Le terme optométrie vient des mots grecs anciens (« vue ») et (« quelque chose servant à mesurer », « mesure », « règle »). La racine du mot opto, est une forme abrégée dérivée du mot grec ophthalmos signifiant « l'œil ».

Selon la définition du , la seule définition internationale existanteProposition de Loi relative à la reconnaissance de l'optométrie en France, présentée par Jacqueline Panis, sénatrice, juin 2010, les optométristes sont :

La réglementation de l'optométrie est variable d'un pays à l'autre. Certains pays la reconnaissent et d'autres non..

Afrique

Amérique du Nord Aux États-Unis et au Canada, les optométristes ont une formation de docteurs en optométrie d'une durée de 5 ans pdf Canadian Association of Optometrists American Optometric Association Bureau of Labor Statistics Opted.org Salus University University of Alabama et sont tenus à des normes légales comme les médecins Harris Law Firm Kentucky Optometric Association 2012 (section 5) mais ils ne sont pas médecins.

Amérique du Sud

Asie

L'optométrie est reconnue en Chine depuis 1992, sous l'impulsion de l'Université de Médecine de Wenzhou. Son exercice est calqué sur la conception anglo-saxonne, avec les optométristes en première ligne dans la filière de la santé visuelle.

Océanie En Australie et en Nouvelle-Zélande, l'optométrie est reconnue. Il existe 5 universités en Australie, et 1 en Nouvelle-Zélande permettant d'obtenir le titre d'optométriste. Près de 5 000 professionnels pratiquent dans des cabinets d'optométrie et en magasin.

Europe À l'échelle du continent européenL'optométrie en Europe.:

http://ec.europa.eu/internal_market/qualifications/regprof/index.cfm?action=profession&id_profession=1060

Les pays peuvent être classés en 3 catégories : optométrie reconnue et remboursée, optométrie reconnue non remboursée, optométrie non reconnue.

Optométrie reconnue et remboursée Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'optométriste est le professionnel de première ligne dans la filière visuelle. Cela peut toutefois être en partie expliqué par le manque de médecins ophtalmologistes :

La population des deux pays est pourtant quasi identique.

Suisse

En Suisse, l’optométriste peut travailler en cabinet à son compte ou en clinique (avec un ophtalmologue), mais aussi au sein d'un magasin.

Il reste en étroite collaboration avec le médecin.

Il pratique aussi bien les lentilles, la réfraction, que la rééducation.

Optométrie reconnue non remboursée

Espagne En Espagne, l'optométrie est réalisée par des opticiens optométristes (ils reçoivent tous deux une formation dans les mêmes études)

Optométrie non reconnue Allemagne En Allemagne, l'optométrie est pratiquée par les ophtalmologistes et des opticiens formés et certifiés.

Belgique En Belgique, l'optométrie bénéficie d'un cadre spécifique depuis le . Par arrêté royal, un nouveau titre a été instauré "Orthoptiste-Optométriste".

France Statut inexistant En France, l'optométrie ne bénéficie pas d'un cadre spécifique dans le Code de la santé publique.

Actuellement, l’optométrie est pratiquée sans reconnaissance en France dans le cadre de la profession d’opticien-lunetier pour ce qui est de l'adaptation en lentilles de contact (qui est un acte médical et du domaine exclusif des médecins compétents en ophtalmologie, voir ci-dessous) mais pour le reste, rien n'autorise la pratique de cette profession spécifique et différente de celle d'opticien ou d'orthoptiste, la rééducation des déséquilibres oculomoteurs et des déficits neurosensoriels y afférents étant du domaine de compétence exclusif des orthoptistesCode la santé publique Orthoptiste, au même titre que l'étude de la vision binoculaire et la pratique d'examen complémentaires en ophtalmologie (Champs visuel, imagerie).

Création d'un statut En 2011 la France a adhéré à l’ECOO (). Cet organisme œuvre pour une harmonisation de l’enseignement et de la pratique professionnelle de l’optométrie à l’échelle européenne. .

