L'histoire du Togo est marquée par la présence des Portugais sur la côte au , avec l'installation d'un comptoir à Saint-Georges-de-la-Mine (Elmina). Colonie allemande dès , le Togoland est partagé, après la Première Guerre mondiale, en deux parties : une partie, le futur Togo, se trouve ainsi, en , placée sous mandat de la France, tandis que l'autre, le Togoland britannique, placée sous tutelle de la Grande-Bretagne, est rattachée à l'ancienne colonie britannique de la Côte-de-l'Or (), devenue indépendante en sous le nom de Ghana, en référence à l'ancien Empire du Ghana (, approximativement). Le territoire du Togo français gagne son indépendance en 1960.
Préhistoire
On a découvert dans l'ensemble du pays, des objets lithiques (meules, broyeurs, pierres taillées, etc.) et des perles de pierre notamment dans le Nord du pays où la nature du terrain, plus sec et plus dégagé, les rendent plus visibles.
Les études préhistoriques restent encore insuffisantes et ne sont pas encore assez nombreuses, pour permettre de faire précisément un lien avec les cultures voisines. Cependant, on a réussi également à retrouver de nombreuses traces d'activité métallurgique.
Protohistoire, histoire du peuplement du Togo Le pays Bassar au centre et au nord du Togo est devenu, à partir du , l'une des principales régions de production métallurgique d'Afrique de l'Ouest. Les vestiges d'anciens fourneaux et les scories confirment l'intensité de l'activité métallurgique pendant plusieurs siècles. De plus, on sait que les forgerons exportaient le fer extrait des minerais de la région jusqu'à la ville de Kano au Nigeria.. Quelques-uns de ces hauts-fourneaux mesuraient jusqu'à trois ou quatre mètres de hauteur, servant aux Bassaris à réduire le minerai de fer.
Les Bassar, les Tamberma et les Kabyés se trouvent déjà dans les régions montagneuses lorsque arrivent de nouvelles populations déplacées par les événements qui déstabilisent durablement l'Afrique occidentale comme la traite des noirs, l'introduction de fusils ou encore les apports des colporteurs musulmans parlant haoussa et qui islamisent les savanes du nord du pays. Ces derniers fondent certaines villes qui portent encore des noms haoussa comme Sansanen Mango qui signifie le « camp du manguier » et Gerin Kouka dire la « ville du baobab. » De plus, la plus ancienne ville du sud du pays porte un nom haoussa : Ba Guida qui signifie « pas d'habitation. »
Dans le Nord, les Gourma sont donc islamisés et les Kotokoli s'installent autour de Sokodé ; les Tchokossi s'installent dans la région de Mango. Le centre et le sud du pays subissent les conséquences de la montée en puissance des Bariba du Bénin ainsi que du royaume de Dahomey et des Ashantis du Ghana.
vignette|Fortification en forme de château de la Sfola à Tanskara Réfugiées dans leurs montagnes, les populations locales résistent cependant aux razzias que subissent leurs voisins. Dans le Sud, les populations venues de l'Est, à l'exemple des Ewés, s'installent en vagues successives à partir du et jusqu'au , au moment même où les Portugais débarquent sur la côte.
Les Éwés s'établissent autour de Tado, près de Notsé, au siècle suivant. Leur roi, Agokoli, fait édifier une enceinte faite d'argile pour protéger Notsé des réfugiés affluant du Nord.
Au , devenus nombreux, les Éwés se dispersent dans l'Ouest, jusqu'à la rive gauche de la Volta. Liste de civilisations de l'Afrique précoloniale Langues au Togo, Groupes ethniques au Togo , marques tribales yorubas, art yoruba Royaume d'Akwamu, akan, (1620c-1734) , chefferie temba ()
Colonisation européenne (Portugal, Danemark, France, Angleterre, Allemagne...) (1470-1960) Les navigateurs européens João de Santarém et Pedro Escobar accostent vers 1470, dans ce qui va devenir la Côte des Esclaves, avec ses ports négriers (Porto Seguro, actuelle cité d'Agbodrafo, Maison Wood). L'intérieur du pays est moins connu, entre empire ashanti (1670-1957, Ghana) et royaume du Dahomey (1645-1900; Bénin).
