Le conflit israélo-libanais de 2006 ou guerre des 33 jours, connue au Liban comme la guerre de Juillet (, Ḥarb Tammūz) et en Israël comme la seconde guerre du Liban (, Milhemet Levanon HaShniya), un épisode du conflit israélo-arabe, est une guerre qui oppose Israël au Liban (principalement le Hezbollah) lors de l'été 2006.

Le conflit débute le . Il a été précipité par des tirs de roquettes sur le territoire israélien puis l'envoi d'un commando du Hezbollah en Israël qui tue 8 soldats et en kidnappe d'autres. Selon des révélations ultérieures dans la presse américaine et britannique, l'attaque israélienne contre le Hezbollah aurait été planifiée bien avant ces événements.

L’armée israélienne mène une offensive terrestre au Liban et bombarde tous les points vitaux du pays (les centrales d’électricité, les ponts, l’aéroport, les industries), paralysant son économie. Les bombardements israéliens causent environ 1 200 morts et 4 000 blessés et conduisent à l’exode de près d’un million de personnes.. L'armée israélienne met en pratique au cours de cette guerre la doctrine Dahiya, qui consiste à ne pas tenir compte des pertes civiles lors des bombardements sur des cibles ennemies..

Après plus de 33 jours de combats, une trêve correspondant à la résolution 1701 de l'ONU est intervenue le .. Le conflit mènera à des tensions politiques dans les deux pays...

Résumé rapide Le conflit débute après une attaque du Hezbollah contre une patrouille de l'armée israélienne à la frontière et de tirs de roquettes, qui a abouti à la mort de huit soldats et la capture de deux autres en vue de les échanger contre des prisonniers en Israël.

Toutefois par la suite, le , en réponse aux attaques dont il fait l'objet dans l'opinion israélienne à propos de la gestion du conflit, le Premier ministre israélien Ehud Olmert déclare devant la commission Winograd, qui enquête sur d’éventuels dysfonctionnements, qu'une telle guerre avait été envisagée plus tôt et que l’opération n’avait donc pas été « improvisée » comme cela lui était reproché, puisqu'un plan avait été approuvé pour le cas où des soldats viendraient à être enlevés, Le Monde (consulté le 9 mars 2007).

Israël décide de lancer l'opération « Juste Rétribution » renommée depuis « Changement de Direction », qui s'étend sur tout le Liban hormis le Chouf, fief traditionnel des druzes. Pour Israël, il s'agit d'éradiquer les implantations du Hezbollah au Liban, capables de tirs de missiles, nombreux et de longue portée depuis le retrait israélien de 2000 et qui fait usage de ses roquettes contre le tiers nord du territoire israélien.

Les conséquences de cette opération du côté libanais sont : plus de civils dont 30 % d'enfants de moins de 12 ans. ; plus d'un million de réfugiés. ; une majorité des infrastructures du pays détruites ; de nombreux quartiers résidentiels rasés ; une marée noire en Méditerranée ; des opérations qualifiées de crimes de guerre par Amnesty International dans les villages du Sud, tel celui de Marwahin. Cet organisme dénonce les dégâts excessifs causés aux civils et à l'infrastructure civile.. Israël estime que le Hezbollah a sa part de responsabilité dans ces destructions en se cachant parmi les civils qu'il prendrait comme bouclier humain. Les enquêtes menées respectivement par Human Rights Watch. et Amnesty International ont réfuté l'utilisation de boucliers humains par le Hezbollah, celui-ci opérant hors des zones habitées.

Du côté israélien, plus de (400 selon un rapport de diplomates américains en poste à Beyrouth) ont été recensés et plus de ont fui le nord du pays à cause des tirs de roquettes du Hezbollah. Ces munitions n'étant pas guidées, elles ont été dénoncées par Amnesty International comme étant des armes sans discrimination, ce qui constitue un crime de guerre et ce d'autant plus qu'elles étaient conçues pour maximiser les dégâts infligés à la population..

