vignette|droite|200px|À l'heure de l'apéritif, calle San Nicolás Les fêtes de San Fermín, Sanfermines ou fêtes de saint Firmin sont les fêtes célébrées annuellement du 6 au , à Pampelune, capitale de la Navarre (Espagne), en l’honneur du juge de la communauté forale, Firmin d'Amiens. Il est de coutume de considérer ces fêtes comme les troisièmes du monde, en nombre de participants, après le carnaval de Rio et la fête de la bière à Munich. On estime à 3 millions le nombre de personnes qui peuplent les rues de la ville pendant huit jours.

Ces fêtes multicolores transforment littéralement le visage de la capitale navarraise, qui devient le théâtre d'un spectacle populaire mêlant le profane au sacré. À cette occasion, les habitants revêtent la tenue blanche, rehaussée d'un foulard et d'une ceinture rouge.

Trois célébrations indépendantes sont à l'origine de ces fêtes : tout d'abord, les actes religieux en l'honneur de saint Firmin, depuis la fin du , et ensuite, les fêtes commerciales ainsi que les courses de taureaux, qui trouvent toutes les deux leur origine au . L’Église célébrait le la fête de saint Firmin, patron de Navarre.

Histoire Saint Fermin n’était pas en réalité le saint patron de Pampelune (qui est saint Saturnin), mais de la Navarre tout entière, qui chôme par conséquent le . San Fermín, qui vécut au , était le fils du chef militaire romain de Pampelune. Il fut converti par un religieux originaire de Toulouse de passage en Navarre, saint Saturnin. Il partit alors se former à la vie ecclésiastique à Toulouse, avant de revenir évangéliser la Navarre. Dans sa vie religieuse, il assura la direction du diocèse d’Amiens, où les autorités le firent égorger (on en était alors aux débuts de la christianisation). Son corps repose toujours à Amiens, mais trois de ses reliques ont été déposées en l’église San Lorenzo de Pampelune.

Les premières célébrations en l’honneur de la communauté forale de Navarre datent du Moyen Âge. Elles étaient vues comme une foire commerciale et une fête laïque. Au début du , les fêtes commerciales ont été célébrées après la nuit de San Juan entre le 23 et le , le premier jour de l'été et les fêtes ont continué le pour célébrer la fête de San Pedro. Les foires étaient des lieux de rencontre pour les agriculteurs, les commerçants, les villageois, ils ont donc commencé à organiser des corridas dans le cadre de la tradition. Il y eut une foire à Pampelune organisée à l’occasion du jour de saint Firmin, le , durant 7 jours, depuis 1324. Pour des raisons climatiques évidentes, les fêtes furent avancées au mois de juillet en 1591, les Navarrais fêtant l’événement le 7 de ce mois. Progressivement, ces festivités se sont développées jusqu’à devenir telles que nous les connaissons aujourd’hui.

En 2020 et en 2021, la municipalité renonce à organiser les fêtes en raison de la pandémie de Covid-19. La fête a eu lieu en ..

Déroulement Les fêtes de San Fermín ont lieu du 6 au de chaque année. Chaque journée est parfaitement rythmée par les différentes manifestations, organisées par la ville de Pampelune, et qui se répètent inlassablement d'année en année. D'autre part, les associations, sociétés festives et les simples groupes d'amis participent également à l'animation de cette semaine festive, en organisant leurs propres programmes.

Le txupinazo vignette|gauche|150px|Le txupinazo ou el primer cohete, dont l'explosion marque le début de la fête vignette|droite|220px|L’hôtel de ville quelques secondes après l'explosion du txupinazo vignette|droite|220px|Un jet de vin Le coup d’envoi des fêtes est donné le à 12 heures précises sur la , devant la mairie. Là, des milliers de personnes agglutinées attendent impatiemment l’ouverture officielle des festivités, dans un concert de chants, sous les jets de Cava (vin mousseux), de farine et autres projectiles.