Dès cette époque commencent les missions catholiques auxquelles les protestants ne réagissent qu'au . Puis, les Portugais pratiquent rapidement un commerce actif et la traite négrière se développe le siècle suivant, autour du comptoir nommée Petit-Popo (actuel Aného). Au , les Danois venus de Christianenborg (l'actuelle Accra), s'implantent à leur tour. Ils sont suivis, à partir des années 1780-1800, par des groupes de Hollandais, par de nombreux « Brésiliens », des anciens esclaves libérés et rapatriés du Brésil ou des descendants de Portugais installés au Togo, qui participent aux échanges côtiers. Francisco Félix de Souza (1754-1849), par exemple, important trafiquant d'esclaves brésilien, qui s'établit à Petit-Poto (futur chacha du Dahomey, l'actuel Bénin), fait fortune dans le commerce du tabac, du rhum, des tissus et dans la traite des esclaves.
En 1880, le Togo actuel n'existe pas encore. Les Britanniques et les Français, occupant respectivement la «Gold Coast» (actuellement le Ghana) et le Dahomey (actuellement le Bénin), installent des postes douaniers à leurs frontières, d'où ils tirent l'essentiel de leurs ressources, prélevées sur des produits tels le tabac et l'alcool.
Protectorat allemand (1884-1914) vignette|Esclaves transportant de l'huile de palme en barrique, colonie allemande du Togoland, 1886. En 1883, le chancelier allemand Bismarck décide d'imposer un protectorat sur le Togo. L'empire allemand est bien décidé à tirer profit de l'action des missionnaires protestants de la mission de Brême pour disposer d'un empire colonial, comme la France, l'Angleterre ou le Portugal. Malgré de nombreux décès, ces missionnaires de Brême ont installé dès 1853, puis en 1857, des points d'implantation chez les Ewes Anlo, à Keta et à Anyako, puis, en 1855 et 1859, chez les Ewes Adaklou et les Ewes Ho. En 1884, l'explorateur allemand Gustav Nachtigal signe un «traité de protectorat» le sur la plage de Baguida, avec le chef du lac Togo, Mlapa III de Togoville, représentant l’autorité religieuse du Togo, qui donna son nom au pays. C'est en 1885, lors de la conférence de Berlin qui délimite les zones d'influence économiques européennes en Afrique, que la côte togolaise est officiellement attribuée à l'Allemagne. Le gouvernement de Berlin, dans le cadre d'un négociation bilatérale avec la France, reconnaît, par une convention du , les droits français sur le territoire de la future Guinée française en échange de l'abandon par la France à l'Allemagne des villages de Petit-Popo et de Porto-Seguro, sur la côte des Esclaves.
Comme les autres puissances coloniales de l'époque, l'Allemagne s'empresse de faire valoir ses droits sur l'arrière-pays. Ainsi elle annexe rapidement, en à peine quelques années ² de territoires. Les Allemands fondent le port de Lomé et mettent en place une économie de plantations, en particulier dans la région de Kpalimé, propice à la culture du cacao et du café. thumb|Allée menant au palais du Gouverneur (1904) Mais, l'arrivée des Allemands se heurte à une plus forte résistance de la part des Africains dans le nord du territoire. Ainsi, la révolte des Kabyé (1890) et celle des Konkomba (1897-1898) ont du être matées violemment.
