vignette|redresse|La Serbie en 2024 dans les frontières définies par la Constitution (qui considère la Voïvodine et le Kosovo comme deux région autonomes). vignette|redresse|Marko Mrnjavčević, personnage historique des Serbes, par Mina Karadžić, peint vers 1850. Marko Mrnjavčević a régné de 1371 à 1395 à Prilep. Lhistoire de la Serbie concerne, du point de vue territorial (droit du sol) l'étendue actuelle de ce pays des Balkans () ; du point de vue ethnique (droit du sang) elle concerne le passé du peuple serbe, qu'il vive en Serbie ( d'habitants en 1991) ou dans d'autres pays ( de Serbes hors-frontières).

Préhistoire de la région

Des traces d'hominidés datées d'environ ou ans ont été trouvées récemment dans la « gorge de Sićevo». Voir aussi les .

Néolithique

L’agriculture et l’élevage sont apparues dans la région à partir d’environ 6400 av. J.-C. après s’être développées en Anatolie. La culture de Starčevo a joué un rôle majeur dans la néolithisation de l’Europe du Sud-Est. Elle s’étendit de la Serbie actuelle à la partie occidentale du bassin des Carpates, englobant les régions actuelles du nord de l’actuelle Croatie et du sud-ouest de l’actuelle Hongrie (environ 6000 à 5400 av. J.-C.). La culture rubanée apparaît au milieu du millénaire Les recherches archéologiques ont révélé une zone d’interaction entre des groupes autochtones de chasseurs-cueilleurs et d’agriculteurs de l’extrême nord de la culture de Starčevo, en Transdanubie, qui ont pu donner naissance à la culture rubanée. Ce courant est présent notamment du nord de la Serbie sur le site de Lepenski Vir.

La culture de Vinča, datée de succède à la culture de Starčevo. Elle doit son nom au site de Vinča-Belo brdo ou Vinča, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Belgrade, sur les bords du Danube Cosmin-Ioan Suciu, « Early Vinča Culture Dynamic in South-Eastern Transylvania », in: Steve Mills & Pavel Mirea, The Lower Danube in Prehistory: Landscape Changes and Human-Environment Interactions, Renaissance publ., Bucarest, pp. 75–86, . John Chapman, Fragmentation in Archaeology: People, Places, and Broken Objects, Routledge, Londres 2010, page 239. ..

Cette culture archéologique est marquée par une période de croissance démographique dans la région grâce à une pratique plus intense de l'agriculture. On y a trouvé de nombreux villages bien organisés, des poteries, des figurines en argile anthropomorphes ou zoomorphes, et des artefacts présentant des symboles qui, pour les protochronistes (très influents dans les Balkans) pourraient . La métallurgie du cuivre existait déjà dans cette culture Serbian site may have hosted first copper makers, UCL Institute of Archaeology, 2010. . « Serbian site may have hosted first copper makers » in ScienceNews 2010. Neolithic Vinča was a metallurgical culture, Stonepages, Archaeo News 2007 : bien que les outils soient encore essentiellement en pierre taillée ou polie ou en os. Plus récemment, on y a découvert des objets en bronze : dans l'optique protochroniste cette technique et ces objets sont systématiquement présentés comme , ou Miljana Radivojević et al., Tainted ores and the rise of tin bronzes in Eurasia, c. 6500 years ago. Novembre 2013. . Cette manière de voir l'histoire n'est pas spécifique à la Serbie, mais à la plupart des États balkaniques, ce qui a fait dire à Winston Churchill : Cité par Predrag Matvejević dans le résumé de l'article « Des Balkans », in : Cahiers balkaniques , 2008, 1-11, DOI : ..

