Le billard est un jeu d'adresse à un ou plusieurs joueurs qui se pratique sur une table, recouverte d'un tissu (souvent vert ou bleu) et bordée de bandes, sur laquelle on fait rouler des billes que l’on frappe à l’aide d’une queue.
vignette|Un joueur de billard en 2007.
Étymologie En France, les premières tables de billard seraient apparues à cause du climat. Les nobles adeptes du croquet voulant jouer quel que soit le temps auraient introduit une version du jeu adaptée à l’intérieur des bâtiments, et par la suite développé une version sur table en poussant les billes non plus avec la tête des cannes de croquet, mais avec l’extrémité du manche. Le mot « billard » est attesté en français dès le , il dérive de « bille » (dans le sens de « pièce de bois », « partie d’un tronc », mot d'origine gauloise) et il est d'abord employé pour désigner « un bâton recourbé pour pousser les boules ». Les sens modernes (« jeu », « table », puis « maison où se tient le jeu ») se développent à partir du .
Une interprétation fantaisiste attribue le nom du billard à un tailleur anglais vivant à Londres en 1560, prénommé Bill, et qui avait pour habitude de jouer avec les trois billes qui composaient son enseigne en les poussant sur son comptoir à l’aide de son mètre de couturier. D’où le nom donné au jeu : (littéralement : « le mètre de Bill »). Cette anecdote, rapportée par un journaliste dans L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux sous le titre d'Histoire du billard, a été rapidement démontée car le jeu existait déjà depuis trois siècles et les tables étaient apparues en 1469voir l'ouvrage de Richard Lablée cité en source, page 15..
Historique vignette|Table de billard vers 1674. Genèse du jeu En France, le jeu était pratiqué au début à même le sol, comme une variété de croquet avec des arceaux..
En Angleterre, en Italie et en Espagne, il y avait des règles à peu près identiques et exigeait l’emploi de boules de bois ou billes de de diamètre, manipulées à l’aide d’un bâton recourbé disposant d'une masse appelée en Angleterre, en Espagne, en Italie et en France. Au travers du bâton, le joueur faisait glisser la masse pour percuter la bille, malgré les difficultés occasionnées lorsque la bille était trop proche de la bande. Cela dura environ deux siècles, puis le billard se joua sur des tables en conservant la plupart de ses principes antérieurs.
Au cours du , le premier modèle de table connu est attribué au maître ébéniste Henri de Vigne qui l’aurait conçu et réalisé en 1469 sur commande du roi pour sa résidence du château de la Bastille. Ses dimensions étaient de huit pieds de long et quatre de large, il pesait 618 livres. Quatre aulnes de drap d’Elbeuf recouvraient une dalle de pierre. Mais c’est entre les années 1550 et 1630 que le jeu de billard entre dans les mœurs. Il existait alors à Paris entre 120 et 150 billards dont les tables avaient des formats variant de 6 à 12 pieds. Ce jeu était alors pratiqué aussi bien par des nobles que par des bourgeois, des écoliers ou des valets.
C’est le que fut utilisé pour la première fois le mot « académie » pour une salle de billard. Le cardinal de Richelieu aimait le billard et en 1636 il installa l’Académie Royale pour la noblesse dans la rue Vieille-du-Temple. La connaissance complète de ce jeu était exigée lors des examens de sortie donnant droit à l’admission chez les mousquetaires du Roi. En 1680 fut créé, à Verviers (Belgique), par Henri Simonis, un tissage de laine qui allait prendre une extension considérable et permettre au jeu d’évoluer un peu plus vers ce qu’il est aujourd’hui.
