Le Gardon, ou Gard, est une rivière du Sud de la France, située dans les départements du Gard et de la Lozère, dans la région administrative Occitanie. Il prend sa source dans les hautes Cévennes. C'est un affluent droit du Rhône, dans lequel il se jette après un parcours de , onglet « Informations » (sous la carte).. La terminologie Gard éponyme du département, est aujourd'hui moins fréquente quoique toujours usitée.
Les gorges du Gardon sont partiellement incluses dans la réserve naturelle régionale des gorges du Gardon.
Hydronymie
Le Gardon désigne différents cours d'eau du bassin versant des Gardons : certains d'entre eux en sont de simples sections (par exemple, le Gardon d'Anduze), tandis que d'autres constituent de véritables affluents (par exemple, le Gardon d'Alès).
Dans l'acception locale courante, le Gardon au sens strict débute à la confluence du Gardon d'Alès et du Gardon d'Anduze et se termine à sa confluence avec le Rhône.
Le terme « Gardon » associé au nom d'une ville ou village est utilisé de façon générique pour la plupart des affluents de ce cours d'eau. Il est donc difficile d'établir quelle rivière est l'affluent de l'autre puisque presque toutes sont appelées « Gardon ». Au fur et à mesure qu'on remonte le cours d'eau, chaque embranchement (si les deux rivières sont d'importance égale) génère deux gardons, et ainsi de suite.
Néanmoins, pour les besoins de sa classification, le service d’administration nationale des données et référentiels sur l’eau (SANDRE) considère que la rivière principale est le Gardon qui prend sa source à Saint-Martin-de-Lansuscle, près du Prat Reboubalès (), à .. Le Gardon « officiel » correspond donc aux sections : Gardon de Sain-Martin, Gardon de Mialet, Gardon d'Anduze, Gardon.
Sections Le Gardon « officiel » — celui qui prend sa source à Saint-Martin-de-Lansuscle et qui se jette dans le Rhône, à Vallabrègues — est habituellement divisé en cinq sections. Ces sections (qui ne doivent pas être confondues avec les affluents) reçoivent les désignations suivantes (d'amont en aval) :
la première section est appelée Gardon de Saint-MartinLe Gardon de Saint-Martin n’est pas référencé comme cours d'eau par le SANDRE.. Elle commence à la source (Saint-Martin-de-Lansuscle) et se prolonge jusqu'à Saint-Étienne-Vallée-Française. Le Gardon de Saint-Martin reçoit le Gardon de Saint-Germain, qui conflue à au nord de Saint-Étienne-Vallée-Française ; la deuxième section est appelée Gardon de Saint-Étienne. Elle commence à Saint-Étienne-Vallée-Française et se prolonge jusqu'à Mialet ; la troisième section est appelée Gardon de MialetLe Gardon de Mialet n’est pas référencé comme cours d'eau par le SANDRE.. Elle commence à Mialet et se prolonge jusqu'à Anduze. Le Gardon de Mialet reçoit le Valat du Théronnel. à en aval de la confluence du Gardon de Sainte-Croix ; la quatrième section est appelée Gardon d'AnduzeLe Gardon d'Anduze n’est pas référencé comme cours d'eau par le SANDRE.. Elle commence en aval d'Anduze et se prolonge jusqu'au confluent du Gardon d'Alès, en amont de Ners ; La cinquième section est simplement appelée Gardon (sans plus de précision). Elle commence à Ners et se prolonge jusqu'au confluent avec le Rhône, à Vallabrègues. C'est cette dernière section qui est franchie par le célèbre pont du Gard.
Géographie Cours de la rivière Le Gardon « officiel » prend sa source à Saint-Martin-de-Lansuscle, près du Prat Reboubalès (), à dans les Cévennes. Il dessend les vallées Cévenoles dans une vallée assez étroite et quitte les Cévennes à Anduze. Il rejoint ensuite la plaine d'Alès où il est rejoint par le Gardon d'Alès.
C'est ici que commence le Gardon au sens strict : à la confluence du Gardon d'Alès et du Gardon d'Anduze en amont de la commune de Ners, entre les communes de Cassagnoles et Vézénobres, à .
Il incise ensuite le massif des Garrigues par les Gorges du Gardon.