Alors qu’à quelques minutes du début, la foule scande en chœur le nom de San Fermín, le conseil municipal apparaît au balcon, et à midi pile, face aux milliers de pamplonicas tendant leurs foulards rouges vers la mairie, une personnalité désignée prononce la fameuse phrase : « Pamploneses, Pamplonesas, Viva San Fermín, Irunshemes, Gora San Fermín », reprise en chœur par la foule. Le premier pétard est lancé (on l’appelle le txupinazo, ou el primer cohete), indiquant aux Pamplonais que leurs fêtes sont désormais ouvertes, dans les hurlements de joie d’une foule prête à affronter les neuf jours que comptent les sanfermines. C’est à ce moment-là que chacun noue autour de son cou le précieux foulard rouge.

Une fois la place dégagée, les bandas de gaiteros et de txistularis sortent de l’hôtel de ville, suivies de la banda municipale « La Pamplonesa », pour égayer les rues de la cité aux airs de chansons populaires de Navarre et du Pays basque : Ánimo Pues, Agur Jaunak (ancestral morceau basque, joué pour saluer la venue d’une personne importante ou chère)… Il est à noter qu’il s’agit d’une célébration assez récente, puisqu'officiellement organisée depuis 1940.

Cette tradition trouve son origine au début du . La mairie de Pampelune passait un contrat avec une entreprise pyrotechnique qui tirait une série de fusées le , la veille de la fête de San Fermín. Cela signalait le début des festivités. Les fusées étaient lancées depuis la Plaza del Castillo par un employé de l'entreprise. Dans les années 1930, la fête a commencé à attirer de plus en plus de monde pour le lancement des fusées. Certains Pamplonais réclamaient aux employés de les autoriser à allumer la mèche.

Le Riau-Riau et les Vísperas Cette cérémonie officielle a eu lieu jusqu’en 1992, et est actuellement remise au goût du jour par des associations (après une tentative officielle de renouvellement en 1996, sans lendemain). Traditionnellement, le à 16h30, les autorités municipales et ecclésiastiques de la ville, se rendaient depuis la mairie jusqu’à l’église de San Lorenzo, à quelques centaines de mètres, pour y célébrer las Vísperas (les vêpres), la messe en l’honneur du saint patron, la veille de sa fête. Peu à peu, le jeu a consisté pour les jeunes Pamplonais à ralentir le cortège en se plaçant devant lui. Ainsi, des milliers de personnes se retrouvaient chaque année dans la Calle Mayor et freinaient le parcours des autorités. Le parcours se déroulait au son du Vals de Astrain, une valse, renommée Riau-Riau, reprise en chœur par la foule et interprétée sans discontinuer jusqu'à destination. Las, les manifestations politiques et les débordements agressifs qui s’ensuivaient ont entraîné la suspension de ce moment clé des fêtes. La messe a toujours lieu, à 20h00, chaque , et constitue de ce fait le premier acte religieux du cycle festifPour davantage de précisions, voir la page de la Peña Mutilzarra de Pampelune, consacrée au Riau Riau.

La procession vignette|droite|250px|L'alarde des gaiteros suivant le txupinazo Elle a lieu le à 10 heures. Depuis l’église de San Lorenzo, les autorités civiles et religieuses, les responsables des peñas et des corporations, ainsi que d’autres personnalités de la ville accompagnent la statue du saint à travers les rues de la cité. Le cortège est animé par la Banda municipale, La Pamplonesa, les Géants, les txistularis, les gaiteros et des danseurs. Des milliers de Pamplonais et de navarrais se placent le long du parcours pour saluer la sainte effigie. Au niveau de l’église de San Saturnino, un groupe de joteros entame la Jota a San Fermín, en l’honneur du saint patron navarrais, qui retourne à l’église de San Lorenzo, où des milliers de personnes viennent se recueillir durant les fêtes.

Le , dernier jour de fête, la même procession aura lieu pour saluer une dernière fois le saint. Cette procession s’appelle La Octava (la huitième).