Le premier traité de billard fut imprimé à Paris en 1588. Il faut attendre pour voir paraître le deuxième ouvrage édité sur le continent, à La Haye. Cependant, la première étude « scientifique » est celle de M. de Mairan, en 1728. Très importante, elle est déposée à l’Académie Royale des Sciences le . Le jeu de billard prit un tel essor qu’en 1790 on en comptait 800 dans les salles de la capitale. Dans les cas où la bille était trop proche de la bande, les meilleurs joueurs furent autorisés à utiliser l'arrière du bâton de billard, la queue, pour se dégager, malgré les risques avérés de déchirure du tapis. En se rendant compte que cette méthode permettait une visée plus précise (en se penchant sur le bâton), de plus en plus de joueurs se mirent à jouer avec la queue du bâton. Pour limiter les risques d'arrachement, la queue était alors biseautée pour qu'elle puisse glisser sur le tapis à l'image de la masse. Les queues de pool/snooker actuelles ont d'ailleurs gardé ce façonnage sur le talon. La queue du bâton étant en bois brut, le moindre effet entraînait forcément une fausse queue. Tous les coups se jouaient pleine bille.
vignette|Début du à Tübingen Les parties jouées en 16 points jusqu’alors commencèrent à se jouer en 30 points grâce à l’amélioration du matériel. Le sport est essentiellement professionnel et les avancées techniques et juridiques de la discipline sont permises par la recherche d'une récompense financière pour les fabricants comme pour les joueurs de haut niveau. Le « billard français » tel qu’on le connaît aujourd’hui apparaît en 1850.
François Mingaud découvrit un procédé permettant d’exécuter des coups jusqu’alors inconnus. Ce procédé consistait en une rondelle de cuir (appelée procédé depuis) placée sur la queue et recouverte d’une craie appelée « blanc d’Espagne ». Mingaud avait fait paraître en 1827, un traité intitulé « Le noble jeu du billard – Coups extraordinaires et surprenants ». Le premier « rétro » de l’histoire du billard, c’est à lui qu’on le doit. La découverte et l’application des bandes de caoutchouc ainsi que l’ardoise pour les tables datent de 1835.
En 1840, le Palais Royal (salle de jeu parisienne) alignait 40 billards occupés jour et nuit. À partir de 1860, le chauffage des tables de billard, nécessaire afin d'éliminer l'humidité et d'optimiser le roulement par un resserrement des fibres du tissu de revêtement s’effectuait avec des lampes à pétrole placées au-dessous. En 1900, on les chauffa au gaz et enfin, en 1925, à l’électricité.
Le jeu à trois billes (le terme « boule de billard », bien que passé dans les usages constitue un abus de langage réservé aux profanes) remonte en France à 1850. C’est en 1873 qu’eut lieu le premier championnat du monde professionnel, qui fut remporté par le Français Garnier qui réalisa une moyenne générale de 9.32 avec une série de 113.
Concernant la facture des billes, l’ivoire, qui offre une densité plus homogène, une plus grande dureté ainsi qu'un meilleur rebond que le bois connaît une telle vogue entre le milieu du et la fin du qu'elle fait craindre l'extinction de plusieurs espèces, notamment l'Éléphant d'Afrique. La Guerre de Sécession ayant entraîné un blocus sur son importation aux États-Unis, un concours d'innovation est lancé en 1863 par le groupe Phelan et Collender (fabricant notamment d'accessoires pour les billards) pour lui trouver un matériau de substitution, avec à la clé un prix de $ (prix qui ne fut d’ailleurs jamais attribué).. Dans le cadre de ce concours, l’imprimeur John Wesley Hyatt réussit en 1869 à recouvrir une bille de billard avec du collodion et brevète cette fabricationRecherches de John Wesley Hyatt, par Philippe Rouyer - Université de Rouen. À partir du milieu des années 1930, le celluloïd est avantageusement remplacé par des résines de synthèse particulièrement dures, notamment la résine phénolique.
Le billard connaît un engouement très vif dans certains pays (notamment au Royaume-Uni où les compétitions de sont diffusées à la télévision et est le ), par le côté spectaculaire de certains modes de jeu, et la discipline nécessaire à sa maîtrise.
