vignette|Corde de la cloche du croiseur Chancellorsville Depuis plusieurs siècles, la tradition veut que, sur un navire, il n'y ait guère qu'une seule « corde », celle de la cloche de quartRépertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateurs, Louis-Marie-Joseph O'Hier de Grandpré Éditeur Malher, 1829 indique que . Les termes de "corde" et de "ficelle" sont traditionnellement proscrits, par superstition, à bord d'un navire.
Le lexique maritime, adapté à une tâche précise, distingue chaque cordage en fonction de son utilisation : grelin, amarre, filin, garcette, hauban, écoute, aussière, drisse, élingue. Le mot générique le plus fréquemment utilisé est celui de bout, avec prononciation du « t » final.
Description Le mot corde, évoquant la corde utilisée pour pendre les mutins, (ou les « bouts de corde » utilisés pour punir des membres d'équipageVolume 4 de Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, Denis Diderot, Jean Le Rond d' Alembert, Éditeur Chez Briasson, 1754, distingue au singulier le bout de corde : et, au pluriel, les bouts de corde : ) n'était toutefois pas tabou dans la marine, et était utilisé pour les cordages situés à l'extérieur du bateau. Il en était ainsi des « défenses de cordes », amas de cordage utilisés en guise de pare-battageVolume 4 de Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, Denis Diderot, Jean Le Rond d' Alembert, Éditeur Chez Briasson, 1754, , ou des « cordes de retenue », utilisée lors du chargement de la cargaison.
La corde de dos est un élément constituant du chalut. Elle peut être accompagnée d'un « lapin », cordage remplissant une fonction de parpaillot auxiliaireClaude Nédellec et Louis Libert, Étude du chalut, Revue des travaux de l'institut des pêches maritimes, 1960, , sur le site d'Archives de l'IFREMER. L'archéozoologue François Poplin voit une équivalence, une entre les deux termes, corde et lapin : une symbolique de la pendaison. Il attribue l'existence de ces termes appliqués au chalut au fait que celui-ci serait , autrement dit trop « central » pour que la prescription s'appliqueFrançois Poplin, Le cheval, le canard et le navire, et pourquoi pas le lapin, Anthropozoologica, , , sur le site du Musée national d'histoire naturelle.
« Fuir à mâts et à cordes » (lorsqu'on se met en fuite, « à sec de toile »), avec la pression du vent portant seulement sur les mâts et sur le gréement, est également une expression attestée depuis le .
La tradition perdure de nos jours, et la définition de 1829 a été actualisée, conduisant à l'aphorisme: « sur un bateau il n'y a qu'une seule corde : celle de la cloche, et qu'une seule ficelle : celle du saucisson »Variante : « il n'y a que deux cordes sur un bateau : celle de la cloche et sa remplaçante » qui sous-entend que tous les autres cordages portent des noms précis.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Superstition des marins Cordage Bout Superstition théâtrale : Corde
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