La gare de Verneuil-l'Étang est une gare ferroviaire française de la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville, située sur le territoire de la commune de Verneuil-l'Étang, dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.
La station est mise en service le par la compagnie des chemins de fer de l'Est, lorsqu'elle ouvre la section de Nogent - Le Perreux à Nangis. C'est aujourd'hui une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) desservie par les trains du réseau Transilien Paris-Est (ligne P).
Verneuil-l'Étang fut autrefois une étoile ferroviaire importante où se croisaient ou aboutissaient trois lignes, la ligne de Paris-Bastille à Marles-en-Brie, la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville et la ligne de tramway de Verneuil-l'Étang à Melun.
Situation ferroviaire thumb|alt=Bâtiment voyageurs, voies et quais.|Bâtiment voyageurs, voies et quais. Établie à d'altitude, la gare de Verneuil-l'Étang est située au point kilométrique (PK) 52,461 de la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville, entre les gares ouvertes de Gretz-Armainvilliers et de Mormant. Elle est séparée de Gretz-Armainvilliers par les gares aujourd'hui fermées de Villepatour-Presles et d'Ozouer-le-Voulgis.
Ancienne gare de bifurcation, elle est également située sur une partie déclassée, au PK 54,130, de la ligne de Paris-Bastille à Marles-en-Brie, entre les gares fermées de Yèbles - Guignes et de Chaumes.
Histoire Nœud ferroviaire 1853 - 1883 : Verneuil-l'Étang sur la ligne Paris-Mulhouse thumb|left|alt=Carte postale ancienne montrant l'arrivée d'un train à vapeur vers 1900.|Carte postale ancienne montrant l'arrivée d'un train à vapeur vers 1900. Lors de la séance du 1853, le conseil municipal de Provins a voté à l’unanimité en faveur de la réalisation du projet de ligne vers Mulhouse, et a proposé une subvention de francs à condition que le chemin de fer passe par les communes de Coubert, Guignes, Mormant et NangisHistoire du viaduc de Longueville sur « savins.evous.fr », consulté le 13 avril 2011.. Cette ligne dessert la petite ville de Guignes qui se trouve près de Verneuil-l'Étang. Il s'agit du premier projet de ligne destinée à desservir le village et ses environs. Cependant, le tracé est modifié et la ligne Paris - Mulhouse doit alors desservir la commune de Verneuil.
La commune compte seulement à la veille de la création de la ligne en 1856 contrairement au village de Guignes qui possédait la même année 987 habitants.
La compagnie des chemins de fer de l'Est met en service la station de Verneuil-l'Étang lors de l'ouverture au service commercial, le René-Charles Plancke, 1991, ., de la section de Nogent - Le Perreux à Nangis. Cette section est ouverte avec une seule voie, la deuxième n'étant mise en service que le .
En 1866René-Charles Plancke, 1991, 161., le prix des places pour Paris au départ de la station est de en première classe, en deuxième classe et en troisième classe. En 1877, les tarifs passent à en première classe, en deuxième classe et en troisième classe pour une distance de de la capitale. La même année, grâce à une desserte ferroviaire localement importante, la gare fut un point de correspondances avec des omnibus desservant Andrezel, Champeaux, Chaumes et Guignes, ce qui permettait aux petites communes à proximité d'avoir accès au ferRené-Charles Plancke, 1991, 464..
La gare s'appelait alors « Verneuil-Chaumes » en raison de la proximité de la gare avec la commune de Chaumes-en-Brie. En 1911, en revanche, sur une fiche horaire Paris - Provins, le nom de la gare est alors Verneuil-l'ÉtangRené-Charles Plancke, 1991, 481..
