Le régiment de marche du Tchad est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française.

Créé pendant la Seconde Guerre mondiale, il appartient aux troupes de marine et est distingué comme Compagnon de la Libération.

Depuis le , il est implanté à Meyenheim, entre Colmar et Mulhouse, au sein de l'ancienne base aérienne 132. Il est mécanisé sur véhicules blindés de combat d'infanterie (VBCI).

Historique

Seconde Guerre mondiale Il est créé au Maroc en juillet 1943 à partir du personnel métropolitain du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) et des éléments métropolitains et européens ralliés en Afrique du Nord, sous le commandement du colonel Dio. Le RTST avait participé à partir de 1940 aux opérations menées par le colonel Lerclerc en Libye italienne à partir du Tchad. Après la prise de Koufra, les hommes présents font le serment demandé par Leclerc : . Par décision du , le régiment de marche du Tchad est proclamé héritier des traditions du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. La croix de guerre avec deux palmes et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre sont ainsi conférées au drapeau du régiment de marche du Tchad »Extrait de la décision /CAB/MIL/2.G.. gauche|vignette|Le fanion de la , présenté pendant la guerre par un ancien républicain espagnol. Constitué en trois bataillons et équipé comme un régiment américain mécanisé sur Halftracks, le RMT devient le régiment d'infanterie de la division blindée, commandée par le général Leclerc.

Par opposition aux ex-vichystes de l'Armée d'Afrique, de nombreux étrangers des corps francs d'Afrique, dont des républicains espagnols anciens de la guerre civile espagnole, rejoignent les rangs du RMT. Ils étaient majoritaires dans le , dit « le bataillon espagnol » et commandé par Joseph Putz, ancien brigadiste. La , commandée par le capitaine Raymond DronneDétail des hommes de la Nueve, selon son Capitaine Raymond Dronne était essentiellement constituée d'anarchistes espagnols, d'où son surnom « La Nueve » (soit le chiffre neuf en espagnol)Allocution du Général Roquejeoffre quant au rôle des espagnols du Régiment de marche du Tchad.

Pendant presque un an, les soldats de Leclerc vont s'approprier leurs nouveaux matériels et à compter de 1944, la DB va se diriger vers la Grande-Bretagne en navires dont le , un paquebot réquisitionné. En attendant le débarquement, le RMT est stationné et poursuit son entraînement dans la région de Hull. vignette|Halftracks du RMT défilant sur les Champs-Élysées le . En appui du corps d'armée US du Gal Patton, la DB débarque le aout 1944 sur la plage d'Utah-Beach à Saint-Martin-de-Varreville. Le 12 aout, Alençon est libérée. Le , la Nueve, aux ordres du CNE Dronne, est la première à rentrer dans Paris avec les chars du RCC. Le 26, la DB défile sur les Champs-Élysées. Le , marsouins et camarades de la DB livrent de durs combats dans les Vosges.

Après trois mois de combats, la libère le reste de l'Est de la France. Le serment de Koufra est accompli le lorsqu'un drapeau français est hissé par un spahi du de marche de spahis marocains sur la cathédrale.

Après-guerre D' à , le du RMT est déployé en Indochine au sein du groupement de marche de la blindée.

Rattaché au groupement blindé et réduit sous le nom de du régiment de marche du Tchad (I/RMT), il est stationné à Pontoise . En le bataillon est envoyé au Maroc sous le nom de bataillon du Tchad.

En 1968, le RMT prend garnison à Bruyères-le-Châtel / Ollainville / Linas (camp dit de Montlhéry) jusqu'en 1996, garnison qu'il partageait alors avec le régiment de train et le (régiment d'artillerie de marine, alors équipé en 155AUF1). Le était cantonné côté Linas, le au centre, et le RMT côté Bruyères, avec sur deux flancs le circuit autodrome de Montlhéry, et la forêt du domaine départemental de la roche Turpin. L'ensemble, très boisé permettait de mener des périodes d'instruction en conditions. La garnison était particulièrement chargée de la protection du CEA de Bruyères le Châtel. Les deux régiments de Marine accueillaient une population importante d'appelés en provenance de l'ouest (Bretagne et Normandie) et des DOM-TOM (la Réunion), idem au niveau des sous-officiers. Le quartier Koufra est nommé ainsi en référence au serment.

