La Iamalie ou district autonome de Iamalo-Nénétsie (en , ; en nénètse : Ямалы-Ненёцие автономной ӈокрук) est un sujet fédéral de Russie. Elle est un district autonome de l'oblast de Tioumen, et son centre administratif est la ville de Salekhard. Rosstat lui attribue le code 71140, et son code d'immatriculation est 89. Les langues officielles sont le russe et le nénètse.

Située en région arctique et au nord de la plaine de Sibérie occidentale, la moitié de son territoire se situe au-delà du cercle polaire arctique. Le climat de la Iamalie est rude, et le territoire est baigné par la mer de Kara. Son histoire commence il y a au moins 40 000 ans au Paléolithique supérieur. Les Khantys et les Nénétses sont mentionnées pour la première fois au dans des textes, et à la fin du Moyen Âge, la république de Novgorod pousse de plus en plus loin dans les terres. La Grande-principauté de Moscou reprend les conquêtes novgorodiennes en menant plusieurs expéditions à la fin du . Vers la fin du , les Russes soumettent la majeure partie du bassin inférieur de l'Ob. Ils fondent alors les premières localités russes de la région, avec Obdorsk en 1595 puis la colonie de marchands de Mangazeïa en 1601. Plusieurs géographes essayent de cartographier la région, mais il faut attendre l'expédition du détachement Dvina-Ob de la Grande expédition du Nord au milieu du pour que cela soit fait. La région reste longtemps en périphérie de la Russie, jusqu'à la découverte de gisements d'hydrocarbures au milieu du , permettant un développement rapide de la région.

En 2023, sa population s'élevait à , pour la grande majorité urbaine. La région renferme 80 % des réserves de gaz et 12 % des réserves de pétrole disponibles de Russie. Le secteur des hydrocarbures représente plus de du PIB régional, conférant à la région une importante richesse. Cinquième région russe par PIB régional, c'est la deuxième en PIB par habitant, avec un niveau dix fois supérieur à la moyenne russe. Novatek et Yamal LNG, deux géants pétroliers, siègent dans le district autonome. Plusieurs aires protégées se trouvent sur le territoire, avec la réserve naturelle du Haut-Taz et celle de l'Oural polaire.

Géographie Situation vignette|Carte topographique du district autonome. Couvrant une superficie de , le district autonome de Iamalo-Nénétsie occupe une superficie équivalente à 1,4 fois la superficie de la France métropolitaine. Le district est un des sujets de la fédération de RussieNombre d'après les revendications russes. Il comprend l'annexion de la Crimée à la Russie à la suite du référendum de 2014, non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, ainsi que le rattachement à la Russie à la suite des référendums de 2022, eux aussi non reconnus par la majeure partie de la communauté internationale., et se situe essentiellement en Sibérie, dans la région arctique, bien que possédant une petite partie (environ ) au nord-nord-ouest des monts Oural, et par conséquent en Russie européenne naturelle. La Iamalie compose du district fédéral de l'Oural, soit le premier sujet du district. La moitié de sa superficie se situe au-delà du cercle polaire arctique. La province borde à l'ouest le district autonome des Nenets qui dépend de l'oblast d'Arkhangelsk, au sud-ouest la république des Komis. Au sud, la Iamalie est limitrophe du district autonome de Khantys-Mansis et à l'est du kraï de Krasnoïarsk.

Se situant dans la partie nord de la plaine de Sibérie occidentale, la Iamalie s'étire sur dans le sens latitudinal et sur d'ouest en est. Son littoral s'étend sur , il est baigné par la mer de Kara. Son territoire comprend trois péninsules, avec celle de Yamal, celle du Taz et celle de Gydan. Sur le plateau continental de la mer de Kara se trouvent plusieurs îles, parmi lesquelles l'île Bely, Chokalski, Neupokoev, Oleni et Vilkitski.

