Marie Leszczyńska ou LeczinskaMarie Charlotte Sophie Félicité ; la forme « Marie Leczinska » est traditionnelle dans les textes français du . On trouve aussi « Marie Leczynska » ; actuellement, l'orthographe polonaise est parfois utilisée : « Marie Leszczyńska ». Pour d'autres variantes orthographiques, on trouve « Marie Lekzinska » dans les éditions de la Biographie universelle classique (1829), ainsi que Vie de Marie Leckzinska (1828), de l'abbé Proyart. (Leszczyńska, prononcé en polonais et Leczinska, prononcé en français ), que l'on peut traduire par , née le à Trzebnica et morte le à Versailles, est reine de France et de Navarre de 1725 à 1768.

AristocrateLes rois de Pologne étant élus, leurs filles ne sont pas automatiquement des princesses ; le titre de prince (książę) est cependant héréditaire dans certaines familles de la noblesse polonaise, comme les Czartoryski ou les Lubomirski. polonaise, elle est la fille de Stanislas Leszczynski, roi élu de Pologne, dont la famille portait les . Elle est devenue reine de France et de Navarre par son mariage avec , en , et par son fils le dauphin Louis, elle est la grand-mère de trois rois de FranceDu moins, des derniers à porter le titre de « roi de France et de Navarre », portant le titre de « roi des Français »., , et mais aussi l'ancêtre de la maison ducale de Parme dont sont issus le roi et le grand-duc Henri de Luxembourg.

Pieuse et généreuse mais peu au fait des intrigues de la cour, elle est une figure effacée de la cour de Versailles et est reléguée dans l'ombre par le nombre des maîtresses royales et en particulier par la plus importante, Madame de Pompadour.

Biographie Jeunesse

Maria Karolina Zofia Felicja (Marie Caroline Sophie Félicité) Leszczyńska naquit à Trzebnica, en Silésie, le et était la seconde fille (l'aînée, Anne Leszczynska, était née en 1699 et mourut d’une pneumonie en 1717) de Catherine Opalińska et de , souverain éphémère, élu roi de Pologne de 1704 à 1709, grâce au roi de Suède, puis à nouveau de 1733 à 1736 et nommé duc de Lorraine et de Bar (à titre viager), de 1737 à sa mort en 1766, grâce à son gendre le roi .

Elle reçut pour parrain Alexandre Benoît Sobieski, fils du roi Jean III Sobieski de Pologne, et pour marraine Edwige-Sophie de Suède, duchesse douairière de Schleswig-Holstein-Gottorp.

Née alors que son père avait été placé sur le trône de Pologne par les armées suédoises de , elle le suivit dans son exil dès l'année suivante. Elle confia à Voltaire qu'elle avait failli être oubliée par les femmes chargées de préparer la fuite du roi : au moment de partir, l'une d'elles avisa un tas de linges qui gisait dans la cour et alla le ramasser . Exilée d'abord dans la principauté de Deux-Ponts (Zweibrücken), propriété du roi de Suède, puis dans la ville alsacienne de Wissembourg à la suite de nombreuses tractations politiques, elle fut d'abord pressentie en 1721 pour épouser un jeune officier français. Mais, le prétendant n'étant pas au moins duc, le père de Marie refusa le mariage.

On songea alors au prince de Schwarzenberg, noble de Bohême, mais celui-ci préféra une candidate plus argentée. La jeune femme fut alors convoitée par le marquis de Courtanvaux, petit-fils de Louvois, mais le roi Stanislas refusa à nouveau un prétendant qui n'était pas duc.

Un projet de mariage bien plus brillant pour l'ex-roi Stanislas fut enfin envisagé pour Marie Leszczyńska, avec le duc de Bourbon. Celui-ci, prince du sang, veuf et sans enfant de sa cousine Marie-Anne de Bourbon-Conti, était alors Premier ministre du royaume de France. L'idée ne venait pas du duc de Bourbon mais de sa maîtresse, la marquise de Prie. Ambitieuse, la jolie marquise pensait qu'une princesse sans influence ne lui porterait pas ombrage. vignette|Marie Leszczynska par François Albert Stiemart (1726).

