Gilad Shalit ou Guilad Schalit (hébreu : ), né le à Nahariya, en Israël, est un soldat de l’armée israélienne et citoyen franco-israélien. Le , il est capturé par un commando de Palestiniens à Kerem Shalom. Sa capture est revendiquée par les Brigades Izz al-Din al-Qassam, les Comités de résistance populaire (CRP) et un groupe inconnu se faisant appeler l’, annonçant leur intention d’échanger Gilad Shalit contre des prisonniers palestiniens détenus en Israël. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert refuse toute négociation et lance, le , l’opération Pluies d'été, qui ne permettra pas la libération du prisonnier. Puis, avec l’aide des Égyptiens et d’un médiateur allemand, des négociations s’ouvrent. Le Hamas propose alors d’échanger Gilad Shalit contre près de palestiniens. Les Israéliens refusent initialement de libérer les détenus mais ils acceptent en à condition qu’ils soient interdits de séjour en Cisjordanie. La proposition est rejetée par le Hamas.
Selon le Hamas, qui a refusé de laisser le Comité international de la Croix-Rouge le voir, Gilad Shalid aurait été détenu à Gaza, aucune preuve de vie n'étant fournie entre le et sa libération. Le , le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou approuve une proposition sérieuse de libération .. Il est libéré le .
Biographie thumb|La tente de Noam et Aviva Shalit à Jérusalem. Gilad Shalit naît à Nahariya, où il vit jusqu’à l’âge de deux ans. Il déménage alors avec ses parents à Mitzpe Hila en Galilée occidentale. Il obtient son diplôme avec mention à . À , Gilad commence alors son service militaire dans les Forces de défense israéliennes et ce, . Il obtient le grade de caporal tankiste au sein de l’armée israélienne et sera promu sergent pendant sa captivité..
Capture Le dimanche , il est capturé par des combattants palestiniens qui attaquent un poste armé à la frontière sud d’Israël via un tunnel près de Kerem Shalom, au sud de la bande de Gaza.
Les combattants palestiniens lancent une grenade dans un tank Merkava de l’armée israélienne, deux soldats sont tués, et Gilad Shalit, qui s'était endormi selon ses déclarations aux autorités militairesL'image ternie du soldat israélien Gilad Shalit, Le Monde, 30 mars 2013, sort blessé et est fait prisonnier.. Deux autres soldats israéliens ont été blessés, et deux combattants palestiniens sont tués par les soldats israéliens durant l’attaque. Mohammed Abdel Al, un porte-parole des Comité de résistance populaire, a révélé que l’attaque de ce lieu était planifiée depuis deux mois. L’armée israélienne estime pour sa part qu’il avait fallu entre 3 et pour creuser le tunnel.
L’attaque est revendiquée conjointement par les Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche armée du Hamas), le Comité de résistance populaire et l’Armée de l’islam, un groupe créé fin 2005 et se réclamant du courant d’Al-Qaïda, ce qui conduit depuis le Hamas à une certaine circonspection à son égard..
Dans un article du quotidien Haaretz daté du et basé sur des extraits de son interrogatoire par la sécurité militaire, Gilad Shalit a été critiqué pour sa passivité devant l'attaque dont son char a été la cible. Il aurait décidé de rester dans son char, au lieu de combattre ses assaillants.
Réaction israélienne
Les efforts des forces israéliennes et de l’Autorité palestinienne pour le localiser pendant les deux jours suivants ayant été vains, Israël lance l’opération Pluies d’été le . Celle-ci comporte bouclages, incursions, arrestations et frappes aériennes sur la bande de Gaza qui font plus de et plus de . Des centaines de détenus, dont des parlementaires palestiniens et des ministres Hamas de l’Autorité palestinienne, sont ajoutés aux quelque en Israël. Des dizaines de logements, bâtiments publics, routes, ponts et la principale centrale électrique du territoire sont détruitsVictoire relative pour les Palestiniens, La Libre Belgique, publié le 18 août 2006.. Toutefois Gilad Shalit n’est pas retrouvé.
Le , l’ancien chef d’état-major israélien Gabi Ashkenazi reconnaît qu’Israël ne sait pas où est détenu Gilad Shalit.. thumb| : « Gilad est toujours vivant », affiche en Israël. Signes de vie C’est un an après son enlèvement, le lundi , que le Hamas diffuse sur Internet un enregistrement audio de Gilad Shalit. Ce dernier y déclare notamment que . Cette information a été reprise très rapidement par tous les médias. . Lors de sa visite à la famille du soldat, le président israélien Moshé Katsav appelle les ravisseurs à permettre une visite de la Croix-Rouge auprès de leur prisonnier..
Le , le Hamas échange une vidéo, datée du , montrant Gilad Shalit, apparemment en bonne santé, contre palestiniennes retenues en Israël..Une vingtième prisonnière est libérée le 4 octobre 2009. Voir .
Demandes du Hamas et négociations
vignette|Graffiti pour Gilad Shalit, Tel Aviv. Le , le dirigeant du Hamas, Khaled Machaal, appelle les autorités israéliennes à libérer plusieurs centaines de prisonniers palestiniens en échange du soldat Gilad Shalit, utilisé comme monnaie d’échange selon Le Monde (texte complet payant).., Libération. ou Le Point.. Si Israël est disposé à cet échange, il refuse néanmoins que cette mesure soit appliquée à ceux qui auraient « du sang sur les mains », ce qui est le cas pour beaucoup d’entre eux, selon les Israéliens..
Selon Al Jazeera, à la mi-2008, un échange de prisonniers palestiniens contre Gilad Shalit aurait été empêché par le de l’Autorité palestinienne, qui ne voulait pas laisser la part belle au Hamas ..