Âge du bronze vignette|redresse|Fibules, trésor de Sečanj, musée de Zrenjanin, Âge du bronze. La culture du Mureș, vers 2200 avant J.C., forme une sorte d'enclave régionale de l'âge du bronze danubien située dans le sud-est de l'actuelle Hongrie, le sud-ouest de l'actuelle Roumanie et le nord de l'actuelle Serbie. L'agencement des cimetières, les sépultures et les coutumes funéraires, et la culture matérielle trouvée sur des sites de cette région, dont font partie les premières tombes du cimetière de Mokrin, sont dans les phases initiales étonnamment semblables avec celles du Burgenland et de la Basse-Autriche. Ces cimetières apparaissent subitement, sans prédécesseurs régionaux, ce qui est signe d'un changement de population F. Bertemes & V. Heyd, 2200 BC – Innovation or Evolution: Genesis of the Danubian EBA., In: 2200 BC – A climatic breakdown as a cause for the collapse of the old world? 7th Arch. Conference Central Germany, Oct. 23–26, 2014. Tagungen Landesmus. Vorgesch. 12 (Halle), p. 561-578.

Cette population donne naissance à ses propres nouvelles colonies. Les maisons construites (6–8 par 4–5 m) avec plancher et foyer sont disposées en ruelles étroites. Une gamme d'objets métalliques a été créée, par exemple des colliers, des poignards courts triangulaires au début et plus tard des tutuli, pendentifs en forme de croissant ou de cœur, et enfin des haches plates, de longs poignards, des fers de lance, des haches à marteaux. Des perles de faïence et d'ambre sont également présentes, indiquant une large gamme de contacts à longue distance. Le rite funéraire se compose de squelettes en position accroupie ou assise, avec également l'apparence de sépultures en pithos. Les différences sociales sont observables.

Durant l'âge du bronze, la culture de Vatin, dénommée d'après le village de Vatin en Serbie, a des racines indo-européennes et est culturellement liée à la Grèce mycénienne.

La culture de Vatin développe une stratification sociale au sein de sa population. Elle connaît de grands établissements centraux, qui étaient entourés de petites colonies et de fermes. Les grandes colonies étaient des centres économiques et sociaux, ainsi que les sièges des chefs tribaux. Ces centres fortifiés avaient un caractère défensif. L'épais réseau de grandes colonies fortifiées est caractéristique de la défense collective d'un vaste espace.

Les occupations principales des habitants de la culture de Vatin étaient l'agriculture et l'élevage et on suppose qu'ils produisaient également de la bière. Dans de nombreuses colonies, des restes de jouets pour enfants en céramique ont été découverts, dont de petits chariots tirés par des bovins ou des maquettes de bateaux à rames. Les outils, les armes et les bijoux étaient principalement achetés par le commerce, mais certaines grandes colonies avaient également leurs propres ateliers qui produisaient des objets en bronze. Une fonderie d'objets en bronze a été découverte sur le site de Feudvar, situé près de Mošorin au bord du plateau de Titel, et selon les chercheurs, elle a probablement été utilisée pendant plusieurs centaines d'années.

Illyriens et Daces L'âge du fer commence avec les Illyriens, les Daces et les Thraces (1200-500) dans le bassin des Carpates, en Dardanie, en Mésie et en Thrace.

Celtes Au cours des siècles précédant l'ère chrétienne, les Proto-Celtes (ou peuple du champ des urnes) descendent le long du Danube, porteurs de la culture de Hallstatt et de la culture La Tène. Les Scordiques, un des principaux peuples celtes, établirent leur capitale à Singidunum, l'actuelle Belgrade. Les Proto-Celtes pénétrèrent sur l'actuel sol serbe aux environs de -500, soit en s'imposant militairement (là où les autochtones paléo-balkaniques résistèrent comme à Glasinac), soit pacifiquement par les relations commerciales (comme à Ripač).

Romains Après l'extension de la conquête romaine jusqu'au Danube, sous Auguste, la province romaine d'Illyrie est créée en -9. En 10, cette province est divisée, et le terme Illyrie tombe en désuétude. La région est totalement pacifiée en 27.