Le choix de Marie comme reine de France Quand , à peine âgé de quinze ans, tombe une nouvelle fois malade en , le duc de Bourbon craint, pour son avenir personnel, que le duc d'Orléans, fils du défunt régent et son rival, ne monte sur le trône. Pour éviter qu'une telle chose se produise, il faudrait que ait, au plus vite, une descendance. C'est pourquoi, après avoir dressé une liste des cent princesses d'Europe à marierUn document de 1725 dans les Archives nationales, rédigé probablement à l'attention du duc de Bourbon, fait état de ce « casting royal » : « Des cent Princesses qu'il y a à marier en Europe, en en retranchant 44 qui sont trop âgées pour être mariées à un jeune Prince [ a ], 29 qui sont trop jeunes, 10 dont l'alliance ne convient pas, il ne reste donc que ». Les deux dernières opportunément citées sont Henriette Louise et Thérèse Alexandrine , toutes deux filles de . Source : ., on choisit Marie Leszczyńska qui est en âge d'avoir des enfants, contrairement à la jeune fiancée du roi, l'infante-reine Marie-Anne-Victoire d'Espagne, que l'on renvoie. On prête un rôle à la marquise de Prie dans les manœuvres qui ont conduit au choix de Marie.

Le roi, orphelin, et son précepteur, l'abbé de Fleury, rival du duc de Bourbon, acceptent cette alliance sans avantage avec une princesse qui compte vingt-deux ans, soit sept de plus que son futur mari.

Le , le duc demande à Stanislas sa fille en mariage au nom de .

Les difficultés à l'annonce du mariage thumb|Maria Leszczyńska, par Alexis Simon Belle (vers 1730).L'annonce du mariage n'est pas très bien accueillie à la Cour ni à l'étranger où l'on se récrie sur les origines de la famille Leszczyński et sur sa nationalité polonaise. Élisabeth-Charlotte, duchesse de Lorraine et de Bar, sœur du défunt régent, et qui pensait asseoir sa fille aînée sur le trône des lys, écrit ainsi :

J'avoue que pour le Roi, dont le sang était resté le seul pur en France, il est surprenant que l'on lui fasse faire une pareille mésalliance et épouser une simple demoiselle polonaise, car […] elle n'est pas davantage, et son père n'a été roi que vingt-quatre heures.

Des rumeurs vont même jusqu'à annoncer que la future reine est laide, scrofuleuse, épileptique, ou stérile.

L'ex-roi de Pologne, l'ex-reine et leur fille quittent Wissembourg pour Strasbourg.

Néanmoins, le , le duc d'Orléans, premier prince du sang, épouse Marie Leszczyńska par procuration dans la cathédrale de Strasbourg, devant le cardinal de Rohan, grand aumônier de France. Pendant son repas, elle est servie par Mademoiselle de Clermont, sœur du duc de Bourbon, un membre de la famille royale.

Les débuts du règne 200px|thumb|Marie Leszczyńska en manteau de sacre par Louis Tocqué. Musée des châteaux de Versailles et de Trianon (1740). De Strasbourg à Metz, en passant par le Saulnois pour éviter la Lorraine, puis à travers la Champagne et la Brie, Marie se fait vite aimer du peuple en distribuant des aumônes.

Le , Marie rencontre et, le lendemain, ils se marient à Fontainebleau. Le mariage est consommé le soir même, et le roi fait durer la « lune de miel » jusqu'en . Marie tombe aussitôt amoureuse du roi, beau comme un ange et lui-même en est, à l'époque, très épris : il a quinze ans, et elle est son premier amour.

On donne à la nouvelle reine des serviteurs qui ont veillé sur enfant, afin de lui permettre de mieux connaître son mari.

Les enfants L'ardeur du roi permet à Marie de donner rapidement des enfants à la couronne, et en grand nombre : dix en dix ans, deux garçons et huit filles dont des jumelles (les deux premières nées).

