thumb|right|Tir au but décisif de Didier Drogba lors de la finale de la Ligue des champions 2012. Les tirs au but ou séance de penalty sont une séquence de jeu décisive d'un match de football et l'une des possibilités prévues par la loi 10 du football pour déterminer l'issue d'un match.
Des tirs au but (notés t.a.b.) sont exécutés pour départager deux équipes lorsque les règles de la compétition prévoient de déclarer un vainqueur alors que les deux équipes sont à égalité à l'issue du temps réglementaire et d'une éventuelle prolongation, ou à l'issue d'une égalité sur l'ensemble des deux matchs lors d'une confrontation aller-retour. Les tirs au but sont à distinguer des penaltys (loi 14) : l'exécution est similaire, mais ces derniers sanctionnent des fautes dans le cours du jeu.
Les tirs au but sont souvent utilisés dans les compétitions à élimination directe, afin de décider l'équipe qualifiée pour le tour suivant ou celle qui remportera la compétition. Ils ont lieu, en général, après une prolongation. Dans quelques compétitions, comme la en Angleterre, la Coupe Gambardella, le Trophée des Champions, la Coupe de la Ligue et la Coupe de France en France, l'éventuelle séance de tirs au but se joue directement après la fin du temps réglementaire. La américaine et le Championnat d'Argentine de football ont fait une expérience de courte durée où les matchs nuls en championnat se terminaient par une séance de tirs au but.
Contrairement à ce qui se passe pour les penaltys, les joueurs autres que le tireur et les gardiens de but doivent se trouver dans le rond central du terrain. Le gardien de but doit se trouver sur sa ligne de but entre les poteaux. Le gardien de l'équipe du tireur doit se trouver à la limite de la surface de réparation, également sur la ligne de but. Le tireur ne peut pas la reprendre après un rebond sur un poteau, la barre ou sur le gardien.
Les tirs au but ne sont pas inclus dans le score final. Le score reste celui de la fin des prolongations : il s'agit donc officiellement d'un match nul (et comptabilisé ainsi dans les statistiques : ni équipe gagnante ni équipe perdante). Il est rapporté selon le style « match nul 2-2, 6-5 après tirs au but ».
Procédure
La procédure suivie pour la séance de tirs au but est résumée ainsi : L'arbitre procède à un tirage au sort au lancer de pièce pour choisir la surface de but dans laquelle sera effectuée la séance, sauf si des conditions particulières le justifient. Le choix peut avoir des répercussions psychologiques importantes sur les joueurs car le choix de la surface détermine quels supporters seront derrière la cage ; Le côté choisi ne peut plus être modifié sauf en cas de circonstances exceptionnelles ; Un second tirage au sort permet de déterminer l'équipe qui commence la série. Le capitaine remportant le tirage décide si son équipe tire en premier ou en second ; Tous les joueurs autres que le tireur et les gardiens de but doivent se placer dans le rond central ; Les remplacements de joueurs ne sont pas possibles entre la fin du match et le début des tirs au but sauf en cas de blessure ou d'expulsion d'un gardien ; Tous les joueurs doivent participer à la séance, sauf dans deux cas : Un joueur blessé peut être exempté par l'arbitre. Si un joueur ne respecte pas cette consigne son tir est considéré comme raté d'office lorsque son tour arrive ; Le remplaçant du gardien blessé peut également participer à l'épreuve en tant que tireur ; Le gardien de but doit avoir ses deux pieds sur la ligne au moment de la frappe ; Le tireur ne peut frapper la balle qu'une seule fois : il ne peut donc pas reprendre la balle si le gardien la repousse, comme cela est possible lorsqu'un penalty est tiré en cours de match. Un tir qui heurte la barre transversale, le poteau, le gardien, ou toute combinaison de ces éléments avant de franchir la ligne de but