Pskov (en , ancienne orthographe ; en ; en ; en ; en ) est une ville de Russie arrosée par la Velikaïa.
Elle est la capitale administrative de l'oblast de Pskov. Sa population s'élevait en 2016 à habitants. Ses habitants sont appelés les Pskovitains.
Géographie Pskov se situe à la confluence de la Pskova et de la Velikaïa, non loin du Lac Pihkva, laisse méridionale du Lac Peïpous. Avec un bassin versant de , la Velikaïa est le plus grand cours d'eau de l'oblast.
Cette métropole régionale, qui se trouve à de la frontière lettone, à au sud-ouest de Saint-Pétersbourg et à au nord-ouest de MoscouDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques., occupe l'extrémité ouest du noyau historique de la Russie (c'est-à-dire de la Russie privée de l'annexe de Kaliningrad).
Histoire Fondation La ville, d’abord appelée Pleskov, est mentionnée pour la première fois en 903 lorsqu'Igor de Kiev épouse Olga de Kiev, originaire de la ville. Les Pskoviens prennent parfois cette date pour la date de fondation de la ville, et un grand jubilé a eu lieu en 2003 pour fêter son
Le premier prince de Pskov fut le dernier fils de , Soudislav. Emprisonné par son frère Iaroslav le Sage, il ne fut libéré que plusieurs dizaines d’années plus tard, à la mort de ce dernier. Aux , la ville appartenait à la république de Novgorod. C'est à cette époque qu'émergea l'école de peinture de Pskov qui comme celles de Vladimir et de Novgorod contribua à l'émergence de créations monumentales dans les cathédrales, témoignant d'un progressif éloignement de l'héritage byzantin .
Elle fut prise en 1241 par les chevaliers Teutoniques, puis reprise plusieurs mois plus tard par Alexandre Nevski au terme d’une campagne légendaire. Ce moment de l'Histoire fut le sujet, en 1938, du film de Sergueï Eisenstein, Alexandre Nevski, dont la célèbre musique fut composée par Sergueï Prokofiev, qui l'adapta l'année suivante sous la forme d'une cantate pour mezzo-soprano, chœur et orchestre. vignette|centré|Le krom de Pskov, vu de la rivière Velikaïa.
Afin d’assurer leur indépendance vis-à-vis des chevaliers Teutoniques, les Pskoviens choisirent pour prince et chef militaire en 1266, un prince lituanien, Daumantas (Dovmont en russe). Daumantas fortifia la ville, défit les chevaliers à la bataille de Rakovor et imposa sa domination sur la majeure partie de l’Estonie. Son corps et son épée reposent au kremlin de Pskov, et le cœur de la citadelle qu’il y fit construire porte encore le nom de « ville de Dovmont ».
République de Pskov vignette|centré|Le Vétché de Pskov, peinture de Viktor Vasnetsov.
Au , la ville devint de facto la capitale d’une république souveraine. Elle était dominée par les marchands qui firent entrer la ville dans la ligue hanséatique. L’indépendance de Pskov fut formellement reconnue par Novgorod en 1348. Plusieurs années plus tard, le vétché (assemblée populaire) promulgua la Charte de Pskov, qui fut l’une des sources d’inspiration principales du premier , le soudiebnik compilé et présenté en 1497.
Pour la Russie, la république de Pskov était un pont vers l’Europe. Pour l’Europe, c’était un avant-poste russe cible de nombreuses attaques à travers son histoire. Son kremlin (appelé le Krom par les Pskoviens) soutint vingt-six sièges au cours du . Jusqu’à cinq murailles l’encerclaient, rendant la ville pratiquement imprenable.
Une école de peinture d’icônes se développa et les maçons locaux étaient considérés comme les meilleurs de Russie. De nombreux éléments particuliers à l’architecture russe furent d’abord introduit à Pskov. vignette|Le Siège de Pskov (1581-1582) par Étienne Báthory, de Karl Briullov.
Plusieurs éléments se conjuguèrent pour mettre fin à l'indépendance de la république de Pskov. Parmi ceux-ci, le renforcement des liens commerciaux, politiques et militaires avec la Moscovie, qui finit par l’envahir. Certains boyards et marchands de Pskov essayèrent de s'opposer à l'annexion par la Moscovie, mais sans obtenir le soutien des citoyens.