En 1985, le RMT se déploie à Djibouti, puis à Berlin en 1986. La même année, des éléments sont envoyés au Côte d'Ivoire. En 1987, le RMT projette des forces en Nouvelle-Calédonie et en Côte d'Ivoire.

En 1989, le RMT envoie des hommes en Allemagne à l'occasion de la chute du Mur de Berlin. En 1990, des hommes sont déployés au Koweït.

En 1993, en 1995, en 1997 et en 1998, le régiment envoie ses éléments en Bosnie-Herzégovine. En 1995, ses forces sont également déployées en Martinique, tout comme en 1999. En 1999 et en 2000, le RMT se déploie au Kosovo.

En 1997, la garnison du régiment est installée à Noyon, en Picardie. vignette|Insigne des déploiements du RMT au Tchad dans l'opération Épervier, avec les dates 1941, 2001 et 2009. En 2001, le RMT se déploie au Tchad (opération Épervier). En 2002, le régiment est projeté en Côte d'Ivoire et en Macédoine. En 2003, il est déployé au Kosovo et en République centrafricaine. L'année suivante il est à nouveau déployé au Kosovo.

En 2005, le RMT participe à l'opération "Pamit XII" en Afghanistan au sein des forces de l'OTAN. Il est également déployé en Guyane et en Côte d'Ivoire. vignette|Poste de tir Milan du RMT présenté en France en 2007. En 2006, il est engagé au Liban au sein de la force intérimaire des Nations unies au Liban FINUL. En 2007, il intervient au Kosovo, en Côte d'Ivoire et au Sénégal. En , le régiment a été projeté simultanément en Afghanistan (opération "PAMIR XIX") et au Liban (opération "DAMAN VI")https://www.defense.gouv.fr.

Le , lors d'une opération de reconnaissance, des marsouins parachutistes du RPIMa ainsi que des éléments alliés sont violemment pris à partie lors d’une embuscade tendue par les forces talibanes à 50 km à l’est de Kaboul dans la vallée d'Uzbin (nord du district de Surobi Carte district de Surobi). Durant les premières minutes de l’accrochage, neuf soldats français sont tués dont huit parachutistes du et un auxiliaire sanitaire du étranger de parachutistes qui accompagnait alors l’élément de tête. Le lendemain, un dixième militaire du régiment de marche du Tchad, le caporal Melam Baouma, trouve la mort quelques heures plus tard dans l'accident d'un blindé qui se renverse. Selon la présidence française, vingt-et-un autres militaires français sont blessés durant l'accrochage. Les pertes infligées aux talibans s’élèveraient à une trentaine de morts ainsi qu’une trentaine de blessés dont un important cadre talebSource journalistique.

Le régiment est à nouveau déployé au Tchad en 2009.

En 2010, le régiment s'installe à Meyenheim, en Alsace, sur l'ancienne base aérienne 132, renommée Quartier Colonel Dio, afin de se rapprocher de l'état-major de la blindée à Strasbourg.

En 2011, le régiment est déployé en Côte d'Ivoire, au Tchad et en Afghanistan. En 2012, des éléments sont projetés au Liban et aux Émirats arabes unis, puis l'année suivante aux Émirats et au Qatar. En 2014, déployé au Tchad et en République centrafricaine, le régiment rejoint l'Opération Serval au Mali. En 2015, il participe à l'EUFOR RCA puis l'année suivante à l'Opération Sangaris.

À la suite des nombreux événements terroristes en France, l'Hexagone est devenu un théâtre d'opération extérieur à part entière. Dans le cadre de l'opération sentinelle le régiment de marche du Tchad vient en appui des forces de l'ordre pour sécuriser le pays. Ainsi, il a été projeté dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le Nord, à Paris, etc.

En 2017-2018, des détachements du RMT sont déployés au Mali (Opération Barkhane) et en 2019-2020 en Irak. En 2020, le régiment envoie des éléments en Estonie, au Gabon, au Burkina Faso et aux Émirats arabes unis. En 2021, ils vont en République de Côte d'Ivoire, au Mali, au Gabon, au Sénégal, à Djibouti et au Bénin.

