La rue Royale est une voie du de Paris.

Situation et accès Longue de , la rue débute de la place de la Concorde et se termine place de la Madeleine.

Elle mesure de large entre la place de la Concorde et la rue du Faubourg-Saint-Honoré et ailleurs.

Ce site est desservi, à son extrémité nord, par les lignes 8, 12 et 14 à la station Madeleine et, à son extrémité sud, par les lignes 1, 8 et 12 à la station Concorde.

Origine du nom Son nom provient du fait que cette voie fut ouverte pour donner accès à la place Louis-XV, actuelle place de la Concorde.

Historique

C'était à ses débuts un simple chemin le long des remparts de l'enceinte de Louis XIII, appelé d'abord chemin des Remparts, puis chemin des Fossés-des-Tuileries ou encore rue des Fossés-des-Tuileries.

À la suite de la destruction en 1733 de la porte Saint-Honoré, qui se trouvait à l'angle de la rue Saint-Honoré, une nouvelle rue est aménagée en vertu des lettres patentes du , dans lesquelles le roi ordonne « que les façades des constructions à élever dans la nouvelle rue seraient établies d'après une architecture uniforme ».

À ces lettres patentes était annexé un plan qui assignait a cette voie publique le nom de rue Royale. Les alignements furent tracés conformément a un arrêt du Conseil du .

La « rue Royale des Tuileries » a été bâtie à partir de 1758 sur un dessin de façade uniforme donné par Ange-Jacques Gabriel. Ce dessin a été prescrit, pour la partie de la rue située entre la place de la Concorde et le carrefour avec la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la rue Saint-Honoré, par les lettres patentes des et .

Ce luxueux lotissement, destiné à accompagner la création de la place de la Concorde, fut réalisé pour l'essentiel par l'architecte et entrepreneur Louis Le Tellier qui répéta d'un lot à l'autre des plans et formules décoratives similaires. Sur rue, les élévations comportent cinq niveaux, le premier étage étant l'étage noble. Sur cour, le corps de logis en « L » offre l'aspect traditionnel d'un hôtel particulier parisien. L'escalier d'honneur, commun aux deux corps de logis, se trouve à la jonction de l'aile en retour du bâtiment sur cour et du bâtiment sur rue. Son extrémité sud, aboutissant place de la Concorde, est encadrée par deux hôtels identiques, œuvres de Gabriel, dont les façades à colonnade donnent sur la place : l’hôtel de la Marine à l'est et l’hôtel des Monnaies (occupé aujourd'hui par l'hôtel de Crillon et le siège de l'Automobile Club de France) à l'ouest.

Avec l'aide de son fils, Louis-Pierre (mort en 1786), Louis Le Tellier construisit d'abord, vers 1770, les 6 et 8. Ce n'est qu'entre 1781 et 1785 qu'il bâtit les 9, 11 et 13. On suppose que, pour la décoration intérieure des deux premiers immeubles, il s'adressa aux artisans qui venaient de travailler, sous sa direction, à l'hôtel de Tessé, quai Voltaire, c'est-à-dire le sculpteur Pierre Fixon, dit Fixon Père, associé depuis 1771 à son fils Louis-Pierre Fixon, le marbrier Lefranc et, peut-être, le menuisier Huyot, alors que Maréchal est attesté dans les bâtiments plus tardifs des 9, 11 et 13.

Vers 1792, la rue Royale fut rebaptisée « rue de la Révolution ». Elle devint ensuite la « rue Royale Saint-Honoré » puis, en 1795, la « rue de la Concorde ». Elle reprit son nom par arrêté préfectoral du .

Par ordonnance du , les abords de l'église de la Madeleine, sont réaménagés et plusieurs voies sont ouvertes et la rue Royale est prolongée :

gauche|vignette|Rue Royale de Paris sous la Commune par Alphonse Liebert, 1871. Department of Image Collections, National Gallery of Art Library.

Après la Restauration, la rue Royale perdit progressivement son caractère résidentiel et devint l'un des hauts lieux du commerce de luxe parisien, particulièrement à partir de la fin du . Les grands joailliers-bijoutiers quittèrent alors le quartier du Palais-Royal pour s'installer rue Royale. En effet, on y trouve aujourd'hui les boutiques de grandes enseignes de luxe telles que Chanel, Dior, Gucci, Cerruti.

