Le 438e Escadron tactique d'hélicoptères «Ville de Montréal» (English: ) est une unité de l'Aviation royale canadienne (ARC). L'escadron exploite l'hélicoptère tactique CH-146 Griffon depuis le hangar Hartland de Montarville Molson de la Garnison St-Hubert au Québec, Canada. Ses tâches comprennent le transport utilitaire tactique armé et non armé, la formation du personnel navigant aux tactiques de base et avancées de l'aviation, la formation technique du personnel au sol et des mécaniciens de bord et l'entretien périodique d’appareils de la flotte de CH-146. Elles comprennent également comme capacités résiduelles la recherche et de sauvetage, la reconnaissance et le soutien aux organismes civils fédéraux et provinciaux du maintien de la paix. Unité de « Force totale » composée de membres de la Force régulière et de réservistes à temps plein et à temps partiel, l'Escadron fait partie de la 1re Escadre à la base des Forces canadiennes Kingston Ontario.
La devise « Going Down » c’est-à-dire « Nous descendons » a été adoptée pendant la Seconde Guerre mondiale lors de l'utilisation de chasseurs-bombardiers Hawker Typhoon au-dessus de l'Europe occupée. C'était l'instruction du commandant d’escadrille de débuter les attaques en piqué avec des bombes, des canons ou les deux.
L'insigne de l'unité est le chat sauvage et décrit en termes héraldiques comme: D'argent, la tête d'un chat sauvage affrontée gueules, lampassée azur. Le chat sauvage a été choisi comme emblème car il représente le surnom donné aux membres de l'Escadron, les « Wildcats ».
Au cours de son illustre histoire, l'Escadron s'est vu attribuer les Honneurs de bataille suivants : Forteresse Europe 1944 Normandie 1944 Arnhem Rhin France et Allemagne 1944-1945
Période pré-guerre Formation La formation de l’Escadron est attribuable aux efforts soutenus d’Adélard Raymond, homme d’affaires montréalais et vétéran pilote de la première guerre mondiale et du journaliste de La Presse Lionel Saint-Jean qui était le président de la Ligue d’aviation du Québec. Ces hommes collaborèrent étroitement à partir de à l’élaboration d’une demande officielle pour la formation d’un escadron d’aviation de réserve attaché à la milice tout comme il en existait déjà à Toronto, Winnipeg et Vancouver, mais de langue française. Cette demande officielle fut présentée le sous la forme d’une lettre au Brigadier-général W.W.P. Gibsone, commandant du District militaire no4 et comptait les signatures de plusieurs hommes d’affaires et politiciens locaux. On y écrit :
« Nous sommes particulièrement fiers de déclarer que le groupe que nous représentons est Canadien-français. Nous, Canadiens de langue française, voulons, par ce geste, affirmer une fois de plus notre patriotisme envers notre pays. Nous voulons que cette escadrille soit composée de Canadiens-français… »
Le , le Group captain G.M. Croil, officier senior de l’ARC, rencontre monsieur St-Jean et une dizaine d’autres signataires. Sur une liste de 31 pilotes qualifiés dont plusieurs vétérans de 1914-18, il en retient 14 qui formeront le noyau initial de la nouvelle unité. C’est le que l’unité fut autorisé à Montréal Québec en tant qu'Escadron de bombardement no18 (auxiliaire). Il aura au début un effectif autorisé de 66 membres et sera sous commandement administratif temporaire du Squadron leader C.E. Trudeau, membre régulier personnellement recommandé par le Brigadier-général Gibsone.
Premiers vols À la suite du recrutement et à la formation du personnel cadre formant la structure de base de l’Escadron, les opérations d'entraînement de vol ont commencé en à partir de St-Hubert sur la rive sud de Montréal à la suite de la réception des deux premiers avions de Havilland DH.60 Moth. Le Squadron leader Marcel Dubuc, vétéran pilote de combat aux qualités reconnues, fut nommé son premier commandant en . L’unité a été renuméroté Escadron no118 (Bombardement) le dans le cadre d'une restructuration des escadrons de l'ARC. Deux appareils Moths additionnels arrivent en 1938 et l’effectif de l’Escadron est revu à la hausse à 114 membres.