La chute de Pskov est narrée dans L'Histoire moscovite de la prise de Pskov (1510). La déportation des familles nobles vers Moscou est le thème de l’opéra La Jeune Fille de Pskov de Rimski-Korsakov (1872). En tant que seconde plus grande ville de Moscovie, Pskov attirait encore les armées ennemies. Elle soutint notamment le siège prolongé d'une armée polonaise de lors de la guerre de Livonie (1581–1582). Le roi de Pologne Étienne Báthory lança trente-et-une attaques successives pour prendre la cité, défendue principalement par des civils. Même après la chute de l’un des murs de la ville, les Pskoviens parvinrent à combler la brèche et à repousser les assaillants.
Histoire moderne vignette|redresse|Bateaux au bord de la rivière à Pskov (1904, Constantin Juon). La conquête par de l'Estonie et de la Lettonie, qui appartenaient à la Suède, pendant la grande guerre du Nord au début du sonna la fin du rôle traditionnel de Pskov en tant que frontière stratégique et passage clef vers la Russie intérieure. En conséquence, l’importance de la ville déclina fortement, même si elle conserva le siège d’un gouvernement séparé jusqu’en 1777.
Histoire contemporaine Le dernier tsar de Russie, , abdique à Pskov en (voir révolution russe de ).
Pendant la Première Guerre mondiale, Pskov fut envahie par l’Armée impériale allemande après la conférence de paix russo-germanique de Brest-Litovsk. Pskov fut également occupée par l’armée estonienne de février à , pendant la guerre d'indépendance de l'Estonie.
La citadelle médiévale s'avéra un pauvre refuge face à l’artillerie moderne et durant la Seconde Guerre mondiale Pskov fut gravement endommagée. La ville fut occupée par l'Allemagne nazie du au . De nombreux bâtiments anciens et notamment de nombreuses églises furent détruits avant que la Wehrmacht ne puisse occuper la ville. De au , le quartier général de la 3. Flieger-Division de la Luftwaffe était établi dans la ville.
Bien qu’une grande partie de la population soit morte durant la guerre, Pskov tente depuis de retrouver sa place traditionnelle de centre industriel et culturel majeur de la Russie d’Europe.
La ville a été inscrite sur la liste indicative au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2002..
Population Recensements (*) ou estimations de la population — — Résultats préliminaires du recensement du 14 octobre 2010 :
Politique et administration
Tendances politiques Scrutin tour tour%%%%%%%%Présidentielle 2012ER56,02KPRF21,68SE9,99LDPR6,24Victoire au premier tourMunicipales 2012ER46,33 KPRF24,23Iabloko9,16SRZP9,08Tour uniqueGouvernorale 2014ER76,39KPRF13,10SRZP4,56LDPR2,68Victoire au premier tourMunicipales 2017ER39,71KPRF21,77SRZP11,32Iabloko8,53Tour uniquePrésidentielle 2018ER72,47KPRF12,57LDPR6,18GRANI2,33Victoire au premier tourGouvernorale 2018ER65,19KPRF15,85LDPR6,03PPR4,59Victoire au premier tourMunicipales 2022ER51,33KPRF14,52Iabloko9,04RPPSS8,14Tour unique
Jumelages
Architecture Les débuts de l'architecture de Pskov sont marqués par les novgorodiens. Mais elle ne perd pas pour autant son originalité. Le style y est plus simple, moins monumental qu'à Veliki Novgorod. La clarté, la logique, la simplicité de ces constructions sobres devient un élément de style. Les édifices sont d'un volume extrêmement réduit. Les quatre ou six piliers intérieurs occupent tout l'espace. De là la nécessité de bâtir de nombreuses églises, pour accueillir les fidèlesVéra Traimond, Architecture de la Russie ancienne - tome 1 : s, Paris, Hermann éditeur des sciences et des arts, 2003 . Ces églises aux dimensions réduites sont pleines de charme et traduisent bien l'esprit des Pskoviens, plus centrés sur une existence paisible que sur une vie politique ambitieuse et expansionniste. L'influence des villes de Smolensk et de Polotsk est également perceptible.