Propositions de loi À ce jour, deux propositions de lois d'inscription de l'optométrie dans le code de la santé publique ont été déposées mais n'ont pas eu de suite : le député Élie Aboud (médecin cardiologue) prend modèle sur nos voisins européens et propose que l'optométriste puisse prescrire lunettes et lentilles de contact. Texte présenté en à l’Assemblée nationale mais resté sans suite.. la sénatrice Jacqueline Panis (ancienne sénatrice de Meurthe-et-Moselle) propose au Sénat, en , que l'optométrie soit pratiquée en France en harmonie avec la définition du WCO. La proposition est restée sans suite..

Une proposition de loi devait être déposée en 2013 par le député Gérard Bapt visant à reconnaitre l'optométrie en France« Une nouvelle proposition de loi visant à reconnaître l’optométrie bientôt déposée », L’opticien Lunetier, 30 avril 2013, En ligne (Page consultée le 4 mai 2013)

Positions ministérielles Le Ministère de la santé a rappelé en 2009 que

Le , Marisol Touraine, ministre de la Santé, lance le Pacte Territoire-Santé. composé de 12 engagements pour lutter contre les déserts médicaux. L'engagement 8 concerne l'accélération des transferts de compétences. Le , répondant aux questions de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, Marisol Touraine s'exprime sur cet engagement 8. Elle déclare notamment :

Polémique La potentielle reconnaissance de la profession d’optométriste en France ne fait pas l’unanimité.

Par exemple, le Syndicat national des ophtalmologistes de France y oppose les arguments suivants. : l'optométriste acquiert la possibilité d’un cumul « prescription – vente », état totalement inédit en France, où jusqu’à ce jour, la distinction a toujours été respectée : médecin – pharmacien ; ophtalmologiste – opticien ; le patient risque d’être trompé par le positionnement de cette nouvelle profession, à mi chemin entre le « docteur » et le « technicien ». Il pourra se sentir rassuré, ou au contraire inquiet. Il en résultera un surplus d’activité des ophtalmologistes qui seront dans l’obligation de dépister les faux négatifs ou les faux positifs induits. Cela pourra conduire à des retards de diagnostic, des notions de pertes de chance pour ces patients mal informés. Cela induira enfin un surcoût manifeste au niveau des dépenses de santé et un risque pour la santé publique.

Syndicats Deux syndicats représentent la profession, l’Association des optométristes de France (AOF) et le Syndicat national des opticiens-optométristes (SNOO ou UDO et SNO).

Formation Les optométristes sont formés selon les nomenclatures européennes et mondiales. La formation en optométrie en France est déjà existante et autofinancée.

Cette formation nécessite l'obtention préalable du BTS Opticien-lunetier (Bac +2). Les BTS comptent plus de 300 heures de formation en optométrie (Théorie + TP).

L'université Paris Sud Orsay a été la pionnière dans la formation en optométrie en France. Cette université délivre une Licence d’Optique Professionnelle (bac+3) ainsi qu’un Master des sciences de la vision (Bac +5).

L'institut des Sciences de la vision à Saint-Étienne (ISV) prépare les étudiants au passage du diplôme européen d'optométrie (DEO). Il délivre un titre de « Responsable en réfraction et en équipements optiques » reconnu par la France (Bac +3), et le DEO (niveau Bac+5).

Seul le diplôme européen d'optométrie (DEO) et le Master Biologie Santé permettent l'exercice de l'optométrie dans certains pays d'Europe.

Les matières enseignées durant ces 3 ans d'études sont : Examen de vue optométrique Contactologie Basse vision Anatomie, pathologies oculaires et systémiques avec symptômes visuels Neurophysiologie de la vision Biologie générale, pharmacologie générale.

