Les Duellistes ou Duellistes () est un film britannique réalisé par Ridley Scott et sorti en 1977. Adapté de la nouvelle Le Duel de Joseph Conrad, c'est le premier long métrage du réalisateur britannique. Il met en scène Keith Carradine et Harvey Keitel dans les rôles principaux.
Le film est présenté au festival de Cannes 1977, où il obtient le Prix de la première œuvre. L'accueil de la presse est globalement positif à la sortie du film.
Synopsis En 1800 à Strasbourg, le lieutenant Gabriel Féraud du régiment de hussards blesse grièvement le neveu du maire durant un duel à l'épée. Le brigadier-général Treillard ordonne alors au lieutenant Armand d'Hubert du régiment de hussards de le trouver pour le mettre aux arrêts. Dans le salon d'une dame, D'Hubert retrouve Féraud. Ce dernier prend l'ordre d'arrêt pour un affront et incite d'Hubert à un duel au sabre, qui s'achève à l'avantage de d'Hubert.
Devant l'attitude vengeresse et déraisonnable de Féraud, un ami de d'Hubert l'informe des moyens d'éviter un prochain duel, s'ils ne se retrouvent pas physiquement au même lieu, s'ils sont d'un différent grade dans l'armée, et si la nation est en guerre, ce qui devient le cas. Six mois plus tard, suit une courte période de paix où Féraud et d'Hubert se recroisent à Augsbourg. Lors de leur nouveau duel à l'épée, d'Hubert est sérieusement blessé. Recouvrant ses forces, il s'entraîne aux armes. Les deux officiers combattent au sabre jusqu'à l'épuisement mutuel. Peu après, d'Hubert est promu capitaine.
En 1806 à Lübeck, d'Hubert est reconnu dans une brasserie par Féraud, qui a également été promu capitaine et qui le provoque à un nouveau duel. Le duel a lieu à cheval, et d'Hubert réussit à blesser Féraud au sommet du front. Féraud est ensuite transféré en Espagne, ainsi les deux officiers ne se rencontrent plus jusqu'à ce que la Grande Armée soit réunie en 1812 durant la campagne de Russie. Les deux hommes se retrouvent seuls et combattent un petit groupe de cosaques, après quoi d'Hubert propose à Féraud que leur prochain duel se fasse au pistolet.
Deux années passent, et durant l'exil de à l'île d'Elbe, d'Hubert, désormais général de brigade, guérit paisiblement d'une blessure à la jambe dans son domaine de Tours avec sa sœur. Cette dernière lui présente Adèle, et le couple se marie. Peu après, un agent bonapartiste retrouve d'Hubert afin qu'il rejoigne l'Empereur qui vient de s'échapper de son exil, mais d'Hubert refuse. En apprenant les nouvelles, Féraud, également général de brigade, accuse d'Hubert d'avoir toujours manqué de loyauté envers l'Empereur. Après les Cent-Jours, Napoléon est finalement défait et d'Hubert rejoint les armées de Louis XVIII. Apprenant que Féraud sera exécuté pour son ralliement à Napoléon, d'Hubert convainc le ministre de la police Joseph Fouché d'épargner Féraud, mais souhaite que son intervention en sa faveur reste secrète.
Peu après, Féraud retrouve d'Hubert et le provoque en duel aux pistolets. Féraud tire ses deux pistolets sans succès : il est donc à sa merci. D'Hubert choisit d'épargner Féraud, mais l'informe que sa vie désormais lui appartient et qu'il devra se soumettre à sa volonté en agissant comme mort dans le cas d'une éventuelle prochaine rencontre.
