Le Breguet Br.1050 Alizé est un avion de lutte anti-sous-marine français, embarqué à bord de porte-avions. Il a été mis en service au début des années 1960 et construit à (dont douze exportés en Inde) utilisés jusqu'en après de vol et de service.
Conception
Après l'abandon de l'avion d'attaque Breguet Br.960 Vultur, il fut décidé de concevoir un avion de lutte anti-sous-marine à partir de la même cellule, qui avait montré ses qualités. Le turboréacteur arrière du Vultur fut supprimé et remplacé par un radar escamotable, tandis qu'un turbopropulseur Rolls-Royce Dart était installé à l'avant. Le fuselage fut largement modifié, notamment pour permettre d'installer un troisième membre d'équipage, ainsi que les ailes qui reçurent des nacelles encastrées sur les bords d'attaque.
Le second prototype du Breguet Br.960 Vultur fut modifié comme démonstrateur de l'Alizé, afin de permettre de valider certains des choix qui avaient été effectués. Il conservait son moteur Armstrong Siddeley Mamba mais n'avait plus de réacteur, le poste de pilotage était entièrement modifié, les nacelles installées sur les ailes et un radar fixe monté sous le fuselage. Ce fut cependant un piètre démonstrateur, à cause de ses caractéristiques de vol très limitées et de son pilotage difficile.
Le premier des trois prototypes de l'Alizé fit son vol inaugural le . Les premiers essais montrèrent de mauvaises qualités de vol, qui nécessitèrent une longue période de modifications et de mise au point. Le troisième prototype disposait d'un moteur plus puissant, qui sera retenu pour la production en série. Les essais de catapultage et d'appontage furent d'abord réalisés à partir d'installations au sol () puis depuis un bâtiment britannique (le ) en .
Carrière
Les prototypes furent suivis par deux avions de présérie, et le premier exemplaire de production livré en . Entre-temps, la commande initiale de avait été réduite à 75. Au total, de l'Alizé ont été construits entre 1957 et 1962, dont douze destinés à l'Inde.
En France, les Alizé furent mis en œuvre sur les porte-avions Clemenceau, Foch et Arromanches, mais aussi à terre pour l'entraînement. Ils étaient initialement équipés du radar DRAA-2A (dont la variante DRAA-2B équipa l'avion de patrouille maritime Br.1150 Atlantic) du détecteur de radar ARAR-10A (Mesures de soutien électronique et dont la variante ARAR-10B équipa le Br 1150 Atlantic), de récepteurs de signaux de bouées acoustiques français associés à un dispositif de présentation AN/ASA-26 (tactique Julie et dont la variante AN/ASA-20 équipa le Br 1150 Atlantic). L'Aéronautique navale a modernisé les Alizé à plusieurs reprises. Trente exemplaires furent modifiés en 1964-1965 pour faire évoluer le système d'écoute des bouées sonores et le rendre capable de tirer une torpille Mk-44 en plus de la L4 et le missile anti-surface filoguidé . Au début des années 1980, furent mis à jour au standard ALM (ALizé Modernisé) avec un nouveau radar à compression d'impulsion Thomson-CSF DRAA-10A Iguane (dont la version DRAA-10B est utilisé sur l'Atlantique 2) d'une portée jusqu'à sur navire, et capable de détecter un périscope jusqu'à selon l'état de la mer, un système de navigation OMEGA, de nouveaux récepteurs de bouées acoustiques AN/ARR-52, une modernisation du traitement des signaux émis par les bouées acoustiques actives et l'ajout de de leurrage IR et EM sous l'aile gauche. La mission ASM initiale évoluant de plus en plus vers la lutte ASF et le guet aérien, un détecteur de radar ARAR-12A, remplaçant l'ARAR-10A originel, sera installé offrant à la Marine une première capacité en attendant l'arrivée des E-2C Hawkeye et du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle.