est valable tant que le tireur ne retouche pas le ballon. Le tir au but réussi par le Français Bruno Bellone face au Brésil en quarts de finale de la Coupe du monde 1986 en est un célèbre exemple : Bellone avait tiré sur le poteau, mais le ballon avait ricoché sur le dos du gardien brésilien Carlos qui était parti du bon côté, pour finalement rentrer. Le but avait justement été validé par l'arbitre de la rencontre, Ioan Igna, malgré les protestations initiales de certains joueurs brésiliens comme Edinho ; La séance comprend cinq tirs pour chaque équipe, les équipes tirant en alternance. La séance peut prendre fin avant que tous les joueurs désignés aient tiré, cela arrive lorsqu'une équipe a acquis une avance suffisante qui ne peut pas mathématiquement être rattrapée par son adversaire ; Si un nombre identique de buts a été marqué après la séance initiale de dix tirs (5 de chaque côté), c'est la mort subite. À nombre égal de tirs, si une des deux équipes marque et l'autre non, la séance prend fin avec la victoire de l'équipe marquante ; Contrairement à une idée répandue, l'arbitre n'a pas à être informé de l'ordre des tireurs avant la séance. Le capitaine peut d'ailleurs le modifier tant que le penalty n'est pas exécuté ; Un joueur ne peut pas retenter un autre tir au but avant que tous les joueurs de son équipe, y compris le gardien, n'aient tiré au but. Et le cycle de tireurs se répète tant que les deux équipes sont à égalité. Notons que l'ordre des tireurs peut tout à fait varier entre chaque itération de cycle ; Si une équipe a plus de joueurs qu'une autre à la fin de la prolongation (du fait d'une expulsion ou d'une blessure non remplacée), son capitaine désigne un ou plusieurs joueurs qui ne participeront pas à l'épreuve en tant que tireur, de manière que les deux équipes aient autant de tireurs. Cette règle a été ajoutée avant l'Euro 2000 afin que l'équipe ayant un joueur expulsé ne soit pas avantagée lors d'un éventuel . Cette règle a été ajoutée pour un souci d'équité sportive, afin de ne pas voir, par exemple le meilleur tireur de l'équipe A se retrouver face au pire tireur de l'équipe B ; Dans l'hypothèse d'une blessure/expulsion pendant la série de tirs au but, cette règle s'applique également, et le nom du joueur nouvellement exempté de tir est communiqué immédiatement par le capitaine à l'arbitre. Tout joueur qui participe à la séance peut prendre la place de son gardien à n'importe quel moment de la séance ; Si le gardien de but se blesse au point de ne pouvoir continuer l'épreuve, il peut être remplacé par un remplaçant n’ayant pas participé au match si l'équipe n'a pas épuisé son nombre de remplacements. Le changement est définitif et le remplaçant pourra (devra le cas échéant si son tour se présente) tenter un tir au but. Il prend à son compte les éventuels tirs au but exécutés par le gardien remplacé pour le décompte du nombre de tirs de chaque joueur. Le remplaçant doit immédiatement «essuyer» un tir en tant que gardien. Il peut ensuite éventuellement être remplacé dans ses fonctions de gardien conformément au point précédent ; Il peut également être remplacé par un joueur initialement écarté de la séance, sans que cela ne compte pour un remplacement. Le changement est définitif et le remplaçant pourra (devra le cas échéant si son tour se présente) tenter un tir au but. Il prend à son compte les éventuels tirs au but exécutés par le gardien remplacé pour le décompte du nombre de tirs de chaque joueur. Le remplaçant doit immédiatement «essuyer» un tir en tant que gardien. Il peut ensuite éventuellement être remplacé dans ses fonctions de gardien conformément au point susmentionné ; Si le gardien de but est expulsé, il peut être remplacé par un remplaçant n’ayant pas participé au match si l'équipe n'a pas épuisé son nombre de remplacements, à condition qu'un coéquipier