La contribution romaine au peuplement des Balkans se décline selon deux modalités. D'une part, Edward Gibbon estime à un million le nombre de légionnaires présents dans les Balkans durant la période romaine ; d'autre part durant les premiers siècles du millénaire une partie non-négligeable des autochtones a été latinisée au nord de la ligne Jireček donc y compris dans l'actuelle Serbie. Auguste acheva la pacification de l'Illyrie en soumettant définitivement en -35 les Iapodes et en -34 les Dalmates ; en -27 il remit l'Illyrie au Sénat de Rome. La romanisation des Illyres a produit la langue romane dalmate ; celles des autres populations balkaniques les langues romanes orientales - 600 AD - The roman conquest roman legionaires from northern Italy settle in the western Balkans & bring the latin language..

Bâtie au de notre ère sur la voie Via Militaris, la ville de Viminacium sert de camp de base à la Legio VII Claudia, et abrite quelque temps la Legio IIII Flavia Felix. Capitale de la province de la Mésie supérieure, elle compte à son apogée jusqu'à habitants, et est de ce fait une des plus importantes villes romaines et centres militaires des Balkans dans la période du .

Après le partage de l’Empire romain par l'empereur Théodose , en 395, les territoires serbes actuels se trouvent dans l'Empire romain d'Orient (voir la liste des noms latins des villes des Balkans et la Serbie à l'époque romaine).

Grandes migrations

Lors des invasions barbares, le contrôle des régions serbes actuelles passa aux Huns, aux Avars, aux Ostrogoths et aux Gépides puis repassèrent sous l'autorité de l'Empire romain d'Orient au alors que des populations slaves s'y installent au début du et commencent à former des duchés nommés « Sklavinies ».

Arrivée des Serbes

vignette|Le diocèse romain de Mésie en l'an 300. vignette|Le nord de la péninsule des Balkans dans l’Antiquité tardive () vignette|droite|300px|Les migrations des Serbes entre l'an 50 et l'an 1000 selon le point de vue protochroniste qui fait remonter les Serbes à l'Antiquité iranienne du Nord-Caucase en se basant sur l'homophonie relative entre les Serbes et les Siraques antiques :

L'origine même des Serbes est discutée entre les historiens universitaires et l'école protochroniste (très influente dans tous les pays des Balkans). Selon cette dernière, la racine du nom « Serbi » ne serait pas slave mais proviendrait d'un peuple du nord-Caucase mentionné par Tacite au tout début de notre ère : les Siraques, renommés « Serboï » ou « Serbi ». Se basant sur cette homophonie, les protochronistes avancent que les « Serboï » ou « Serbi » seraient un peuple « proto-serbe » d'origine iranienne qui, mélangé aux Slaves, se serait progressivement assimilé à ceux-ci, pour ne laisser que leur nom à leurs sujets slaves. Sachant que les populations successives des Balkans se sont transmis leurs patrimoines génétiques (par exemple le haplogroupe R1a-M458), les protochronistes s'y réfèrent très volontiers pour affirmer que les Serbes tels qu'on les connaît depuis le Moyen Âge, auraient déjà vécu dans les Balkans dès le .

De leur côté, les linguistes affirment que Srbi dérive de la racine indo-européenne ser, qui s'apparente au latin servare (« conserver », « garder », « protéger », « préserver », « respecter »). Selon Heinz Schuster-Šewc, la racine indo-européenne srb, qu’on retrouve dans de nombreuses langues slaves, aurait pour signification initiale « apparenté, appartenant à la tribu » Poreklo i istorija etnonima Serb - H. Schuster-Šewc, Project Rastko.

Quoi qu'il en soit, les historiens universitaires, de basant sur les chroniques de l'antiquité tardive et l'archéologie, affirment qu'entre le et le de notre ère, les Serbes de langues slaves quittèrent le foyer originel des Slaves dans l'actuelle Polésie pour s'établir en Moravie septentrionale, plus exactement entre l'Elbe et la Saale (Allemagne orientale actuelle), dans une région appelée « Serbie blanche ». Ils y vécurent jusqu'au , lorsque l'empereur byzantin Héraclius demanda l'aide des Slaves du nord, notamment des Serbes, pour refouler les Avars hors des territoires de l'Empire byzantin.