Le sommet du G6 1975, appelé aussi sommet de Rambouillet, réunion du G6, réunit les dirigeants des démocratiques les plus industrialisés, ou G6, du au , dans la ville française de Rambouillet, à l'époque du serpent monétaire européen, auquel succèdera en 1979 le système monétaire européen. Il conduit à créer le G6 (qui deviendra le G7 l'année suivante puis G8 en 1997, pour redevenir G7 en 2014).
Participants Cette réunion au sommet a eu lieu du au au château de Rambouillet à Rambouillet en France à l'initiative du président de la République française Valéry Giscard d'Estaing est une rencontre entre les chefs d'État des cinq principaux pays occidentaux"Quand Giscard inventait le G6 à Rambouillet" par François-Guillaume Lorrain dans Le Point le 07/07/2021"Novembre 1975 : comment VGE a fondé le G7" par Jean-Louis Gombaud dans Le Parisien du 8 juin 2018 "Rambouillet 1975: Giscard, maître de cérémonie d’une première à six" le 14 août 2019 par Ludovic Vigogne, rejoints par l'Italie, afin de trouver une réponse coordonnée aux désordres monétaires, ancêtre des futurs G6 puis G7, quand ils seront rejoints par le CanadaSynthèse par l'Institut national de l’audiovisuel .
Six pays y ont participé :
Participants au G6 Membre Représenté par Fonction France Valéry Giscard d'Estaing Président Allemagne de l'Ouest (RFA) Helmut Schmidt Chancelier Italie Aldo Moro Président du Conseil Japon Takeo Miki Premier ministre Royaume-Uni Harold Wilson Premier ministre États-Unis Gerald Ford Président
À l'origine, le président français était opposé à la présence de l'Italie mais a dû se conformer à l'avis des autres participants qui souhaitaient sa présence. L'Italie se fit admettre, en .
Précédent en février 1975 En , les banques centrales américaine, suisse et allemande conclurent un accord pour coordonner leurs interventions sur le marché des changes pour soutenir le dollar, dont il fut fait référence à Rambouillet, mais sans réellement de suites volontariste.
Organisation Ce fut lors de la Conférence sur la sécurité de Helsinki () que le président français invita les Cinq à se réunir à Rambouillet à l'automne. Le président américain Gerald Ford, appuyé par le secrétaire d'État Henry Kissinger, accepta malgré des réticences initiales"De Rambouillet à Versailles : un bilan des sommets économiques", par Georges de Ménil, dans la revue Politique étrangère en 1982 .
Objectif L'objectif est stopper la baisse du dollar. Les Américains bénéficient d'une croissance de 13 % en rythme annuel depuis l'automne mais leur monnaie paie l'accroissement spectaculaire du déficit des paiements courants des États-Unis, qui entraîne des reports massifs sur une monnaie refuge, le mark allemand, pénalisant les autres monnaies européennes.
Déclaration et décision La réunion s'est conclue par la déclaration de Rambouillet qui est l'élément fondateur et qui fixe les motivations du G6.
Cette baisse du dollar va en réalité s'amplifier à la fin de "La nouvelle crise du dollar" dans Le Monde du 20 décembre 1977 avec les sondages donnant une nette victoire de Jimmy Carter à l'élection présidentielle américaine de 1976, car il est réputé favorable à des taux d'intérêts américains bas.
Résultat du sommet Le résultat du sommet de Rambouillet de 1975, selon des économistes, . Les Américains acceptent de limiter l'ampleur des variations de change par une action des banques centrales mais refusent le retour à une parité fixe : un document franco-américain déclare qu'un régime de parités fixes ne pourra être rétabli que par un vote au FMI à la majorité de 85 %, ce qui fait que Paris reconnaît, de fait, le régime actuel de changes flottants, en échange de faire , le principe d'un retour aux parités fixes, qui n'aura pas lieu"La rencontre de Rambouillet" par Frédéric Pottier, dans la revue Politique étrangère en 1976 . Un mécanisme d'appel et d'orientation générale est organisé entre directeurs du Trésor et ministres des Finances, mais sans disposition sur une parité centrale, .
