Le Scorpion est une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du au Voir, sur astronoo.com, l'article « constellations du zodiaque ». Le soleil passe très peu de temps dans la constellation astronomique du Scorpion proprement dite, il passe en fait beaucoup plus de temps dans Ophiuchus.. Il se situe entre la Balance à l'ouest et Ophiuchus à l'est. Il appartient à l’hémisphère sud céleste, et une grande partie de la constellation est sous l'écliptique. Le Scorpion était l’une des identifiées par Ptolémée.
Le Scorpion désigne également un signe du zodiaque correspondant au secteur de 30° de l'écliptique traversé par le Soleil du au . C'est dans ce sens qu'il sert au repérage des déplacements planétaires, encore utilisés en astrologie.
Nomenclature, histoire et mythologie En Mésopotamie La constellation du Scorpion est une création de l’astronomie mésopotamienne. Au départ, le nom de GÍR.TAB = Zuqaqípu, « le Scorpion », est celui de l’étoile Alpha Scorpii, ainsi que cela est attesté dans des listes stellaires de Nippur à la fin du . Comme nous pouvons le lire sur la tablette dite MUL.APIN, le premier traité d'astronomie mésopotamienne, découvert à Ninive dans la bibliothèque d'Assurbanipal et datant au plus tard de 627 : mul.GÍR.TAB d.iš-ḫa-ra be-let da-ád-me, ce qui signifie que Zuqaqípu, « le Scorpion », est une étoile du Chemin d’Ea, soit la zone australe du ciel dédiée au seigneur de la Sagesse et des Eaux., et elle est associée à Išḫara, « la Dame des régions inhabitées », qui apparaît comme une manifestation de Ištar dans sa fonction de divinité de l’AmourJeremy Black & Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, an Illustrated Dictionary, London: British Museum Press, 1992, 110 & 190..
vignette|gauche|250px|Le Scorpion sur un kudurru daté vers 1180
Par la suite, c’est-à-dire au début du è.c., le ciel est organisé en constellations, c’est-à-dire que les étoiles sont désormais nommées par leur situation dans les figures célestes, et comme cela est attesté dans les fameux éphémérides qui s’étalent de 652 à 61 de notre ère, le figure du Scorpion compte trois étoiles, soit α, β, et , et l’étoile qui donné son nom à cette constellation apparaît sous la forme Lisi (voir Alpha Scorpii)..
Notons que dans l’astronomie mésopotamienne, la figure du Scorpion se présente sous deux formes différentes : nous avons un Petit Scorpion, celui a donné la constellation que nous connaissons aujourd’hui par le truchement des Grecs, et un Superscorpion, qui, dans le zodiaque, couvre l’espace des et , soit Libra et Scorpius. Nous avons en effet dans la série MUL.APIN : mul.ZI.BA.AN.NA SI mul.GÍR.TAB, soit « La Balance = la Corne du Scorpion »Série MUL.APIN (BM 86378), op. cit., , i, .. Voir l’image du Superscorpion embrassant un personnage tenant une balance, sur le zodiaque de Tadmor / Palmyre, daté de 34 de notre ère, dans le page consacrée à la constellation de la Balance.
En Grèce
Sur le plan astronomique et astrologique, Les Grecs empruntent telle quelle la constellation sous le nom de Σκορπίος avec Cléostrate de Ténédos, du moins si l’on en croit Pline le Jeune. Mais, avec Eudoxe, ils nomment Χηλαί, les « Pinces », la constellation qui deviendra que plus tard Ζυγός, soit le « Fléau de la Balance », ce qui fait dire à Ératosthène : « Le Scorpion compte tenu de ses grandes dimensions, se répartit entre deux des douze signes du zodiaque. Les pinces occupent un signe et le corps et le dard un autre »Ératosthène, Le Ciel, mythes et histoires des constellations, Pascal Charvet (dir.), Paris : Nil Éditions, 1998, 53..
