Jean Gigoux, né Jean François Gigoux le à Besançon et mort à Paris le , est un peintre, dessinateur, lithographe, illustrateur et collectionneur d'art français.
Biographie vignette|Portrait d'Anna Hanska (Anna Mniszech) (1853), fille de Madame Hanska, pastel, Paris, Maison de Balzac.
Jean Gigoux est né dans une maison située au n°2 de l'actuelle place Jean Gigoux à Besançon. Son père, Claude Étienne Gigoux (parfois orthographié Gigout) est maréchal-ferrant. Originaire de Seveux (Haute-Saône), il a épousé à Besançon le 20 frimaire de l'an V () Jeanne Françoise Lamarche, elle aussi originaire de Haute-Saône. Trois filles naissent de leur union avant la naissance de Jean et de sa sœur jumelle Élise, le . Jean Gigoux étudie à l'École des beaux-arts de Besançon, puis à l'École des beaux-arts de Paris en 1828.
En 1833, il collabore au Magasin pittoresque. En 1835, il illustre de 850 gravures sur bois le Gil Blas de Lesage, ce qui lui vaut une grande notoriété.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , puis est promu officier le .
Il publie en 1885 une série de Causeries sur les artistes de son temps.
Octave Mirbeau, dans La mort de Balzac, prête à Gigoux, selon ses propres confidences, une liaison avec Éveline Hanska durant l'agonie de Balzac.
Il vécut avec la comtesse Hańska, la veuve d'Honoré de BalzacEn 1907, l'écrivain et polémiste Octave Mirbeau provoque un scandale en consacrant trois chapitres à la mort de Balzac dans son récit de voyage, La 628-E8, où il raconte que la comtesse Hanska batifolait avec Jean Gigoux pendant que Balzac agonisait dans une chambre voisine. Il retira ces chapitres alors que le volume était déjà imprimé, à la demande de la fille de la comtesse..
À sa mort en 1894, il lègue plus de dessins et 460 tableaux des écoles espagnole, nordique, allemande et anglaise au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, dont il devint ainsi l'un des quatre principaux donateurs. Parmi les peintures se trouvent Le Christ par Filippino Lippi, L'Ivresse de Noé par Giovanni Bellini, un Portrait d'homme par Titien, Voyageurs dans une forêt par Dosso Dossi, un Portrait de femme par Dirck Jacobsz, La Nymphe à la source par Lucas Cranach l'Ancien, Anges portant les instruments de la Passion par Simon Vouet, Le Ravissement de sainte Madeleine par le même, Deux Jeunes Phoques sur un rivage par Paul de Vos, Saint Roch par Giambattista Tiepolo, Cannibales contemplant des restes humains et Cannibales préparant leurs victimes par Francisco de Goya, le Portrait de Jean-Baptiste Desdéban par Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait d'homme en Oriental par Théodore Géricault, Jeune Fille dans une vasque par Paul Delaroche
Les catalogues de la collection et des œuvres de Gigoux ont été publiés l'année suivant sa mort par Alexandre EstignardAlexandre Estignard, Jean Gigoux, sa vie, ses œuvres, ses collections, Besançon, Delagrande-Louys, 1895, illustré de 22 phototypies.. Une tombe-monument lui est consacrée au cimetière des Champs Bruley de BesançonHenry Jouin, Jean Gigoux : Artistes et gens de lettres de l'époque romantique, t. 1, Collection XIX, 2016, 131 p..
Une exposition lui a été consacrée au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2007-2008.
Les peintures murales de la chapelle Sainte-Geneviève dans l'Eglise Saint-Germain-L'Auxerrois
Jean Gigoux reçoit en 1838 la commande des décors de la chapelle Sainte-Geneviève dans l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris. La commande lui est passée par le ministère de l'Intérieur le 9 juillet 1838 pour la somme de quatorze mille francsAN, F/21/4397, dossier 35 : arrêté du ministère du l’intérieur pour la commande de la chapelle Sainte Geneviève.
La chapelle se situe dans le bas-côté gauche de l'édifice. Elle présente un espace assez simple, composé de trois pans de murs éclairés par un large vitrail central. Les deux parois latérales sont ornées de toiles de forme ogivale mesurant cinq mètres de hauteur sur trois mètres de largeur. La partie inférieure est garnie de motifs quadrilobés et de médaillons. Sous le vitrail sont figurés les portraits de sainte Geneviève (à droite) et saint Germain (à gauche). Sur la paroi de droite est représenté Saint-Germain évêque d’Auxerre passant à Nanterre et consacrant sainte Geneviève à Dieu. En dessous du tableau monumental, deux médaillons quadrilobés illustrent des épisodes de la vie de la Sainte, à savoir : Sainte Geneviève rendant visite aux prisonniers et Sainte Geneviève priée par les parisiens devant sa chasse. L’épisode de la visite aux prisonniers renvoie à un épisode survenu entre la sainte et le roi Childéric, fondateur supposé de Saint-Germain-l’Auxerrois.
