Les parementsLes parements. ou parements liturgiques ou la paramentiqueNéologisme inconnu des dictionnaires de référence et attesté apparemment la première fois en 2010, dans un texte électronique publié par la Conférence des évêques de France « La paramentique et le droit ». (néologisme créé du latin , « préparer, apprêter » et le suffixe fonctionnel -mentum-mentum, suffixe latin : . Comme dans firmamentum, instrumentum, argumentum etc. Le mot paramenticus est inconnu du latin classique et se retrouve dans le latin médiéval où il ne concerne aucunement les habits liturgiques mais désigne un type de mètre poétique formant un vers anapestique catalectique : Hic incipit metrum quintum huius tertii, quod dicitur paramenticum ab inventore, anapesticum a pede predominante, catalecticum, quia una syllaba deficit ad metri perfectionem (Thomas d'Aquin, Commentum in librum Boetii de Consolatione philosophiae). Le néologisme paramentique désignant les habits et ornements liturgiques, est une création de la langue française, il se dit en latin paramentum, en anglais parement ou vestment, en allemand Parament, en italien paramento liturgico. suivi de la terminaison -icus adjectivale), sont l'ensemble des éléments du costume ecclésiastique (vêtements, coiffes, etc.), ainsi que les tentures et ornements liturgiques, utilisés dans les rites chrétiens ; s’y ajoute parfois l'orfèvrerie sacrée.
Les formes, les coupes et les coutumes liées à la paramentique ont d'abord fait l'objet de nombreux changements au cours des siècles. Puis le costume de chœur et le vêtement usuel ont été fixés par divers textes issus du concile de Trente, complétés par un recueil de textes, le Caeremoniale episcoporum, publié par Clément VIII en 1600, qui établit les règles des cérémonies présidées par l'évêque, valables pour les communautés catholiques de rite latin, respectant pourtant quelques coutumes localesCostume de chœur et vêtement usuel traditionnels respectant pourtant quelques coutumes locales, Dictionnaire des arts liturgiques -, p. 23, Bernard Berthod et Élisabeth Hardouin-Fugier, Les Éditions de l'Amateur, 1996.. Les couleurs liturgiques restant un élément fondamental de la paramentique liturgique.
Dans les Églises issues de la Réforme protestante, de nombreux pasteurs célèbrent sans vêtement liturgique, bien qu'il existe des vêtements sacerdotaux chez les protestants : la robe pastorale noire, parfois agrémentée d'étoles de couleurs notamment chez les luthériens. Certaines cérémonies anglicanes High Church ont quant à elles conservé une bonne part de la tradition romaine.
Paramentique romaine
A
Amict Du latin amicire qui signifie « couvrir ».
L'amict est un rectangle de toile que le clerc passe autour du cou avant de revêtir l'aube. L'amict est marqué d'une croix que le clerc baise avant de le poser sur sa tête, puis de le descendre sur ses épaules pour recouvrir le col de sa soutane. L'amict doit être pourvu de deux cordons assez longs pour être noués sur la poitrine en se croisant dans le dos. Chez les moines, l'amict prend la forme d'un capuce et il est revêtu sur le capuce du scapulaire.
Il rappelle l'amictus qui était un vêtement long que les Romains portaient sur la tête et qui couvrait le corps entier.
Son emploi est rappelé par le pape Jean-Paul II, le , par le texte Redemptionis SacramentumChapitre V, n° 122, cf. Missale Romanum, Institutio Generalis, n° 336 : « On doit mettre un amict avant de revêtir l’aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit commun autour du cou ».
Antependium L’antependium ou devant d’autel, est une tenture de draperie, souvent en toile ou en cuir, destinée à orner la façade de l'autel. Le devant-d'autel rectangulaire ou rigide peut se substituer à lui, comme le dossal.
Aube
Du latin alba qui signifie « blanc ».