Louise-Élisabeth de France, 1727-1759 Henriette de France, 1727-1752 Marie-Louise de France, 1728-1733 Louis, Dauphin de France, 1729-1765 Philippe-Louis, duc d’Anjou, 1730-1733 Marie-Adélaïde de France, 1732-1800 Victoire-Louise-Marie-Thérèse de France, 1733-1799 Sophie-Philippine-Elisabeth-Justine de France, 1734-1782 Thérèse-Félicité de France, 1736-1744 Louise-Marie de France, 1737-1787

Un seul des deux garçons, le dauphin Louis, survit à l'enfance.

Le bruit courut que Marie aurait dit : « Eh quoi ! Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher.. » Marie est également meurtrie par la mort en bas âge de Marie-Louise de France (5 ans) et Philippe-Louis (3 ans).

Des relations difficiles avec La reine Marie avait commencé à s'aliéner son époux dès le début de son mariage en se mêlant , de politique, malgré les mises en garde de son père. N'étant pas née à la cour, ne connaissant pas encore tout à fait les usages ni l'étiquette de Versailles, elle « convoque » le roi dans ses appartements pour lui demander de conserver le ministère à son bienfaiteur, l'impopulaire duc de Bourbon qui risquait alors la disgrâce. Dès cet instant, elle perd toute influence politique sur son mari de (1726).

En 1733, elle soutient les efforts de son père qui tente de remonter sur le trône de Pologne (guerre de Succession de Pologne)

La naissance de Louise de France, Madame Septième (1737), puis une fausse couche l'année suivante, les mises en garde des médecins sur les dangers d'une grossesse supplémentaire, la différence d'âge entre les conjoints, tout cela marque la fin du bonheur conjugal du couple royal.

Petit à petit, , vingt-sept ans, jeune et plein d'allant, délaisse complètement cette épouse effacée. Il s'ennuie auprès d'une femme considérée comme d'âge mûr, fatiguée par ses nombreuses grossesses et « trop douce et trop éprise »Plume d'histoire http://plume-dhistoire.fr/marie-leszczynska-manque-le-coeur-de-louis-xv/ notamment à partir du moment où elle lui refuse l'entrée de sa chambre, par crainte d'une onzième grossesse qui, selon les médecins, lui aurait été fatale, ce qu'elle n'ose révéler à son mari (1738). Malgré une réconciliation maladroite après la maladie du roi à Metz en 1744, ce délaissement est définitif.

Malgré ses scrupules moraux et religieux, le roi a déjà pris secrètement sa première maîtresse, la comtesse de Mailly, première des « sœurs de Nesle ».

La Reine passe les vingt dernières années de sa vie à Versailles. Comme elle n'a aucune influence, les ambitieux ne la recherchent pas. Elle vit entourée d'un cercle restreint de courtisans fidèles : « La maison de la reine était formée de gens d'esprit, de conditions sociales diverses, sur le modèle des fameux salons parisiens si caractéristiques de l'époque »Danièle Rey-Girardet, La Louison, p. 132, Roman auto-édité, 2011 .

Marie Leszczyńska demeure pourtant très attachée à son époux, écrit-elle dans son testament. et réussit à s'adapter à la vie de Versailles : elle se fait instruire sur les questions de cérémonial et d'étiquette et assume ses devoirs de représentation lors des fréquentes absences du roi, à la chasse ou ailleurs.

Grande amatrice de musique et de peinture (elle peint elle-même des aquarelles), elle est la véritable mécène de la culture à la cour. Elle contribue, avec sa bru Marie-Josèphe de Saxe, à faire venir à Versailles des artistes de renom, comme le castrat Farinelli en 1737, qui lui donne des cours de chant, ou le jeune prodige Wolfgang Amadeus Mozart en 1764 avec qui, au grand étonnement de la cour, elle s'entretient en allemand, car elle est polyglotte.

Confrontée à l'adultère du roi, elle garde discrétion et dignité, entretenant même pendant vingt ans des relations correctes avec la plus célèbre des maîtresses de son royal époux, la marquise de Pompadour. Talleyrand note, cependant, que . Après la désaffection de , elle se réfugie dans l'affection pour ses enfants, qui tentaient maladroitement de prendre son parti, et pour son père, qui venait la visiter souvent et lui conseillait la patience et la soumission .