Fiche technique Titre français : Les Duellistes ou DuellistesÀ l'origine, le film est sorti sous le titre "Duellistes", sans article. Titre original : Réalisation : Ridley Scott Scénario : Gérald Vaughn-Hughes, d'après la nouvelle Le Duel de Joseph Conrad Musique : Howard Blake Photographie : Frank Tidy Montage : Pamela Power Direction artistique : Bryan Graves Décors : Peter J. Hampton Costumes : Tom Rand Production : David Puttnam Sociétés de production : Paramount Pictures, Enigma Productions et Scott Free Enterprises Sociétés de distribution : Paramount Pictures (USA) et Cinema International Corporation (UK) Budget : Pays de production : Langues originales : anglais et russe Format : couleur — 35 mm — 1,85:1 — son mono Genre : drame historique, aventures Durée : 95 minutes Dates de sortie : France : (festival de Cannes) ; (sortie nationale) Royaume-Uni :
Distribution Keith Carradine (VF : Bernard Murat) : Armand d'Hubert Harvey Keitel (VF : Pierre Trabaud) : Gabriel Féraud Albert Finney (VF : Pierre Garin) : Joseph Fouché Edward Fox (VF : Michel Vitold) : Perteley, le colonel bonapartiste (VF : Béatrice Delfe) : Laura, la maîtresse de D'Hubert Cristina Raines (VF : Francine Lainé) : Adèle, l'épouse de D'Hubert (VF : Jocelyne Darche) : Léonie, la soeur d'Armand (VF : Monique Morisi) : Mme de Lionne Robert Stephens (VF : William Sabatier) : le général Treillard Tom Conti (VF : Jacques Thébault) : le docteur Jacquin, chirurgien de l'Armée et ami de D'Hubert Alun Armstrong (VF : Marc François) : le lieutenant Lacourbe, un ami de D'Hubert Alan Webb (VF : Claude D'Yd) : le chevalier de Rivarol, l'oncle d'Adèle John McEnery (VF : Roger Crouzet) : le témoin de Féraud lors du duel final (VF : Henri Virlojeux) : le témoin borgne de d'Hubert lors du duel final (VF : Robert Bazil) : un témoin de Féraud William Morgan Sheppard (VF : Henry Djanik) : le maître d'armes (VF : Francine Lainé) : la servante et maîtresse de Féraud Liz Smith (VF : Monique Mélinand) : la diseuse de bonne aventure : le neveu du maire de Strasbourg Anthony Douse (VF : Roger Crouzet) : le chirurgien Hugh Fraser : un officier Luke Scott : un fils de Léonie Pete Postlethwaite : l'ordonnance rasant le général Treillard Stacy Keach (VF : Jean Lagache) : le narrateur (voix)
Production Genèse et développement thumb|Le château de Commarque. Après de nombreuses publicités pour la télévision, Ridley Scott fait ici ses débuts de réalisateur au cinéma. Ayant du mal à être engagé sur un projet, il décide d'en développer un lui-même. En raison d'un budget limité, il se concentre sur l'adaptation d'une œuvre tombée dans le domaine public. Il engage initialement le scénariste Gerald Vaughan-Hughes pour écrire un script sur Guy Fawkes et la conspiration des Poudres, mais ce projet ne trouve pas de financementParrill, p.30. Le scénariste adapte finalement une nouvelle de Joseph Conrad, intitulée Le Duel et publiée en 1908. La nouvelle s'inspire de la vie de Pierre Dupont de l'Étang et François Fournier-Sarlovèze.
Ridley Scott s'inspire par ailleurs du film Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick, notamment pour la photographie, le rythme ou encore le narrateur ponctuel qui amorce certaines séquences.
À l'issue de repérages dans le sud-ouest de la France, Ridley Scott choisit Sarlat et ses alentours comme décor pour son film. Il choisit également le château du Repaire (entre Saint-Martial-de-Nabirat et Salviac). Le pays sarladais est une région humide qui correspond à l'esthétique que souhaite donner Ridley Scott à son film (une Issu des commentaires du DVD Paramount Edition collector édité le 13 mars 2003). C'est le maire de Sarlat qui lui révéla la coïncidence d'après laquelle la nouvelle de Conrad, dont s'inspire le scénario du film, est fondée sur une histoire locale : la Grande Armée a bien eu deux officiers qui étaient convenus de se battre en duel à chacune de leurs rencontres, dont l'un, François Fournier-Sarlovèze (qui deviendra général et comte d'Empire), était originaire de Sarlat (d'où l'extension de Sarlovèze à son nom). Le second était Pierre Dupont de l'Étang, aide de camp du général Moreau.