1883 - 1895 : Verneuil-l'Étang sur la ligne Vincennes thumb|right|Plan de la desserte jusqu'à Verneuil-l'Étang de la ligne de Vincennes. Une loi du concéda seulement à titre éventuel le prolongement de la ligne de Vincennes, qui se terminait alors à Brie-Comte-Robert, « à un point à déterminer de la ligne de Paris à Belfort ». Verneuil-l'Étang fut choisi comme étant le nouveau terminus de la ligne de Vincennes sur la ligne Paris - Mulhouse. Cette ligne sera raccordée à la gare le . Le Journal officiel du déclara cependant que la gare de Verneuil ne pourrait pas être desservie entre du soir et du matin tant que la recette locale n'aurait pas dépassé par kilomètre.
Cependant en 1895, la desserte de la gare n'est pas très importante sur cette ligne. Sur les 77 trains qui quittaient chaque jour la gare de la Bastille, seulement neuf d'entre eux allaient jusqu'à la petite commune, le plus important du trafic ne dépassant pas Sucy-en-BrieRené-Charles Plancke, 1991, ..
1893 - 1900 : Verneuil-l'Étang sur l'embranchement Verneuil - Marles-en-Brie thumb|L'embranchement formant un demi-cercle près de la gare. Le développement de la gare de Verneuil se poursuit. Le , un embranchement de la ligne de Vincennes fut ouvert au public de Verneuil-l'Étang à Marles-en-Brie, gare qui était déjà desservie par la ligne de Gretz-Armainvilliers à Sézanne. Cet embranchement desservait aussi les gares de Chaumes-en-Brie et de Fontenay-Trésigny.
Ce prolongement, extrêmement coûteux, de fut surtout créé pour des raisons militaires. Il permettra cependant à la gare de Verneuil-l'Étang d'avoir par le biais de cette ligne accès aux gares de Coulommiers, Sézanne et Esternay, nœuds ferroviaires de l'époque. La ligne contournait la commune par le sud-est en adoptant un tracé de forme semi-circulaire.
La gare était desservie en 1900 sur cet embranchement par huit trains quotidiens dans chaque sens. Le trajet durait 23 minutesRené-Charles Plancke, 1991, ..
1900 - 1910 : Verneuil-l'Étang sur la ligne Verneuil - Melun thumb|left|alt=Le tramway à la gare tramway de Verneuil, à côté de la gare grandes lignes|Le tramway à la gare tramway de Verneuil, à côté de la gare grandes lignes, avant 1910. Durant la fin du , le chemin de fer se développe en Seine-et-Marne. Les communes de Verneuil-l'Étang et Melun possèdent des gares de grandes lignes. Durant cette période, la réflexion du département se porte sur un moyen de les relier toutes les deux par le fer. En 1900, le Conseil général de Seine-et-Marne décide d'installer un chemin de fer qui les relierait. Les travaux commencent dès et sont terminés en . En , le Conseil général assiste à cette inauguration.
La gare de Verneuil-l'Étang est alors desservie par une nouvelle ligne de tramway qui permet de rejoindre les villes de Melun ou Guignes. Les locomotives utilisées sont des 031 T Cail conçues pour circuler avec les cabines en avant.
Trois locomotives assurent les trois allers-retours journaliers, le convoi comportant en général trois voituresSite Internet « yebles.chez-alice.fr ». Consulté le 22 juin 2011.. En 1901, le premier aller-retour était prévu aux heures suivantes : Melun départ à - Verneuil-l'Étang arrivée à , départ à - Melun arrivée à .
1910 - 1937 : Modernisation de la gare
En 1911, la gare comporte une desserte étoffée vers Provins par les lignes de Paris à Mulhouse et de Longueville à Esternay composée de six circulations de Provins à Verneuil.
En , l'une des premières locomotives à marche rapide fut mise en place sur la ligne de Vincennes en gare de Verneuil-l'Étang à titre d'essai. La commune vit ensuite sa desserte améliorée avec l'utilisation de machines neuves, modernes et plus rapides. Les arrêts sont plus rapides car il n'y a désormais plus de prises d'eau ni de services de messageries. Cette modernisation permet également d'essayer de corriger les retards allant régulièrement de 5 à 10 minutes sur ce terminus. À partir de ce moment, la gare accueille des convois de messagerie à raison de quatre trains par jourRené-Charles Plancke, 1991, .