Dans le cadre de la préparation opérationnelle décentralisée (POD), le RMT dispense désormais des formations commandos à destination de ses soldats, validées par le de parachutistes de choc. Depuis 2022, les stagiaires réussissant les formations proposées se voient décerner un insigne de brevet « initiation commando » spécifique au régiment et homologué par le Service historique de la défense.

Le régiment aujourd'hui vignette|Militaires du RMT en 2011.

Subordinations Le régiment est subordonné à la blindée de la .

Son soutien est assuré par le groupement de soutien commissariat de Strasbourg et la antenne médicale.

Composition

Le régiment compte dans ses rangs et civils. Il est composé d'une compagnie de commandement et logistique (CCL) les « Atlas », une compagnie d'appui (CA) les « Milans », de cinq compagnies de combat et d'une compagnie de réserve (). La de combat : les « Cobras » du Tchad ; La de combat : les « Démons » du Tchad ; La de combat : les « Scorpions » du Tchad ; La de combat : les « Dragons » du Tchad ; La de combat : les « Lynx » du Tchad ; La de réserve : les « Loups » du Tchad.

Inscriptions sur son drapeau thumb|right|Drapeau

Son drapeau reprend, fait peu commun dans l'Armée Française, trois noms de batailles auxquelles son régiment père, le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, a participéDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Koufra - 1941 ; Fezzan - 1942 ; Sud-Tunisien - 1943.

Et pour y voir participé en propre : Alençon, 1944 ; Paris, 1944 ; Strasbourg, 1944.

Décorations vignette|Fourragère non réglementaire, aux couleurs de la croix de guerre 1939-1945, portée au RMT à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le régiment en lui-même est Compagnon de la Libération depuis le . Croix de guerre 1939-1945, attribuée avec 4 palmes (dont les 2 palmes à l'ordre des Forces françaises libres attribuées au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) pour les victoires acquises de 1941 à 1943 en Libye et en Tunisie). Croix de la Valeur militaire avec palme. Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire avec olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945. Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de l'Ordre de la libération depuis le . Presidential Unit Citation (PUC) 50px|

Insigne « Fronton de porte mauresque d’or à l’inscription en capitales de gueules « TCHAD », surmontant une ancre du même sur champ d’azur, à la tige en forme de croix de Lorraine, chargée d’une tête contournée de chameau d’argent »

Chefs de corps 1942/43 : Colonel François Ingold ; 1943/46 : Colonel Louis Dio ; 1946 : Commandant André Lavergne; 1946/48 : Lieutenant-colonel Jean Fournier ; 1948 : Lieutenant-colonel Jean Morvan ; 1948 : Commandant Jean Beillard ; 1949/51 : Commandant Marcel Dupin ; 1951/52 : Lieutenant-colonel Roger Fournier ; 1952/54 : Lieutenant-colonel Raymond Thiers ; 1954 : Commandant Jacques Foubert ; 1954/58 : Lieutenant-colonel Jean Bley ; 1958/59 : Lieutenant-colonel Gustave Bouyer ; 1959/61 : Commandant Francis Bourriquen ; 1961/64 : Lieutenant-colonel Jean-Marie Héliot ; 1964 : Lieutenant-colonel Paul Lartigues ; 1964/66 : Colonel Jean Bellec, Compagnon de la Libération ; 1966/68 : Colonel Roger Ravel ; 1968/70 : Colonel Pierre Bégué ; 1970/72 : Colonel Michel Noël du Payrat ; 1972/74 : Colonel Paul Cavarrot ; 1974/76 : Colonel Jean Muller ; 1976/78 : Colonel Jean-François Gin ; 1978/80 : Colonel Jacques Bouvet ; 1980/82 : Colonel Jean Élie ; 1984/86 : Colonel Gérard Roques ; 1986/88 : Colonel Christian Vaganay ; 1988/90 : Colonel Alain Cartron ; 1990/92 : Colonel Jean-Louis Wintrebert ; 1992/94 : Colonel Jean-Paul Richard ;