L'aube est une tunique longue allant jusqu'aux pieds et de couleur blanche portée par tous les clercs, de l'évêque à l'acolyte comme habit liturgique. L'aube est ainsi nommée à cause de sa couleur et trouve son origine dans la tunica talaris des Romains, tunique à longs pans, tombant jusqu'aux chevilles et fixée à la taille par un cordon.
Les ministres institués (acolytes, lecteurs, personnes en tenant lieu) la portent seule, les ministres ordonnés (diacre, prêtre, évêque), avec l'étole, sous la dalmatique, la chape ou la chasuble. Le Cérémonial des Évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 préciseCæremoniale Episcoporum, n. 65 que « le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon, sauf si elle est faite selon le mode de la soutane, afin qu'elle épouse le corps sans cordon. Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict. »
À la place de l'aube, on peut revêtir le surplis sur la soutane, sauf si l'on doit revêtir la chasuble ou la dalmatiqueCæremoniale Episcoporum, ibid..
B Bâton cantoral Le bâton cantoral ou bâton de chantre, bâton de préchantre, (« baculus cantori », « virga argentea », « baculus aureus vel argenteus », « baculus choralis », « baculus praecentoris », « virga praecantoralis », « baculus cantoralis»), appelé aussi autrefois, « virga regia », « sceptre », est le symbole de l'autorité du chantre et un signe honorifique. Le grand chantre le recevait le jour de sa nomination avec sa chape, la clef de la chantrerie, et le mettait sur ses armes.
Bourse
Du latin bursa qui signifie « peau, cuir ».
La bourse est destinée à contenir le corporal dont le célébrant se sert pour le Saint Sacrifice de la messe. Elle est formée de deux carrés en carton (env. 20 cm de côté) revêtus à l'extérieur d'un tissu de soie identique à celui de la chasuble et à l'intérieur d'une doublure assortie. Son emploi n'est plus mentionné par les rubriques de 1969.
C
Chape ou pluvial
Le mot chape provient du latin cappa qui signifie « capuchon, cape ».
Grande cape de cérémonie, appelée par les rubriques « pluvial », de forme semi-circulaire, de la couleur liturgique du jour, agrafée par-devant et portée par le prêtre et l'évêque, principalement lors des bénédictions solennelles, aux vêpres et aux laudes solennelles et lors des processions. Jusqu'à la promulgation du missel romain de 1969, elle était également portée pour l'aspersion de l'eau bénite avant la Grand'Messe du dimanche.
La chape n'a aucune signification symbolique. De ce fait, elle a longtemps été portée ou est même encore portée par de simples clercs ou par les chantres.
Chaperon
Le chaperon est un élément du pluvial dérivé du capuchon de l'antique manteau de pluie. Le chaperon n'a plus aujourd'hui d'usage pratique, mais il reste un élément décoratif important au dos du pluvial.
Chasuble
La chasuble est un vêtement sacerdotal à deux pans et sans manches avec une ouverture pour la tête, que le prêtre revêt par-dessus l'aube et l'étole pour célébrer la messe et pour d'autres actions liturgiques quand elles précèdent ou suivent immédiatement la messe.
Le mot vient du latin casula qui signifie « petite maison ». On l'appelle également planeta en latin.
C'était en effet, à l'origine, un vaste vêtement, en forme de disque ou de deux demi-cercles cousus ensemble, qui enveloppait complètement le prêtre ; une échancrure pratiquée en son centre permettait de le revêtir en y passant la tête et on la relevait sur les bras pour dire la messe (chasuble romane ou chasuble cloche). Sa forme a ensuite évolué. À force d'échancrer les côtés pour laisser une plus grande liberté aux mouvements, elle a été réduite à une simple bande d'étoffe, la chasuble romaine (appelée aussi parfois chasuble baroque, voire, vulgairement, boîte à violon à cause de sa partie antérieure dont la forme rappelle celle de cet instrument); on en trouve de différents types, qui varient légèrement selon les pays. Depuis le début du , la chasuble est revenue progressivement à une forme plus ample, mais moins encombrante que la chasuble romaine, dite chasuble gothique. Les créateurs contemporains lui ont même redonné la forme en cloche dite "romane". La chasuble romaine ou "baroque" reste néanmoins fréquemment employée en Italie. Elle est également souvent utilisée par les prêtres qui célèbrent la messe dans la forme tridentine.
