La déflation est un processus d'érosion éolienne qui affecte des formations meubles ou tendres, les particules fines (limon, sable, voire graviers) étant arrachées par le vent. Les géomorphologues parlent aussi de vannage éolien ou de balayage du sable. Ce décapage du sable par des filets d'air prend en charge les particules, le vannage les trie et leur re-dépôt entraîne la formation de modelés éoliens qui s'observent surtout dans les régions où les sols et les roches ne sont pas protégées par un couvert végétalLa végétation diminue l'action du vent. (régions littorales, régions très froides et surtout régions arides chaudes). L'importance de ce prélèvement de particules dépend du sédiment affecté (humidité, taille des grains, rugosité…).
Ce processus de décapage éolien entraîne la formation d'accumulations sableuses ou de remplissages sédimentaires (limon, sable) dans les dépressions. La prise en charge des sables par le vent permet la corrasion des roches consolidées.
Les processus de transport éolien associés à la déflation
La déflation implique un processus de transport éolien qui prend en charge les particules érodées. Ce transport s'effectue selon différents modes qui sont fonction de nombreux paramètres tels que la taille et la forme du grain, la vitesse du vent. Bien que ce déplacement représente un continuum à des stades d'intensité du flux différents, les géomorphologues distinguent trois modes de transport : le roulage (grains de taille moyenne supérieure à de diamètre), la saltation (sauts successifs par des grains de taille moyenne entre 70 et de diamètre) et la suspension (grains de taille moyenne inférieure à de diamètre)..
Les géomorphologues ont été appelés à définir un quatrième mode intermédiaire entre le roulage et la saltation, la reptation qui implique un court et bref saut des particules..
Des grains de sable fins (dont la taille est comprise entre 0,2 et 0,3 mm) et secs peuvent être mis en mouvement et déplacés par roulage ou saltation à partir d'une vitesse de vent égale à 7 m/s (degré 4 dans l'échelle de Beaufort, soit près de 20 km/h). Cette vitesse met en mouvement 10 kg de sable par mètre linéaire de plage et par heure. Un vent de 12 m/s (degré 6 dans l'échelle de Beaufort) met en mouvement 100 kg, et un vent de 18 m/s (degré 8 dans l'échelle de Beaufort) 500 kg..
Morphologies liée à la déflation
Les dunes littorales sont soumises à la déflation. Une brèche (zone de rupture sous l'action des vagues attaquant la dune lors de tempêtes) peut évoluer en couloir de déflation (appelé localement siffle-vent, il s'agit d'un corridor orienté dans le sens des vents dominants qui s'engouffrent et participent à son creusement, et sont susceptibles de générer un sifflement) et en (dépression fermée creusée dans la dune par l'action tourbillonnante des vents, elle offre un large éventail de formes allant de la plaque de déflation au « coup de cuillère » jusqu'à la cuvette profonde, marmite éolienne appelée dans les Landes de Gascogne caoudeyre, mot occitan signifiant chaudron)Évolution des dunes littorales sous l’influence des dynamiques naturelles, illustration tirée de .. Le profil de la dune engendre un train d'ondes qui génère des formes de déflation sous l'effet de la compression des flux éoliens (effet Venturi à l'origine de formes qui se repèrent à leur fond tapissé de sable mis à nu et qui constituent de véritables plages d'envol pour ce sable) mais aussi des zones d'accumulation sous l'effet de la détente de ces flux. Les accumulations qui alimentent les dépressions humides intradunale prennent la forme de monticules (appelés crocs en Picardie et tucs en Aquitaine) et de lobes de sable (appelés pourrières en langue picarde, ces traînées peuvent se souder en un talus d'envahissement sinueux qui progresse aux dépens des arrières-dunes). Au voisinage du talus interne de la dune, les dépressions humides reçoivent . La déstabilisation du couvert végétal d'origine naturelle (sécheresse, feux, animaux rongeurs…) ou anthropique (véhicules, surpiétinement inhérent aux activités récréatives telles que la marche, le pique-nique, la baignade…) peut entraîner le creusement et l'élargissement des formes de déflation qui, en cas de dynamique éolienne active, facilite l'évolution vers des dunes paraboliques (phénomène de parabolisation) qui donnent des reliefs apparemment plus mouvementés que les anciens plateaux dunaires mais en réalité plus stables et offrant plus de niches écologiques, faisant de ces zones de véritables réservoirs de la biodiversité..
Ce type d'érosion éolienne est fréquent dans les déserts où les surfaces décapées, constituées d'éléments grossiers qui se jouxtent, forment un reg (en anglais desert pavement). .
Galerie
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Glossaire de géologie Érosion Géomorphologie
Catégorie:Vent Catégorie:Phénomène d'érosion