Atlit () est une municipalité de type agricole fondée en 1903 et située sur la côte méditerranéenne, au pied du mont Carmel, à 20 kilomètres au sud de Haïfa, en Israël.
Géographie vignette|Mémorial de la guerre à Atlit et Hof ha-Carmel à l'arrière
Le village d’Atlit est situé à 12,5 km d’Haïfa, à une altitude moyenne de 25 m. Le village lui-même était installé sur une colline de grès« 'Atlit — عَتْلِيت », Interactive Encyclopedia of the Palestinian Question, consulté le 9 mai 2025..
Avant la Nakba, la propriété des terres était répartis entre Arabes pour 15 dounams, Juifs pour et terres publiques pour 3806. Les Arabes cultivaient néanmoins 258 dounams et en utilisaient autres ; les Juifs de leur côté cultivaient dounams et utilisaient 700 dounams de terres incultes« Welcome To 'Atlit - عتليت (עתלית) », Palestine Remembered, consulté le 9 mai 2025..
Les différentes quartiers contemporains à Atlit sont Neve Moshe, Yamit, Giv'at Haprahim, Giv'at HaBrekhot, Giv'at Sharon, Shoshanat Hayam, HaGoren, Yafe Nof, Argaman, Hofit, Savyonei Atlitet Allon.
Atlit est à proximité immédiate du village de Neve Yam et du kibboutz Ein Carmel.
Histoire
Préhistoire
Atlit Yam est un ancien village submergé du néolithique, situé au large de la côte de d'Atlit en Israël. Atlit Yam fournit la première preuve connue d'un système de subsistance agro-pastorale marine sur la côte levantine. À 3 km du village au nord-est, dans le Wadi Falah, une grotte a été fouillée et a montré des traces d’occupation au néolithique.
Les fouilles indiquent que le site était habité à l’Âge du fer, probablement par des Phéniciens. Les grottes de al-Wad, al-Tabun, al-Sukhul, à 3 km au sud-est du village, fouillées dans les années 1930, ont révélé des traces d’occupation préhistorique.
Un autre site proche du village a été occupé du II millénaire jusqu’au .
Antiquité
Le site proche du village est appelé Adarus ; il s’agit d’une colonie de la ville phénicienne de Sidon. Une colonie de mercenaires grecs avec des femmes égyptiennes et autochtones s'installe à Atlit à l’époque perso-hellénistique ( au ). Une source grecque indique que le site est appelé Adarus, une colonie de SidonDocumentation par l'ONG pro-palestinienne Zochrot sur zochrot.org (pdf).
Dans l’Itinéraire de Bordeaux, le pèlerin de Bordeaux précise que la ville est connue en latin sous le nom de Certa, en 333 après J.-C« Itinerary from Bordeaux to Jerusalem - 'The Bordeaux Pilgrim' (333 A.D.) », trad. Aubrey Stewart, pub. in: Palestine Pilgrim's Text Society, vol. 1, Londres 1887, 16 (note 8).
Période arabo-musulmane
La forteresse d’Atlit est appelée Al-Ahmar (la rouge).
Croisades
vignette|Cimetière du temps des croisades, sis au nord de château Pélerin.|alt=Pierres éparpillées dans un champ d'assez grande surface, situé à proximité des ruines d'un château, au bord de la mer.|gauche Les Croisés construisent en 1217 le Château Pèlerin (Castellum Peregrinorum), l'une des plus grandes citadelles de la Terre Sainte et l'un des derniers avant-postes croisés restants, pour consolider les positions des croisés sur le littoral, résister aux assauts du sultan mamelouk Baybars en protégeant les convois et les pèlerins en provenance de Saint-Jean-d’Acre. Il sert d’auberge pour pèlerins chrétiens et de lieu de rassemblement pour les Croisés nouvellement arrivés ; le roi Louis IX y aurait séjourné. Le géographe arabe Yaqut al-Hamawi indique en 1228 que la forteresse est appelée al-Ahmar, ce qui veut dire « le Rouge »Muʿdjam al-buldān [Jacut’s Geographisches Wörterbuch] (Livre des Pays, achevé en 1228). Bände I–VI. Ed. F. Wüstenfeld, Leipzig 1866–73; 1924. Reprint Tehran 1965; Beirut 1955–1957; Frankfurt 1994. (Original in arabisch ) (Digitalisat)..