Dans les rites orientaux, la chasuble a presque toujours conservé la forme ancienne, mais fendue en avant, ce qui lui donne l'aspect d'un pluvial.
Sa couleur varie en fonction du temps liturgique : rouge, blanc, vert, violet, parfois aussi rose, noir, gris cendré, ou encore de drap d'or (qui peut remplacer le blanc, le rouge et le vert), ou d'argent (qui se substitue au blanc). (voir : couleur liturgique)
Chasuble pliée
Aux temps de pénitence, dans les grandes églises, la dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre étaient remplacées, jusqu'à la réforme des rubriques romaines par le pape Jean , en 1960, par des chasubles violettes (ou noires le Vendredi saint), pliées en avant ou coupées vers le milieu de la partie antérieure.
Conopée Le conopée, du latin , est un voile recouvrant le tabernacle où se trouvent les hosties consacrées. La couleur du conopée peut varier en fonction du temps liturgique.
Cordon d'aube
Le cordon ou est mis immédiatement sur l'aube pour la serrer à la taille et, par là, éviter que son ampleur gêne le prêtre dans ses mouvements. Le cordon est généralement blanc, mais il peut cependant suivre la couleur du jour et être de même couleur que l'ornement. On notera également l'existence de cordon dont la couleur correspond au grade du porteur : Vert et Or pour les évêques, et Rouge et Or pour les cardinaux. Depuis la réforme liturgique de 1969, il est facultatif si la forme de l'aube épouse naturellement le corps de celui qui la porte. Le cingulum se substitue parfois, pour les cérémoniaires, par un ruban, rappelant l'origine romaine de l'aube.
Courtine Les courtines sont les rideaux encadrant les maîtres-autels des églises ; du moins, ceux adossés à une abside (ou proches d'une).
Croix pectorale La croix pectorale est une croix de métal précieux, suspendue par une chaîne en habit de ville et un cordon de tissu à la messe et au chœur.
Elle est portée sur la poitrine par les évêques, les cardinaux, certains prélats et les abbés. À la messe, elle doit être portée sous la chasuble. Cette rubrique est peu respectée. Certains évêques, en France, en Suisse et même en Italie, la placent par-dessus. À Rome même, de hauts prélats de la Curie se laissent aller à porter la croix pectorale sur la chasuble (Secrétaire d'État à l'autel majeur de Saint-Paul-hors-les-murs, à la messe de sépulture de Chiara Lubich par exemple, en ).
Crosse
Bâton pastoral des évêques et des abbés. Il avait initialement la forme d'un Tau grec (T) (la cambuca des pontificaux du , elle-même héritière des bâtons du clergé carolingien) ; à partir du son extrémité supérieure a pris la forme recourbée qui est aujourd'hui la plus répandue. À partir du pontificat de Paul apparaissent également des crosses en forme de croix, qui sont des imitations de la férule pontificale. L'évêque tourne la volute de la crosse vers l'extérieur s'il célèbre dans son diocèse, vers lui dans le cas contraire.
Cuculle ecclésiastique
La cuculle est un vêtement liturgique propre à la liturgie cartusienne, constitué par une ample coule plissée à double capuce - de type bénédictin, mais de couleur blanche - revêtue quotidiennement par le diacre à la messe conventuelle et, le dimanche et aux solennités, par le sous-diacre (actuellement par l'acolyte).
La cuculle ecclésiastique est également revêtue par le prieur pour la célébration des sacramentaux, en particulier le sacrement des malades, la levée de corps, les funérailles, les prises d'habit et professions, ainsi que par les prêtres qui remplacent le prieur ou remplissent des fonctions similaires, notamment pour apporter la communion aux malades.