thumb|215px|Une paire de verres de contact posés face concave vers le haut. thumb|right|215px|Lentilles de contact de teinte bleue dans leur emballage d'origine.

Une lentille de contact (aussi appelée verre de contact, lentille ou encore contact) est une lentille correctrice, cosmétique ou thérapeutique placée sur la cornée de l'œil.

Si Léonard de Vinci, en 1508, fut le premier à avoir eu l'idée des lentilles de contact, celles-ci ne seront mises au point qu'en 1887 par l'ophtalmologiste allemand Adolph Eugene Fick., et c'est l'ophtalmologiste français Eugène Kalt qui en présentera la première application en 1888 devant l'Académie de médecine de Paris sur une patiente atteinte de kératocône.. Les lentilles de contact souples ont été inventées en 1961 par le chimiste tchèque Otto Wichterle, qui a aussi inventé le premier hydrogel utilisé dans leur production. Elles ont la même fonction que les lunettes. Beaucoup de lentilles de contact sont légèrement teintées en bleu afin de mieux les distinguer dans leur étui de stockage. Les lentilles de contact cosmétiques sont expressément colorées afin de modifier l'apparence de l'œil.

Environ 125 millions de personnes dans le monde portent des lentilles de contact (2 %) dont 28 à 38 millions aux États-Unis et 13 millions au Japon.. Les types de lentilles utilisés et prescrits varient nettement entre les pays, avec les lentilles rigides qui comptent approximativement 20 % des lentilles prescrites au Japon, aux Pays-Bas et en Allemagne et moins de 5 % en Scandinavie.

Les utilisateurs choisissent de porter des lentilles de contact pour diverses raisons. Beaucoup se considèrent plus séduisants en portant des lentilles de contact plutôt que des verres de vue Distortion http://www.eyes-and-vision.com/eye-glasses-or-contact-lenses-for-vision-disorders.html. Les lentilles de contact ne sont pas affectées par la météo, ne s'embuent pas et n'affectent pas le champ de vision. Elles sont notamment très utilisées par les sportifs. Enfin, des problèmes ophtalmologiques tels que le kératocône ou l’aniseikonie sont mieux traités par le port de lentilles de contact.

Histoire vignette|gauche|170px|En 1888, Adolf Eugene Fick a apparemment été le premier à porter des lentilles de contact.

Léonard de Vinci est souvent crédité de l'idée des lentilles de contact dans son Codex de l'œil (1508), manuel D, où il a décrit une méthode pour modifier directement le pouvoir de la cornée de l'œil en la submergeant d'eau. Léonard, cependant, ne suggère pas que son idée pouvait être utilisée pour corriger la vision mais était plus intéressé par l'étude des mécanismes d'accommodation de l'œil. René Descartes a proposé, en 1636, une autre idée, dans laquelle un tube de verre rempli de liquide était placé en contact direct avec la cornée. L'extrémité saillante devait être composée de verre transparent, de façon à corriger la vision, mais l'idée n'était pas réalisable car il aurait été impossible de fermer les paupières.

En 1801, tout en menant des expériences concernant les mécanismes d'accommodation, le scientifique Thomas Young a construit un rempli de liquide qui pourrait être considéré comme un précurseur de la lentille de contact. Sur la base de l'œilleton, Young avait monté un oculaire de microscope. Cependant, comme pour Léonard de Vinci, le dispositif de Young n'avait pas pour but de corriger les erreurs de réfraction. Sir John Herschel, dans une note de l'édition de 1845 de L'Encyclopædia Metropolitana, a posé deux idées pour la correction visuelle: la première d', et la seconde d'« un moule de la cornée » qui pourrait être impressionné sur . Bien que Herschel n'ait jamais mis ses idées à l'épreuve, elles ont toutes deux été avancées plus tard par plusieurs inventeurs indépendants comme le docteur hongrois Dallos (1929), qui a perfectionné un procédé de fabrication de moules d'yeux vivants. Cela a permis la fabrication de lentilles qui, pour la première fois, se sont conformées à la forme réelle de l'œil.

Ce n'est qu'en 1887 qu'un souffleur de verre allemand, FE Muller, a produit le premier couvreur d'œil destiné à voir au travers et à être toléré. En 1888, l'ophtalmologiste allemand Adolf Eugene Fick construit et monte la première lentille de contact réussie. Tout en travaillant à Zurich, il a décrit la fabrication de la lentille sclérale afocale, dont le contour reposait sur les tissus moins sensibles autour de la cornée, et expérimenta leur adaptation : d'abord sur des lapins, puis sur lui-même, et enfin sur un petit groupe de bénévoles. Ces lentilles, fabriquées à partir de verre soufflé et lourd, étaient de de diamètre. Fick remplit l'espace vide entre la cornée et le verre avec une solution de dextrose. Il a publié son travail, , dans la revue en . Les lentilles de Fick étaient grandes, lourdes, et ne pouvaient être portées que pendant quelques heures de suite. Le , Photinos Panas présenta à l'Académie de médecine de Paris la première utilisation par Eugène Kalt, alors chef de service d'ophtalmologie à l'Hôtel-Dieu, d'une coque de contact sur l'œil d'une patiente atteinte de kératocône, améliorant significativement sa vue. Eugène Kalt fut également à l'initiative de plusieurs essais similaires, avec des verres de contact taillés, dont certains d'un diamètre cornéen. August Müller à Kiel, en Allemagne, a corrigé sa propre myopie sévère avec des lentilles de contact sclérales, plus commodes, en verre soufflé de sa propre fabrication en 1888. En 1887, Louis J. Girard a également inventé une forme sclérale similaire aux lentilles de contact. La lentille sclérale en verre soufflé est restée la seule forme de lentille de contact avant les années 1930 où le polyméthacrylate de méthyle (PMMA ou Perspex/Plexiglas) a été inventé, permettant la première fabrication de lentilles sclérales en plastique. En 1936, l'optométriste William Feinbloom inventa les lentilles en plastique, les rendant plus légères et plus pratiques. Ces lentilles sont un mélange de verre et de plastique.

