Le de chasseurs à pied est une unité d'infanterie, de l'armée française.
À la suite du comportement exemplaire de ses chasseurs dans la bataille de Sidi-Brahim en 1845, il en a pris le nom et est connu comme le « bataillon de Sidi-Brahim ». Le de chasseurs mécanisé, ainsi que les autres corps de même arme, fut créé par ordonnance royale du roi , en date du . Par une autre ordonnance du même jour, l'organisation de ces bataillons est confiée au duc d'Orléans, Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal de France qui en devient le parrain, d'où le nom de « Chasseurs d'Orléans » qui sert, à la suite de la mort prématurée de Ferdinand-Philippe d'Orléans et jusqu’à l’avènement de la Deuxième République en 1848, à désigner les bataillons de chasseurs à pied.
Formé le au camp de Saint-Omer, et commandé par le chef de bataillon Uhrich, le assista, le , au camp de Romainville, à la revue du roi et à la remise du drapeau confié à la garde des chasseurs à pied. Il a notamment stationné à Wittlich (Rhénanie-Palatinat) jusqu'à sa dissolution en 1999.
Son étendard a été confié au groupement de recrutement et de sélection Île-de-France et outre-mer (GRS IDF et OM).
Dénominations 1840 : de chasseurs à pied 1842 : de chasseurs d’Orléans 1848 : de chasseurs à pied 1945 : de chasseurs portés 1960 : de chasseurs portés 1968 : de chasseurs mécanisés 1975 : de chasseurs 2019 : Groupement de recrutement et de sélection Île-de-France et Outre-mer - bataillon de chasseurs à pied 2025 : perte de la double appellation
Chefs de corps
1840-1841 : Urich 1841-1842 : Latour 1842-1845 : Auguste Laurent Froment-Coste 1845 : Delmas 1845-1847 : de Lourmel 1847-1848 : Abel Douay (premier général Français tué en 1870) -1853 : chef de bataillon Charles Jules de Bras de fer 1853-1856 : de Brauer 1856-1857 : Brincourt 1857 : Mangin 1857 : Doléac 1857-1860 : Merle 1860-1864 : Lochner 1864-1864 : Commandant Ducrest de Villeneuve ( au ) 1864-1867 : Commandant Vincendon 1867-1870 : Commandant Poyet + Froeschwiller 1870 : Commandant Viénot 1870 : Commandant Antonini (Il fut arrêté et déporté) 1870-1871 : Commandant Bertrand (Il prend le commandement le ) 1871 : Commandant Antonini (Il rentre de captivité est prend le commandement les 26 et ) 1871-1872 : Commandant Viénot 1872-1876 : Commandant Antonini 1876-1882 : Commandant Chauffeur 1882-1887 : Commandant Cirou 1887 : Desrozièrs 1887-1890 : Commandant Maux 1890-1892 : Commandant Soyer 1892-1895 : Commandant Bunoust 1895-1898 : Commandant Feuchère 1899-1902 : Chef de Bataillon C.A. Moissenet 1902-1908 : Chef de Bataillon L. E. C. Bérot 1909-1911 : Commandant Valantin 1911-1913 : Commandant Gibon Guilhem 1913-1914 : Commandant Clavel 1914-1915 : Commandant Devincet 1915-1916 : Commandant Lemoine 1916 : Commandant Savornin 1916-1919 : Commandant Michel de Grilleau 1919-1923 : Commandant Mathieu 1923-1925 : Commandant Daquin 1926-1930 : Commandant Beucler 1930-1936 : Commandant Guy 1936-1938 : Commandant Carrias 1938-1941 : Commandant Pauty 1941-1942 : Commandant Cadoret 1944 : Pochard 1944-1946 : Commandant Pugliesi-Conti 1946-1948 : Bie 1948-1949 : Tabouis 1949-1951 : Rollet 1951-1953 : de Penfentenyo de Kervereguen 1953-1955 : Sandredschi 1955-1957 : Delcros 1957-1960 : Jeanpierre 1960-1961 : Metzler 1962-1964 : Etcheverry 1964-1965 : Lescan 1965-1967 : Sourieau 1967-1969 : Verguet 1969-1971 : de La Haye Saint-Hilaire 1971-1973 : Grasser 1973-1975 : Borg 1975-1977 : Labbé 1977-1979 : Lamant 1979-1981 : Sicard 1981-1983 : Jolibois 1983-1985 : Renier 1985-1987 : Dagiral 1987-1989 : Rolland 1989-1992 : Teyssier 1992-1994 : Malbec 1994-1996 : Lombard 1996-1998 : Gallet 1998-1999 : Bruder, dernier chef de corps
Historique 1815 à 1852 Le duc d'Orléans, Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal de France, est le fondateur des bataillons de chasseurs en créant à titre expérimental le , avec l'aide de Charles d'Houdetot, une unité d’infanterie spéciale, pour expérimenter de nouvelles tactiques d’infanterie légère, la Compagnie de chasseurs d'essai, casernée au Fort de Vincennes à Paris, d'où leur autre dénomination de Chasseurs de Vincennes ou Tirailleurs de Vincennes. L'essai étant concluant et cette unité ayant fait ses preuves lors de la conquête de l'Algérie, dix bataillons de chasseurs à pied non enrégimentés sont créés le par ordonnance royale du roi . Par une autre ordonnance du même jour, l'organisation de ces bataillons est confiée au duc d'Orléans, Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal. À la suite de la mort prématurée de Ferdinand-Philippe d'Orléans, leur parrain, tous les bataillons de chasseurs à pied sont renommés le en « Chasseurs d’Orléans », dénomination qu'ils garderont jusqu’à l’avènement de la Deuxième République, en 1848, où ils reprendront celle de Chasseurs à pied.