Sur le plan mythologique, Les Grecs adaptent tout naturellement la figure à leur propre imaginaire. Toujours selon l’auteur des Catastérismes, Artémis fit surgir le Scorpion d’une hauteur de l’île de Chios afin qu’il piquât Orion et que ce dernier trouvât la mort, parce qu’il avait essayé de violer la déesse lors d’une chasseÉratosthène, IdemAndré Le Bœuffle, Les Noms latins d’astres et de constellations, éd. Paris : Les Belles Lettres, 1977, 167-170.. vignette|gauche|300px|Les figures liées de Libra et Sciorpius dans l’édition de 1482 du Poeticon astronomicon d’Hyginus, Venise. Les Latins ont repris la figure grecque de Σκορπίος, le plus souvent sous le nom de Scorpios, notomment à partir de Aratea de Cicéron, mais aussi sous celles de Scorpius et ScorpioAndré Le Bœuffle, Les Noms latins..., op. cit.,167-170..
Chez les Arabes
Chez les Arabes, il faut distinguer le ciel traditionnel qui comprend les manāzil al-qamar ou « stations lunaires », et ciel gréco-arabe, c’est-à-dire celui que les astronomes classiques ont repris des Grecs au de notre ère.
Les Arabes connaissaient déjà, quand ils héritent du formatage grec du ciel, le nom العقرب al-ᶜAqrab, soit « le Scorpion », pour le zodiacal, dont l’attestation la plus ancienne se trouve en 762, dans l’horoscope de fondation de la ville de Baghdad, que nous rapporte l’érudit persan al-BīrūnīRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, 46.. C’est donc tout naturellement qu’ils communiquent ce nom, soit العقرب al-ᶜAqrab, à la constellation grecque. vignette|gauche|300px|Le Superscorpion arabe.
Mais ils plaçaient déjà dans le cadre d’un Superscorpion, directement hérité de Mésopotamie, quatre manāzil al-qamar ou « stations lunaires », l’une, la , formée par le couple et nommée الزبانى al-Zubānā, littéralement « la Balance » (voir à ce propos les explications données dans la constellation de la Balance, et les trois autres ayant pour cadre le Scorpion gréco-arabe. Ce sont les suivantes : la , formée par le groupe ligne et nommée الإكليل al-Iklīl, « la Couronne » ; la , formée par la seule étoile et nommée القلب al-Qalb, « le Cœur » ; enfin la , formée par le couple et nommée الشولة al-Šawla, « la Partie relevée [de la Queue] », autant d’objets célestes qui vont, si cela n’est déjà fait, s’intégrer parfaitement dans la figure du le Superscorpion.
Ainsi les noms d’étoiles que nous devons aux Arabes sont nés à partir des deux figures différentes du Scorpion, le petit Scorpion gréco-arabe et le Superscorpion arabe directement hérité du ciel mésopotamien.
En Europe vignette|gauche|300px|les figures liées de Libra et Scorpius dans l’Astronomicon de Basinio de Parme (1425-1457) Au Moyen Âge, les clercs latins connaissaient le nom Scorpius par les encyclopédies et les quelques manuscrits des Aratea, c’est-à-dire les versions latines des Φαινόμενα d’Aratos, à leur disposition, mais ils connurent dès l’an mil le nom arabe de cette figure ; on ne lisait pas encore à cette époque le nom grec dans le texte, ce qui n’adviendra qu’à la Renaissance. On trouve ainsi, dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603), une liste de noms connus dans les différentes langues, selon l’usage de l’époque : non seulement Σκορπίος , mais encore en particulier Arab. Alatrab forte Alacrab, qui est la transcription de l’arabe العقرب al-ᶜAqrab, « le Scorpion », soit le nom de la figure à la fois dans le ciel arabe traditionnel et le ciel gréco-arabe(la)Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 29r.. Ces noms figurent encore dans plusieurs catalogues jusqu’à ce que la nomenclature approuvée en 1930 par l’Union astronomique internationale (UAI) ne chasse définitivement les appellations autres que Scorpius, à l’exception du grec Σκορπίος.
vignette|centré|300px|Le Scorpion dans l'Uranographia de Johannes Hevelius. vignette|centré|300px|La figure de Scorpio dans l'Urania's Mirror, Londres, 1824. Bibliographie /Nomenclature .
. . Otto Neugebauer & Richard A. Parker, Egyptian astronomical texts... 3. Decans, planets, constellations and zodiacs, 2 vol., Providence, R. I. : Brown university press / London : L. Humphries, 1969. .