sorte. Dans ce cas, l'équipe adverse retire immédiatement un de ses joueurs de la séance. Le remplaçant prend à son compte les éventuels tirs au but exécutés par le gardien expulsé pour le décompte du nombre de tirs de chaque joueur. Le remplaçant doit immédiatement «essuyer» un tir en tant que gardien. Il peut ensuite éventuellement être remplacé dans ses fonctions de gardien conformément au point susmentionné ; Les avertissements reçus durant le match ne sont pas pris en compte dans la mesure où la séance de tirs au but ne fait pas partie du match. Un joueur averti durant le match et commettant une infraction méritant un avertissement durant la séance de tirs au but ne sera pas expulsé ; L'arbitre garde néanmoins la possibilité d'exclure un joueur durant une séance de tirs au but, pour une faute méritant un carton rouge direct ou plusieurs méritant un avertissement. Dès qu'une expulsion intervient, l'équipe adverse retire immédiatement un tireur de la séance ; Un joueur qui s'apprête à tirer et est exclu avant le coup de sifflet de l'arbitre verrait son tir au but non compté, c'est-à-dire qu'un autre tireur pourra prendre sa place (le tir n'est pas considéré comme manqué). Ceci est lié au fait que le ballon n'est pas en jeu au moment de l'infraction, et que le capitaine peut jusqu'au dernier moment changer de tireur. Dès qu'une expulsion intervient, l'équipe adverse retire immédiatement un joueur de la séance ; En revanche, si un joueur qui va tirer est exclu après le coup de sifflet de l'arbitre, il verra son tir comptabilisé comme un but manqué. Ceci selon les dispositions communes de la règle des penaltys qui ne prévoient pas de seconde chance pour un tireur, même si le tir est réussi. Dès qu'une expulsion intervient, l'équipe adverse retire immédiatement un tireur de la séance ; Un joueur ayant eu son premier tir non validé ne se voit pas retirer de la séance, il pourra retenter sa chance dans le prochain cycle de tirs ; Si la séance de tirs au but commencée ne peut être menée à terme (panne d'éclairage par exemple), le gagnant sera désigné par l'arbitre par tirage au sort, sauf dispositions contraires prévues par le règlement de l'épreuve (comme en Coupe de France, où le match est rejoué).
Historique C'est le dirigeant de football israélien Yosef Dagan qui suggéra le premier cette méthode de désignation d'un vainqueur après que l'équipe israélienne eut été éliminée en quart de finale du tournoi olympique de 1968 par tirage au sort. Par ailleurs, cette même année, l'Italie accéda à la finale du Championnat d'Europe des nations par tirage au sort à la suite du match nul de la demi-finale contre l'URSS. Cette idée fut adoptée par l'UEFA et la FIFA, après le lobbying de l'arbitre .
La première séance de tirs au but de l'histoire a lieu le entre Hull City et Manchester United pendant la Watney Cup (tournoi estival de préparation). Le premier tireur est George Best, et le premier à manquer son tir Denis Law..
Quelques jours plus tard, pour la première fois un match international se termine aux tirs au but : lors du premier tour de la Coupe des coupes 1970-1971, les clubs de Budapest Honvéd et d'Aberdeen FC n'arrivant pas à se départager (chacun gagne son match à l'extérieur 3-1) seront les premiers à les utiliser. C'est le club hongrois qui gagne la séance de tirs au but. Ils seront également utilisés en Coupe d'Europe des clubs champions dès la même saison : Everton FC prend le meilleur sur le Borussia Mönchengladbach en huitièmes de finale après deux matchs nuls 2-2. Comme durant les premières années de l'application de la nouvelle règle, les finales restaient encore à rejouer en cas d'égalité, il faudra patienter jusqu'en 1980 pour voir la toute première finale européenne de clubs décidée par la séance des tirs au but : Valence-Arsenal (0-0 a.p, t.a.b. 5-4) en Coupe des vainqueurs de coupes.