Le , le bataillon, avec son état-major, s'embarque à Toulon, à destination de l'Afrique. Débarqué le 14 à Mostaganem, il prend part, le , au combat de la Sikack, sous les ordres du général Bedeau. Il est bataillon d'avant-garde à la bataille d'Isly, gagnée par le Maréchal Bugeaud, le .
Le , sous les ordres du lieutenant-colonel de Montagnac, le de chasseurs à pied commandé par le commandant Froment-Coste, renforcé des hussards de Courby de Cognord, réalise ces prodigieux exploits qui ont immortalisé le nom de Sidi-Brahim. Le commandant, 8 officiers et 152 sous-officiers et chasseurs y sont tués.
Le , mourant de faim, les chasseurs tentent d'atteindre la redoute de Djemmaa, mais assaillis par des milliers d'Arabes, ils sont tués avant d'y arriver. Quinze d'entre eux peuvent y parvenir, deux meurent aussitôt d'épuisement.
C'est à Sidi-Brahim que se fonde la tradition glorieuse du et de tous les chasseurs, qui est de « Mourir en combattant sans se rendre jamais ».
Le bataillon détruit est reformé et remis en action dès l'année suivante.
Au , le , sous le commandement du chef de bataillon Du Bras De Fer, est en garnison à Oran en Algérie.
Reformé par l'arrivée de 400 volontaires pris dans les bataillons de chasseurs d'Orléans en garnison en France, le est à l'assaut et à la prise de Zaatcha, le . Il prend part, sous les ordres du colonel Canrobert, à l'attaque de Naarha le . Cette dernière victoire marque la fin de son séjour en Algérie. Le suivant, le est de retour en France. En 1850, le régiment est en garnison à Lyon et son dépôt est à Grenoble. Il tient ensuite garnison à Besançon, Paris, Douai et Vincennes.
Second Empire Le , il reçoit l'ordre de se rendre à Dieppe, pour y faire le service d'honneur pendant le séjour de l'empereur et de l'impératrice des Français dans cette ville.
Le , le embarque à Toulon. Il participe à la pacification de la Grande Kabylie et se distingue aux combats de Tamezrit d'ain Yacoub et à celui du village de Tarsouth, le , qui voit la défaite totale des Kabyles et où tout le corps expéditionnaire, fort de , a pris part sur une étendue de près de 10 lieues carrées. Les pertes des Kabyles sont énormes. Dans les premiers jours de , la division Renault à laquelle appartient le , employée depuis à la construction du chemin de fer allant d'Alger à Blida, reçoit l'ordre de se tenir prête à rentrer en France. Le , le embarque pour Marseille.
Le , le franchit le col du Mont-Cenis. Le 17, il traverse Marengo, le avec la Garde impériale, il soutient le choc des Autrichiens à la redoute de Buffalora, épisode de la bataille de Magenta. Le chasseur Zimmermann de la y a une très belle conduite. Le , il rentre dans son ancienne garnison, Besançon, qu'il quittera en 1859 pour Rennes, Boulogne, Metz, Vincennes, Paris, Toulouse. Le , il rejoint l'Armée du Rhin à Strasbourg qu'il quitte le , sous les ordres du commandant Poyer.