Le district autonome se situe entre le 62e parallèle nord et le 72e parallèle nord pour la partie continentale, avec comme point le plus sepentrional le nord de la péninsule de Yamal et le plus au sud la source de la rivière Etypour. En prenant en compte les îles, le point le plus septentrional est l'île Vilkitski au 75e parallèle nord. Par ailleurs, il est positionné entre le 62e méridien est et le 86e méridien est. Le point le plus occidental se trouve à la source de la rivière Kolokol dans l'Oural, et le plus oriental se situe dans le raïon de Krasnoselkoup.

Topographie Le territoire est en grande partie constitué par de la plaine que recouvre la toundra ou la taïga toundra. Les lacs et les marécages sont nombreux. À l'ouest s'étirent sur une distance de les montagnes de l'Oural qui culminent à une altitude voisine de .

Hydrographie Le réseau hydrographique du district comprend environ , ruisseaux et canaux et appartient au bassin de la mer de Kara. des cours d'eau de Iamalie sont inférieures en longueur de , tandis que ont une longueur supérieure à , dont appartiennent à la catégorie moyenne (de à ). Les cours d'eau les plus longs ( ou plus) sont l'Ob, le Taz, le Pour, le Piakoupour, l'Aïvassedapour, le Nadym, le Polouï et la Chtchoutchia. L'Ob est par ailleurs l'un des plus grands fleuves du monde.

La Iamalie compte plus de lacs sur son territoire, avec une superficie totale d'environ . Ils sont de tous types, d'origine tectonique, glaciaire, des lagunes entre autres. Les plus grands d'entre eux sont : Varchaty, Piakouto, Neïto, Chtchouchié, Iarato, Iambouto, Nembouto, les lacs du Diable, Tchasselskoïe, Seïmouto, etc.

Climat Le climat de district est différent selon les zones, avec les zones climatiques polaires (toundras), subarctique (climat de la toundra forestière) et tempérée (climat de la taïga). La température annuelle moyenne de l’air s'élevait à en 2022. Les précipitations totales cette année-là ont été de , soit de la norme 1991-2020.

Urbanisme

Voies de communication et transports Fin 2022, selon Rosstat, la longueur totale des voies publiques dans le district est de , dont de routes d'importance régionale et de routes d'importance locale (il n'y a aucune route fédérale). La longueur des routes à revêtement dur est de ( du total), tandis que la densité des voies publiques est de dans l'oblast.

Fin 2022, selon Rosstat, le district possède de voies ferrées, et la densité du réseau ferré est de .

La région compte 10 aéroports : Salekhard, Novy Ourengoï, Nadym, Noyabrsk, Tarko-Sale, Ourengoï, Tolka, Iamburg, Bovanenkovo et Sabetta.

Répartition des terres La répartion des terres selon le rapport d'État du ministère des ressources naturelles et de l'environnement russe est, selon les catégories du code foncier russe, la suivante: +Répartition des terres selon les catégories du code foncier russe en 2022:Répartition2022 (km)2022 (%)Terres agricoles304 84639,6Terres des localités2 1260.3Terres d'industrie et autres fins spéciales2 5840,3Terres de territoires et des objets protégés15 0952.0Terres du fonds forestier316 85541.2Terres du fonds aquatique78 14310.2Terres de réserve49 6016.4Total769 250100

Histoire

Préhistoire vignette|Figure d'homme réalisée à partir de corne de renne. Sanctuaire d'Oust-Polouï, .Les traces de présence humaine dans le cours inférieur de l'Ob remontent au début du Paléolithique supérieur (il y a 40 000 ans). Le site préhistorique d'Oust-Polouï, situé sur le territoire de la ville moderne de Salekhard, a été découvert dans les années 1930. Ce site était un sanctuaire datant environ du au , et appartenant à la culture de Koulaï. À cette époque, il faisait beaucoup plus chaud dans la région avec une vaste couverture forestière selon les artéfacts du site, avec un climat propice à l'agriculture. À la date de 2015, plus de 7 000 objets ont été découverts sur ce site, entre céramiques, bijoux, pointes de flèches, parties d'arcs, objets ornementés en bois et en écorce de bouleau, squelettes d'animaux, etc. Il est le centre de travail du fer le plus septentrional d'Eurasie.

