Benoît Malon, né le à Précieux (Loire) et mort le à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un journaliste, écrivain, syndicaliste, membre de la Commune de Paris, homme politique et théoricien socialiste français.

Opposant au Second Empire, il participe à la Commune de Paris puis s'exile en Suisse. Après son retour en France, il continue son activité militante et fonde, en 1880, avec Élie Peyron, La Revue socialiste. Cette publication devient rapidement un carrefour intellectuel et publie les écrits de personnalités très diverses, tous attachés à des tendances différentes du socialisme français et international.

Biographie Famille et éducation Benoît est fils de paysans pauvres, Joseph Malon (valet dans la ferme de la Croix d'or et dans celle de la Cotille), et Benoîte Baleydier, femme au foyer, et a trois frères : Pierre, Joseph et Jean-Marie. Leur père meurt à l'âge de d'un refroidissement, et leur mère épouse Eymar Bonnel en 1852. C’est un homme peu apprécié de Benoît.

Malon a le goût de l'étude, malgré sa présence irrégulière, c'est un bon élève de l'école communale de Précieux.. À la mort de son père, il doit se placer comme ouvrier agricole à Neyrieu dans l'Ain. Malade, il revient en Forez, où il est recueilli et remis sur pied par son frère Jean Malon, instituteur à Maringes (Loire)., et bénéficie pendant deux ans de ses leçons. Il est ensuite élève à Lyon (pendant quelques semaines) dans un pensionnat qui prépare au petit séminaire où il manifeste toujours ses dons pour l'étude. Cette formation explique comment il est devenu journaliste et écrivain. Ne trouvant pas sa voie, il devient employé à la Croix-Rousse puis dans une banque à Trévoux.

Engagement socialiste sous le Second Empire Ayant perdu la foi, d'après certaines sources, Benoît Malon renonce à entrer au séminaire, gagne Paris en 1863. et trouve un emploi d'ouvrier teinturier dans une usine de Puteaux. Zéphirin Camélinat le fait adhérer en 1865 à l'Association internationale des travailleurs (AIT). En 1866, à Puteaux, Malon organise la grève des ouvriers teinturiers et fonde une coopérative de consommation. La société de teinturerie devient, en 1867, une coopérative nommée La Revendication (de Puteaux, Suresnes, Clichy et Courbevoie), Benoît en est le vice président. Devenu avec son ami Eugène Varlin, l'un des dirigeants de la section française de l'AIT, qui avait été interdite, il fait à deux reprises de la prison (1868 et 1870)..

À sa sortie, il entre comme journaliste à La Marseillaise, le journal d'Henri Rochefort. Il rédige une série d'articles remarqués, dans lesquels il parle de la grande grève des usines Schneider du Creusot. Cette même année, lors du troisième procès de l'Internationale, il est condamné à plusieurs mois de prison.

La guerre de 1870 et la Commune gauche|vignette|192x192px|Benoît Malon vers 1870. Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Pendant le Siège de Paris, il organise l'assistance publique pour les Parisiens les plus pauvres avec Eugène Varlin. Celui-ci est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et maire-adjoint du . En , il est élu député socialiste révolutionnaire de la Seine, mais il démissionne, avec Victor Hugo et d'autres députés républicains, pour protester contre la cession de l'Alsace-Lorraine.

Le ., il est élu au Conseil de la Commune et devient maire de l'arrondissement des Batignolles, dont il organise la défense pendant la Semaine sanglante. Il siège à la commission du Travail, de l'Échange ainsi que de l'Industrie et vote contre la création du Comité de Salut public. Après la Semaine sanglante, il s'exile à Lugano, en Suisse, puis, en Italie (Turin, Milan et Palerme), où il participe au mouvement ouvrier. En , il adhère à la Fédération jurassienne de tendance bakouniniste. Il publie La Troisième Défaite du prolétariat français. Lors de son exil en Suisse, il devient le compagnon de la féministe André Léo, qu'il « épouse librement » en 1872.

Sous Troisième République vignette|375x375px|La Revue socialiste(, tome 2, ). Rentré en France après l'amnistie de 1880, il préside le congrès socialiste de Saint-Étienne (1882), qui voit la rupture entre réformistes (possibilistes) menés par Paul Brousse, dont il fait désormais partie, et guesdistes (« marxistes »). Socialiste indépendant, il est le fondateur, avec Élie Peyron, et le premier directeur, de 1880 à sa mort, de La Revue socialiste qui est, dans ses actes fondateurs, ouverte à toutes les tendances du socialisme français, ainsi que la Société républicaine d’économie sociale, qu'il fonde en , avec Zéphirin Camélinat.

Franc-maçon, les conditions exactes et le lieu de son initiation sont inconnues. Selon le dictionnaire Ligou, il aurait été reçu dans une loge sauvage de réfugiés politiques au cours de sa période d'exil. Il est élevé au grade de maître en 1877 au sein de la loge « Fedelta » à Palerme. En 1880, il est présent dans des tenues de la loge parisienne « La ruche libre » et en 1889 à la loge « Liens des peuples et de bienfaiteurs réunis ».

