Le Douglas A-4 est un avion d'attaque (surnommé « scooter ») léger construit par les États-Unis, initialement destiné à être embarqué à bord de porte-avions.
Robuste, efficace et peu coûteux, cet avion rencontre un important succès commercial avec près de construits pour une dizaine de pays utilisateurs. Mis en service en 1956 dans la marine américaine et resté en production pendant , le dernier étant livré le , il est toujours utilisé en 2018 par le Brésil et l'Argentine, Israël l'ayant retiré du service en 2015.
Entre 1974 et 1986, le Skyhawk équipe la patrouille acrobatique des Blue Angels de la marine américaine.
Des sociétés privées, la canadienne Top Aces Inc. et l'américaine Draken International utilisent des A-4N Skyhawk modernisés pour leurs services de formation de pilotes...
Historique Conception vignette|gauche|Le XA4D-1, prototype du en 1954. En 1951, constatant l'augmentation rapide de la masse des avions militaires, Edward Henry Heinemann, ingénieur en chef de Douglas, demande à son équipe de concevoir un avion de chasse léger. Le résultat de cette étude, menée sur les fonds propres de la société, est soumis à la marine américaine en , alors que celle-ci cherche plutôt un avion d'attaque au sol destiné à remplacer le Douglas AD SkyraiderKilduff 1983, pp. 14–15.. Elle demande donc à Douglas de revoir sa copie et de répondre aux exigences suivantes : vitesse de , rayon d'action de , emport d'une charge de (potentiellement une bombe atomique) et masse inférieure à .
Quelques semaines plus tard, Douglas propose un avion deux fois plus léger, volant plus vite que demandé avec un rayon d'action supérieur de , et n'a donc aucun mal à décrocher un contrat de développement. L'idée de base était d'utiliser une aile delta qui permettait de stocker une bien plus grande quantité de carburant qu'une aile en flèche classique. De plus, l'envergure réduite supprimait le besoin d'un système de repliage des ailes pour le stockage sur porte-avions, permettant ainsi de gagner de la place.
thumb|Douglas A4D-1 Skyhawk vers 1954 Le premier prototype, désigné XA4D-1, fait son vol inaugural le . Il est suivi deux mois plus tard par le premier avion de série, équipé d'une tuyère et d'un pare-brise modifiés, de deux canons de calibre , et capable d'emporter de charge sur trois pylônes. Les livraisons de A4D-1 (ou A-4A en 1962) à l'US Navy commencent en , l'US Marine Corps recevant ses premiers avions en .
Le , un A4D-1 établit un nouveau record de vitesse sur circuit de , avec une moyenne de . thumb|A-4B du VA-163 armé d'un missile Bullpup en 1963 vignette|gauche|Un A4D-2 (A-4B) ravitaille en vol un F8U-1P (RF-8A) au début des années 1960. Quelques mois plus tard, une version modifiée apparaît, le A4D-2 (ou A-4B en 1962) selon la nouvelle appellation, avec une dérive renforcée, une perche de ravitaillement en vol fixe et quelques autres améliorations, notamment la capacité de tirer le missile air-sol AGM-12 Bullpup. Cette version est aussi capable de transporter un réservoir de ravitaillement en vol en position centrale. L'A4D-2 a été le premier appareil à introduire le ravitaillement en vol entre appareils. Ce système permet à un A4D-2 de ravitailler d'autres appareils du même type, réduisant ainsi le besoin d'avions ravitailleurs dédiés – un avantage considérable pour les forces aériennes légères ou lors d'opérations en zones isolées. Il en résulte une flexibilité opérationnelle grandement accrue et une meilleure protection contre la perte ou le dysfonctionnement d'un avion ravitailleur, même si cette procédure réduit la force de combat effective embarquée sur le porte-avions.
Versions pour les États-Unis vignette|gauche|Deux A-4C du VA-146 « Blue Diamonds » embarqués sur le USS Constellation (CVA-64) au-dessus du golfe du Tonkin en aout 1964; l'USS Kearsarge (CV-33) est visible en arrière-plan. La première version capable de voler de nuit ou par mauvais temps, l'A4D-2N ou A-4C selon sa nouvelle appellation, apparaît mi-1958. Elle est équipée d'un radar d'évitement de terrain, d'un système de bombardement à basse altitude, d'un pilote automatique, d'un réacteur offrant 10 % de puissance supplémentaire, et de diverses autres modifications.
