vignette|Sépulture d'Akram Ojjeh au cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine (div. 27). Akram Ojjeh (en ), né le à Damas et mort le à Paris, est un homme d’affaires, collectionneur d'art, multi-milliardaire syro-saoudien actif en France.
Akram Ojjeh a fondé dans les années 1970 le Groupe TAG, une société holding hautement diversifiée, dotée d’un capital social de 100 millions de dollars entièrement détenu à l'origine par lui-même, puis par ses fils, dont Mansour Ojjeh.
Biographie Origines et débuts Akram Ojjeh naît en Syrie, deux ans avant l'instauration d'un mandat français sur le territoire. Grâce à une bourse, il vient étudier en France..
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime de Vichy, il travaille pour le ministère de l'Information sur des émissions de radio en arabe pour l'Afrique du Nord. Il affirme avoir quitté Vichy en , lors de l'invasion allemande de la zone libre.
En 1946, il crée une société d'import-export entre la France et les pays arabes, notamment l'Arabie saoudite, dont il finira par obtenir la nationalité. Il apprend auprès d'Adnan Khashoggi puis devient indépendant au début des années 1970.
Ventes d'armes Akram Ojjeh fut conseiller du ministre saoudien de la Défense, et joua un rôle d'intermédiaire dans de grands marchés d’armement, notamment entre la France et l’Arabie saoudite.
Comme Samir Traboulsi, les trois frères de Londres, et Adnan Kashoggi, Akram Ojjeh fit partie des intermédiaires qui bâtirent des fortunes colossales dans les années 1970-1980 en s'installant opportunément à la croisée de la diplomatie, du « renseignement » et des affairesAriane Chemin, « Les dîners de madame Ojjeh », Le Monde, 2 octobre 2006..
Les groupes français Thomson-CSF, Matra et Dassault passèrent par Akram Ojjeh pour tous leurs gros contrats d'armement, au centre du système de recyclage des pétrodollars. Ainsi, au début des années 1970, Akram Ojjeh signa avec Hugues de l'Estoile, alors directeur de l'armement, un accord réservant une commission de 7 % chacun sur toutes les ventes d'armement de Paris à Riyad. La SOFRESAY (Société française d'exportation de systèmes avancés), une émanation de la DGA (Délégation générale pour l'Armement) dont le siège social est à Saint-Cloud, reversait à Akram Ojjeh de confortables commissions à hauteur au moins de 7 % du montant des contrats signés entre l'Arabie saoudite et la France.
Akram Ojjeh est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1950, sous Vincent Auriol. Il fut promu officier de la Légion d'honneur en 1974 par Valéry Giscard d'Estaing, puis commandeur par Charles Hernu, en 1983.
Akram Ojjeh avait pour principale structure d'investissement le groupe TAG, acronyme de Techniques d'avant garde, fondé en 1975 en Suisse et au Luxembourg. Propriété aujourd'hui de ses héritiers, le groupe TAG est notamment propriétaire de 15 % du capital de l'écurie de Formule 1 McLaren.
Paquebot France Akram Ojjeh fut propriétaire du paquebot France, acheté le pour 80 millions de francs et revendu le à l'armateur norvégien , propriétaire de la société Norwegian Caribbean Lines, pour 77 millions de francs. Il fut aussi propriétaire d'une version du tableau de Fragonard Le Verrou.
Vie privée De ses deux premières unions, il a sept enfants, dont Mansour Ojjeh.
Sa troisième femme est Nahed Ojjeh, fille du général Mustafa Tlass, ancien ministre syrien de la Défense. De ce troisième mariage est né Akram Ojjeh Junior le , devenu vidéaste automobile..
Domiciles parisiens vignette|Bateau à vapeur de rivière et pont par Alfred Sisley, 1871, collection d'Akram Ojjeh. Quand il ne sillonnait pas le monde à bord de l'un de ses deux Boeing 707.. privés, aux couleurs blanche et verte du Groupe TAG, Akram Ojjeh aimait à séjourner dans la capitale française. Il y possédait en effet un penthouse au de l'avenue FochVanina Prélat L'Hermitier et Jean-Baptiste Roques, « Splendeurs et misères de l'avenue Foch », Vanity Fair, , août 2016, pages 96-103., un immeuble de style néoclassique au de la rue Le Tasse, avec vue panoramique sur la tour Eiffel ainsi qu'un hôtel particulier de au de la place des États-Unis« Hôtel Bischoffsheim, 11 place des États-Unis à Paris Hôtel néo-Louis XIV construit en 1895 par l'architecte Paul-Ernest Sanson pour le banquier Ferdinand Bischoffsheim, grand-père de la vicomtesse Marie-Laure de Noailles ».., ayant appartenu auparavant au célèbre couple de mécènes formé par Charles et Marie-Laure de NoaillesJulien Nenault, « Les folles nuits des Noailles », Vanity Fair , mars 2014, .. Cet hôtel particulier fastueux, aujourd'hui siège commercial de la cristallerie Baccarat et adresse courue des gastronomes pour son restaurant Cristal Room., servait d'écrin à Akram Ojjeh pour y abriter sa prestigieuse collection de mobilier et de tableaux de maître, dispersée en 1999 par la Maison Christie's.., au profit de sa veuve Nahed Ojjeh.
Akram Ojjeh meurt du diabète. au matin du , en son domicile de la place des États-Unis, à Paris. Il est inhumé au cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine, sis à Nanterre.
Distinctions , officier en 1974, chevalier en 1950.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles de presse Ariane Chemin, « Les dîners de madame Ojjeh », dans Le Monde, . .
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Liens externes
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