Atlit reste dans les mains des Croisés jusqu'en 1291, tout comme Saint-Jean-d’Acre qui est vaincue la même année. La forteresse d’Atlit est elle abandonnée. Les ruines de la citadelle sont encore visibles de nos jours, ainsi que le cimetière des croisés s'étendant sur Yves Gleize et Simon Dorso, ‘Atlit, Crusader Cemetery: Preliminary report in Hadashot Arkheologiyot: Excavations and Surveys in Israel n°131 (2019), 8 pages, publié par Israel Antiquities Authority, article sur le site jstor.org (Lire en ligne), dont les fouilles montrent qu'il était utilisé probablement par les Templiers de la forteresse, les populations aux alentours et les pèlerins.
Période mamelouk
En 1296, durant la période mamelouk du Caire, Atlit et ses environs voient s'établir les membres de la tribu Uwayrat, du peuple Tatar, un peuple turco-mongol..
Empire ottoman
vignette|Plan d'Atlit, v. 1870 En 1596, au cours de la période ottomane qui a commencé en 1517, Atlit est enregistré comme une ferme dont les impôts sont payés au gouvernement turc.
Sous le gouvernorat d'Acre de Suleiman Pacha al-Adil, Atlit est le quartier général de caïd local Mashoud al-Madi qui est nommé mutasallim (collecteur d'impôts) de la côte Atlit, territoire qui s'étendait d'Umm Khalid (près des actuelles villes de Netanya et Tulkarem) jusqu'à Haïfa.
Des pierres récupérées au château d'Atlit sont utilisées par el-Djazzar pour rénover la digue du siècle de Saint-Jean-d'Acre.
En 1799, durant la campagne d'Égypte et de Syrie, le village d’Atlit apparaît sur la carte de Pierre Jacotinhttp://jchp.ucla.edu/Bibliography/Karmon,_Y_1960_Jacotin_Map_(IEJ_10).pdf.
Une inscription du cimetière musulman situé à l’est du château date de 1800.
En 1859, la population déclare « 180 âmes », travaillant le sol sur 13 feddans, selon le consul anglais Rogers.
Une liste ottomane de villages vers 1870 montre quel-Lidd se compose de 9 maisons et d'une population de 33 personnes, bien que ce nombre ne recense que les hommes.
En 1880, le voyageur Thomson indique qu'un village est construit à l'intérieur des ruines du village croisé.
En 1881, le Palestine Exploration Fund établit un rapport sur l'Ouest de la Palestine et note l'existence d'un petit village arabe, construit en adobe. Une liste de population vers 1887 montre qu'''Athlit comprend environ 180 habitants, tous musulmans.
Démographie historique
+ Population d’Atlit à l’époque mandataireRecensement de la Palestine mandataire de 1922 et 1931. Population arabe musulmane Population arabe chrétienne Population juive Population totale 1922 84
78 162 1931 431 39 496 966 1938 508
224 732 1944/1945 150
510 660
Fondation du village juif vignette|Colonie d'Atlid sur les terres du baron de Rothschild, 1903 En 1903, des pionniers juifs construisent un petit village voisin qu’ils appellent également Atlit, en référence au château-fort médiéval de Atlit de l'époque croisée, rassemblant quelques maisonsSandra M. Sufian (2008) Healing the Land and the Nation: Malaria and the Zionist Project in Palestine, 1920-1947, University of Chicago Press, p103. Ce village est fondé sur les terres du baron Edmond James de Rothschild, pour la plupart achetées à des pêcheurs arabes qui avaient construit leurs cabanes parmi les ruines des croisés rachetées en 1899.
Atlit est mentionnée de nouveau à l'époque des premières immigrations sionistes, à la suite de la construction de la station d'expérimentation agricole, fondée en 1910 par le botaniste et homme politique originaire de Zihron Yaakov, Aharon Aharonson, précurseur, en 1906, de l'exploitation du blé sauvage dans la région de Rosh Pina, dont le gouverneur de l'empire ottoman Djemal Pacha s'adjoint momentanément les services. Aharonson est également l'un des fondateurs du groupe d'espionnage Nili, une organisation sioniste pro-britannique, qui s'engage au service des Britanniques à l'encontre des Turcs durant la Première Guerre mondiale. La station d'expérimentation sert alors de base au réseau Nili et de point de communication avec les bateaux britanniques postés face à la plage de Atlit.