Organisation des clubs de billard vignette|Logo de la Confédération mondiale de billard sportif (WCBS). La Confédération mondiale de billard ( - WCBS) est membre du Comité international olympique et compte trois structures : Union mondiale de billard (UMB) : Carambole (libre, 1 bandes, 3 bandes, artistique, cadres) et Quilles. ( - WPA) : Billard américain (8 & 9-ball) et Fédération mondiale de snooker ( - WSF) : Snooker et billard anglais Professionnels : Association mondiale de billard anglais & snooker professionnels ( - WPBSA) Amateurs : ()
Depuis 1998, la WCBS est membre du CIO, cependant le billard ne s'est toujours pas fait une place au sein de la liste fermée des sports olympiques. La raison principale est que la liste est limitée et que pour que le billard puisse y rentrer, un autre sport doit être retiré. Une demande est en cours pour les Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris.
La Confédération européenne de billard (CEB) est membre de la Confédération mondiale.
En France, l'entité régissant la vie associative et les compétitions de billard est la Fédération française de billard (FFB), qui est membre de la Confédération européenne de billard. Tout joueur de billard peut s'y inscrire, s'il est à jour de sa cotisation annuelle. Pour les compétitions, chaque région de France possède sa ligue de Billard, regroupant joueurs et arbitres pour toutes les disciplines. Dans certains cas, le découpage va jusqu'aux comités départementaux (CDB).
Variantes du jeu
Les jeux de billard les plus populaires sont le snooker, la carambole (billard français), le (pool anglais) et le billard américain. On distingue les tables avec ou sans poches. Dans une variante « en temps réel », les joueurs jouent simultanément.
Table sans poches vignette|Carambole sur un billard français.
Sur la « table française » () se jouent : la « carambole » (traduit par Carom dans le reste du monde) ; le « 5 quilles » ; le « bouchon » (qui se joue avec 3 bouchons) ; le « 5 boules » (qui reprend un fonctionnement proche du 501 aux fléchettes avec 5 boules numérotées et sans bille blanche de carambole).
Table à poches vignette|Table de billard américain. Les tables à poches () sont de trois tailles. Table de bar () : « » (aussi appelé 8 en France) - souvent rencontré dans les bars car c'est le plus petit des billards, avec 7 billes rouges, 7 jaunes et une noire Table américaine (), avec billes colorées pleines et rayées, numérotées de 1 à 15 : la 8-ball (ou « jeu de la 8 », les 15 billes disposées en triangle pour la casse), le 9-ball (ou « jeu de la 9 », les 9 premières billes disposées en losange pour la casse), la 10-ball (ou « jeu de la 10 ») et le jeu du 14/1 Table anglaise () : le snooker (15 billes rouges, une bille blanche et 6 billes de couleur), le billard anglais (1 bille rouge, une blanche, une blanche pointée ou jaune), le billard russe (1 rouge, 15 blanches, poches très étroites).
Table à trous Les trous sont disposés au milieu du tapis, et font un diamètre très légèrement supérieur à la bille. Il existe : le « billard-golf » ou « billard à bouchons belge » (« bumpers ») ; essentiellement en Angleterre, le « billard de pub » (« bar billard »), dérivé du billard à bouchon belge.
Homonymes D’autres jeux portent le nom de « billard » mais reposent sur des principes différents : le billard baltique (novuss), le billard électrique (nom démodé du flipper), le billard indien ou népalais (carrom), le billard japonais qui est une variante de la « bagatelle », le billard multicolore (jeu de cercle), le billard Nicolas (avec des poires à soufflet et une bille en liège), ainsi que le billard hollandais () qui est une variante du (jeux de palets sur table).
Principes
Règles de base Au début du jeu, les billes (et quilles selon le jeu) sont positionnées sur le tapis sur la mouche leur correspondant. Pour certains jeux, un certain nombre de billes (souvent 15) peuvent être regroupées dans un triangle ou losange. Le premier coup s'appelle alors la casse et consiste à éclater de manière plus ou moins importante le triangle de billes.