Les Dianas Les fêtes commencent véritablement le , jour du saint, et premier jour de corrida. Comme chaque matin, La Pamplonesa, l’harmonie municipale, anime les traditionnelles Dianas. Les Dianas sont d’anciens morceaux de musique militaire espagnole, qui étaient joués au petit matin pour réveiller les troupes. Ces morceaux ont été adaptés au goût pamplonais, et sont interprétés du 7 au à 6h45, pour réveiller la ville avant l’encierro, en arpentant les rues du centre historique. C’est un moment qui peut apparaître surréaliste, où se mêlent les couche-tard achevant leur nuit de libations, et les lève-tôt, partant pour l’encierro. Des dizaines de personnes suivent la Pamplonesa dans ses pérégrinations matinales, en reprenant en chœur les paroles de ces marches, et en dansant à leur rythme.

L'encierro

vignette|gauche|150px|Taureaux courant dans la foule droite|200px|vignette|Cordon de police avant le début d'une encierro L’encierro est un événement ayant lieu tous les matins du au à 8 heures, qui a rendu ces fêtes célèbres.

Il s'agit du trajet effectué depuis les corrales jusqu’aux arènes par les toros qui seront combattus l’après-midi. Le parcours est immuable, et mesure un peu plus de dans les rues du centre. la veille, les taureaux auront déjà été transférés depuis les Corrales del Gas (étables) (à quelques centaines de mètres du centre) vers ceux de Santo Domingo, légèrement en contrebas de la ville haute. Cet instant s’appelle l’encierrillo, et a lieu à 23 heures, sans coureurs, uniquement en présence des vachers. Le matin, dès 6 heures, les volontaires commencent à se rendre sur le parcours : les spécialistes comme les novices. Courir devant les taureaux requiert de l’entraînement. Les habitués connaissent l'exercice. Mais ces coureurs n’échappent pas aux accidents, le taureau restant un animal dangereux. Par ailleurs, la foule est de plus en plus importante, ce qui rend difficile la course. La municipalité communique ainsi depuis plusieurs années les consignes à respecter, par voie écrite et orale. D'autres solutions sont à l'étude, visant à sécuriser davantage la manifestation. Les règles essentielles consistent à respecter l'animal, à courir devant lui sans le toucher, sur un segment donné du parcours, et à s'écarter ensuite, afin de laisser place aux autres coureurs.

L’encierro est toujours précédé de la prière à San Fermín, récitée au début du parcours, dans la Cuesta de Santo Domingo, devant une statue du saint entourée des foulards des seize peñas de la ville : vignette|droite|200px|Coureurs demandant la bénédiction de San Fermín

A San Fermín pedimos por ser nuestro patrón, Nos guíe en el encierro, dándonos su bendición Viva ! Gora !

Depuis 2009, à la demande des coureurs, la même bénédiction est chantée en basque :

Entzun arren San Fermín zu zaitugu patroi zuzendu gure oinarrak entzierru hontan otoi.

Cette prière est chantée à 7 heures 55, 7 heures 57 et 7 heures 59. À 8 heures, au coup de pétard, les portes des corrales s’ouvrent, permettant aux taureaux et aux cabestros (les bœufs domestiqués servant à les guider) de sortir et de se lancer dans une course à travers la Côte de Santo Domingo, la Plaza del Ayuntamiento, la Calle Mercaderes, la Calle Estafeta, Telefónica et enfin les Arènes. À l’arrivée, les taureaux sont dirigés vers les étables des arènes où aura lieu le sorteo (tirage au sort des taureaux, pour les répartir entre les matadores). En attendant, les arènes sont le cadre de jeux de vaches auxquels assistent des milliers de personnes. Il est important de ne pas saisir la vachette par les cornes, sous peine de se faire rouer de coups par les locaux.

L’auteur américain Ernest Hemingway, a souvent évoqué ces courses dans son œuvre. Dans un article publié dans le magazine Parole(s), le reporter William Buzy parle d'une « course avec la mort », et évoque Daniel Jimeno Romero, tué dans un encierro en 2009..

Depuis sa création en 1911, 16 personnes ont perdu la vie dans les rues de Pampelune dont la dernière fois en 2009.

Les Géants Chaque matin, une procession de Géants est organisée à travers les rues de la ville. Elle est composée de plusieurs personnages :