Un autre programme de modernisation au début des années 1990 dota d'un système de leurres, d'un nouveau pilote automatique, dérivé de celui de l'Atlantique 2, et d'une nouvelle avionique. Enfin, en 1996/1997, furent dotés d'un système optronique infrarouge Thomson-CSF TTD Chlio. À la suite de ces modifications, l'Alizé fut appelé ALH (Alizé mis à hauteur). Malgré ces améliorations, les Alizé ne pouvaient plus faire face aux sous-marins nucléaires modernes et ils assurèrent des missions de renseignement d'intérêt maritime (ISR) consistant à surveiller les navires de surface. À la fin de 1997, l'Aéronautique navale continuait à utiliser pour des surveillances côtières et non plus au large. Le dernier apportange d'un Br.1050 Alizé, a bord du Foch, à lieu le 27 juin 2000 et il fut retiré du service le , avec la vente du Foch à la marine brésilienne.
L'Inde a utilisé ses Alizé à partir de bases terrestres mais aussi depuis le porte-avions léger . Le nombre d'exemplaires en service dans la marine indienne a commencé à diminuer durant les années 1980. L'avion fut relégué à des patrouilles depuis la terre à partir de 1987 et finalement retiré du service en 1991, pour être remplacé par des hélicoptères.
Engagements gauche|vignette|Un Bréguet 1050 Alizé décollant de l'INS Vikrant durant la guerre indo-pakistanaise de 1971. Les Alizé français effectuèrent de nombreuses missions de surveillance maritime au large du Liban dans les années 1980, puis dans le golfe Persique durant l'opération Salamandre. L'Alizé fut utilisé pendant les opérations de la guerre du Kosovo avec l'OTAN au printemps 1999, à partir du porte-avions Foch.
Un incident de tir a lieu le , lorsqu'un appareil tire une salve de roquettes sur le remorqueur de la marine française Le Fort, confondu avec un navire-cible, causant un mort et trois blessésRemorqueur côtier Le Fort ; site=www.netmarine.net ; date=2010..
Les Alizé indiens furent utilisés pour des missions de reconnaissance et de patrouille pendant l'Invasion de Goa en . Ils furent aussi utilisés pour des missions de lutte anti-sous-marine pendant la troisième guerre indo-pakistanaise en 1971. Durant ce conflit, un Alizé fut abattu par un F-104 Starfighter de l'armée de l'air pakistanaise.
vignette|droite|Breguet Alizé sur rond-point à Rochefort (17) (accès au musée de l'aéronautique navale)
Accidents
Le , perte de l'avion de présérie sur le porte-avions Arromanches, l'équipage est sauvé par un hélicoptère de l'escadrille 23SL'histoire de l'escadrille 23S Sur le site netmarine.net - consulté le . Le survient le premier accident aérien du porte-avions Clemenceau. Le sauvetage de l'équipage de l'Alizé du CEPA est assuré par un hélicoptère de l'escadrille 23S. Le , l'équipage de l'Alizé de la flottille 4F du porte-avions Clemenceau est récupéré par un hélicoptère de l'escadrille 23S. Le crash de l'Alizé de la flottille 6F à Collias (Gard). Le crash de l'Alizé de la flottille 4F. Le crash de l'Alizé à Fréjus. Il y a eu deux victimes:le lieutenant de vaisseau Leflaive et l'enseigne de vaisseau de classe Menu (Cette information est issue du livre de Christophe Touzet :"40 ans d'histoire de l'aviation embarquée" (achevé d'imprimer en ) page 128 et page 269 en haut à gauche). Le crash de l'Alizé . Le crash de l'Alizé de la 9F à la suite d'un incendie moteur. En crash de l'Alizé de la 9F à Ajaccio. Le crash de l'Alizé en mer qui a fait une victime le premier maître navigateur aérien Prioux de la flottille 4F. Cette information est issue du livre de Christophe TOUZET :"40 ans d'histoire de l'aviation embarquée"(achevé d'imprimer en ) page 128. Le crash de l'Alizé de la flottille 6F. Le crash de l'Alizé de la flottille 9F (problèmes moteur en mer ayant conduit à un amerrissage (ditching)). Le crash de l'Alizé de la flottille 4F en mer au large de l'île de Groix à la suite d'une panne moteur. Le crash de l'Alizé . Le crash de l'Alizé de la flottille 4F au décollage. Pris dans le souffle de l'avion qui le précède, l'appareil est déséquilibré et s'écrase finalement sur la base de Lann Bihoué. Le , l'Alizé de la flottille 4F est détruit à Hyères à cause