Jean Tissier est un acteur français, né le à Paris et mort le à Granville (Manche).
Biographie
Origines et jeunesse Jean Tissier naît le dans le d'une mère célibataire, Jeanne Tissier. Il sera reconnu par Sébastien Tissier en (à l'âge de ) en mairie du .
Titulaire du Brevet de l'enseignement primaire, Jean Tissier entame une carrière de journaliste. Appelé sous les drapeaux le , il est incorporé au sein du 103e régiment d'artillerie lourde et sert en tant que canonnier. Classé dans le service auxiliaire comme inapte définitif aux armées par une Commission de réforme pour pleurite des sommets, il est transféré dans la 20e Section des secrétaires d'état-major le . Il est démobilisé le Archives de Paris, D4R1 1911, 2e bureau de recrutement de la Seine, classe 1916, Feuillet matricule n°2100 de Jean Tissier..
Carrière Rapidement attiré par le théâtre, Jean Tissier débute aux côtés de la comédienne Réjane. Il joue entre autres La Puce à l'oreille, Jean de la Lune, Nina ou encore L'Inconnue d'Arras.
En dehors d'une figuration en 1925 dans Madame Sans-Gêne, il apparaît pour la première fois au cinéma en 1927 dans le Napoléon d’Abel Gance. Il épouse en 1934 Louise Georgette Lalire et tourne avec elle son premier film parlant la même année, sous la direction de Jean de Limur : Le Voyage imprévu. Il est également présent en 1934 dans Le Monde où l'on s'ennuie de Jean de Marguenat. Dès lors, il ne quitte plus les plateaux de cinéma : au cours de sa longue carrière, il aura tourné dans plus de deux cents films, accumulant ainsi une filmographie impressionnante où se côtoient films médiocres et chefs-d’œuvre du cinéma.
De grands réalisateurs comme Sacha Guitry, Henri-Georges Clouzot, Claude Autant-Lara, Roger Vadim, Christian-Jaque, Gilles Grangier, André Cayatte, Marcel Carné, Claude Chabrol, Jean Delannoy, Jean-Pierre Mocky, Emil-Edwin Reinert feront appel à lui. Avec son air nonchalant, son regard ahuri et sournois, sa diction traînante, Jean Tissier interprète souvent des personnages comiques dans la tradition du théâtre de boulevard.
Très populaire dans les années 1940, son rôle le plus mémorable est celui de l'illusionniste dans L'assassin habite au 21 d'Henri-Georges Clouzot en 1942. Il connaît également un grand succès dans Au Bonheur des Dames, adapté de Zola, où il joue l'un des plus importants seconds rôles. Comme un certain nombre d'acteurs de l'époque, il travaille beaucoup pendant l'Occupation pour la Continental.
Il est convoqué en par les tribunaux de l'Épuration pour s'expliquer : au vu de son intense activité de comédien, tout ce travail laissait peu de temps pour des activités politiques avec l'ennemi. Un non-lieu fut rapidement prononcé en , mais le mal était fait, et c'est surtout auprès des auteurs et réalisateurs prestigieux que Jean Tissier va trouver de la rancune, ne tournant plus par la suite que pour de petits rôles dans des films bien moyens ou des navets.
De plus, le public qui fréquentait les salles de cinéma entre 1940 et 1944, voyait en lui le souvenir de l'Occupation, même s'il était très aimé et apprécié.
En 1945, il publie un livre de souvenirs intitulé Sans maquillage.
Surnommé « Le nonchalant qui passe » Le long de sa carrière, il est présent au théâtre ; il interprète notamment Polonius dans Hamlet monté par Jean Darnel aux arènes gallo-romaines de Saintes en 1959.
À l'aube des années 1960, le succès de Jean Tissier décroît et il ne joue, dès lors, que dans de petits rôles, sauf en 1962, dans Les Cailloux, de Félicien Marceau.
En 1971, il apparaît pour la dernière fois à la télévision dans La Visite de la vieille dame. Cette même année, il joue dans La Veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre avec Simone Signoret et Sex-shop de Claude Berri qui sort en 1972.
Employé dans des seconds rôles de personnages de naïf, de gaffeur, de timide et surtout de fripouille, il gagna le surnom de « nonchalant qui passe ». Acteur de cinéma et de théâtre, il se produit également à la radio : en 1955 à la RTF il tient le rôle du mercier-drapier Mog Edwards dans l'adaptation historique de Au bois lacté. L'apparition de Mog à la est un des morceaux de bravoure de cette dramatique radiophonique.
Vie privée vignette|redresse=0.9|Tombe commune de Mireille Balin et Jean Tissier au cimetière parisien de Saint-Ouen. Le nom de Jean Tissier apparaît sur la plaque en haut à droite de la tombe.
