Henri de La Rochejaquelein, né le au château de la Durbelière, près de Châtillon-sur-Sèvre (Poitou), et mort le à Nuaillé (Maine-et-Loire), est l'un des chefs de l'armée catholique et royale au cours de la guerre de Vendée, pendant la Révolution française.

Il est généralissime de l'Armée catholique et royale, succédant à Maurice d'Elbée, d' jusqu'à sa mort.

Il est le frère de Louis et d'Auguste du Vergier de La Rochejaquelein qui sont également militaires au sein de l'armée vendéenne.

Biographie Origines vignette|upright=0.8|Portrait de Henri de La Rochejaquelein dans l'édition de 1809 des Guerres de Vendée d'Alphonse de Beauchamp.

Fils d'Henri Louis Auguste du Vergier de La Rochejaquelein (1749-1802). et de Constance de Caumont d'Adde (1749-1798), Henri de La Rochejaquelein est né au château de la Durbelière, commune de Saint-Aubin-de-Baubigné, près de Châtillon-sur-Sèvre (aujourd'hui Mauléon dans le département des Deux-Sèvres) et fait ses études à l'école royale militaire de Sorèze de 1782 à 1785. À la sortie de l'école, il entre dans le régiment Royal-Pologne cavalerie, acheté par son père l'année précédente.

La Révolution française l'ayant surpris dès l'âge de seize ans, il ne suit pas son père dans l'émigration vers l'Allemagne. En 1791, il refuse de prêter le serment que l'Assemblée constituante exige des officiers et démissionne. Il choisit de défendre le trône dans la Garde constitutionnelle de où il est appelé en 1791. Lors de l'assaut du palais des Tuileries par les révolutionnaires, il combat pour défendre le roi, en tant que deuxième lieutenant de la Garde. Cette journée du 10 août 1792 trompe ses espérances. C'est alors que, s'éloignant de la capitale, il dit : ..

Les premiers soulèvements On le voit, dans le Poitou, déplorer les suites du premier soulèvement de Bressuire, où les paysans royalistes viennent d'être défaits par les révolutionnaires. La Rochejaquelein se retire dans la terre de Clisson, sur la paroisse de Boismé près de Bressuire, chez le général Louis de Salgues de Lescure, marquis de Lescure, son parent et son ami : unis tous les deux par les mêmes sentiments, à peu près du même âge, ayant les mêmes intérêts, ils aspirent secrètement au projet de participer au rétablissement de la monarchie qui menace d'être ruinée. Ils n'apprennent que par des bruits vagues le nouveau soulèvement du .

L'insurrection monarchiste Ils flottent entre l'espérance et la crainte, lorsqu'un paysan de Châtillon vient annoncer à La Rochejaquelein que les habitants des paroisses voisines, impatients de se réunir aux insurgés, courent aux armes et le demandent pour chef. Le gentilhomme vendéen s'écrie : . Lescure veut le suivre. C'est livrer ses parents, ses amis et sa jeune épouse à la vengeance des républicains.

Accompagné de son guide fidèle et armé de deux pistolets, La Rochejaquelein arrive sur le théâtre de la guerre où il rejoint Charles de Bonchamps et Maurice d'Elbée. Il apprend qu'une division ennemie pénètre dans la Vendée et, n'écoutant que son courage, il veut arrêter le mouvement offensif des républicains. II accourt à Châtillon, à Saint-Aubin-de-Baubigné, où sont les propriétés de sa famille. À peine a-t-il paru que des milliers de paysans de Nueil-les-Aubiers, de Saint-Aubin-de-Baubigné, de Saint-Pierre-des-Échaubrognes, des Cerqueux et d'Yzernay, le proclament leur chef.

En , il participe au soulèvement royaliste de la Vendée et devient un des chefs de l'armée vendéenne. La Rochejaquelein se met à leur tête et leur adresse cette courte harangue : .

Soulèvement de la Vendée thumb|upright=0.8|Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, , peinture de Paul-Émile Boutigny, 1899, musée d'Art et d'Histoire de Cholet.