Moyen Âge et La première mention du territoire et des peuples autochtones habitant ces terres, les Khantys et les Nénétses, remonte au .

Au Moyen Âge furent réalisées les premières descriptions géographiques de la côte continentale du nord de la Sibérie occidentale par des marins russes. Ils embarquaient sur des kochs sur les rives de la mer de Barents afin de soumettre les peuples autochtones et de le faire payer le iassak. Les campagnes des escouandes de Novgorod jouèrent un rôle notable à cet égard, ayant été les premiers à explorer la route de la Petchora au-delà des montagnes de l'Oural. Afin de renforcer leur position en pays de Petchora et en Iougra, ils firent ses campagnes à plusieurs reprises au . Toutefois, les princes de Rostov firent obstacles aux novgorodiens lorsqu'ils fondèrent Veliki Oustioug en 1218 (dans l'actuel oblast de Vologda). Dès lors, les campagnes en Iamalie et en Iougra furent reprises par la Grande-principauté de Moscou. Vers la fin du , les Pomors, à la recherche de fourrures, organisèrent des campagnes dans les « terres Ostiaks » (nom de la Iamalie à l'époque) au-delà de l'Oural en 1445, 1465, 1483 et surtout en 1499-1500.

Dans la première moitié du , la route maritime de Mangazeïa des Pomors, se développa et joua un rôle majeur pour le développement de la Sibérie occidentale septentrionale. Les terres ostiakes devinrent progressivement partie intégrante de la Russie. Ces campagnes permirent la découverte du cours inférieur du fleuve Ob ainsi qu'une partie des montagnes de l'Oural. Les collecteurs d'impôts venaient de Moscou vers le territoire du nord-ouest de la Sibérie, y compris la Iamalie. À cette époque, les cartographes russes et européens tentèrent à plusieurs reprises de cartographier le fleuve Ob. Celui-ci fut pour la première fois en Europe occidentale représenté sur une carte en 1542 par l'oberweselien Anthonius Wied. Ensuite, Sigismund von Herberstein (1546, 1549), Gérard Mercator (1554) et Richard Johnson (1562) (et Anthony Jenkinson) firent apparaître l'Ob et les territoires adjacents sur leurs cartes respectives.

Tsarat et empire russe vignette|Ostrog d'Obdorsk. Vers la fin du , les Russes avaient soumis la majeure partie du bassin inférieur de l'Ob. Ils maîtrisaient aussi la route Kazymo-Nadym sur le fleuve Taz. Les premières localités russes apparaissent à cette époque, avec la fondation d'Obdorsk en 1595 (aujourd'hui nommé Salekhard), puis en 1601 l'apparition de Tazovski sur le Taz, ensuite renommée Mangazeïa lorsqu'elle fut déplacée.

En 1613, le cartographe néerlandais Hessel Gerritsz a publié une carte de la Russie, représentant entre autres la région. La carte du gouverneur sibérien Piotr Ivanovitch Godounov (1667) représenta plus en détail la région. En 1698, Semion Remezov dressa une carte de la Sibérie, qu'il publia en 1701.

Les premiers travaux de prospection dans le bassin de l'Ob ont été réalisés par Piotr Gavrilovitch Tchitchagov, qui participa à l'expédition du Bas-Ob (1721-1722), financée par Pierre Ier le Grand. Lors du retour de l'expédition du détachement Dvina-Ob de la Grande expédition du Nord à Saint-Pétersbourg en 1740, Alexeï Skouratov et Stepan Malyguine dressent la première carte relativement précise de la côte maritime entre Arkhangelsk et l'embouchure du fleuve Ob, sur une longueur de plus de 4 000 km. C'est sur cette carte que le nom de « Mer de Kara » apparaît pour la première fois. La superficie calculée de la péninsule de Yamal par l'arpenteur V.M. Selifontov donne une superficie d'environ 122 000 km².

Période soviétique Le district autonome est fondé le . En 1933, Obordsk est renommée Salekhard.