Jean Tissier épouse en 1934 l'actrice Louise Georgette Lalire (1910-1959) ; elle adopte alors le nom de scène de Georgette Tissier. Ils tournent ensemble une vingtaine de films.
Il est l'oncle de l'acteur Alain Tissier (1943-2001).
Dernières années Malgré sa longue filmographie, Jean Tissier fut dans le dénuement à la fin de sa vie. Devenu hémiplégique et dans un état d'intense dépression, il est pris en charge par l'association La roue tourne qui lui trouve une place à la maison de retraite des Petites Sœurs des pauvres de Granville dans la Manche à partir de .
Il meurt cinq mois plus tard, le , à Granville, d'un malaise cardiaque la veille de son .
L'association fait en sorte qu'il ait une sépulture décente : il est inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen, dans la division 31, dans la même tombe que l'actrice Mireille Balin, morte également dans le dénuement, quatre ans et demi avant lui.
Filmographie Cinéma Années 1920 1924 : Madame Sans-Gêne, de Léonce Perret : une figuration 1927 : Napoléon, d’Abel Gance : un soldat 1929 : Intermède, court métrage de Gaston Biard et René Guygrand
Années 1930 1930 : La Ronde des heures, d'Alexander Esway 1931 : Le Séducteur ingénu, court métrage (réalisation anonyme) 1932 : Millionnaire, court métrage de Jim Kay 1934 : Les Hommes de la côte, d'André Pellenc 1934 : Le Coup du parapluie, court métrage de Victor de Fast 1935 : Haut comme trois pommes, de Pierre Ramelot : le gendarme et un curé 1935 : Le Voyage imprévu, de Jean de Limur : de Trouville 1935 : La Mascotte, de Léon Mathot : le docteur 1935 : Le Monde où l'on s'ennuie, de Jean de Marguenat : 1935 : Un oiseau rare, de Richard Pottier : 1935 : Quelle drôle de gosse, de Léo Joannon : un invité 1935 : Retour au paradis, de Serge de Poligny : le poète 1935 : Veille d'armes, de Marcel L'Herbier 1935 : À la manière de..., court métrage de Paul Laborde : le directeur 1935 : Les Frères Brother, court métrage de Pablo Labor 1935 : Les Parents terribles, court métrage de Robert Bibal 1935 : Soirée de gala, court métrage de Victor de Fast 1936 : Mais n'te promène donc pas toute nue !, court métrage de Léo Joannon : Victor 1936 : Enfants de Paris ou Jeunes filles devant l'amour, de Gaston Roudès 1936 : Les Gaîtés de la finance, de Jack Forrester : non crédité 1936 : Les Gaietés du palace, de Walter Kapps : le maharadjah de Paripatan 1936 : La Garçonne, de Jean de Limur : 1936 : Le Grand Refrain, d'Yves Mirande : le metteur en scène 1936 : Une gueule en or, de Pierre Colombier : le chirurgien 1936 : Les Jumeaux de Brighton, de Claude Heymann : 1936 : Messieurs les ronds-de-cuir, d'Yves Mirande : , le directeur 1936 : Nitchevo, de Jacques de Baroncelli : , l'inventeur 1936 : Blanchette de Pierre Caron : 1937 : L'Affaire du courrier de Lyon, de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara : 1937 : L'Ange du foyer, de Léon Mathot : 1937 : Boulot aviateur ou Fripons, voleurs et compagnie, de Maurice de Canonge : 1937 : Le Chanteur de minuit, de Léo Joannon : le directeur 1937 : Le Club des aristocrates, de Pierre Colombier : le secrétaire du club 1937 : Une femme sans importance, de Jean Choux : Lord Hustanton 1937 : Le Puritain, de Jeff Musso : un client du bouge 1937 : Sarati le terrible, d'André Hugon : Beppo 1937 : Ne tuez pas Dolly, court métrage de Jean Delannoy 1937 : Le Fantôme, court métrage de Pierre Schwab 1937 : Monsieur est saisi, court métrage de René Sti 1938 : Alerte en Méditerranée, de Léo Joannon : le journaliste 1938 : L'Ange que j'ai vendu, de Michel Bernheim : de Belvoir 1938 : Carrefour ou L'Homme de la nuit, de Curtis Bernhardt : l'employé de l'agence 1938 : Les Deux Combinards, de Jacques Houssin 1938 : Les Femmes collantes, de Pierre Caron : Patrice 1938 : Hercule ou L'Incorruptible, d'Alexander Esway : un des frères Riquel 1938 : Je chante, de Christian Stengel : l'éditeur 1938 : J'étais une aventurière, de Raymond Bernard : Paulo 1938 : Le Monsieur de cinq heures de Pierre Caron : 1938 : Le Petit Chose, de Maurice Cloche : 1939 : Cas de conscience ou Le Créancier, de Walter Kapps : Paul 1939 : Quartier Latin, de Pierre Colombier et Christian Chamborant : Dominique 1939 : Tourbillon de Paris, d'Henri Diamant-Berger : Rozalès
