le syndicat national du caoutchouc, dont Huvelin était pourtant membre.. Il met ensuite en place une réforme du CNPF: élection du président par un collège plus nombreux, président rééligible une seule fois, après un mandat de 3 ans, substitution d'une assemblée permanente élargie au comité directeur actuel et celle d'un conseil exécutif faisant une plus large place aux organes régionaux que le bureau actuel, nomination de 4 vice-présidentsLe Monde, 7 juin 1969, "La réforme du CNPF entrera en vigueur en janvier 1070", Ibid., 29 octobre 1969, "L'assemblée générale extraordinaire du C.N.P.F. adopte le projet de réforme de l'organisation patronale".
En 1972, il laisse sa place à François Ceyrac à la tête du CNPF.
En 1971, il prend la présidence de l'Union des industries de la Communauté européenne (UNICE), qu'il continue d'exercer après la fin de son mandat au CNPF, jusqu'en 1976.
Décès Paul Huvelin meurt à Paris à l'âge de 93 ans, en . Il était marié et père de 8 enfants.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Collectif, Dictionnaire historique des patrons français, Flammarion, 2010
Liens externes
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