La rivière conflue en rive droite du Rhône à , sur la commune de Vallabrègues..
Il est franchi par le pont du Gard, pont-aqueduc romain du . .
Communes et cantons traversés Dans les deux départements de Lozère et du Gard, le Gardon « officiel » (Gardon de Saint-Martin, Gardon de Mialet, Gardon d'Anduze, Gardon) traverse ou borde trente-huit communes (d'après la carte de Géoportail) rajoute quatre communes : Nîmes (erreur, le Gardon n'est jamais à moins de de la limite nord de la commune de Nîmes ; voir le Gardon et le nord de la commune de Nîmes, sur Géoportail), Cassagnas (erreur du côté de la source, voir la partie sud de la commune de Cassagnas, sur Géoportail), Moissac-Vallée-Française et Sainte-Croix-Vallée-Française (pour ces deux dernières communes, confusion avec le Gardon de Saint-Croix, affluent du Gardon). Par ailleurs, la fiche du SANDRE liée en référence () n'inclut pas Castillon-du-Gard, qui pourtant touche la rivière par son coin sud-ouest (voir Castillon-du-Gard, sur Géoportail). et douze cantons. D'amont en aval :
À l'exception des trois premières situées en Lozère, toutes ces communes se trouvent dans le Gard.
Sernhac n’est pas directement touchée par le Gardon, mais la commune inclut un étang de attenant au Gardon auquel il est relié par un goulet d'à peine de long pour de largeur.
Les traversées par le Gardon couvrent une superficie de plus de à , incluant avec une densité de .
En termes de cantons, le Gardon prend source dans le canton de Saint-Germain-de-Calberte, traverse les canton de Saint-Jean-du-Gard, canton de Lasalle, canton d'Anduze, canton de Lédignan, canton de Vézénobres, canton de Saint-Chaptes, canton de Marguerittes, canton d'Uzès, canton de Remoulins, canton d'Aramon, et conflue sur le canton de Beaucaire.
Bassin versant thumb|Confluence du Gard (au premier plan) et du Rhône (en arrière-plan) près de Comps. Le Gardon fait partie du bassin du « Rhône et cours d'eau côtiers méditerranéens ». Le Gardon et ses affluents forment dix zones hydrographiques, couvrant une surface totale de . D'amont en aval : le Gard de sa source au Gardon de Sainte-Croix (V710). ; le Gardon de Sainte-Croix (affluent coulant depuis l'E-N-E, zone V711 au sud de la précédente). ; le Gard du Gardon de Sainte-Croix au Gardon de Saint-Jean (V712). ; le Gardon de Saint-Jean (affluent en rive gauche, zone V713 au sud de la précédente). ; le Gard du Gardon de Saint-Jean au Gardon d'Alès (V714). ; le Gardon d'Alès (V715). ; le Gard du Gardon d'Alès à la Droude incluse (V716). ; le Gard de la Droude au Bourdic inclus (V717). ; le Gard du Bourdic à l'Alzon inclus (V718). ; le Gard de l'Alzon au Rhône (V719)..
Organisme gestionnaire L'établissement public territorial de bassin chargé des Gardons est l'EPTB Gardons..