L'Allemagne encourage ses citoyens à s'installer dans la colonie togolaise appelée le Togoland, en leur offrant des concessions à des conditions très avantageuses. Elle fait également construire les infrastructures nécessaires à l'exploitation du Togo (coton et cacao notamment), comme des lignes de chemin de fer, en recourant massivement aux travaux forcés. Les Allemands en font une (une « colonie modèle ») où doivent régner l'équilibre, la prospérité et la bonne gestion, mais où la langue allemande n'est pas imposée aux populations locales. La politique coloniale allemande est fondée, en dernier ressort, sur la conviction que les races sont différentes et que la race blanche est supérieure aux autres. Dans cette logique, les Allemands ne doivent donc pas considérer l’indigène comme leur frère noir.
En matière de formation scolaire, le Togo allemand met en place des écoles gérées par des missions catholiques et protestantes. Vers, 1910, le pays compte 163 établissements scolaires évangéliques et 196 catholiques. Les catholiques ont aussi créé un centre de formation pour les enseignants.
Les missionnaires, tant catholiques que protestants, privilégient également l'enseignement «en langue indigène» pour mieux convertir les «païens» à leur religion. Par exemple, la Mission de Brême assure l'enseignement primaire entièrement en éwé, tandis que la formation supérieure est surtout dispensée en anglais, très rarement en allemand. Ainsi, dans l'ensemble, les missionnaires n'imposent jamais la langue allemande. L'influence de la langue allemande demeure presque nulle chez les Togolais. Les missionnaires de Brême favorisent aussi l'émergence d'une littérature en langue ewé. En 1914, aucune langue africaine ne peut faire état d'une littérature imprimée aussi abondante que l'éwé.
Les autorités allemandes tentent bien d'organiser le partage de la nouvelle colonie entre les missions chrétiennes et de n'autoriser que la présence de missionnaires de nationalité allemande, mais elles se désintéressent rapidement de la question scolaire. En 1913, on ne compte que quatre écoles publiques (Regierungschulen), qui rassemblent 341 élèves, comparativement à 348 écoles confessionnelles qui en reçoivent plus de .
Après le début de la Première Guerre mondiale, une opération conjointe franco-britannique force les Allemands à évacuer leurs avant-postes sans combat, hormis une brève escarmouche à Bafilo où ils repoussent une avant-garde française avant d'évacuer le village. Le commandement allemand, retranché à Atakpamé (capitale de la région des Plateaux), capitule dès le mois d'août 1914. Le gouverneur allemand Adolphe-Frédéric de Mecklembourg (1912-1914) doit quitter le Togo, de même que Franz Wolf, le vicaire apostolique, (qui reste de jure en poste jusqu'en 1921En fait dès 1918, le Togo est régi par un administrateur apostolique, Hummel, vicaire apostolique de la Côte de l'Or). Un cimetière-mémorial est édifié dans le village de Wahala en souvenir de ces combats.
Capitalisme marchand, Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle (portugaises, britanniques, françaises, néerlandaises...) Commerce triangulaire, Traites négrières Togoland (1884-1914) Afrique occidentale allemande (1884-1919), Compagnie allemande d'Afrique de l'Ouest (1885-1906) (1902)
Campagne militaire du Togoland ()
Mandat français (1914-1945)
Après la défaite des Allemands contre les Français et les Britanniques le à Kamina, le Togo est partagé entre les deux puissances victorieuses le . Un second partage a ensuite lieu le à Londres, car selon la France, le premier partage n'était pas équitable. Le Togo devient alors un mandat de la Société des Nations (SDN), partagé entre la partie française (à l'est appelée le « Togo français » ou Togoland oriental, ) et la partie britannique (à l'ouest appelée le « Togoland britannique », ).
Par crainte que les Togolais ne restent loyaux à l'Allemagne, les Français font en sorte de supprimer toute trace de la colonisation allemande. Tout en appliquant un régime plus souple, ils réduisent à néant l'influence des Togolais instruits par les Allemands et interdisent l'usage de la langue allemande, notamment aux missionnaires alsaciens et lorrains. Le français devient la langue officielle du Togo et l'enseignement public se fait seulement dans cette langue.