En 1949, les premiers verres « cornéens » ont été mis au point .. Ceux-ci étaient beaucoup plus petits que les verres originaux scléraux et posés seulement sur la cornée plutôt que sur l'ensemble de la surface oculaire visible. Ils pouvaient être portés jusqu'à seize heures par jour. Les lentilles de contact cornéennes PMMA ont été les premières à être diffusées massivement dans les années 1960. Les modèles en verres sont devenus plus sophistiqués avec l'amélioration de la technologie de fabrication.

Un inconvénient important des lentilles PMMA est que l'oxygène n'est pas transmis à travers la lentille au tissu conjonctif et à la cornée, ce qui peut causer un certain nombre d'effets indésirables d'ordre clinique. À la fin des années 1970, et durant les années 1980 et 1990, une gamme de matériaux rigides, perméables à l'oxygène, ont été mis au point afin de surmonter ce problème. Ces polymères sont appelés matériaux ou lentilles ou . Bien que tous ces types de lentilles (sclérales, PMMA et PRSG) pourraient être correctement considérées comme étant ou , le terme dur est maintenant utilisé pour désigner les verres originaux PMMA qui sont encore parfois montés et portés, le terme rigide étant un terme générique pouvant être utilisé pour ces deux types de lentilles. Parfois, le terme est utilisé pour désigner les lentilles rigides mais cela est potentiellement trompeur car les lentilles souples modernes sont également perméables aux gaz et permettent à l'oxygène de se déplacer à travers la lentille vers la surface oculaire.

Les principaux progrès dans les lentilles souples sont le fait des chimistes tchèques Otto Wichterle et Drahoslav Lim, qui ont publié leurs travaux sur les dans la revue Nature en 1959. Ceci a conduit au lancement de la première lentille souple (hydrogel) dans les années 1960 et à la première approbation du matériau Soflens par la (FDA) en 1971. Ces lentilles sont prescrites plus souvent que les lentilles rigides en raison principalement de leur confort immédiat. Les lentilles rigides nécessitent une période d'adaptation avant d'atteindre un niveau de confort suffisant. Les polymères à partir desquels les lentilles souples sont fabriquées se sont améliorés au cours des 25 années suivantes, principalement en matière d'augmentation de la perméabilité à l'oxygène en variant les matériaux qui les composent. En 1992, l'Écossais Ron Hamilton et le laboratoire Daysoft introduisent les lentilles souples jetables dont l'avantage est de ne nécessiter aucun produit d'entretien.

En 1999, une évolution importante a été le lancement des premiers hydrogels de silicone sur le marché. Ces nouveaux matériaux combinent les avantages du silicone, qui a une perméabilité extrêmement élevée à l'oxygène, avec le confort et la performance clinique des hydrogels classiques qui avaient été utilisés pendant les trente années précédentes. Dans une molécule légèrement modifiée, un groupe polaire est ajouté sans modifier la structure de l'hydrogel de silicone. Ceci est appelé le monomère Tanaka, car elle a été inventée et brevetée par Kyoichi Tanaka de Menicon Co. au Japon en 1979. Les hydrogels de silicone de seconde génération, tels que le galyfilcon A (Acuvue Advance, Vistakon) et le senofilcon A (Acuvue Oasys, Vistakon), utilisent le monomère Tanaka. Vistakon est un monomère Tanaka amélioré avec ajout d'autres molécules servant d'agent mouillant interne.. Le comfilcon A (Biofinity, CooperVision) a été le premier polymère de troisième génération. Selon le brevet, le matériau utilise deux macromères siloxy de tailles différentes qui, lorsqu'ils sont utilisés en association, permettent une très haute perméabilité à l'oxygène. L'enfilcon A (Avaira, CooperVision) est un autre matériau de troisième génération qui est naturellement mouillant. L'enfilcon A contient 46 % d'eau.

Types Il existe plusieurs types de lentilles de contact. Les lentilles souples et les lentilles rigides sont les deux types de lentilles les plus répandus.

Lentilles souples Les lentilles souples sont les plus courantes, car très adaptables, abordables, et faciles à utiliser pour la plupart des personnes. En effet, on trouve des lentilles souples journalières, hebdomadaires, bimensuelles, mensuelles et annuelles. Également, la plupart des lentilles cosmétiques et thérapeutiques sont des lentilles souples. + Comparaison de lentilles en hydrogel. Fabricant Modèle Matériau Durée de vie Eau Dk/t(*) Mod. de Young Coeff. de frott. x1000 Protection UV Rapport DIA/BC(**) Bausch & Lomb SofLens 38 polymacon 1 mois 38,6 % 24,3 - 513 Non 1,61 Alcon (CIBA Vision) Focus Monthly vifilcon A 1 mois 55 % 20 0,79 Mpa - Non 1,57 & 1,63 Alcon (CIBA Vision) Focus Dailies nelfilcon A 1 jour 69 % 26 0,91 Mpa 91 Non 1,60 (*) Transmissibilité de l'oxygène. Mesurée pour une dioptrie de -3,00.(**) Rapport entre le diamètre de la lentille et son rayon de courbure.