d'un feu survenu à la suite d'un atterrissage trop brutal. Le , crash de l'Alizé . Le , pendant une sortie d'entraînement individuel survient un accrochage sur le pont du porte-avions Clemenceau entre deux Alizé au cours d'un catapultage de nuit. Les deux appareils endommagés, mais sans conséquence pour le personnel. Le , crash de l'Alizé . Le , crash de l'Alizé . Le , le crash de l'Alizé à l'atterrissage près d'Hyères-Le Palyvestre (83) fait deux victimes. Le , l'Alizé s'écrase au sol au cours d'une mission à basse altitude dans le département du Lot, à Castelnau-Montratier, faisant deux victimes (l'enseigne de vaisseau de classe Rémy Basset le pilote et le premier-maître Delas le navigateur aérien. Le premier-maître Cartier le radariste a été grièvement brulé et a été extrait de l'avion en flammes par un agriculteur témoin de l'accident. Cette information est issue du livre de Christophe Touzet : 40 ans d'histoire de l'aviation embarquée (achevé d'imprimer en ) page 239 en haut à gauche. Le , un hélicoptère Pedro de l'escadrille 23S récupère en un temps record l'équipage de Alizé ( modernisé) abîmé en mer après son catapultage du porte-avions Foch. Le crash de l'Alizé . Le , un Alizé du porte-avions Clemenceau en mission est atteint par un missile sol-air vraisemblablement syrien mais rentre à bord sans dommage important. Le , un Alizé () en présentation à l'appontage percute la mer sur l'arrière du porte-avions Clemenceau. Le pilote est porté disparu, les trois autres membres de l'équipage sont sauvés. La bande dessinée L'énigme W publiée en 1986 aux éditions Fleurus est dédiée à la mémoire de Marc Li Sen Lie, enseigne de vaisseau de , pilote disparu en mer aux commandes de son Alizé. Le : amerrissage de l'Alizé à la suite de l'explosion d'une roquette. Le , l'Alizé amerrit en urgence à la suite d'une collision en vol avec l'Alizé ; ce dernier parviendra à se poser à Nice. Un hélicoptère de l'escadrille 23S participe à partir du Clemenceau aux opérations de recherche et sauvetage de l’Alizé . Le , l'Alizé s'écrase de nuit après une remise de gaz après un appontage sans avoir pris les brins (bolter). L'avion est perdu. Le pilote et le radariste sont indemnes, mais le navigateur est blessé. Il est ensuite héliporté vers l'hôpital Sainte-Anne de Toulon. Le , un Alizé () de la flottille 6F de retour de mission sur le porte-avions Clemenceau réalise un amerrissage forcé à la suite d'une avarie grave de son moteur. L'aéronef coule et est perdu. Son équipage est sain et sauf. Le , l'Alizé de la flottille 6F alors en entraînement piste de nuit s'écrase à la suite d'une alerte incendie à bord obligeant l'équipage à couper l'arrivée carburant pour éviter le feu moteur. L'avion de "faible portance" à environ 3 km de la piste a été contraint à un atterrissage forcé sur une route à proximité de la base aéronavale de Nîmes-Garons. L'atterrissage fut correctement réalisé mais la route comportait un rond-point. L'avion a percuté le rond-point, partiellement redécollé. Il finit par percuter une voiture arrivant dans le sens opposé de l'atterrissage : trois morts (deux membres d'équipage et le conducteur de la voiture). Un survivant de l'avion, l'opérateur radar en position dans l'avion, a été retrouvé sans blessure grave à une centaine de mètres du crash.
Préservation alt=Breguet Br.1050 Alizé immatriculé F-AZYI présenté en vol au meeting de la Ferté-Alais 2015|vignette|Breguet Br.1050 Alizé immatriculé présenté en vol au meeting de la Ferté-Alais 2015. Le Musée de l'air et de l'espace préserve. dans ses collections l'Alizé L'appareil est arrivé en 1979, et en 2013 il était stocké dans les réserves. Le musée aéronautique de Savigny-lès-Beaune de son côté expose. le prototype Le a été remis en état de volhttp://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/05/20/breguet-alize.html sous l'immatriculation . Il s'agit de l'unique Alizé civil enregistré en 2013. Le musée de l'aviation de Lyon-Corbas (Rhône) expose le . L'Alizé est en cours de restauration par les Ailes Anciennes Toulouse. L'Alizé est exposé au Musée de l'avion de chasse européen de Montélimar.