Affluents Le Gardon a soixante-trois (63) affluents référencés sur la base SANDRE, onglet « Affluents » (sous la carte).. Les principaux - de plus de de longueur - sont, d'amont en aval (RD : rive droite ; RG : rive gauche) :
le Gardon de Saint-Germain (, RG, conflue à en amont de Saint-Étienne-Vallée-Française, dans la section du Gardon appelée « Gardon de Saint-Martin »). le Gardon de Sainte-Croix (, RD, conflue à au sud de Saint-Étienne-Vallée-Française). le Gardon de Saint-Jean (, RD, conflue à l'est de Corbès). ruisseau de Borgne (, RD). la Salindrenque (, RD). l'Amous (, RG, conflue juste avant Anduze). ruisseau de l'Ourne (, RD, conflue au nord d'Attuech). le Gardon d'Alès (, RG, conflue au sud de Vézénobres). le Dourdon (, RG, conflue avec le Gardon d'Alès au Collet-de-Dèze). le Galeizon (, RD, conflue avec le Gardon d'Alès à au nord d'Alès). la Salindre (, RD). l'Alzon (, RD, conflue à Saint-Christol-lez-Alès). l'Avène (, RG, conflue dans le Gardon d'Alès au sud-ouest de Saint-Hilaire-de-Brethmas). l'Arias (, RD, conflue avec l'Avène à au N-E de Saint-Privat-des-Vieux). ruisseau de Carriol (, RD, conflue avec le Gardon d'Alès à en amont de la confluence de ce dernier avec le Gardon). la Droude (, RG, conflue à Moussac). ruisseau de l'Auriol (, RD, conflue au sud de Saint-Chaptes). ruisseau de Braune (, RD, conflue en bordure N-E de Dions). ruisseau de Teulon (, RG, conflue avec le ruisseau de Braune en bordure nord de Gajan). ruisseau de la Tourancelle (, RD, conflue avec le ruisseau de Braune à au nord de Gajan). le Pierrau (, RD, conflue avec le ruisseau de Braune à au N-O de La Calmette). l'Esquielle (, RG, conflue avec le ruisseau de Braune à au nord de La Calmette. ; mais une branche rejoint aussi directement la rive gauche du Gardon, ce qui fait également de l'Esquielle un affluent direct du Gardon) le Bourdic (, RG, conflue à l'ouest de Sainte-Anastasie). le Valat de Gouloubert (, RG, conflue avec le Bourdic à en amont de la confluence de ce dernier avec le Gardon). l'Alzon (, RG, conflue à Collias). les Seynes (, RD, conflue avec l'Alzon à au sud-est d'Uzès). la Valliguière (, RG, conflue à au S-E de Remoulins).
Hydrologie Le Gardon à Sanilhac-Sagriès Le débit moyen interannuel du Gardon a été mesuré sur une période de à Sanilhac-Sagriès. Il se monte à pour une surface de bassin de ., soit près de 72 % de son bassin versant ().
La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit typiques du régime cévenol, avec des hautes eaux d'automne et d'hiver à double sommet. Le premier sommet, en octobre, résulte des pluies d'automne et affiche un débit mensuel moyen de . Il est suivi d'une chute légère à en novembre-décembre, puis d'un nouveau sommet allant de 62 à en janvier-février (avec un maximum en janvier). Il s'ensuit une baisse progressive des débits, se terminant en une période d'étiage parfois sévère en juillet-août, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de au mois de juillet.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 du Gardon peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche. Comme la plupart des cours d'eau d'Europe occidentale et notamment sur le pourtour méditerranéen, le Gardon a été très affecté par la sécheresse consécutive à la canicule de l'été 2003.
Crues vignette|Plaques sur le mur de la bambouseraie en Cévennes, indiquant le niveau des crues du Gardon d'Anduze.
Les crues peuvent être extrêmement importantes, comme celles de 1958 et de septembre 2002. Elles sont connues localement sous le nom de gardonnades et se produisent généralement à la suite des orages cévenols, à l'instar de l'Ardèche et du Vidourle voisins.
Les valeurs du débit instantané maximal ou QIX sont les suivantes : QIX 2 : QIX 5 : QIX 10 : QIX 20 : QIX 50 : non disponible, mais plus élevé que le QIX 20
Le débit maximal instantané enregistré à Sanilhac-Sagriès est de (autant que le débit moyen du Rhin aux Pays-Bas), tandis que le débit maximal journalier observé à la station vaut . Toutes ces valeurs doivent être augmentées, du fait que les observations ne concernent que 72 % du bassin versant total du Gardon.
Pour la crue majeure du , la fourchette du débit estimée à Remoulins serait de à .
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin versant de la rivière est de , ce qui est très élevé, mais un peu moindre que celle de l'Ardèche, ce qui résulte du fait que la partie cévenole très arrosée du bassin de l'Ardèche est nettement plus vaste que celle du Gardon. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint de bassin.
Aménagements
Vers la fin des années 1960 la population locale s'est fermement opposée au projet de construction d'un barrage écrêteur de crues près de Saint-Jean-du-Gard. Ce projet aurait noyé la « vallée des Camisards », où coule le Gardon de Saint-Jean, à en amont de la ville. mais a finalement été abandonné..
Écologie thumb|Pistachier térébinthe sur les garrigues calcaires des gorges du Gardon.