Attribution des rôles Ridley Scott révèle que Paramount Pictures lui a donné une liste d'acteurs pour les deux rôles principaux en échange d'un financement. Le cinéaste y choisit Keith Carradine et Harvey Keitel. Ce dernier est disponible après son renvoi du tournage d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, autre adaptation d'une œuvre de Joseph Conrad.
Engagée sur le film, l'actrice Diana Quick suggère le nom d'Albert Finney pour le rôle de Fouché. Selon le commentaire audio du DVD du film, l'acteur aurait été rémunéré avec une caisse de Champagne. Keith Carradine suggère quant à lui le nom de Cristina Raines, sa petite amie de l'époque.
On peut voir la première apparition de Pete Postlethwaite dans un long métrage, dans le rôle d'un homme rasant le général Treillard ; il ne prononce toutefois pas un mot.
Tournage Notamment pour des raisons budgétaires, Ridley Scott décide de tourner les scènes comme des tableaux indépendants et distincts, pour bien indiquer les différents chapitres de l'intrigue. Par ailleurs, aucun décor n'est créé pour le film, tourné uniquement en décors naturels ou déjà existants.
L'historien militaire Richard Holmes a servi de consultant sur le tournage.
Pendant le tournage, Ridley Scott a eu l'idée d'utiliser certains plans fixes inspirés de tableaux comme autant de transitions entre les scènes. Il a relevé que certains critiques de l'époque avaient trouvé le film « trop beau », ce qui l'a conduit par la suite à ne plus prendre les critiques, bonnes ou mauvaises, trop au sérieux.
Le film est principalement tourné en Dordogne, du au , puis à Londres (The Strand, etc.) pour quelques intérieurs pour se terminer en Écosse (près d'Aviemore au pied des monts Cairngorms) le . En Dordogne, l'équipe s'est rendue dans les lieux suivants . : Château de Caudon, à Domme (pour des extérieurs) Château de Commarque et sa vallée (celle de la Grande Beune), au pied des ruines du château,aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil Château de Lacoste (intérieurs et extérieurs), à Castelnaud-la-Chapelle Château de Lacypierre (intérieurs), à Saint-Crépin-et-Carlucet (vieux bourg) Château de Puymartin (intérieurs), à Marquay Château du Repaire, à Saint-Aubin-de-Nabirat Cingle de Montfort, à Domme La Roque-Gageac Monpazier (extérieurs). En 2020, Ridley Scott est d'ailleurs retourné à Monpazier tourner plusieurs séquences dont une scène de marché pour son film Le Dernier Duel () sur la même place, Place des Cornières Tursac (extérieurs) Sarlat-la-Canéda (des intérieurs mais surtout des extérieurs de rues) Saint-Julien-de-Lampon (extérieurs) Château de Fayrac (extérieurs)
Sortie et accueil Critique Notes Le film reçoit des critiques globalement positives.
Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 92% d'opinions favorables pour 26 critiques et une note moyenne de . Le consensus suivant résume les critiques compilées par le site : . Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour 13 critiques.
Avis de la presse Alain Pigeard du magazine Historia note : . Il ajoute : .
De son côté, Vincent Canby du New York Times écrit :
Pauline Kael de The New Yorker écrit quant à elle
Gene Siskel du Chicago Tribune, qui donne au film une note de 2,5/4, écrit notamment .
Dans Variety, on peut lire que Ridley Scott
Le film est inclus dans la seconde édition de l'ouvrage The New York Times Guide to the Best 1,000 Movies Ever Made, publié en 2004The Best 1,000 Movies Ever Made. The New York Times via Internet Archive. Published April 29, 2003. Retrieved June 12, 2008..
Box-office
Distinctions Festival de Cannes 1977 : sélection officielle en compétition pour la Palme d'or ; lauréat du prix de la première œuvre Prix David di Donatello 1978 : meilleur réalisateur étranger Prix 1978 de la British Society of Cinematographers : nomination comme meilleure photographie BAFTA Awards 1979 : nominations pour la meilleure photographie et les meilleurs costumes
Commentaires Le modèle du personnage de Gabriel Féraud thumb|upright|Fournier « el demonio », inspirateur du duelliste Féraud.