Jean Charest Prononciation en français québécois retranscrite selon la norme API., né le à Sherbrooke (Québec), est un avocat et un homme politique canadien. Il est le premier ministre du Québec du au .
En politique fédérale, il est brièvement vice-premier ministre du Canada en 1993 puis chef du Parti progressiste-conservateur de 1993 à 1998. Il s'est notamment fait connaître au Québec en tant que vice-président du comité du lors du référendum québécois de 1995.
Il se lance ensuite en politique provinciale, en prenant la direction du Parti libéral du Québec en 1998 et devient le premier ministre du Québec à la suite de l'élection générale de 2003 qui porte au pouvoir un gouvernement majoritaire libéral.
Après un second mandat avec un gouvernement minoritaire, Charest revient avec un nouveau gouvernement majoritaire pour son troisième mandat. Ce mandat est marqué par des allégations de financement douteux, des scandales dans le secteur de la construction et le refus longtemps répété de Charest d'instituer une enquête publique concernant la collusion du financement des partis politiques et la corruption dans le monde de la construction. Après une pétition de demandant sa démission en 2011 et une importante grève étudiante en 2012, Charest est battu dans sa circonscription lors des élections générales du alors que son parti perd le pouvoir au profit du Parti québécois.
Il tente un retour en politique lors de la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada, en 2022, mais est battu par Pierre Poilievre.
En 2025, il est annoncé que Charest fera partie d'un Conseil sur les relations canado-américaines, celui-ci mis sur pied par Justin Trudeau en réponse aux tarifs douaniers de Donald Trump..
Biographie Études en droit et politique fédérale Né John James Charest en 1958, il est le fils de Claude Charest et de Rita Leonard, une Irlando-Canadienne à qui il doit son prénom. Son père est un conservateur de longue date mais ne s'implique pas en politique active, et le père de celui-ci a été organisateur politique pour l'Union nationale à Sherbrooke dans les années 1930.. Le jeune Charest complète ses études collégiales au Séminaire de Sherbrooke puis entreprend un baccalauréat en droit à l'Université de Sherbrooke. Sa mère décède prématurément en 1976 alors qu'il est encore aux études, ce qui l'affecte beaucoup. La même année, il a 18 ans et vote pour le Parti québécois aux élections générales.
Avant même d'être diplômé en 1980, il est en couple avec Michèle Dionne, sa future épouse avec qui il aura trois enfants, dont Antoine Dionne Charest. Ils se marient le , à Sherbrooke. Il effectue un stage à l'Aide juridique, puis est admis au Barreau du Québec en 1981, en tant que « John James » (prénom d'ailleurs demeuré au bottin des avocats.) changé par la suite pour « Jean » comme il y apparaît présentement. Il exerce initialement son métier à Sherbrooke au sein du cabinet Beauchemin Dussault, mais ne plaide que huit causes avant de commencer à s'intéresser sérieusement à la politique fédérale et aux progressistes-conservateurs. Le Parti progressiste-conservateur connaît alors des tensions internes et Jean Charest se range d'abord dans le camp du chef Joe Clark, (premier ministre de 1979 à 1980), mais va vite lui préférer Brian Mulroney qui va ravir la direction en 1983. Lors des élections de 1984, Charest est porté par une vague bleue et remporte la circonscription de Sherbrooke, acquise au Parti libéral du Canada depuis 1968 (le PC obtient la plus grande majorité parlementaire de l'histoire du pays). À son arrivée à Ottawa, son allure jeune, notamment sa chevelure ébouriffée, détonne. On lui offre quand même le poste de vice-président adjoint de la Chambre des communes, qu'il occupe jusqu'en 1986.
On lui propose ensuite, à l'âge de , le titre de ministre d'État à la Jeunesse au sein du cabinet du premier ministre Brian Mulroney. C'est le plus jeune membre du conseil des ministres de l'histoire du Parlement. Puis, il est nommé en 1988 leader adjoint du gouvernement et ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur.. C'est donc lui qui doit imposer une suspension au sprinter canadien Ben Johnson, épinglé pour dopage aux Jeux olympiques de Séoul.
En 1990, il doit toutefois démissionner après avoir commis l'imprudence de contacter le juge Macerola, qui lui reprochait d'avoir tenté de faire pression dans un dossier opposant un entraîneur d'athlétisme et sa fédération... Il est par la suite placé à la tête d'un comité parlementaire spécial sur la résolution de l'Accord du lac Meech en 1990, et c'est ce qui le fera revenir sous les projecteurs. Il sera en 1991 réintégré au cabinet, puis nommé ministre de l'Environnement. Avec Lucien Bouchard, il participe aux négociations préliminaires qui aboutissent à l'accord de Kyoto.
Chef du Parti progressiste-conservateur du Canada Brian Mulroney démissionne du poste de chef du Parti progressiste-conservateur et premier ministre en 1993, empêtré dans la controverse. Charest se porte candidat à sa succession. Il arrive deuxième derrière la ministre de la Défense, Kim Campbell. Jean Charest est nommé vice-premier ministre et ministre de l'Industrie, des sciences et technologies dans le cabinet éphémère de Campbell.
Lors de l'élection de 1993, les progressistes-conservateurs sont balayés du pouvoir. Seulement deux des 295 candidats du parti sont élus : Charest et Elsie Wayne. En tant qu'unique membre restant de ce qui devait être le dernier cabinet progressiste-conservateur, Charest est nommé chef intérimaire du parti, et est confirmé au poste en avril 1995. Entre-temps, il est chargé de cours en science politique à l'Université Concordia en 1994 et en 1995.