L'armée israélienne annonce avoir tué 320 combattants du Hezbollah. En , plusieurs mois après la fin du conflit, un représentant important du Hezbollah reconnaît la mort de 250 combattants présentés comme des « martyrs » tandis qu'Israël déplore la mort de 159 Israéliens dont 39 civils en 34 jours de combats, Associated Press, 15 décembre 2006.

Contexte historique Absence de relations diplomatiques

Depuis la guerre de 1948 qui oppose Israël à une coalition des pays arabes de la région, le Liban ne reconnait pas officiellement l'existence du pays voisin à sa frontière sud.

Premier conflit israélo libanais en 1978 Israël envahit le Liban en mars 1978 jusqu'au fleuve Litani, attaquant les forces de l'Organisation de libération de la Palestine. Cette intervention suit immédiatement le massacre de la route côtière organisé depuis le Sud-Liban, le , qui tue des dizaines de personnes, attaque la plus meurtrière d'une série d'attaques depuis le Liban..

Ce conflit du Liban sud conduit aux résolutions 425 et 426 de l'ONU, lesquelles appelleront au retrait des forces israéliennes.

Occupation partielle du Liban par Israël (1982-2000) Après de nouvelles attaques de l'OLP, Israël envahit à nouveau le Liban en 1982. Les troupes israéliennes sont indirectement impliquées lors du massacre de Sabra et Chatila en 1982, qui entraîne la mort de 1500 civils palestiniens, commis par les milices chrétiennes maronites dans la banlieue de Beyrouth. Le bilan libanais officiel des pertes lors de cette guerre est de morts et blessés.. militaires syriens et miliciens palestiniens.ainsi que 675 soldats israéliens ont été tués. L'armée israélienne se maintient au Liban Sud. Par la suite elle se retire partiellement en prenant appui sur une armée de supplétifs qui contrôle une zone tampon dans le Liban-Sud jusqu'en 2000.

De nouvelles opérations militaires israéliennes sont menées pendant une semaine en pour répondre à des tirs de roquettes et à des attaques du Hezbollah, contre l'occupation du sud du Liban par Tsahal, et avec le soutien du Front populaire de libération de la Palestine en et chronologie. Un cessez-le-feu est obtenu après sept jours de bombardement d'Israël et de l'armée du Liban Sud.

En 1996, Tsahal mène une opération militaire dans le Liban Sud qui dure 16 jours, en avril, pour mettre fin aux attaques du Hezbollah contre le nord d'Israël, attaques qui réagissent elles-mêmes à la mort de plusieurs Libanais ; le Bombardement de Cana de 1996, du nom d'une installation de l'ONU touchée par les obus israéliens, entraîne la mort de 118 civils libanais et constitue le moment le plus marquant de cette intervention, considérée comme un échec.

Les affrontements s'arrêtent avec la signature d'un accord écrit informel de cessez-le-feu israélo-libanais obtenu par la diplomatie américaine le . Cet accord interdit toute nouvelle attaque de part et d'autre de la frontière « contre et en provenance de zones habitées par des civils ».

Création du Hezbollah (1982)

Le Hezbollah est créée en 1982 pendant l'invasion israélienne du Liban par Israël. Des chiites libanais sollicitent l'aide de la République d'Iran pour s'opposer aux forces israéliennes.. L’Iran envoie alors au Liban 1500 Pasdaran, pour constituer une milice ; il fournit les armes, encadre la formation militaire et une initiation à la théorie de Rouhollah Khomeini appelée le velayat-e faqih (gouvernement du docte) en persan. Hezbollah, dont le nom signifie « Parti d'Allah » en arabe.

À la fin de la guerre du Liban (1975-1990), toutes les milices sont désarmées, à l'exception du Hezbollah, qui allègue l'occupation toujours en cours du Liban sud et la nécessité de résister contre la présence militaire israélienne.

Retrait de l'armée israélienne du Liban (2000) En 2000, Israël se retire intégralement du territoire libanais sous l'impulsion du gouvernement d'Ehud Barak.. L'occupation du Liban qui causait la mort de vingt-cinq soldats israéliens par an en moyenne était impopulaire en Israël. Ce retrait contribue à grandir le prestige du Hezbollah et à accréditer l'idée de la nécessité d'une résistance armée.

