Plotine, née sous le nom de Pompeia Plotina, est l'épouse de l'empereur Trajan et impératrice de 98 à 117.
Biographie
Elle est la fille de Lucius Pompeius et Plotia, qui ont de nombreuses relations politiques. Elle est peut-être née et a grandi à Escacena del Campo, en Bétique, sous le règne de l'empereur Néron. D'autres sources donnent ses origines plutôt du côté de Nîmes, en Gaule narbonnaise.
Vers 75/76, dans tous les cas avant 86, elle épouse Marcus Ulpius Traianus dit Trajan, qui devient César en 97 puis empereur romain en l'an 98.
Elle est renommée pour ses qualités d'austère matrone romaine. Plotine est décrite par les auteurs antiques comme une femme cultivée, intelligente et modeste, 28Pline le Jeune, Panégyrique de Trajan, 83.Dion Cassius, Histoire romaine, livre LXVIII, 5., de grande vertu et pieuseJulian Bennett, Trajan. Optimus Princeps, Routledge, 1997, 59..
Elle est aussi réputée pour son intérêt pour la philosophie, et l'école épicurienne d'Athènes sera sous sa protectionMaurice Sartre, Le Haut-Empire romain, les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, Seuil, 1997, 217.Simon Hornblower and Anthony Spawforth-E.A. (edd.), Oxford Classical Dictionary, Oxford University Press, 2003, 1214..
Elle accepte le titre d’Augusta en 105, que Trajan lui offre en 100. Elle n'apparaît pas sur les monnaies romaines jusqu'en 112.
Selon l'historien Gérard Minaud, auteur d'un ouvrage biographique sur douze impératrices romaines, c'est sous l'influence de son épouse que Trajan modifie la fiscalité pour la rendre plus équitable, prend des mesures pour une meilleure éducation, aider les pauvres et établir la tolérance dans la société romaineGérard Minaud, Les vies de 12 femmes d’empereur romain - Devoirs, Intrigues & Voluptés, Paris, L’Harmattan, 2012, ch. 6, « La vie de Plotine, femme de Trajan », 147-168..
Ce mariage ne donne naissance à aucun héritierJean-Pierre Martin, « Le Haut-Empire » dans M. Cébeillac-Gervasoni, J.-P. Martin et A. Chauvot, Histoire romaine, Paris, 2006, 229.. Pour autant, Trajan n’a jamais semblé vouloir divorcer, Plotine étant riche et instruite. Cette infécondité de Plotine n’est pas vraiment un handicap pour la succession puisque selon l’idée que le meilleur doit accéder au trône (succession par adoption), un fils biologique pourrait se révéler être un obstacleHildegard Temporini-Gräfin Vitzthum, « Die Familie der Adoptivkaiser von Traian bis Commodus » dans Hildegard Temporini-Gräfin Vitzthum (Hrsg.), Die Kaiserinnen Roms. Von Livia bis Theodora, Munich, 2002, 187–264, ici 190..
Elle fait beaucoup pour accélérer la carrière du jeune Hadrien, et à la mort de Trajan en 117 il se peut que son avis soit déterminant pour l'avènement d'Hadrien à l'Empire. Elle est à l'origine du mariage en 100 de Sabine, petite-nièce de Trajan, avec Hadrien, faisant de lui le plus proche parent mâle de Trajan et donc le candidat idéal à la succession. Depuis qu’il a dix ans, Hadrien a été placé sous la tutelle de Trajan et de Publius Acilius Attianus. Mais il faut attendre la mort de Trajan pour que celui-ci, directement ou par l’intermédiaire de Plotine et d'Attianus, ne l’adopte. Bien qu'il reste des doutes sur la réalité de cette adoption, Trajan a désigné, à l'attention générale mais de manière informelle, son petit-neveu comme successeurJean-Pierre Martin, « Le Haut-Empire » dans M. Cébeillac-Gervasoni, J.-P. Martin et A. Chauvot, Histoire romaine, Paris, 2006, 230..
Trajan décède à Selinus en août 117, sur le chemin de retour pour Rome, des suites d’une grave maladie. Il est dit qu’il a finalement adopté Hadrien sur son lit de mortHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 4.. Les circonstances opaques de cette adoption ont entraîné de nombreuses spéculations et controverses. Dion Cassius prétend qu’Hadrien n’a jamais été adopté, mais qu’il s’agit d’une manœuvre de l’impératrice et du préfet du prétoire Publius Acilius AttianusDion Cassius, Histoire romaine, livre LXIX, 1.Françoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ?, Madrid, 2006., 218 et 305-307.. Les historiens modernes sont divisés sur la réalité de cette adoptionSusanne Mortensen, Hadrian. Eine Deutungsgeschichte, Bonn, 2004, 27–55..
Après le décès de Trajan, Matidia, sa nièce, et Plotine ramènent les cendres de l'empereur à RomeWilliam Smith, « Matidia »., A dictionary of Greek and Roman biography and mythology, Londres, John Murray..
Elle meurt de causes naturelles, mais l'année de son décès varie selon les sources, en 121, 122, 123 ou 129. Elle est divinisée par l'empereur Hadrien qui construit un temple, ou une basilique, en son honneur à Nîmes.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie François Kirbihler, « Plotina (Pompeia) » dans Richard Goulet (Hrsg.), Dictionnaire des philosophes antiques, Bd. 5, Teil 2, CNRS Éditions, Paris, 2012 , 1071-1075. Gérard Minaud, Les vies de 12 femmes d’empereur romain, Paris, L’Harmattan, 2012, ch. 6, « La vie de Plotine, femme de Trajan », 147-168.
Articles connexes Liste des impératrices romaines et byzantines
Catégorie:Impératrice romaine du Ier siècle Catégorie:Impératrice romaine du IIe siècle Catégorie:Trajan Catégorie:Impératrice de la dynastie des Antonins Catégorie:Personnalité divinisée