L'accord de Rambouillet a pu faire l'objet d'interprétations contradictoires, les seules contraintes effectives étant celles qui résultent de l'appartenance au serpent communautaire.
Suites Dévaluation de la peseta en Après celle de la lire à la fin du mois de janvier, la dévaluation impromptue de la peseta espagnole en février, déclenchant des , est la cause de , le feu sous la cendre s'étant , obligeant les banques centrales d'Allemagne et de France à mais cette fois pour le franc et plus le dollar, soutenu lui par la Réserve fédérale américaine"Le " serpent " européen à l'épreuve" par Philippe Labarde dans Le Monde du 16 février 1976 , , selon le ministre français de l'Économie, Jean-Pierre Fourcade.
Le porte-parole du gouvernement allemand doit démentir le l'hypothèse d'une réévaluation du deutschemark, sur laquelle parie la spéculation après cette le , de 11 % environLa Banque d'Espagne abaisse à 11 % son niveau moyen d'intervention vis-à-vis du dollar, le nouveau plancher étant de 66,54 pesetas pour ., trois semaines après celle, de fait aussi, de la lire italienne. Comme la lire, la peseta souffre de fuites de capitaux dues la situation politique en Espagne après la mort du dictateur Franco le et le troisième gouvernement du franquiste Carlos Arias Navarro, formé le , dont les mesures « libérales » déçoivent l'opposition antifranquiste, très sceptique Jesús Martínez, Historia de España. Siglo XX (1939-1996), 1976, page 228 et que le roi remplace seulement en par Adolfo Suárez, dans l'attente de la réforme des institutions via la loi du et un référendum un mois après. Des grèves de cent mille personnes se tiennent à Madrid le , s'étendent , et dix-huit personnalités réclament face à la montée des prix et du chômage, une "rupture démocratique". en attendant le discours d'Arias Navarro du ., après lequel les marchés attendent toujours un qui puisse lancer un et le déficit de la balance commerciale DE de dollars en 1975, comme en 1974., un référendum national et la légalisation des partis politiques de gauche. se faisant attendre jusqu'en mars..
Démenti des rumeurs de dévaluation du franc Cette de la peseta sur les monnaies faibles, franc français et franc belge., tandis que la Banque d'Angleterre a dû intervenir pour soutenir sa monnaie, mais un réajustement semble proscrit car les banques centrales considèrent alors qu'elles ne peuvent pas céder à la spéculation .
Philippe Labarde, dans Le Monde, relève la rumeur voulant que la Banque de France a déjà dépensé 30 % de ses réserves en devises, aux spéculateurs étrangers mais aussi à des . Les banques françaises n'étant pas autorisées à leur prêter, les premiers empruntent des francs en France, entraînant une tension sur les taux de l', pour les vendre contre des marks. Autre scénario évoqué, une réévaluation légère du deutschemark, de 4 % à 5 %, jugée insuffisante.
, constate à nouveau le Le Monde., en notant que Jean-Pierre Fourcade a été contraint de démentir une éventualité de dévaluation, pour accompagner les déclarations de Hans Friderichs, ministre ouest-allemand de l'Économie, dans une interview à l'hebdomadaire économique Wirtschaftswoche.
Est organisé alors une sorte de "tête-à-tête à quatre" avec Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Helmut Schmidt et son vice-chancelier Hans-Dietrich Genscher, président du Parti libéral-démocrate (FDP), second parti de la coalition de Bonn, la présence du Premier ministre français étant censé rassurer les marchés des changes sur l'absence de dévaluation.
Solutions proposées contre la montée de la spéculation Une semaine après qu'il a annoncé à la mi-mars que la France sortait du Serpent monétaire européen, Gilbert Gantier, député giscardien (républicain indépendant) de Paris, réclame une "fusion du mark et du franc", le , afin de faire et éviter au néfastes à l'économie ouest-allemande.. L'économiste Serge-Christophe Kolm réclame lui quinze jours après le passage à un "serpent monétaire réel"., où , afin d'éviter les anticipations spéculatives autoréalisatrices causées par le "serpent nominal", , qui ne limite que les variations des parités des monnaies alors qu'il faudrait limiter plutôt celle des parités des pouvoirs d'achat, ce qui fait que . Ce "serpent réel", plus efficace car plus modeste, limiterait la coopération entre nations à .