Il faudra ensuite attendre pour assister au premier vol de la version suivante, l'A4D-5, ou A-4E nettement améliorée : son nouveau réacteur moins gourmand en carburant lui offre une autonomie bien supérieure, les deux pylônes ajoutés sous les ailes font passer la capacité d'emport de charge à , et de nombreuses modifications sont apportées à l'électronique de bord.
vignette|droite|Un A-4F de la patrouille acrobatique des Blue Angels en 1983 (sont présents sur la photo les acteurs John Travolta et Olivia Newton-John). Mi-1965 vole le premier exemplaire de la version biplace d'entraînement TA-4E/TA-4F, qui conserve toutes les capacités opérationnelles des versions monoplaces. Le fuselage est allongé de pour loger le second poste de pilotage et un réacteur plus puissant est installé. thumb|left|A-4F du VA-127 en 1975 Parallèlement, une version A-4F est commandée pour fournir de nouveaux avions destinés à compenser les pertes dues à la guerre du Viêt Nam. Elle fait son premier vol fin et dispose entre autres du réacteur de la version biplace, ainsi que d'un train d'atterrissage avant modifié. Alors que les livraisons ont commencé, il s'avère nécessaire d'intégrer de nouveaux équipements électroniques. Comme plus aucune place n'est disponible dans le fuselage, un conteneur spécial est ajouté sur le dos, formant une bosse entre le poste de pilotage et la dérive. Cette modification est apportée aux A-4F déjà livrés ainsi qu'aux A-4E encore en service, dont la plupart reçoivent également le nouveau réacteur.
vignette|gauche|Deux TA-4J biplaces de l'US Navy En 1968 apparaît une nouvelle version biplace TA-4J, sur laquelle le système de ravitaillement en vol et la plupart de l'armement sont retirés. L'année suivante, des unités de réserves sont modifiés par remplacement du réacteur et ajout du conteneur électronique dorsal, devenant ainsi des . vignette|droite|Le dernier Skyhawk A-4M livré à l'United States Marine Corps Aviation le 27 février 1979 arbore les drapeaux des pays clients de cet avion. En vole le premier exemplaire de la version A-4M, spécifiquement développée pour l'US Marine Corps. Elle dispose en particulier d'un réacteur avec 20 % de puissance supplémentaire, d'un poste de pilotage offrant une meilleure visibilité au pilote, et d'un parachute de freinage. Cette version recevra d'autres améliorations au fil du temps, concernant principalement l'électronique embarquée, avec par exemple un système de visée laser installé dans le nez
Enfin, en 1978, l'US Marine Corps fait modifier des biplaces TA-4F pour s'en servir d'avions de contrôle aérien avancé. Ces avions sont alors désignés OA-4M et reçoivent la plupart des systèmes électroniques installés sur le A-4M.
Le VMA-131 de l'US Marine Aircraft Group 49 (Les « Diamondbacks ») retira ses quatre derniers OA-4M le . Les versions d'entrainement des Skyhawk furent utilisées par l'US Navy, comme "agresseurs", "imitant" le Mikoyan-Gurevich MiG-17. Ils servirent dans ce rôle à l'United States Navy Fighter Weapons School ou "Top Gun" jusqu'en 1999.
À la fin de la saison 1973 de ses démonstrations en vols, la patrouille acrobatique de l'US Navy, (les ), mit ses McDonnell Douglas à la retraite, et commença à s'entraîner pour la saison 1974 sur l' .. Huit exemplaires furent initialement modifiés pour cette utilisation, voyant leur « bosse de chameau » retirée et recevant un parachute de freinage, un système d'alimentation en carburant pour le vol inversé (accumulateurs de vol inversé), ainsi qu'un système de production de fumée. Ils reçurent également une échelle rétractable intégrée, leurs stabilisateurs horizontaux reçurent un réglage d'angle d'incidence différent, et leurs becs de bord d'attaque furent définitivement scellés en position rétractée. Dix-huit exemplaires modifiés de l' furent utilisés au cours de leurs treize années de service au sein des . La patrouille acrobatique reçut également quatre pendant cette période. Les furent eux-mêmes remplacés par les McDonnell Douglas F/A-18 en . Les derniers de l'US Navy, des TA-4J utilisés comme « adversaires » au cours des entraînements au sein du composite squadron VC-8 à la Station Navale Roosevelt Roads, furent officiellement retirés du service le .