En 1925, la première desserte de la commune sur la ligne de tramway Verneuil - Melun fut modifiée et se situa de à ce qui rendit le trajet légèrement plus courtSite Internet « 3moulins.net » consacré au village de Trois-Moulins, près de Melun (Seine-et-Marne). Consulté le 22 juin 2011..
En 1936René-Charles Plancke, 1991, , la gare était desservie sur la ligne Paris - Mulhouse par un service de banlieue dont le dernier arrêt est la gare de Longueville. Durant la période d'hiver, à Verneuil-l'Étang, il existe onze allers-retours chaque jour ouvrable. En 1937, la gare était également desservie sur la ligne de Vincennes par un service comportant six allers-retours chaque jour contre huit allers et sept retours une année auparavant. À cette époque, le tarif de Verneuil à Paris-Bastille était en première classe de et en deuxième classe de pour un billet simple et en première classe de et en deuxième classe de pour un aller-retourRené-Charles Plancke, 1991, .
Gare d'une seule ligne 1934 - 1944 : Déclin de la gare Depuis le début du siècle, la multiplication de l'utilisation des transports routiers entraîna la fermeture de nombreuses lignes secondaires en Seine-et-Marne comme celles des tramways départementaux et la ligne de Flamboin-Gouaix à Montereau ou des tronçons peu fréquentés de lignes comme ceux de la ligne de Gretz-Armainvilliers à SézanneTrains-fr.org : Les Chemins de Fer Secondaires de France, consulté le 8 avril 2011.. De plus, l'arrivée de bus de plus en plus performants donna le coup de grâce à ces petites lignes. En effet, la nouveauté, l'impression de vitesse, le confort, la proximité des arrêts contrairement aux gares qui se situaient souvent très loin des centres-villes, firent qu'une grande partie des voyageurs abandonnèrent le train pour les busRené-Charles Plancke, 1991, .
thumb|Le tramway près de la gare des Trois-Moulins à Maincy. La gare de Verneuil-l'Étang va être alors très touchée par ce déclin ferroviaire. La section Verneuil-l'Étang - Marles-en-Brie est déjà fermée depuis plusieurs années, étant trop peu fréquentée par les voyageurs. Le tramway vers Melun est aussi menacé. L'intérêt de la ligne devient de moins en moins important. Les communes desservies ne comptaient pas beaucoup d'habitants. En 1931, Verneuil-l'Étang comptait 744 habitants, 1135 pour Guignes, 313 pour Crisenoy, 200 pour Champdeuil, 221 pour Saint-Germain-Laxis, 214 pour Rubelles, 344 pour Voisenon et 1013 pour Maincy. Seule Melun, à l'époque, comptabilisait habitants mais elle disposait de plusieurs lignes plus importantes comme la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles qui passait par de grandes gares. La faible utilisation de la ligne de tramway entraîne rapidement sa fermeture : 1934, fermeture du trafic de voyageurs, 1938, fermeture du trafic de fret. Verneuil perd son accès à Melun.
Mais la déchéance de la gare ne s'arrête pas là. Le trafic de la ligne de Vincennes reste très fragile. En effet, la crise économique des années 1930 atteint fortement cette ligne. Les « trains de plaisir » dominicaux disparaissent et le trafic des travailleurs se réduit fortement. En 1936, la compagnie de l'Est ne souhaite plus l'exploiter. En 1938, la nouvelle compagnie de chemins de fer, la SNCF, souhaite également supprimer la desserte et reçoit l'autorisation de fermer le tronçon allant de Boissy-Saint-Léger à Verneuil. Cette fermeture eut lieu le Jean Robert, Notre métro, . Cependant des trains continueront à desservir Verneuil jusqu'en René-Charles Plancke, 1991, . En quelques années, la gare de Verneuil a perdu son étoile ferroviaire dont il ne subsiste que la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville.
1944 - 1946 : Bref réveil de la gare thumb|right|Gare de Fontenay-Trésigny issue de l'embranchement de Marles-en-Brie.