Parmi les autres causes de la spéculation sur la baisse du dollar et la hausse du mark, Le Monde note le désengagement américain du Vietnam, la prise en main de l'Angola par une formation soutenue par l'Union soviétique et les spéculations sur les résultats de l'élection présidentielle américaine de aux États-Unis.
Les économistes s'aperçoivent au même moment que les , ont pris "La parité franc-deutsche mark depuis l'automne 1976", par Erik-Gérard Buis, professeur à l'Université de Bretagne occidentale, dans la revue Economie et Statistique en 1980 , avec un marché des changes désormais , aussi bien de la part des trésoriers d'entreprises par le jeu du termaillage que des spéculateurs détenteurs de capitaux flottants: du printemps 1973 à l'automne 1976), la parité entre franc et mark s'est , puis qu'à partir du plan Barre de l'automne 1976, le franc s'est mieux comporté , les autorités françaises s'étant . Ainsi, de l'automne 1976 au second trimestre 1980, le rapport des prix français aux prix allemands s'est dégradé de 24,1 % alors que la monnaie allemande ne s'est appréciée que de 12,4 %.
Ils constatent en 1976 la forte croissance du montant des euromonnaies, de 28 % par an en moyenne contre 13 % par an pour les réserves des banques centrales, dont la marge de manœuvre face aux devient "La flexibilité des changes : modélisation et conséquences macroéconomiques" par Patrick Artus et Pierre Morin dans la revue Économie & prévision en 1979.
Chronologie : le franc dévalué de 58 % ( = ) rupture de l'unité monétaire de l'Empire français. : dévaluation de 44 % ( = ). : dévaluation ( = ). : dévaluation du franc après celle de la livre ( = ). : le président du Conseil, Antoine Pinay, annonce «un gouvernement de défense du franc»; emprunt indexé sur l'or. 1957-1958 : plan Félix Gaillard de redressement (dévaluation de fait de 20 %). : dévaluation de Gaulle de 17,7 %Les grandes dates de l'histoire du franc Par Le Nouvel Obs le . : création du nouveau franc. 1967 : la livre sterling abandonne l'étalon-or et subit dans la foulée « une forte dévaluation »Article par Jamie McGeever, pour Reuters, le 10 octobre 2016 . : premier amendement aux statuts du FMI, créant les DTS, toute référence à l'or est bannie. : dévaluation de 11,6 % du franc, puis sa parité fluctue peu. et : relance de La Haye réunissant les chefs d'État des Six de la Communauté économique européenne. début 1971 : pour sortir les États-Unis de la récession, la Réserve fédérale américaine pratique une politique monétaire accommodante"L'éclatement du système monétaire de Bretton Woods", Université du Luxembourg . début 1971 : les pays européens confrontés à une surchauffe et une inflation élevée. : un milliard de dollars achetés par l'Allemagne. Et comme en 1969, le gouvernement allemand ferme le marché des changes. : le Conseil européen approuve la proposition de Bonn d'un flottement général des monnaies, les autorités allemandes, belges et néerlandaises cessent de soutenir le dollar, envolée du Deutsche Mark jusque là fixé à Article le 5 juin 2013 dans Contrepoints par Guillaume Nicoulaud . : les États-Unis suspendent la convertibilité-or du dollar à prix fixe, taxent de 10 % les importations et allègent la fiscalité des investissements. Le dollar entame une baisse qui va atteindre 70% face au mark en une vingtaine d'années"La France peut se ressaisir" chez l'Éditeur Messidor, par Philippe Herzog en 1987 Fin : hausses face au dollar, de 9,7 % du mark, 8,1 % du florin, 7,3 % du franc belge, 4% du sterling et 2,4 % du franc.