Sur la paroi opposée, Jean Gigoux représente Sainte-Geneviève soutenant le courage des habitants de Paris. Dans les médaillons inférieurs sont représentées Sainte-Geneviève gardant ses moutons et Sainte Geneviève rendant la vue à sa mère.
Jean Gigoux réalise les deux scènes principales à l'huile sur toile et le reste des décors muraux à la peinture à la cire. Le décor de Saint-Germain-l’Auxerrois est la première commande que le peintre reçoit pour une église parisienne, mais aussi sa première commande de décor monumental. On ne conserve de son travail que quelques esquisses dont une de format carré de la consécration de la sainte, conservée dans une collection privée bisontine, et une aquarelle conservée au musée des Beaux-Arts de Rouen.
Les peintures sont des objets mobiliers classés au titre des Monuments historiques en 1905Médiathèque du patrimoine et de la photographie, dossier D/1/75/003 : arrêté de classement aux titres des objets..
Distinctions
Œuvres
Œuvres dans les collections publiques
Besançon, musée des beaux-arts et d'archéologie : Portrait de Gabriel Laviron, 1834, huile sur toile ; L'Horoscope, 1834, huile sur toile ; Les derniers Moments de Léonard de Vinci, 1835, huile sur toile ; La Mort de Cléopâtre, vers 1850-1851, huile sur toile, esquisse ; La Mort de Cléopâtre, huile sur toile ; Sainte Madeleine pénitente, 1852, huile sur toile ; L'Atelier du peintre, 1853, huile sur toile.. Première rêverie - Jeune fille songeant ou la Mélancolie, 1867, huile sur toile ; Le Père Lecour, 1875, huile sur toile ; Jeune Garçon en buste, l'épaule nue, huile sur toile. Besançon, musée du Temps : Portrait de Charles Fourier Bordeaux, musée des beaux-arts : Antoine et Cléopâtre après la bataille d’Actium, 1837, huile sur toile. Le baptême de Clovis, 1844, huile sur toile. Chambéry, musée des beaux-arts : La Mort de Cléopâtre, 1850. Dijon, musée Magnin : Jeune Femme en buste ; Portrait de Charles Fourrier, d'après Gigoux. Gray, musée Baron-Martin : Le bain de flore (variante de Vénus au bain), lithographie, d'après Prud'hon, 21 x 16 cm. Paris : Maison de Balzac : Madame Hanska, entre 1850 et 1860, huile sur toile ; Portrait d'Anna Hanska (Anna Mniszech), pastel ; Salon d'Ève Hanska, veuve de Balzac, entre 1850 et 1880, huile sur toile. musée du Louvre : Le lieutenant-général Joseph Dwernicki (1779-1857), 1833, huile sur toile.. musée d'Orsay : Le Bon Samaritain (vers 1857) ; Portrait d'homme (1891)https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/recherche?union_artist_names=37259&search_type=advanced_search palais du Luxembourg, chapelle : quatre huiles sur toile, 1842.. Petit Palais : Un coin de salon chez le peintre. Quimper, musée des Beaux-arts, Portrait de Mlle Elisa Journet vers 1830, huile sur toile, 0,32 par 0,25.. Rennes, Musée des Beaux-Arts, Portrait d'homme (Autoportrait?) Versailles, musée de l'Histoire de France : Prise de Gand. , 1837, huile sur toile.
Œuvres référencées, non localisées
La Convalescence Galatée Portrait de Victor Considerant
Lithographies Portrait de Mr. Artot (Musée Wittert, Université de Liège) Laure et Pétrarque, publiée dans L'Artiste (Musée Wittert, Université de Liège) Mlle de Belle-Isle, publiée dans L'Artiste (Musée Wittert, Université de Liège)
Élèves
Henri Baron (1816-1885) Faustin Besson (1821-1882) Honoré Chapuis (1817-1896) Léopold Flameng (1831-1911) Louis Français (1814-1897) Auguste-Louis-Gabriel Leconte de Roujou (1819-1902) Alfred Lemercier (1831-1900) René Leverd (1872-1938) vignette|upright=0.7|Buste de Jean Gigoux par Aimé-Jules Dalou. Musée des Beaux-Arts de Besançon. Ferdinand Louis Perron (1823-1870), assistant
Iconographie
Léon Bonnat, Portrait de Jean Gigoux (1880), musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon. Jules Dalou, Jean Gigoux, 1894, buste en marbre, musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon. Mniszech, portrait assis tenant de la main gauche un carton à dessins, musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon. M. Lapret, Portrait de Jean Gigoux assis appuyé sur une canne, photographie.
Hommages vignette|upright=0.7|Plaque commémorative au 2, place Jean-Gigoux à Besançon.
Une place de Besançon porte son nom; une plaque commémorative y est apposée sur la façade du n°2, maison dans laquelle l'artiste est né.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
. . . Jacqueline Bouchot Saupique, « Les dessins de la collection Jean Gigoux », Gazette des beaux-arts, .
Liens externes
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