Pierre Jeanpierre, né le à Belfort (Arrondissement subsistant du Haut-Rhin) et mort au combat le en Algérie, est un officier militaire supérieur français de la Légion étrangère.
Biographie Fils d'un capitaine de la Première Guerre mondiale mort en 1916, Pierre Paul Jeanpierre souhaite rapidement devenir également militaire.
Engagé en au régiment d'infanterie comme homme du rang, il prépare et réussit le concours d'officier et est nommé sous-lieutenant en 1936 au étranger (Légion étrangère), puis lieutenant en . En 1939, il est au Levant avec le régiment étranger d'infanterie.
Après la campagne de Syrie-Liban, il refuse de rejoindre les rangs des FFL et retourne dans les rangs de la Légion étrangère à Marseille. De là, il gagne la Résistance (réseau Vengeance du mouvement « Ceux de la Libération ») sous le nom de Jardin, lors de l'invasion de la zone libre en . En 1944, il est arrêté et interné au camp de Mauthausen. Souffrant d'une pleurésie, affaibli et amaigri, il est libéré par les Alliés en .
Indochine À la fin de la guerre, il se porte volontaire pour servir au sein des unités parachutistes de la Légion. Le chef de bataillon Pierre Segrétain, formant en Algérie le bataillon étranger de parachutistes, se souvient d'un officier qu'il a connu au Levant, le capitaine Jeanpierre, et lui demande d'être son adjoint. Sous les ordres de Segrétain, le BEP et Jeanpierre rejoignent l'Indochine en 1948. En 1950, lors de l’évacuation de Cao Bằng par la RC4, sous les ordres du colonel Lepage, le BEP saute sur That Khé le pour renforcer la colonne Charton, partie de Lạng Sơn. Les légionnaires sont poursuivis par du général Giap. Les rares survivants de la nuit de fusillade à Coc-Xa retrouvent ceux de la colonne Charton. Alors que le commandant Segrétain est grièvement blessé, que le bataillon est décimé, Jeanpierre décide de rejoindre That Khé. Il franchit les lignes d'embuscades vietminhs, emmenant une dizaine de légionnaires, avec des éléments du marocain commandés par le sous-lieutenant Beucler, et fait partie du petit nombre de survivants.
Rapatrié en Algérie, il repart pour l’Indochine en 1954 après la chute du camp retranché de Điện Biên Phủ. Il prend alors le commandement du . Lorsque cette unité prend l'appellation de « régiment », il cède sa place au colonel Brothier, à qui il succédera en 1957, au retour de l'expédition de Suez.
Algérie Sous son commandement, le régiment livre la bataille d'Alger. Il est blessé par des éclats de grenade lancée par Yacef Saâdi, chef de la Zone autonome d'Alger, peu avant son arrestation. Il enchaîne les succès dans la bataille des Frontières face aux combattants de l'ALN. Dans l'après-midi du , dans la région de Guelma, alors que le REP accroche une katiba de l'ALN sur les pentes du djebel Mermera, l’Alouette II depuis lequel il commande son régiment est abattue ; son indicatif radio étant « Soleil », le transmetteur annonce à la radio la nouvelle : « Soleil est mort ». Le régiment est frappé de stupeur. Le , puis des obsèques religieuses sont célébrées en la cathédrale de Nevers. Le colonel Pierre-Paul Jeanpierre repose désormais au « carré Légion » du cimetière de Puyloubier.
Postérité Son portrait est exposé parmi ceux des plus prestigieux officiers de la Légion dans la salle honneur du musée de la Légion étrangère à Camp Major à Aubagne.
Dans l'annexe de son rapport sur la bataille des FrontièresHenri Le Mire, Les Paras français, La Guerre d'Indochine : La bataille des frontières, page 76 réservée à certains destinataires, le colonel Buchoud insiste sur
Il cite
L’écrivain André Maurois le décrit comme une personne . Toutefois, Jeanpierre est également l'un de ceux qui ont institutionnalisé la torture pratiquée par les hommes de son régiment, l'assumant parfaitement face à la lutte contre le terrorisme nationaliste, et proposant à ceux qui s'y opposaient de quitter le régiment.
Décorations
(3 palmes) (7 citations) (4 palmes)
Hommages La de l'École spéciale militaire interarmes de Saint-Cyr (1959-1961) porte son nom. Le stage 001 (1960) d'élève officier de réserve (EOR) de l'École militaire d'infanterie de Cherchell porte son nom. Une des corniche (classe préparatoire) de la Corniche Lyautey porte son nom. Une promotion d'élève officier de réserve d'infanterie de Coëtquidan (février-) porte son nom.
Odonymes Un square de Nice porte son nom, dans lequel a été érigée une plaque commémorative. Une avenue de Cagnes-sur-Mer et du Cannet porte son nom. Un rond-point d'Aix-en-Provence porte son nomRomain Cantenot, . Une rue de Guelma en Algérie portait son nom. Une rue de Nevers porte son nom. Une rue de Belfort porte son nom.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Daniel Sornat, Lieutenant-colonel Jeanpierre : Vies et mort d'un grand légionnaire (1912-1958), Indo Editions, 2012 Raymond Muelle, Lieutenant-colonel Jeanpierre - Soldat de légende, Préface du général Bruno Dary, L'Esprit du Livre, 2007
Articles connexes Légion étrangère
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