Années 1940 1940 : Battement de cœur, d'Henri Decoin : Roland Medeville 1940 : Le Grand Élan, de Christian-Jaque : le président de la ligue 1940 : L'Homme qui cherche la vérité, d'Alexander Esway : le cinéaste 1941 : Volpone, Jean Tissier apparaît dans la version initiale de ce film commencé par Jacques de Baroncelli 1941 : L'Acrobate, de Jean Boyer : 1941 : Ce n'est pas moi, de Jacques de Baroncelli : et 1941 : Chèque au porteur, de Jean Boyer : Alaric Pamoison 1941 : Le Dernier des six, de Georges Lacombe : 1941 : Premier Rendez-vous d'Henri Decoin : Roland 1941 : Romance de Paris, de Jean Boyer : Jules 1941 : Dernier Refuge (film resté inachevé) de Jacques Constant 1941 : Nous les gosses, de Louis Daquin, à confirmer 1941 : L'Enfer des anges, de Christian-Jaque : Max 1941 : La Nuit de décembre de Kurt Bernhardt : Camille 1942 : L'Âge d'or, de Jean de Limur : 1942 : L'Amant de Bornéo, de Jean-Paul Feydeau, René Le Hénaff : Lucien Mazerand 1942 : L'assassin habite au 21, de Henri-Georges Clouzot : le professeur Lallah-Poor, le fakir 1942 : À vos ordres, Madame, de Jean Boyer : Hector Dupuis 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée, de Robert Vernay : le directeur 1942 : Les Inconnus dans la maison, d'Henri Decoin : 1942 : L'Irrésistible Rebelle ou Une idée à l'eau, de Jean-Paul Dreyfus (Jean-Paul Le Chanois) : un scénariste 1942 : Le Lit à colonnes, de Roland Tual : Jacquot 1942 : La Maison des sept jeunes filles, d'Albert Valentin : 1943 : Adrien, de Fernandel : 1943 : Au bonheur des dames, d'André Cayatte : 1943 : Lucrèce, de Léo Joannon : 1943 : Mon amour est près de toi, de Richard Pottier : 1943 : Picpus, de Richard Pottier : 1943 : Vingt-cinq Ans de bonheur, de René Jayet : Gabriel Castille 1944 : La Collection Ménard, de Bernard Roland : l'employé de l'état civil 1944 : Coup de tête, de René Le Hénaff : 1944 : Le Merle blanc, de Jacques Houssin : Achille Leroy 1945 : Le Cavalier noir, de Gilles Grangier : 1945 : L'Extravagante Mission ou Milliardaire, d'Henri Calef : le médecin 1945 : Fausse Alerte, de Jacques de Baroncelli : 1945 : L'Invité de la onzième heure, de Maurice Cloche : Christophe Berri 1945 : Le Roi des resquilleurs, de Jean Devaivre : 1945 : Vingt-quatre Heures de perm', de Maurice Cloche : Jocelyn 1945 : Une femme coupée en morceaux, d'Yvan Noé 1945 : Christine se marie, de René Le Hénaff 1946 : Le Capitan de Robert Vernay : Cogolin 1946 : L'Ennemi sans visage, de Maurice Cammage, Robert-Paul Dagan : Tiburce Artus 1946 : Faut ce qu'il faut ou Monsieur Bibi, de René Pujol 1946 : Leçon de conduite, de Gilles Grangier : Frédo 1946 : Lunegarde, de Marc Allégret : Bob Asselin 1946 : On demande un ménage, de Maurice Cam : Octave Le Goulven 1946 : Roger la Honte, d'André Cayatte : le baron de Cé 1946 : La Revanche de Roger la Honte, d'André Cayatte : le baron de Cé 1946 : Son dernier rôle, de Jean Gourguet : l'hôtelier 1947 : Les Aventures de Casanova, seconde époque Les Mirages de l'enfer, de Jean Boyer : 1947 : L'Homme traqué, de Robert Bibal : 1947 : La Kermesse rouge, de Paul Mesnier : René de Montbriant 1947 : Rendez-vous à Paris, de Gilles Grangier : 1947 : Gonzague, court métrage de René Delacroix