Sous la Commune de Paris, les maisons portant les 15, 16, 19, 21, 23, 24, 25, 27 furent incendiées et le quartier fut très éprouvé durant les combats.

En , des militantes pour le droit de vote des femmes s'enchaînent les unes aux autres rue Royale pour bloquer la circulation...

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Les immeubles ont été élevés par Étienne-Louis Boullée () ou Louis Le Tellier (). Certains d'entre eux ont conservé des décors d'origine (). : hôtel à l'angle de la place de la Concorde où, le , Conrad Alexandre Gérard au nom du roi Louis XVI, Benjamin Franklin, Silas Deane, Arthur Lee ont signé les traités par lesquels la France a été le premier pays à reconnaître l'indépendance des États-Unis d'Amérique. L'ingénieur Philippe de Girard y est mort le chez une de ses nièces, la comtesse Vernède de Corneillan (plaque commémorative). Entre 1856 et 1865, siège du Cercle de la rue Royale, recréé dès 1865 avec de nouveaux membres et qui perdure jusqu'en 1916. Entre la place de la Concorde et le restaurant Maxim's, sur le pilastre sud de l'entrée du 1, on peut voir le fac-similé d'une affiche de la mobilisation française de 1914. L'affiche originale ayant été oubliée longtemps après le début des hostilités, la ville de Paris a décidé de perpétuer cet oubli, en remplaçant toutefois l'affiche devenue illisible par une nouvelle, protégée par un coffrage vitréLivre google "Le Tour de Paris en 80 sorties" de Simone Legrand Trastour, page 74, consulté le 28 septembre 2018.

: hôtel de la Marine, ancien hôtel du Garde-Meuble de la Couronne jusqu'à la Révolution. Il a été durant deux siècles ensuite le siège de l'état-major de la Marine jusqu'en 2015 avant d'être entièrement restauré, de se voir rattaché au Centre des monuments nationaux et d'être en partie ouvert à la visite. : hôtel de Richelieu. Le restaurant Maxim's établi à cette adresse depuis 1893 est remarquable pour sa devanture et son décor intérieur Art nouveau (1899). : ancienne adresse de boutique de mode Molyneux, établi en 1919. En 1935(?), le parfum Rue Royal (sic) a été créé. : hôtel Le Roy de Senneville. Construit en 1769 par Louis Le Tellier pour Jean-François Le Roy de Senneville (1715-1784), secrétaire du roi de 1752 à 1780 et fermier général de 1772 à 1780Le Roy de Senneville fut l'un des spéculateurs ruinés dans la construction du Colisée des Champs-Élysées et il mourut en 1784 en laissant une succession difficile. Après avoir dû vendre aux enchères de son vivant une partie de ses collections le , sa vente après décès du amena la dispersion d'une centaine de tableaux.. Lui succéda Marc-Antoine Randon de La Tour, trésorier général de la Maison du Roi, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le et guillotiné le jour mêmeRandon de La Tour était également le propriétaire du château de Villers-Saint-Paul (Oise), qu'il venait de faire rebâtir.. Madame de Staël y a loué l'appartement sur cour à l'occasion de son dernier séjour à Paris, à compter d' et y a vécu recluse après l'attaque cérébrale dont elle fut victime en en se rendant à un bal chez le duc Decazes. Elle finit ses jours le dans une maison de Sophie Gay, proche de la rue Neuve-des-Mathurins. En 1881, avant d'occuper également le 9, la célèbre maison de décoration Jansen s'installa dans la travée située à gauche de la porte cochère, incorporant l'ancien appartement de de Staël au moyen d'un escalier monumental pris sur d'anciennes écuries, et relié à une construction du début du édifiée sur la cour. À droite de la porte cochère, le joaillier Fouquet commanda en 1901 pour sa boutique un remarquable décor de style 1900 conçu par Alfons Mucha et réalisé avec l'aide de la Maison JansenDécor déposé en 1923, aujourd'hui à Paris au musée Carnavalet.. À l'étage noble, deux salons ont conservé leur décor d'origine des années 1770. Le passage cocher a conservé sa voûte plate. L'escalier d'honneur subsiste avec sa rampe en fer forgé de l'époque de Louis XV. L'ancien appartement de de Staël est aujourd'hui occupé, depuis 1983, par l'antiquaire Grunspan. : hôtel de La Tour du Pin-Gouvernet, construit en 1769 par Louis Le Tellier. L'architecte Ange-Jacques Gabriel y a habité[Collectif], Paris, Guides vert Michelin, 2007, 272.. Adrien Hébrard, propriétaire de la fonderie Hébrard, y possédait une galerie où il présentait les œuvres de ses artistes. À partir de 1933-1934, la maison de haute couture de Jenny Sacerdote s'y installe...