Ces enseignements sont dispensés par des ophtalmologistes, des médecins généralistes, des chercheurs du CNRS, des biologistes ainsi que des optométristes français et étrangers.

Modes d'exercice de l'optométrie Les optométristes peuvent exercer leur activité : à titre individuel, en privé ; dans un magasin d’optique ;

Les autres postes qu’occupent les optométristes : Conseillers techniques en adaptation dans les laboratoires de lentilles de contact Enseignants en BTS Opticien-lunetier, Licence d'optique professionnelle, Master et organismes de formation au diplôme européen d'optométrie Chercheurs en R&D chez les fabricants de verres et laboratoires de lentilles de contact.

Réfraction : compensation visuelle La réfraction permet de mesurer la compensation optique nécessaire à rétablir l’acuité visuelle comme dans les cas de myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie.

L'examen de la réfraction pratiqué par un optométriste en vue de l'adaptation ne constitue pas un examen médical.

En France, les opticiens-lunetiers peuvent adapter, dans le cadre d'un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs en cours de validité, sauf opposition du médecin.

Vision binoculaire L’optométriste est formé à tester la vision binoculaire.

Analyse de l’accommodation L’Optométriste peut mesurer la capacité d'accommodation de la personne: son amplitude et sa flexibilité.

Lentilles de contact Les opticiens-lunetiers peuvent également adapter, dans le cadre d'un renouvellement, les corrections optiques des prescriptions médicales initiales de lentilles de contact oculaire, sauf opposition du médecin.

L'opticien-lunetier peut réaliser, sur prescription médicale, les séances d'apprentissage à la manipulation et à la pose des lentilles.

Dépistage des états oculaires anormaux En France, le Code de la santé publique définit comme « exercice illégal de la médecine » le diagnostic et le traitement de troubles oculaires par quelqu'un n'étant pas titulaire du diplôme de Docteur en médecine.

Un opticien-lunetier n'étant pas autorisé à poser un diagnostic ni à prescrire un traitement, en cas de constatation d’un état oculaire anormal, celui-ci référera le patient au meilleur spécialiste pour une prise en charge optimale.

Basse vision La prise en charge des déficients visuels en situation de basse vision (1/10<AV<3/10 et CV≤20°) est une procédure longue et complexe. Les personnes atteintes de lourdes pathologies oculaires entraînant de basses acuités visuelles sont donc prises en charge sur différents tableaux indissociables les uns des autres : la compensation, l’organisation de l’espace de vie et le soutien psychologique. L'optométriste est parfois le premier intermédiaire à rencontrer ces personnes après les associations ou les ophtalmologues qui ne peuvent traiter que l'étiologie du problème. Dans un premier temps il va s'intéresser aux besoins de la personne car il n'est clairement plus question (ce n'est plus possible) de lui rendre une vision nette à toute distance mais bien de lui apporter une aide visuelle -si possible- dans des tâches très spécifiques que l'optométriste aura fait exprimer à la personne. Il pourra alors lui fournir un équipement grossissant adapté permettant une réadaptation visuelle. Dans de telles situations, l'optométriste accompagnera également les personnes sur le plan psychologique et lui donnera des conseils pour modifier son espace de vie (éclairage, appareils spécifiques...) afin d'optimiser au mieux le peu de potentiel visuel restant. Toute la prise en charge basse vision décrite ici pouvant être effectué, de manière reconnu en France, par un duo orthoptiste (prise en charge, ré-adaptation, accompagnement, conseil) et opticien (équipement grossissant, accompagnement, conseil).

Ergonomie et posturologie L’ergonomie du poste de travail ainsi que la qualité lumineuse de l’environnement ont un impact conséquent sur la fatigue visuelle. Une optimisation de certains paramètres peut non seulement résoudre certaines plaintes visuelles mais aussi être un élément primordial dans la lutte contre l’évolution myopique. C'est un des rôles des optométristes de conseiller sur l'ergonomie et la posture.

Optométrie fonctionnelle