Avant d'être confirmé dans ses fonctions de chef du parti, Charest lance un effort pour rebâtir le parti. Lors de l'élection de 1997, les conservateurs récoltent 19 % des suffrages, remportant 20 des 301 sièges, principalement dans les provinces maritimes. Le parti revient de loin, mais Charest est déçu par les résultats. Il avait en outre proposé de réduire les impôts, de faire une alternative à Jean Chrétien, de réviser la loi sur les armes à feu et de créer une charte des droits des victimes. Il s'était lié avec ceux qui dénonçaient la possibilité d'une partition de la province en cas de séparation.
Campagne référendaire de 1995 Jean Charest, tout comme Jean Chrétien, premier ministre libéral du Canada ou encore Daniel Johnson du Parti libéral du Québec, fait campagne pour le « NON » en tant que chef du Parti conservateur du Canada.. Il est le vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le NON lors du référendum québécois de 1995..
Chef du Parti libéral du Québec En , Jean Charest se plie à la très grande pression publique et politique et quitte la politique fédérale pour entrer dans la politique provinciale, en prenant la direction du Parti libéral du Québec. Charest est en effet considéré comme le meilleur espoir des fédéralistes québécois pour vaincre le gouvernement souverainiste du Parti québécois. (Le Parti libéral du Québec n'est pas affilié avec les libéraux fédéraux bien qu'il l'ait déjà été à une époque.)
Quelques mois plus tard, Jean Charest est élu député de la circonscription de Sherbrooke aux élections générales du 30 novembre 1998. Les libéraux, sous Charest, récoltent un plus grand nombre de votes que le Parti québécois lors de l'élection mais la perdent, le Parti québécois remportant toutefois suffisamment de sièges pour former un autre gouvernement majoritaire. Par rapport à l'élection générale de 1994 (alors que les libéraux étaient dirigés par Daniel Johson fils), libéraux et péquistes récoltèrent presque le même nombre de sièges à l'Assemblée nationale du Québec. Du au , Jean Charest est chef de l'opposition officielle du Québec.
Peu avant la campagne électorale de 1998, Charest avait écrit son autobiographie. Aussi, l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, en avait écrit une semblable à la même époque.
À l'élection du 14 avril 2003, Charest mène ses troupes libérales à une victoire majoritaire, mettant fin à neuf ans de gouvernements du Parti québécois. Durant la campagne, sa promesse centrale est celle de la « réingénierie de l'État ».. Il affirme détenir désormais un mandat pour réformer les soins de santé, geler les frais de scolarité, baisser les impôts, réduire les dépenses et faire des réductions dans le rôle de l'État. Jean Charest est assermenté par la lieutenante-gouverneure Lise Thibault comme premier ministre du Québec le ..
Premier ministre du Québec
Premier mandat
vignette|gauche|Jean Charest et sa femme aux côtés de Samir Sammoun en 2005.|alt=
Ses deux premières années en tant que premier ministre sont marquées par une opposition féroce envers ses politiques de la part de divers groupes sociaux et des syndicats. L'antagonisme et la négativité entre le gouvernement et les employés du secteur public, ainsi que l'absence des baisses d'impôts promises qui se font toujours attendre, contribuent à rendre son gouvernement extrêmement impopulaire auprès du public. Certains ont suggéré que Charest pourrait être candidat à la direction du Parti conservateur du Canada advenant une défaite électorale éventuelle de Stephen Harper .
Plusieurs crises importantes marquent le premier mandat du gouvernement Charest. La crise du C. difficile, la crise du logement, la crise du financement universitaire, l'effondrement du viaduc de la Concorde, la fusillade au collège Dawson, les accommodements raisonnables, les problèmes environnementaux des « algues bleues » et la tentative de réforme du mode de scrutin comptent parmi les événements plus difficiles qui marquent ces premières années.
Second mandat
vignette|droite|Jean Charest et sa conjointe, Michèle Dionne, participent au défilé du Festival western de Saint-Tite en septembre 2008. Jean Charest est réélu premier ministre lors de l'élection québécoise de 2007. Toutefois, son gouvernement devient minoritaire. Son parti fait élire 48 députés, obtenant 33 % des votes. Les deux autres principaux partis, l'Action démocratique du Québec (dirigée par Mario Dumont) et le Parti québécois (dirigé par André Boisclair) font respectivement élire 41 députés (31 % des votes) et 36 députés (28 % des votes). Dans sa circonscription, Sherbrooke, Jean Charest obtient 36,56 % des votes, devançant de peu le candidat du Parti québécois, Claude Forgues.
Le , Jean Charest annonce un cabinet ministériel réduit à 18 ministres dit « paritaire ». Dans les faits, ce cabinet compte 19 ministres si l'on inclut le premier ministre avec plus d'hommes (10) que de femmes (9). Ce cabinet représente tout de même une première dans la province en termes de représentativité féminine, ce qui est très bien accueilli de la part des médias et de la population.
Troisième mandat
vignette|gauche|Jean Charest en 2012.
Lors de l'élection québécoise de 2008, le Parti libéral de Jean Charest est redevenu majoritaire, mais avec une faible majorité en obtenant 66 sièges sur 125 avec 42 % des voix. Durant son troisième mandat, Jean Charest fait face à une conjoncture économique fortement défavorable, ainsi qu'à une dette publique avoisinant les 122 milliards.