Benoît Malon publie de nombreux ouvrages, dont Le Socialisme intégral (1891) dans lequel il prône la création d'un ministère de l'Assurance sociale. À sa mort, accompagnent son corps au cimetière du Père-Lachaise, où il est inhumé dans la . En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres est érigé face au Mur des Fédérés et Jean Jaurès prononce un discours.

Ouvrages La Troisième défaite du Prolétariat Français (1871) . (Édition en facsimilé, éditions Ressouvenances, Villers-Cotterêts, 2009) Exposé des écoles socialistes françaises. suivi d'un Aperçu sur le collectivisme international, Paris, A. le Chevalier, 1872. Spartacus ou la guerre des esclaves (roman historique) (1873), rééd. Jacques André, éditeur, préface de Gérard Gâcon « Benoît Malon et le roman historique », Lyon (2008) Histoire du socialisme (1878) Le Parti ouvrier en France (1880/1882, réed.) Le Nouveau Parti, 2 vol. (1881, 1882) Le Nouveau Parti, présenté par Claude Latta, postface de Pierre-Marie Dugas, Ressouvenances, Coeuvres (2017) Histoire du socialisme depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (1882) Manuel d'économie sociale (1883) Le Socialisme réformiste (1885) Morale sociale (1886, réédité aux éditions Le bord de l'eau, Latresne (2007) sous le titre La morale sociale. Morale socialiste et politique réformiste) Le Socialisme intégral, Alcan, Paris (1891) Précis historiques, théorique et pratique du socialisme (1892) Fragment de mémoires, Montbrison, Village de Forez (1984) Une jeunesse forézienne, préface de Claude Latta, Jacques André éditeur, Lyon, 2008.

Hommages thumb|Groupe scolaire Benoît-Malon à Puteaux. right|thumb|Une école maternelle de Livry-Gargan porte le nom de Benoit Malon. thumb|Rue Benoît Malon, 7340 Colfontaine (Belgique).

Plusieurs rues de villes de France (sauf mention) portent son nom : 30100 Alès 34500 Béziers 18000 Bourges 59540 Caudry 94500 Champigny-sur-Marne 92290 Châtenay-Malabry 7340 Colfontaine (Belgique) 94250 Gentilly (Val-de-Marne) 92130 Issy-les-Moulineaux 53000 Laval 94270 Le Kremlin-Bicêtre 93190 Livry-Gargan 34400 Lunel 13005 Marseille 42600 Montbrison 03100 Montluçon 30900 Nîmes 92800 Puteaux 42300 Roanne 42400 Saint-Chamond 10300 Sainte-Savine 42000 Saint-Étienne 42610 Saint-Romain-le-Puy 92310 Sèvres 76300 Sotteville-lès-Rouen 92150 Suresnes 83100 Toulon

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie (en-us) Vincent K. Steven, Between Marxism and Anarchism: Benoit Malon and French Reformist Socialism, University of California Press, 1992 Claude Latta, Gérard Gâcon et Marc Vuilleumier (dir.), Du Forez à la revue socialiste Benoît Malon, 1841-1893, Publications universitaires de Saint-Étienne, 2000 Claude Latta (dir.), La Commune. L'événement, les hommes, la mémoire, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2004 Philippe Chanial, « L’« ère altruiste » ou le socialisme selon Benoît Malon », Revue semestrielle du MAUSS, 2008 Philippe Chanial, La délicate essence du socialisme. L'association, l'individu, la République, Éd. Le bord de l'eau, 2009 Michel Cordillot et Claude Latta, Benoit Malon, le mouvement ouvrier, le mouvement républicain à la fin du second empire, Jacques André Éditeur, Lyon, 2010 Gérard Gâcon, Claude Latta, Jean Lorcin, R-M Bourdier, Benoît Malon et La Revue socialiste, Jacques André éditeur, Lyon, 2011 Gérard Gâcon, Claude Latta, Les Républicains et la guerre de 1870-1871, Jacques André éditeur, Lyon, 2014 Jean-Pierre Bonnet, Benoît Malon : Lettres à André Léo & quelques autres, Ressouvenances, Coeuvres, 2020 Benoît Malon, Penseur socialiste, passeur de valeurs. Anthologie, Ressouvenances, Coeuvres, 2021.

Notices biographiques

Encyclopædia Universalis : notice biographique L'Éphéméride anarchiste : notice biographique René Bianco, 100 ans de presse anarchiste : notice.

Articles connexes Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris

Liens externes

Base de données des articles de La Revue socialiste, sur le site du CEDIAS-Musée social

Association des amis de Benoît Malon : site Internet. Cette association a pour but d'étudier et de faire connaître la vie, l'œuvre et le rôle historique de Benoît Malon.

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