Marché civil Outre les A-4 acquis par divers musées, quelques dizaines d'appareils d'occasion démilitarisés ont été reprises par des particuliers, collectionneurs privés, associations et entreprises. La Federal Aviation Administration en compte, en , 49 enregistrés aux États-Unis.. Entre autres, Draken International fondé en 2012 en Floride possède dans sa flotte 11 A-4 anciennement néo-zélandais.. En 2019, la société française Secapem en utilise deux.. Airborne Tactical Advantage Company en avait acquis 10 en 2008 qui ont été retirés en 2012..
Engagements vignette|droite|A-4C argentin de la durant la guerre des Malouines sur la base de Mendoza-El Plumerillo, le 24 mai 1982 Le Skyhawk a été utilisé au combat : par les États-Unis pendant la guerre du Viêt Nam ; par Israël pendant la guerre d'usure avec l'Égypte, la guerre du Kippour, et son invasion du Liban de 1982 ; par l'Argentine pendant la guerre des Malouines ; par le Koweït pendant la guerre du Koweït (1990-1991).
Combats air-air Le Skyhawk n’a jamais été conçu pour le combat air-air, de ce fait, quand deux Skyhawk abattent des MiG-17, c’est une performance, d’autant plus que deux des trois MiG-17 abattus le sont par des roquettes air-sol. Pendant la guerre du Viêt-Nam, le , un A-4C Skyhawk piloté par Lieutenant Commander Theodore Swartz abat un Mig-17 avec une roquette Zuni., c'est le seul Mig-17 abattu par un Skyhawk durant la guerre du Viet-Nam..
Durant la guerre d'usure dans le conflit israélo-arabe, le le colonel Ezra Dota abat lui aussi un MiG-17 avec une roquette air-sol.. Quelques instants plus tard, il a aussi abattu un second MiG-17, mais cette fois avec ses canons de calibre .
La Marine Australienne mit en service la version A-4G. Cette version a été spécialement conçue pour la Marine Australienne qui cherchait à équiper le porte-avions pour des missions de défense de la flotte. Cette version fut équipée d’un radar AN/APG-53A à capacité air-air et avec la possibilité d’emporter 4 missiles Sidewinder.
Pertes
Le 13 janvier 1955, le YA-4D-1 Skyhawk « Mighty Midget » s'est écrasé et a pris feu après de violentes vibrations lors d'un vol d'essai à grande vitesse à 25 miles de Victorville. Le pilote d'essai de la Navy, le lieutenant-commandant James B. Verdin (36 ans), s'est éjecté à 9 144 mètres d'altitude, mais son parachute n'a pas fonctionné.. Le 7 septembre 1956, le YA-4D-1 Skyhawk s'est écrasé lors de l'approche à NAS Patuxent River, le pilote est mort. le , dans le cadre de l'opération Rolling Thunder lors des préparatifs de lancement d'un F-4 Phantom II à bord de l'USS Forrestal dans le golfe du Tonkin, une roquette Mk 32 Zuni s'est déclenchée accidentellement et a touché un réservoir de carburant externe monté sur l'aile d'un A-4E en cours de catapultage, provoquant des incendies et l'explosion de bombes. Bilan : 134 morts, 161 blessés, 21 avions perdus à bord dont 11 A-4E Skyhawk (n° 149996, 150064, 150068, 150084, 150115, 150118, 150129, 152018, 152024, 152036, 152040).. le , 6 A-4E Skyhawk de l'US Marine Corps (n° 150041, 151043, 151060, 151124, 151127, 151149) détruits au sol sur la base aérienne de Chu Lai, au Vietnam, lors d'une attaque au mortier du Viet-Cong.; Du 6 au , durant la guerre du Kippour, 8 A-4E Skyhawk de l'Israeli Air Force (IDF/AF) sont abattus par des MiG-21FL/MF et MiG-23MS syriens..