Hector Bianciotti est un écrivain français né le à Calchín Oeste, dans la province de Córdoba en Argentine, et mort le à Paris .. Écrivain devenu français par naturalisation, il est élu le à l'Académie française. Il a été, ponctuellement, acteur de cinéma et journaliste..

Biographie Famille et formation Hector (en espagnol, Héctor) Bianciotti est élevé au sein d’une famille de fermiers d’origine piémontaise. Ses parents parlaient le dialecte entre eux mais en interdisaient l'usage à leur fils, contraint de parler l'espagnol. Intégrant le petit séminaire franciscain de Moreno, il entre en contact avec la pensée théologique mais apparaît dépourvu de toute vocation religieuseHector Bianciotti, « La musique du Ressuscité », Le Monde des Religions, , mars-avril 2004, .. Toutefois, il y développe sa culture littéraire. À l’âge de quinze ans, il commence ainsi à étudier le français à partir de la confrontation de textes de Paul Valéry à leur traduction espagnole.

Départ pour l'Europe En 1955, il quitte son pays pour l’Italie et séjourne à Rome dans une très grande pauvreté. Après un passage à Naples, il passe quatre ans en Espagne.

En 1956, il participe au film División Azul - Embajadores del infierno, dont le scénario a été écrit par Torcuato Luca de TenaLes crédits apparaissent au générique du film División Azul - Embajadores en el infierno (1956). Vérifié sur youtube.com., ainsi que dans le film 091 Policía al habla (1960). Il est dirigé par Luis Lucía Mingarro dans Molokai, la isla maldita (1959), et par Edgar Neville dans Mi calle (1960).

Installation en France Carrière Il ne s’installe à Paris qu’à partir de . Léonor Fini, artiste peintre d'origine italo-argentine, est la première à l’y accueillir. Un an plus tard, il commence à rédiger des rapports de lecture pour les éditions Gallimard. En 1969, son premier éditeur, Maurice Nadeau, lui permet de publier ses premières critiques littéraires dans La Quinzaine littéraire. Il est aussi assistant à la mise en scène d'opéras. Trois ans plus tard, il débute avec Le Nouvel Observateur une collaboration qui ne devient exclusive qu’à partir de 1974, année où il quitte définitivement La Quinzaine littéraire.

Parallèlement, il écrit dans sa langue maternelle des romans (Les Déserts dorés en 1962, Celle qui voyage la nuit en 1969, Ce moment qui s’achève en 1972) et une pièce de théâtre, Les autres, un soir d’été (1970). Il est consacré en 1977 par le prix Médicis étranger qu’il reçoit pour Le Traité des saisons.

Naturalisé français en 1981, il cesse l’année suivante d’écrire dans sa langue maternelle. Les nouvelles rassemblées en 1983 dans L’amour n’est pas aimé (prix du Meilleur livre étranger) ont ainsi été écrites auparavant. Cette même année, il siège au comité de lecture de Gallimard et ceci jusqu’en 1989. Grand lecteur, il fait découvrir au public des écrivains alors peu connus comme Ferdinando Camon, Jean-Baptiste Niel ou Eduardo Berti ; il a un rôle important dans le parcours littéraire d'Hervé Guibert.

Deux ans plus tard, son premier roman en français, Sans la miséricorde du Christ (1985), se voit décerner le prix Femina.

En 1986, il quitte ses fonctions de critique littéraire du Nouvel Observateur pour les exercer au Monde. En 1988, il publie Seules les larmes seront comptées. Puis, à partir de 1992, une trilogie autobiographique (chez Grasset). Ses articles sur la littérature classique sont réunis sous le titre Une passion en toutes lettres (Gallimard, 2001). Son dernier roman publié, Nostalgie de la maison de Dieu (Gallimard), paraît en 2003.

À partir du 1995, il fait partie du jury du prix de l'écrit intimeAnne Coudreuse et Françoise Simonet-Tenant (dir.), Pour une histoire de l'intime et de ses variations, Paris, éditions L'Harmattan, 2009, ..

Académie française Le , il est élu à l'Académie française au fauteuil d’André Frossard. Il y déploie une activité assidue, selon Hélène Carrère d'Encausse..

Dernières années et mort Atteint de troubles de la mémoire à partir des années 2000, il doit cesser son activité littéraire. Étrange prescience, la dernière nouvelle de son recueil titré en français L’amour n’est pas aimé, écrite au début des années 1980, avait pour sujet Valéry Larbaud perdant progressivement l’usage de la parole sans que pour autant sa mémoire et son intelligence en soient altérées. Et, dans Comme la trace d’un oiseau dans l’air, on peut lire :

Il meurt à 82 ans des suites d'une longue maladie.

Son corps repose au cimetière de Vaugirard (Paris ), dans la division 18.

Postérité Dany Laferrière lui succède au fauteuil 2 de l'Académie française ; reçu le , il délivre un discours remarqué., en son hommageDany Laferrière, « Discours de réception de Dany Laferrière à l'Académie Française », hommage à son prédécesseur Hector Bianciotti, sur le site de l'Académie française.. René de Ceccatty lui consacre une biographie, Les Trois vies d'Hector Bianciotti, en 2026 (Séguier).

Vie privée Hector Bianciotti a vécu une large partie de sa vie avec l'écrivain Angelo Rinaldi, qui entrera, à son tour à l'Académie française, en 2001Frédéric Martel, Le Rose et le Noir. Les homosexuels en France depuis 1968, Le Seuil, 1996.. Ils sont le premier couple notoirement homosexuel à siéger à l'Académie.

Décorations (2003).

Œuvre Les Déserts dorés, Denoël, , 1967 Celle qui voyage la nuit, Denoël, , 1969 Les Autres, un soir d’été, Gallimard, 1970 Ce moment qui s’achève, Denoël, , 1972 Le Traité des saisons, Gallimard, 1977 L’amour n’est pas aimé, Gallimard, 1982 Sans la miséricorde du Christ, Gallimard, 1985 Seules les larmes seront comptées, Gallimard, 1988 Ce que la nuit raconte au jour, Grasset, 1992 Le Pas si lent de l’amour, Grasset, 1995 Comme la trace de l’oiseau dans l’air, Grasset, 1999 Une passion en toutes lettres, Gallimard, 2001 La Nostalgie de la maison de Dieu, Gallimard, 2003 Lettres à un ami prêtre, correspondance avec Benoît Lobet 1989-1994, Gallimard, 2006 Un jeune homme étonné, critiques, portraits, entretiens, Gallimard, 2026

Prix 1977 : Prix Médicis étranger 1985 : Prix Femina 1992 : Prix Prince-Pierre-de-Monaco pour l’ensemble de son œuvre 1994 : Prix de la langue française

Notes et références

Voir aussi Bibliographie René de Ceccatty, Les Trois Vies d'Hector Bianciotti, Paris, Séguier, 2026 .

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