thumb|La compagnie franche de la marine exerce son droit de cité dans la vieille ville fortifiée de Québec, à l'occasion du de la ville, le 3 juillet 2006. thumb|Reconstitution de bataille de la ligne Molotov durant la Seconde Guerre mondiale, à Sanok en Pologne. thumb|Reconstitution de la bataille de Waterloo sur le site même de l'affrontement en 2011.

La reconstitution historique est une pratique qui consiste à essayer de recréer certains aspects d'une période du passé. Elle peut s'intéresser à un événement historique précis ou plus simplement s'attacher à restituer le quotidien des populations. Elle s'appuie pour cela sur la restitution d'un environnement matériel (vêtements, mobilier, objets du quotidien, parfois même bâtiments) qui se veut baser sur un ensemble de sources documentaires : objets de musées, éléments archéologiques, représentation iconographique, archives photographiques ou témoignages textuels.

L'objectif de ses pratiquants, les (ou parfois « reconstitueurs ») est de parvenir à une représentation la plus authentique possible en termes d'historicité. Ils distinguent ainsi leur activité d'autres mises en vie de l'histoire tendant vers le folklore, le fantastique ou toute forme de représentation dictée par l'imagination.

La reconstitution historique est majoritairement pratiquée comme une activité de loisir sous format associatif, mais des intervenants professionnels existent également à travers l'organisation de manifestation, l'artisanat ou encore la médiation.

Définition

Reconstitution historique et reenactment La dimension matérielle apparait comme le dénominateur commun de la pratique de la reconstitution historique. Elle se fonde sur la production puis la mise en action d'objets réalisés à partir de la documentation. Le terme même de "reconstitution" rappelle cet objectif, puisqu'il s'agit de rétablir un objet dans son état d'origine. L'activité rejoint ensuite un large champ d'action dans les mises en vie de l'histoire, entre l'animation, la médiation et la recherche d'immersion.

Dans la thèse qu'il a consacré au sujet, l'historien Martin Bostal propose la définition suivante :

Si l'expression "reconstitution historique" apparait dans la sphère publique au cours du pour désigner diverses représentations de l'histoire, notamment dans le monde du théâtre puis des commémorations, c'est au cours des années 1970-1980 qu'elle trouve un nouvelle usage en France pour décrire une activité issue du reenactment anglo-saxon. Comme le note Martin Bostal, elle ne revêt cependant pas le sens original de cette expression, qui signifie la réeffectuation d'un événement passé précis mais se trouve davantage tournée vers le concept archéologique de « reconstruction », ce qui implique une forte importance de sa dimension matérielle. Si la démarche de production et d'utilisation d'objets est une constante, le terme de reconstitution historique est bien souvent employé pour de nombreux types d'activités pourtant bien distinctes, selon les objectifs recherchés : Médiation culturelle de l'Histoire vers un grand public. Ce loisir peut prendre alors la forme de manifestations à thème historique qui permettent au public de mieux connaitre certaines époques ou événements du passé, comme les animations des « fêtes médiévales » et les reconstitutions de batailles (par exemple : la bataille d'Hastings). Compétition, à travers la reconstitution dite sportive : il s'agit de compétitions prenant la forme de joutes ou de tournois inspirés du Moyen Âge. Il existe également deux autres disciplines sportives: les arts martiaux historiques européens (AHME) qui reposent sur l'étude de traités de combats médiévaux ou de traités plus tardifs (jusqu'à la fin de la Belle Époque) afin de la pratiquer de la manière la plus proche possible, mais avec une tenue et des protections modernes, et le Béhourd. Reconstitution immersive : L'objectif est alors, pour les reconstituteurs d'une même époque, de se retrouver entre eux, sur un site plutôt privé, qui peut être lui-même historique, en l'absence de public.

Histoire vivante et living history Le concept d’« histoire vivante » se trouve utilisé dans le monde de la reconstitution historique, et plus globalement dans le domaine des mises en vie de l'histoire. Il découle de la traduction littérale de living history qui désigne dans la pratique anglo-saxonne tous les éléments liés au reenactment qui ne s'attache pas à la représentation d'un événement historique précis mais plutôt à la restitution d'un mode de vie. Son usage en France a notamment été popularisé par l'association pour l'histoire vivante (ApHV) fondée en 2001. L'expression revêt toutefois un sens très ambivalent selon les différents pratiquants, désignant contradictoirement une appellation équivalente à celle de reconstitution historique, un degré qualitatif voulu comme supérieur, une mise en action d’une reconstitution matérielle, une représentation du quotidien du passé, un acte de médiation par la reconstitution ou une activité englobant les différentes mises en vie de l’histoire.

Qui pratique la reconstitution historique ? Différentes approches Pour désigner les pratiquants de manifestations à caractère historique, on emploie divers termes : « Reconstituteurs » pour les pratiquants de reconstitution historique selon un travail de recherche de sources historiques, dans le but d'une approche la plus fidèle possible. Les termes "reconstitueurs" ou "reconstitutants" sont également utilisés au sein du milieu, sans consensus quant à un terme officiel. « Évocateurs » (surtout dans la branche médiévale du hobby) pour les pratiquants s'inspirant d'une période historique pour réaliser des animations ou des spectacles en s'appuyant sur une recherche moins poussée et en utilisant des raccourcis issus de l'imagerie populaire.