Squadron leader Marcel Dubuc1er commandant de l'Esc - 1936 Aviateur Léo Blanchetterecrue de l'Escadron 118 - 1937 Gipsy Moth no. 67 de l'Escadron 118lors d'opérations hivernales en 1937. Remorquage du Gipsy Moth no. 122de l'Escadron 118 de bombardement - 1938 237px 280px 400px 405px
Seconde Guerre mondiale Coopération à l'artillerie côtière L'unité a été rebaptisée Escadron no118 (de coopération à l'artillerie côtière) le , activée pour le service volontaire de temps de guerre le et déplacée à Saint Jean, Nouveau-Brunswick le . L’Escadron n° 117 de St-Jean N.B. a été simultanément absorbé dans l'unité avec des membres du personnel de l’Escadron n° 2 (Coopération à l’Armée) et leurs appareils Atlas. Ces renforts formaient la nouvelle Escadrille A et opéreraient à partir de l'aéroport d'Halifax jusqu'au , date à laquelle elle fut relocalisée à la station de Dartmouth.
L'escadron a été rééquipé de Westland Lysanders et Blackburn Sharks mieux adaptés à ce nouveau rôle qui consistait à patrouiller la côte pour tout signe d'activité navale ennemie et à diriger les batteries d'artillerie côtière. Des appareils Westland Wapiti furent empruntés à l’Escadron n° 10 (Bombardement). Les Wapitis n'ont été utilisés que pendant quelques mois jusqu'à ce que davantage d'Atlas soient disponibles. Armstrong Whitworth Atlas #410de l'Escadron 118 à St-Jean, N.B., en 1940. 330px Après près d'un an de balayages côtiers, de patrouilles occasionnelles pour les convois proches des côtes, d’exercices de bombardement en piqué avec des batteries de l'armée et des artilleurs antiaériens navals, de formations au tir aérien et de tâches de photographie aérienne, l'escadron a été temporairement désactivé le en attendant la redésignation et l'arrivée d'avions plus modernes.
Chasseur - Côte Atlantique L'Escadron a été réactivé à Rockliffe Ontario le sous la nouvelle désignation d'Escadron no118 (Chasse) et rééquipé avec le Canadian Car and Foundry Grumman Goblin. L'unité a déménagé à Dartmouth, Nouvelle-Écosse, en juillet, étant à ce moment-là le seul escadron de chasse disponible pour la défense de la côte est. Une modernisation est survenue en sous la forme de la venue du Curtiss Kittyhawk, plus performant, remplaçant le Gobblin obsolète.
L'Aviation royale canadienne faisait face à une grave pénurie de chasseurs de première ligne, ayant envoyé ses premiers Hawker Hurricanes au Royaume-Uni avec l'Escadron n° 1 (Chasse), avait du mal à se procurer des chasseurs supplémentaires pour répondre à ses besoins domestiques. Pour ces raisons, 50 Sea Hurricanes construits au Canada et destinés à la Royal Navy britannique ont été retenus au pays. Tous ont été placés sur l'effectif de l’Escadron 118 en . Gobblins de l'Escadron 118 en 1941. CCF Grumman Goblin #338 de l'Esc 118 Kittyhawks de l'Escadron 118 en 1942 Hawker Sea Hurricane #BW837 de l'Esc 118 260px 300px 350px 296px Malgré la mise en storage de multiples appareils, une « Escadrille Hurricane » a été formée et plus d'une douzaine de ces appareils ont été régulièrement pilotés par le personnel de l'escadron qui exploitait ainsi simultanément un effectif complet de Kittyhawks, de Sea Hurricanes, de quelques Harvards et volait toujours ses Gobblins jusqu'en . Ces Sea Hurricanes équipés de bobine de catapulte et de crosse d'appontage étaient peints dans le schéma de la Fleet Air Arm britannique de tons de gris foncés avec ROYAL NAVY peint sur les côtés du fuselage, semblaient étrangement hors de leur élément sur une rampe de l'ARC. Le , les Sea Hurricanes, dont beaucoup avec leurs modifications navales maintenant supprimées, ainsi que de nombreux membres du personnel de l’« Escadrille Hurricane » ont formé le noyau de l’Escadron no126 (Chasse) nouvellement formé également à Dartmouth. Cette nouvelle unité serait temporairement sous le commandement du Flight lieutenant Arthur Yuile qui était déjà auparavant responsable de l’escadrille.