Observation des étoiles
vignette|gauche|Constellation du Scorpion. vignette|Visibilité nocturne de la constellation.
Repérage de la constellation Cette constellation s'identifie par vision directe, et n'a pas besoin de ses voisines pour se faire connaître. Avec treize étoiles aussi brillantes () que les sept de la Grande Ourse, le Scorpion est deux fois plus frappant que la célèbre constellation nordique. Ce n'est que parce qu'il ne culmine qu'aux latitudes australes qu'il est moins célèbre : aux latitudes moyennes d'Europe, il ne fait que raser l'horizon, et sa queue n'est pas visible au nord du .
Son étoile dominante, Antarès, se distingue à la fois par sa brillance () et par sa couleur rougeâtre. Quand les conditions de visibilité deviennent meilleures, Antarès s'identifie bien par sa position au centre d'un petit alignement un peu arqué entre et (Al Niyat, qui désigne à la fois τ et ), l'ensemble formant le « thorax » du Scorpion.
Dans l'alignement du « thorax », vers le sud, un autre groupe d'étoiles brillantes est visible (aux latitudes méridionales), qui forme la queue du Scorpion, dominée par Shaula ().
Forme de la constellation La queue du Scorpion est un boulevard évident d'étoiles de magnitude élevée () en connexion linéaire et régulière, dont la forme en « hameçon » est particulièrement claire. La difficulté ne consiste qu'à en individualiser et identifier les différentes étoiles : forme avec les « yeux du chat », deux étoiles brillantes en formation serrée. est située au Sud de ; c'est l'étoile brillante qui marque la limite sud-est de la queue du Scorpion.
Les « pinces » du Scorpion sont petites depuis que la constellation de la Balance n'en fait plus partie, et sont marquées par un alignement nord-sud de quatre étoiles. Elles se situent dans l'alignement du « thorax », qui passe par , et la pince Nord s'ouvre également par . La pince Sud s'ouvre par (relativement brillante) et (beaucoup plus faible). Les pinces étaient beaucoup plus impressionnantes quand elles s'enchaînaient par ce qui est à présent les deux plateaux de la Balance.
Alignements sur la voûte céleste La queue du Scorpion est située sur un grand alignement qui passe par le cou et la base de l'arc du Sagittaire, , et de là vers Alpha Centauri, très brillante au pied du Centaure, et finalement la Croix du Sud.
Cet alignement fait partir d'un immense alignement « périphérique » qui fait le tour du globe, et qui est un axe de repérage majeur de la voûte céleste. Partant du Sagittaire il remonte par la tête du Capricorne (), le long de l'axe du Verseau, sur la diagonale du Grand carré de Pégase, passe par Algol, Capella, Castor et Pollux, Alphard (Hydre), l'extrémité des Voiles puis Acrux et Alpha Centauri, , l'arc et la tête () du Sagittaire.
Étoiles principales
Antarès (α Scorpii)
L’étoile la plus brillante de la constellation est Antarès ( dans la désignation de Bayer), ainsi nommée (« comme Arès ou Mars ») en raison de sa couleur rouge similaire à celle de la planète Mars..
Antarès est une supergéante rouge de magnitude apparente 1,06 (ce qui en fait la du ciel en termes de brillance) distante de cinq-cents années-lumière, large de quatre ua (elle est plus grande que l’orbite de Mars). Sa luminosité est légèrement variable.
Elle possède un compagnon, de magnitude apparente +5,5.
Autres étoiles Plusieurs autres étoiles du Scorpion portent un nom propre : Acrab/Graffias (β1 Sco), Dschubba (δ Sco), Girtab/Sargas (θ Sco), Shaula (λ Sco), Jabbah (ν Sco), Al Niyat (σ Sco et τ Sco) et Lesath (ν Sco et υ Sco).
est une étoile jaune de magnitude apparente 5,49 située à du système solaire. À ce jour, c’est l’étoile la plus ressemblante au Soleil que l’on connaisse, tant par la masse que la luminosité et la température.
Objets célestes vignette|L'amas globulaire M4, le plus rapproché de notre Système solaire.