Faisant partie du corps d'armée commandé par le maréchal de Mac Mahon, il prend part le à la bataille de Frœschwiller. Pendant cette journée, il a à soutenir des chocs très violents, si l'on en juge par les énormes pertes qu'il subit. Réorganisé à Chalons, le est de nouveau en ligne le , pour la bataille de Sedan. Il est mêlé à des actions sérieuses ce jour-là et perd une partie de son effectif. Le reste, avec toute l’armée de Sedan, est fait prisonnier et interné en Allemagne. Après Sedan, un de marche est créé. Il combat sous les ordres du Général de Lamotte-Rouge dans la région d'Orléans, sous ceux du colonel Rousseau à Landelles et à Retoncelle. Il prend part à la bataille d'Orléans et du Mans. Il reprend son appellation de de chasseurs à pied en rentrant à Toulouse, où il est reformé avec les deux compagnies de dépôt du de chasseurs à pied qui n'étaient pas à Sedan.
1871 à 1914 Le , le débarque à Alger. Il est désigné pour tenir garnison à Fort National qu’il quitte en octobre pour Dellys puis le pour Miliana. Le , il débarque à Toulon et va rejoindre sa nouvelle garnison, Amiens.
Le , le bataillon fête l'anniversaire du combat de Sidi Brahim d'après un programme arrêté entre les commandants des 30 bataillons au moment de leur réunion au camp de Chalons (juillet 78). Certains anciens de y assistent (Rolland - Lavayssiere et probablement Pegues). Le , une délégation du d'Amiens pour assister à l'inauguration du monument à la gloire des Héros de Sidi Brahim. En 1899, le Bataillon compte parmi ses officiers le capitaine adjudant major Pétain et le lieutenant Gouraud.
Le bataillon est désigné le pour aller tenir garnison à Étain, près de Verdun. C'est là que la déclaration de guerre le trouve, c'est de là qu'il gagne ses positions de couverture. Il appartient à la , d'infanterie, d'armée.
Première Guerre mondiale 1914 Après les premiers engagements à la limite nord du département de la Meuse à Beuveille et au Bois de Tappes, c'est la défense héroïque d'Arrancy, le , contre des forces ennemies dix fois supérieures en nombre. Le bataillon, après douze heures de lutte ardente, sa mission remplie, se replie sur ordre et reçoit du général Rocques la promesse d'une citation à l'ordre de l'Armée qui ne sera pas suivie d'effet, le général ayant été tué quelques instants plus tard.
Le au soir, le demi-tour est ordonné. Le bataillon tient d'abord les passages de Broussy et de Saint-Gond puis combat vers La Villeneuve et Soizy-aux-Bois. Il apporte son aide aux héroïques défenseurs de Mondement et, le , soutient un violent combat dans le bois de Botrait. La poursuite de l'ennemi vaincu commence ; le Bataillon passe la Marne le 12, tient le secteur d'Auberive-sur-Suippes, puis celui de Reims.
Fin octobre, il part pour la Belgique avec la dont il fait partie et prend part à la bataille de l'Yser. Il se distingue avec les fusiliers-marins à l'assaut du château de Dixmude. Le perd son chef, le commandant Clavel à Vousten avant de rentrer en France.
1915 Il monte en ligne en Argonne. Son héroïque défense à Bagatelle les et lui vaut sa première citation à l'ordre de l'armée.
1916 Février voit s'allumer la bataille de Verdun. Dans la nuit du 11 au , le bataillon monte en ligne à Douaumont et y reste jusqu'au 31.
Il remonte en ligne au Mort-Homme qu'il défend les 9 et contre des attaques désespérées de l’ennemi. Il subit de très lourdes pertes. Son chef, le commandant Savornin, est au nombre des morts. En mai, le bataillon prend le secteur des Caurettes avant d'aller au repos dans la région de Toul.
Pour soulager le front de Verdun, le maréchal Joffre monte l’offensive de la Somme. Le y participe sous le commandement du commandant De Grilleau, il s'empare du village de Rancourt le et gagne une nouvelle citation à l'ordre de l'armée avant de se distinguer à nouveau, à Sailly-Saillisel, le .
1917 Le reçoit la Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre. Pendant l'offensive de l’Aisne, le s'illustre à Berry-au-Bac où, après avoir enlevé tous ses objectifs dans la journée du , il tient ce secteur très dur pendant 21 jours. En novembre, il reçoit la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire.
1918