Un événement notable a eu lieu le , lorsque deux Kittyhawks de l’Escadron 118 ont repéré et attaqué un sous-marin allemand en surface à environ 10 milles de la côte entre Halifax et Sydney. Le Flight Lieutenant W.P. Roberts pilotant le Kittyhawk AK851 a pu tirer six rafales et obtenir un certain nombre de coups autour de la tourelle avant que le submersible ne plonge et ne disparaisse sous les flots.
Le code d'escadron affiché sur tous les avions de l'unité était "RE", et ce, de à , date à laquelle il a été changé pour "VW".
Chasseur - Côte Pacifique Avec l'entrée en guerre des États-Unis à la suite de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, le gouvernement canadien du Premier ministre Mackenzie King a offert un soutien militaire naval et aérien afin de pallier les capacités américaines alors limitées face à l'expansion japonaise dans les Îles Aléoutiennes. Deux escadres de chasseurs et de bombardiers légers ont été constitués pour servir sur la côte du Pacifique, les escadres X et Y composés de chasseurs Kittyhawks et de bombardiers légers Bolinbrokes sous le commandement du Commandement Occidental (Western Air Command) de l'ARC. Le 118 rejoindra ainsi l'Escadron No 115 (Bombardement) formant l'Escadre Y. Kittyhawks de l'Escadron 118 sur la Côte Pacifique en 1943 Pilote de l'Escadron 118 devant un KittyhawkSea Island C.B. en 1943 560px 385px Pour ce vol transcontinental historique, le 118 seraient dirigé par le Flight lieutenant Arthur Yuile, il sera prochainement promu Squadron leader. Le Squadron leader Hartland Molson, commandant du 118, vétéran pilote de Hurricane de la bataille d'Angleterre, resterait à Dartmouth pour prendre le commandement de l’Escadron No126 (Chasse).
Le Escadron quitte ainsi Dartmouth le matin du pour son voyage épique de près de 6 500 km sur l'île Annette en Alaska. Ils s’avitaillèrent à Penfield Ridge, Nouveau-Brunswick, Saint-Hubert, Québec, North Bay, Ontario, Porquis Junction, Ontario, Winnipeg, Manitoba, Saskatoon, Saskatchewan, Edmonton, Alberta et Prince George, Colombie Britannique. Ils sont arrivés le , avec "l’escadrille A" armée et avitaillée en carburant prête à l'action dans les 15 minutes suivant l'atterrissage. La traversée du continent nord-américain à cette époque où les aides à la navigation et les installations de soutien étaient assez limitées mérite d'être incluse dans les annales de l'aviation militaire canadienne. L'escadron a déménagé à Sea Island en Colombie-Britannique le et y restera jusqu'à ce qu'il soit ordonné outre-mer.
Cinq pilotes ont péri dans des crashs non liées au combat au cours de cette période de défense continentale.
Chasseur-bombardier – Europe Laissant leurs Kittyhawks derrière eux, les 142 membres de l’Escadron ont traversé le Canada par train et se sont embarqués le à Halifax pour leur traversée vers le Royaume-Uni. L'Escadron a de nouveau été redésigné, cette fois en tant qu'Escadron no438 (Chasseur-bombardier) dès son arrivée à la station de la Royal Air Force (RAF) de Digby au Lincolnshire le . Les escadrons de l'Aviation royale canadienne furent ainsi renumérotés entre 400 et 449 afin d'éviter toute confusion avec d'autres unités de l'Empire britannique opérant aussi au Royaume-Uni. Son nouveau code d'escadron était "F3", il le conservera jusqu'à la fin des hostilités en Europe. L'escadron a déménagé à la station de la RAF à Ayr en Écosse le , apprenant à piloter le Hawker Hurricane, facilitant sa prochaine conversion sur le puissant chasseur-bombardier Hawker Typhoon. Le Escadron faisait maintenant partie des 3 escadrons de Typhoon de l'ARC formant la Escadre de l'ARC, elle-même membre de la 2e Force aérienne tactique.