Les Vendéens répondent par des acclamations et marchent aux républicains, qu'ils trouvent retranchés dans le cimetière des Aubiers. Ils investissent le bourg et attaquent en tirailleurs la division du général Pierre Quétineau. La Rochejaquelein les persuade que l'ennemi, à demi vaincu, commence à prendre la fuite. Aussitôt les Vendéens s'élancent sur les républicains, les dispersent et s'emparent de leur artillerie. La Rochejaquelein marche à l'instant sur Châtillon et sur Tiffauges. Là, se réunissant aux autres rassemblements royalistes, il partage avec eux les munitions qu'il vient d'enlever et, par un premier succès relevant son parti, il lui inspire une ardeur nouvelle. La défaite des Aubiers a décidé le général Quétineau à évacuer précipitamment Bressuire, le marquis de Lescure envoie l'ordre à plus de quarante paroisses de prendre les armes. Il était déjà même à cheval, lorsqu'il vit arriver plusieurs cavaliers bride abattue, s'annonçant aux cris de . C'était La Rochejaquelein qui, mettant pied à terre, s'élança dans les bras de son ami en criant : . Le château de Clisson devient à l'instant une place d'armes et se remplit de soldats. Chaque rassemblement fait un corps à part. Celui de La Rochejaquelein se réunit le plus souvent à la grande armée d'Anjou qui, à cette époque, s'élève à peine à , mal armés et sans organisation fixe.

Le , La Rochejaquelein prend part au combat de Beaupréau à la suite duquel les républicains, refoulés au-delà de la Loire, restent pendant trois mois sans s'avancer dans le pays insurgé. La consternation se répand à Angers, à Saumur et à Nantes. À la bataille de Thouars, La Rochejaquelein, monté sur les épaules de Texier de Courlay, tire sur les assiégés et, tandis qu'on recharge ses armes, il arrache de ses mains les pierres des murailles et commence la brèche : toute l'armée républicaine met bas les armes et se rend à discrétion. À la première bataille de Fontenay-le-Comte, perdue par les royalistes, La Rochejaquelein commande l'aile gauche. Peu de jours après, à la seconde bataille, il charge avec la cavalerie, enfonce les bleus et achève la déroute. À l'attaque de Saumur, le , il enlève d'abord le camp retranché de Varrains et, emporté par sa bouillante ardeur au moment où l'on se bat encore à l'entrée de la ville, il met le sabre à la main, sa carabine en bandoulière et, suivi d'un seul officier (Pierre-Louis de La Ville-Baugé), il s'élance à la suite des fuyards, pénètre dans les rues, s'avance sur la place de la Bilange, brave les coups de fusil, abat lui-même plusieurs soldats républicains et renverse à ses pieds, d'un coup de sabre, un dragon qui, arrivé sur lui le pistolet à la main, vient de le manquer.

La prise de Saumur est l'exploit le plus étonnant des Vendéens. En cinq jours de combats, ils ont fait plus de , pris des canons, des munitions considérables et le chef de la Loire. Quand La Rochejaquelein jeta les yeux sur ces immenses trophées il dit à l'un de ses officiers qui le voyait pensif : . Comme on hésitait à lui répondre, il ajouta : .

Pendant le siège de Nantes, qui est moins heureux, La Rochejaquelein garde Saumur avec sa division, tant pour couvrir la Vendée que pour conserver l'une des plus importantes communications de la Loire. Après l'échec de Nantes, il vole à la défense du pays insurgé, qui est attaqué de nouveau. Il commande l'aile droite à la deuxième bataille de Luçon et, couvrant la retraite, il préserve l'armée royale et sauve les troupes d'élite.

Cet échec est réparé le , jour où l'armée républicaine de Luçon, assaillie dans son camp retranché de Chantonnay, est entièrement détruite. La Rochejaquelein a tourné lui-même le camp pour l'investir et commencer l'attaque. Vers cette époque, la Convention nationale a voté contre la Vendée une guerre plus énergique, la lutte devient si terrible que tous les combats antérieurs semblèrent n'en avoir été que le prélude.