Les premières constructions de Pskov sont réalisées en bois au cours des dixième et onzième siècles, ce qui ne manqua pas de provoquer de nombreux incendies. Ces constructions en bois ont influencé les formes de l'architecture en pierre qui apparaît ensuite au . Le calcaire que les Pskoviens utilisent pour celle-ci donne, grâce à l'aspect rugueux, un charme sculptural particulier. Les surfaces sont recouvertes d'ornements compliqués dont les fouilles archéologiques ont permis de retrouver les traces. Ce sont des frises dentelées sous les corniches et au sommet des tambours. Certains décors sont faits de cavités rectangulaires ou carrées qui se combinent avec les autres éléments décoratifsVéra Traimond, Architecture de la Russie ancienne - tome 1 : s, Paris, Hermann éditeur des sciences et des arts, 2003 . La grande renommée des architectes de Pskov les fait appeler par le prince à Moscou en 1472 pour, notamment, collaborer à la construction de la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Par ce biais ils vont exercer une grande influence sur la formation d'un style commun à toute la Russie. Trois particularités se retrouvent fréquemment dans l'architecture des églises de Pskov : les papertes, les porches (kryltso) , les clochers-arcades (zvonnitsa). Les papertes russes proviennent des narthex byzantins. Ce sont des galeries, qui peuvent être ouvertes, mais qui restent closes quand le temps est froid et quand il faut faire patienter les fidèles autour des églises exiguës telles que celles de Pskov. Les offices orthodoxes sont relativement longs et ces galeries offrent un abri qui permet de s'écarter quelques minutes du lieu du culte. Elles sont construites sur la façade occidentale mais peuvent aussi couvrir trois côtes. Les porches (kryltso) qui donnent accès aux papertes sont formés le plus souvent de deux piliers bas reliés par des arcs voûtés en berceau et couverts d'un toit en bâtière. vignette|Ancienne église de l'ascension à Pskov Les clochers-arcades sont des pignons percés de baies pour les cloches comme le prolongement des façades ou des galeries des églises de Pskov. Certains ont deux rangées d'arcades superposées. Au , on leur substitue des clochers isolés. À Novgorod, par contre, les architectes adoptèrent parfois ce type de clocher-arcade, mais donnèrent la préférence aux clochers à formes pyramidales issus des clochers en bois. Au on trouve quelques exemples de tels clochers en Russie comme à Rostov Veliki (cathédrale de la Dormition), à Souzdal (monastère du Sauveur-Saint-Euthyme) qui sont probablement réalisés par des maîtres pskoviensVera Traimond, Op. cit. .
L'architecture civile en pierre est presque inexistante à Pskov (comme à Novgorod). Les édifices municipaux, tels que ceux de Flandre ou d'Allemagne sont rares, sinon absents, en Russie médiévale. La pierre est réservée à la Maison de Dieu ou aux systèmes de défense : kremlins, et forteresses (appelés aussi kroms, détinets). Quant aux habitations, elles sont construites en bois, matériau abondant dans le pays, et sont périodiquement dévastées par des incendies.
Après l'annexion du territoire de Pskov par , grand-prince de Moscou en 1510, l'architecture de la ville va perdre un peu de son originalité tout en conservant une partie de ses traits particuliers.
Architecture civile Krom de Pskov Bourg de Dovmont Palais des clercs (Prikazne palaty) Hôtel Pogankine Hôtel Petchenko Hôtel Troubinskoï Hôtel des marchands Podzonïev Hôtel des marchands Menchikov Malterie
Architecture religieuse vignette|droite|Vue en hiver de l'église de l'Assomption-du-Bac. vignette|droite|Vue de l'église Saint-Georges-sur-le-mont de Pskov. vignette|droite|Monastère Saint-Jean-Baptiste de Pskov : vue de l'abbatiale (). vignette|droite|Vue du monastère de la Miroja. Pskov est riche d'églises appartenant au patrimoine historique protégé : églises Cathédrale de la Trinité (Pskov) (1682-1699) Église de Nikita le Martyr (Gusyatnik) (1470) détruit Église d'Élie le prophète dans le village de Vybuty Église Saint-Alexandre-Nevski (1907) Église Sainte-Anastasie (1538) Ancienne église de l'Ascension () Nouvelle église de l'Ascension