Le partage La reconstitution est le plus souvent un loisir de passionnés groupés au sein d'associations. Si elle favorise une approche renouvelée de l’Histoire, elle permet aussi d’en faire partager le goût au plus grand nombre, car elle est comme un livre d’images qui se présente aux yeux du public. Il est donc important que la reconstitution offre une image aussi proche que possible de la réalité, car elle va jouer un rôle de plus en plus considérable dans la formation d’une culture historique de base, dont l’importance n’est plus à démontrer. Ces expériences humaines sont aussi le creuset d'une certaine réflexion de la part de la communauté des reconstituteurs quant à notre société. L'esprit de convivialité prime dans ce milieu.

Il existe de grands débats entre les différents types de pratiquants. Les puristes reprochent souvent à des groupes moins pointus relevant souvent plus du folklore d'altérer l'image de l'époque, voire d'en donner une négative, de par leurs tentatives de justifications hasardeuses ou approximatives.

Un débat existe aussi chez les historiens professionnels, dont certains voient dans ce type de manifestation le risque de mener à de dangereuses distorsions dans le récit original de l’histoire et d'imposer une interprétation à un public mal renseigné. Dans le cadre de l'étude du médiévalisme, les relations entre l'écriture de l'Histoire et son usage par le biais de ces associations de passionnés a depuis fait l'objet de synthèses visant à comprendre les limites comme les intérêts présentés par la reconstitution médiévale, notamment dans sa dimension pédagogique.

Les groupes de reconstitutions thumb|Reconstituteurs de la airborne US Les reconstituteurs se définissent d'abord comme des passionnés d'histoire. La plus grande part de l'activité se fait par le biais de structures associatives. Le nombre réelle de ces structures est difficile à estimer. En 2020, Martin Bostal a référencé 1158 associations différentes faisant référence à la reconstitution historique ou à l'histoire vivante dans leur objet de déclaration officiel déclarées en France entre 1996 et 2018. Cet état des lieux n'est cependant pas exhaustif car il exclut les associations existants "de fait" sans avoir fait l'objet d'une déclaration officielle, et il comptabilise tant les associations "fantômes", existantes légalement mais inactives, que celles s'affiliant au monde de la reconstitution historique sans en appliquer les principes.

Les périodes représentées thumb|Un participant incarnant un chevalier en armure dans une reconstitution contemporaine (juillet 2011) de la bataille de Tewkesbury, du , un épisode célèbre de la guerre des Deux-RosesLes périodes les plus représentées : la reconstitution préhistorique la reconstitution romaine, celte et grecque la reconstitution du Moyen Âge la reconstitution se déroulant durant la Renaissance la reconstitution de la cour du Roi ou plus généralement du la reconstitution de la guerre de Sept Ans la reconstitution de la guerre d'indépendance américaine la reconstitution de la Révolution française la reconstitution des guerres des Chouans et Vendéens la reconstitution du Premier Empire la reconstitution du Second Empire la reconstitution de la guerre de Sécession la reconstitution de la guerre de 1870 la reconstitution de la Commune la reconstitution de la Première Guerre mondiale la reconstitution de la Guerre d'Espagne la reconstitution de la Seconde Guerre mondiale la reconstitution de la Guerre d'Indochine la reconstitution de la Guerre de Corée la reconstitution de la guerre du Viêtnam En France, le Moyen Âge apparait comme la période la plus représentée par les associations de reconstitution, avec plus de 50 % des structures s'y intéressant. La Seconde Guerre mondiale et le Premier Empire apparaissent comme les deux autres périodes les plus représentées. thumb|Groupe de reconstitution de la guerre du Viêtnam vignette|droite|Un combat de la guerre mondiale, reconstitué à proximité d'une casemate Maginot.

Certaines époques ne sont pas du tout représentées dans certaines régions, cela dépend de l'histoire de ces régions. L'exemple le plus frappant est le Moyen Âge avec une grosse représentation du et du s au Nord de la Loire, alors que dans la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur et le Languedoc, c'est le et le qui sont représentés. À l'inverse, certaines thématiques très populaires s'affranchissent de cette spatialisation mémorielle, à l'exemple de la thématique viking présente sur l'ensemble du territoire et non pas uniquement dans les régions d'implantation scandinave au cours de l'Âge des Vikings.

Pour la période du Premier Empire, le nord de la France et la Belgique sont particulièrement bien représentés ainsi que la Pologne.

La reconstitution de la guerre du Viêtnam n'est pas encore beaucoup représentée du fait de son histoire récente et sensible, surtout aux États-Unis. Autre thème du très peu représenté en France, la guerre de Corée (1950-1953). On constate aussi des groupements de reconstitueurs prenant en charge des périodes comme le et s'attachant à reproduire l'évolution complète du siècle.

Les uniformes et le matériel Grâce aux facilités de communication, d'échange et aux techniques actuelles, les uniformes, les vêtements, les outils des époques reconstituées sont recopiés avec plus de pertinence grâce à de la documentation de plus en plus rigoureuse (pour les courants du hobby ayant accepté de s'appuyer au maximum sur la documentation). L'utilisation d'armes blanches ou d'armes à feu reconstituées peut être réglementée (usages limités, interdites) en fonction des pays.

Le jeu de rôle