La Rochejaquelein, renforçant la division de Bonchamp, emporte la position d'Erigné. Il donnait ses ordres dans un chemin creux, lorsque des tirailleurs, s'avançant sur lui, le frappèrent d'une balle qui lui cassa le pouce ; il tenait un pistolet et, sans le quitter, il dit à ceux qui, le voyant couvert de sang, témoignaient de l'inquiétude : . Toutefois, il reste sur le champ de bataille mais sa blessure le force à quitter l'armée le lendemain. La Vendée va être en péril par la concentration des armées républicaines : La Rochejaquelein, Stofflet et Lescure couvrent Châtillon sans succès.

Bataille de Cholet Après la bataille de Cholet, où Bonchamps succombe également, La Rochejaquelein est devenu le chef du parti royaliste. dit : .

Le torrent des fuyards entraîne La Rochejaquelein jusqu'à Beaupréau. Devenu l'âme de son parti, ce jeune guerrier se voit engagé sous ces funestes auspices dans le passage de la Loire qu'il désapprouve. Sa première pensée est de couvrir et d'assurer la retraite : il laisse d'abord une forte arrière-garde à Beaupréau, lui ordonne de se défendre et de se porter ensuite rapidement sur les bords du fleuve.

Le , ont atteint Saint-Florent-le-Vieil pour passer sur la rive droite. La Rochejaquelein et Lescure s'opposent opiniâtrement à ce passage ou plutôt à cette fuite. La transmigration vendéenne fait renaître une armée royale qui, le , se trouve réunie tout entière à Varades, sur la rive droite.

Généralissime upright=0.8|vignette|Henri de La Rochejaquelein, le prince de Talmont et Jean Chouan à Mayenne en 1793, huile sur toile de Lucien Nouël de Latouche, 1864, historial de la Vendée.|alt=Peinture représentant La Rochejaquelein, debout, le prince de Talmont assis sur une chaise face à une table ou est présentée une carte et Jean Chouan, de dos, au milieu d'une foule d'hommes et des femmes sur une place de la ville.

Les généraux, n'ayant plus ni Bonchamps ni d'Elbée, sentent la nécessité de se donner un commandant en chef qui a la confiance générale. Lescure, blessé à mort, désigne La Rochejaquelein comme le seul capable de ranimer le courage des combattants de la Vendée. Tous les chefs le nomment, à l'unanimité, généralissime. Cela se passe au sein des ruines du vieux château de la commanderie templière situées sur le coteau de La Madeleine à VaradesAlphonse de Beauchamp, Lettre au comte de Neuilly, 1801, archives départementales de Loire-Atlantique, B 426. Il est donc nommé général en chef de l'Armée catholique et royale de Vendée. Il a à peine .

La virée de Galerne

Lorsque le plan de campagne a été arrêté dans les conseils et que l'on se soit décidé à se porter d'abord sur Laval et sur Rennes, l'armée lève ses tentes. Elle se met en mouvement, le , pour une expédition sur les côtes de Bretagne, où les Anglais font espérer des secours. Il est décidé qu'on marchera.

L'avant-garde est composée de , soutenus de de canon ; les meilleurs soldats et presque toute la cavalerie forment l'arrière-garde. Entre ces deux corps, chemine une troupe de femmes, d'enfants et de vieillards, qui s'élève à plus de personnes. La Rochejaquelein parait à la tête de l'armée, monté sur un cheval que les paysans avaient surnommé à cause de sa vitesse.

La Rochejaquelein dispose le gros des tirailleurs et deux pièces de canon en avant et les bagages au milieu de l'armée. Un corps républicain couvre Laval. À huit heures du matin, le 22, le général en chef fait commencer l'attaque ; les républicains, ébranlés, sont bientôt entraînés par les fuyards ; la cavalerie vendéenne achève de tout disperser. Le 26, les forces vendéennes font volte-face et remportent à Entrammes une brillante victoire.