En , après la guerre de Gaza, le Hamas demande la libération d’environ 980 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Le Hamas refusant tout changement dans cette liste, la négociation échoue encore. En 2009, des négociations sont menées en Égypte entre les Israéliens et le Hamas sous l’égide d’un médiateur allemand. Le projet d’accord débattu le prévoit contre la libération de Gilad Shalit, celle d’un millier de prisonniers palestiniens, certains ayant participé à des attentats meurtriers en Israël. Ce projet divise fortement le cabinet israélien et l’opinion du pays, d’autant qu’un accord renforcerait encore le Hamas vis-à-vis de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. .. Israël demande alors que 100 à qui sont responsables de la mort d’Israéliens soient expulsés vers la bande de Gaza ou en tout cas interdits de séjour en Cisjordanie .. Le , le Hamas rejette cette offre..
vignette|Gilad Shalit à sa libération, entouré de son père, de Benjamin Netanyahu et d'Ehud Barak, le 18 octobre 2011. Le , le cabinet israélien approuve un échange de prisonniers agréé avec le Hamas grâce à la médiation égyptienne ., permettant la libération prochaine de Gilad Shalit contre celle de palestiniens en Israël. Trois ministres votent cependant contre cet accord, dont le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et le vice-premier ministre Moshe Yaʿalon. Le , Israël publie la liste des premiers 477 prisonniers qui devraient être libérés le avant Gilad Shalit. Parmi eux figurent plus de 280 condamnés à perpétuité pour des crimes de sang, et notamment pour leur participation à des attentats meurtriers, ce qui déclenche un vif émoi en Israël.
Shalit est finalement libéré le , en même temps que 477 prisonniers palestiniens sont libérés par Israël (dont 27 femmes). D’autres prisonniers palestiniens au nombre de 550 sont encore libérés le .
Réactions internationales Depuis son accession à la présidence de la République française, Nicolas Sarkozy appelle à la libération de Gilad Shalit, qui a la double nationalité. La diplomatie française qualifie de « nécessaire » sa libération et insiste auprès de ses partenaires de la région pour l’obtenir.
Cette position suscite parfois la controverse ; les associations palestiniennes comparent la situation du caporal Shalit à celle de l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri arrêté en 2005 et condamné à de prison pour avoir eu l’intention de commettre un attentat, fait qu’il a accepté de reconnaître sur les conseils de son avocat après trois ans de détention sans jugement. et s’indignent de ne pas recevoir des autorités françaises le même soutien que celui exprimé à la famille ShalitAprès Ingrid Bétancourt, femme politique, pourquoi Gilad Schalit, caporal tankiste et pas Salah Hamouri, étudiant, civil non armé ?, par François Leroux, Association France Palestine Solidarité, publié le 9 juillet 2008.. Gilad Shalit a été fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris le Compte rendu sommaire - Séances des 15, 16 et 17 décembre 2008., du Raincy en ., de Miami en ., de Rome le . de La Nouvelle-Orléans en ., de Baltimore en . et de Pittsburgh en .. En , le pape rencontre les parents de Gilad Shalit, lors d’une visite officielle en Israël .. Le , plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris, au Trocadéro, en faveur de la libération de Gilad Shalit sur le parvis des droits de l’homme.. Le , lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations unies, , secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires politiques, . La représentante des États-Unis a aussi demandé la libération de Gilad Shalit..
Le jour suivant, le , le père de Gilad Shalit est reçu par le Premier ministre grec Georges Papandréou qui déclare vouloir . Le , sur , après l’assassinat de Michel Germaneau, le Premier ministre, François Fillon, rappelle que la France a en incorporant à la liste le Franco-israélien Gilad Shalit.. Le , le président de la République française, Nicolas Sarkozy, apporte son soutien à une manifestation organisée à Jérusalem en faveur de Gilad Shalit en faisant lire une déclaration par un membre de l’ambassade de France :
Le , la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie rend visite au père de Gilad Shalit qui déclare que . Michèle Alliot-Marie s’engage à intervenir auprès de l’Union européenne et .
Le lendemain, attribuant à tort la qualification de « crime de guerre » à la ministre, des manifestants palestiniens conspuent Michèle Alliot-Marie lors de sa visite à Gaza. Elle est la cible de jets de chaussures. Les protestataires attirent l’attention sur le fait qu’en face du cas de détenus en Israël.. Le , Angela Merkel et Nicolas Sarkozy demandent dans une déclaration commune la libération de Gilad Shalit ..
La libération de Gilad Shalit suscite des manifestations de satisfaction parmi lesquelles celle du président de la République Nicolas Sarkozy qui fait part du « bonheur » et de « l'émotion » des Français dans une lettre personnelle au soldat franco-israélien, ou celle du maire de Paris, Bertrand Delanoë qui déclare : « J'accueille avec un immense soulagement la nouvelle de la libération de notre compatriote Gilad Shalit. [...] Ce jeune soldat franco-israélien a été, pendant plus de cinq années, soustrait au monde et au droit ».
Action en justice : plainte déposée à Paris Le , Noam Shalit, le père de Gilad, a déposé plainte contre X devant le procureur de Paris, pour enlèvement et séquestration. Cette plainte engage la justice française à mener une enquête et notamment, réduire la liberté de mouvement des ravisseurs..
Carrière après sa captivité En 2012, un an après sa libération, Guilad Shalit donne sa première interview à une télévision israélienne où il évoque ses 1 942 jours de captivité. La même année, il entame une carrière de journaliste sportif et en septembre, il est invité par le club de football de Barcelone à assister à l'un de ses matchs, club que des Palestiniens appellent à boycotter.
Il reprend en des études en sciences économiques à l'université d'Herzliya et travaille à partir de 2016 dans une banque israélienne, la Discount Bank.
Répercussions