: hôtel construit par Louis Le Tellier, après 1781. Louis-Nicolas-Joseph Robillard de Péronville, père de Jacques-Florent Robillard, baron d'Empire sous Napoléon Bonaparte, éditeur du Musée Royal à l'attention de Napoléon Bonaparte et Musée National, y décède le . François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt y est mort le Plaque commémorative sur la façade de l'hôtel.. : hôtel construit par Louis Le Tellier, après 1781. Le grand salon à pans coupés a été remonté à Paris au musée Nissim-de-Camondo et la chambre à coucher au , musée des Arts décoratifs de Buenos AiresAlexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris. Du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, , 253.. La reine Nathalie de Serbie (1859-1941) y a vécuPlaque commémorative.. Salle d'expositions Brunner en 1910. : hôtel construit par Louis Le Tellier, après 1781. L'écrivain Jean Baptiste Antoine Suard, secrétaire perpétuel de l'Académie française, est mort dans cet immeuble le . Un salon de l'appartement sur rue a été remonté au Philadelphia Museum of Art de Philadelphie (Pennsylvanie). , à l'angle de la rue Saint-Honoré) : à l'emplacement de l'agence du Crédit lyonnais, installée à cet endroit depuis au moins 1910, se trouvait à la fin du un cabaret à l'enseigne de La Porte Saint-Honoré rappelant l'ancienne porte de l'enceinte de Louis XIII qui se trouvait à cet emplacement et qui fut démolie en 1733. Le physiologiste Claude Bernard a vécu dans cette maison en 1859. Le , le bâtiment devient le siège social de la société L'Oréal, dont l'actionnaire principal est Eugène Schueller. Les locaux de l'entreprise occupent par ailleurs tous les bâtiments appartenant à ce numéro et courent jusqu’à la rue Saint-Florentin, parallèle à celle-ci. : la joaillerie Heurgon, fondée en 1865Heurgon ne fut pas fondée à cette adresse : de 1890 à 1929, elle était occupée par le parfumeur Delettrez. ; depuis, cette célèbre enseigne parisienne s'est étendue sur tout l'immeuble ainsi qu'au 25 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. : la boulangerie Ladurée fondée en 1862. En 1871, alors que le baron Haussmann donne un nouveau visage à Paris, un incendie permet la transformation de la boulangerie en pâtisserie. Ernest Ladurée a l’idée de mélanger les genres : le café parisien et la pâtisserie, et donne ainsi naissance à l’un des premiers salons de thé de la capitale. C'est alors un lieu où se retrouvent les femmes qui délaissent les cercles, alors plus à la mode. Ce bâtiment est classé et a conservé le même décor depuis sa reconstruction après l'incendie. Ladurée est resté une pâtisserie célèbre pour ses macarons.

: le photographe Eugène Druet y ouvrit une galerie d'art en 1908. : la célèbre brasserie Weber était installée dans cet immeuble de 1899 à 1961. Avant 1914, elle était le rendez-vous des écrivains, des journalistes et des artistes, fréquentée par les dessinateurs Forain et Caran d'Ache, les écrivains Paul-Jean Toulet, Léon Daudet, Marcel Proust, les rédactions du Temps et du Figaro, des comédiens comme Marguerite Deval. Après les émeutes du 6 février 1934, on transporta les blessés chez Weber en attendant qu'ils reçoivent les premiers soins. Elle fut à partir de 1905 la propriété de l'hôtelier Arthur Millon (1852-1913) puis de son gendre René Kieffer (1880-1945). : le duc Pasquier est mort à cette adresse en 1862.