En 1917, les Turcs découvrent le réseau de manière fortuite : un pigeon voyageur, envoyé depuis la station d'expérimentation et à la patte duquel un message secret a été attaché, se pose malencontreusement dans la cour du gouverneur turc à Césarée.
Une entreprise palestinienne exploitait les marais salants, les Salins d'Atlit.
Période du mandat britannique vignette|Plan d'Atlit, 1932. Alors que la région est sous le contrôle des Britanniques, le recensement de la Palestine mandataire de 1922 montre quAthlit est composé d'une population de 81 personnes toutes musulmanes, alors que la colonie d'Athlit est constituée d'une population de 78 Juifs et 3 musulmans. À la demande des Juifs dont Mordechai Surdin et Israel Kassel., les autorités britanniques leur accordent en octobre 1921, le droit d'exploitation de sel de mer, Athlit Salt works, qui recense une population de 196 juifs, 1 musulman et 1 chrétien.. La première récolte de sel de cette nouvelle entreprise 2 117 tonnes est réalisée en 1924. Pendant les vingt premières années de l'entreprise, la production à l'usine est basée sur le travail manuel avec seulement une mécanisation minimale - les machines électriques ne seront installées qu'après l'indépendance d'Israël en 1948. Le succès économique attirant, la population d'Atlit augmente dans le recensement de 1931 à 496 Juifs, 413 musulmans et 39 chrétiens pour un total de 193 maisons.
Dans les années 1930, l’archéologue C. N. Johns fouille le château. Une gare ferroviaire est construite à proximité du village dans les années 1930. Elle sert au transport de passagers et de fret, notamment le sel extrait des marais salants. Elle est située sur la ligne Haïfa-Tel-Aviv et au terminus de la .
En 1938, y vivent 508 Arabes et 224 Juifs. La présence arabe subit une forte baisse dans les années 1940 en raison en partie de la vente de terrains aux Juifs pour accueillir les réfugiés d'Europe fuyant le nazisme et leurs camps de concentration, et pour une autre partie de leur expropriation plus tard par les Juifs, selon le nouvel historien Benny Morris qui n'explique pas totalement ce phénomène de dépopulation<ref>Benny Morris, (2004). The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited. Cambridge University Press. </bdi>. p. xviii, village #387. Also gives "not known" as cause of depopulation.</ref>, de sorte que les statistiques de Village de 1945 estiment que 150 Arabes vivent toujours là, composés de 90 musulmans et 60 chrétiens, aux côtés de 510 Juifsal-Khalidi, Walid (ed.). All that remains: the Palestinian villages occupied and depopulated by Israel in 1948. Washington DC: 1992. Selon Ilan Pappé, la Haganah fait du château un centre d’entraînement pour ses jeunes recrues dans les années 1940Illan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : Fayard, 2008. . Version électronique, 109 et suivantes..
A proximité du village est construit Newe Yam en 1939 par les migrants polonais ayant fui le nazisme.
Camp de détention
alt=|gauche|vignette|Nouvelles émigrantes yéménites détenues au camp d'Atlit, 1943 Atlit est également connue par le camp militaire britannique qui se tient aux abords de la ville et comprenant une prison. À l'époque de l'immigration illégale, entre 1934 et 1948 en Palestine mandataire, y sont incarcérés les réfugiés juifs appelés « mahapilim », arrêtés par les forces de contrôle navales anglaises pour les empêcher d'entrer en Palestine. Elles s'appuyaient sur le Livre Blanc de mai 1939 qui limitait l'autorisation à 75 000 migrants sur cinq ans. Le camp avait une capacité de 1660 prisonniers. Plus de 122 000 personnes voulant sauver leur vie sont arrivées en Palestine malgré le blocus.vignette|upright|Entrée du camp de détention d'Atlit pour les immigrants juifs.
sont donc internés dans ce camp qui était alors entouré de fil de fer barbelé et de miradors. Il se trouve dans ce qui est maintenant la côte nord d'Israël.
Le , lors d'une opération d'incursion montée par le jeune Yitzhak Rabin, la Hagana libère l'ensemble des 200 prisonniers et les cache dans la population de Haïfa à quelques kilomètres.
Guerre de Palestine