Le Hezbollah affirme que malgré ce retrait israélien, il ne désarmera pas (comme l'y obligent les accords de Taef de 1989, qui prévoyaient un désarmement général de toutes les milices libanaises) ; il allègue le fait que le sort des fermes de Chebaa, à la frontière entre le Liban et le plateau du Golan n'est toujours pas réglé, et estime de ce fait le Liban comme toujours occupé par Israël.. Le Secrétaire Général de l'ONU et le Conseil de Sécurité de l'ONU considèrent que Israël a respecté les résolutions demandant son retrait intégral du Liban... Le Liban, dont le gouvernement est sous la tutelle du régime syrien de Bachar al-Assad, déclare alors que l'ONU a tort, qu'il est toujours occupé par Israël.

Années 2000 : hostilités entre Israël et le Hezbollah Depuis 2000, la branche militaire du Hezbollah a établi des bases d'opérations à travers le Liban et envoie à plusieurs reprises des missiles sur les villes israéliennes en réponse - selon lui - aux violations répétées de l'intégrité du territoire libanais par l'armée israélienne.

Entre 2000 et 2006, l'armée israélienne a effectué des milliers de violations du territoire libanais par des incursions terrestres, maritimes et aériennes, (missions de reconnaissances et survol par des drones).

En 2004, la Résolution 1559 est promulguée par les grandes puissances du Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle exige le désarmement du Hezbollah par l'État libanais. Le Liban s'est refusé à la faire respecter, prétextant que le Hezbollah n'était pas une milice mais un simple mouvement de résistance à une occupation étrangère.

Lors d'une attaque sur les fermes de Chebaa en , le Hezbollah a fait prisonniers trois soldats de Tsahal, qui ont été tués soit pendant l'opération soit par ses conséquences directes. Le Hezbollah a cherché à obtenir la libération de 14 prisonniers libanais en échange, ainsi que des prisonniers palestiniens. L'échange de prisonniers eut lieu le ; ont été échangés : 30 prisonniers libanais et palestiniens, les corps de 60 militants et civils libanais, 420 prisonniers palestiniens, et des cartes montrant des mines israéliennes au Liban Sud, contre un homme d'affaires et colonel de l'armée de réserve israélien enlevé en 2001, et les corps des trois soldats évoqués précédemment. Trois Libanais sont toujours retenus dans les prisons israéliennes (parmi eux Samir Kuntar, emprisonné en Israël depuis une attaque sur Nahariya en 1979, pendant laquelle il pénétra dans un appartement et assassina un officier de police israélien et trois membres de sa famille. D'autres sources citent que les membres de cette famille ont succombé aux tirs de la police israélienne.

En 2005, Israël est frappé par des tirs de roquettes venant du Liban.. La même année, Israël envisage une nouvelle offensive au Sud-Liban où le Hezbollah s'équipe militairement et inquiète le gouvernement d'Ariel Sharon Israel set war plan more than a year ago. En mai-, le Hezbollah est intégré au « gouvernement d'union nationale » au Liban.

À la fin de l'année 2005, après l'assassinat de Rafiq Hariri, les troupes syriennes, sous la pression internationale, se retirent du Liban.

Déroulement du conflit Causes du conflit Après le retrait de l'armée israélienne du sud Liban, le Hezbollah, invoquant le contrôle israélien continu de la région des fermes de Chebaa et l’internement de prisonniers libanais en Israël, le Hezbollah a intensifié ses attaques transfrontalières et a utilisé la tactique consistant à capturer des soldats israéliens comme moyen de pression pour échanger des prisonniers en 2004.

Si au moment de la guerre de 2006, le meurtre de 8 soldats israélien et l'enlèvement de plusieurs autres a été présenté comme la cause du conflit, par la suite en , dans un article du New Yorker, Seymour Hersh affirme que des communications entre le gouvernement israélien et le gouvernement américain à ce sujet ont eu lieu deux mois avant ces événements qui ont marqué le début le conflit de .